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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 22:53

 

 

 

 

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Situé à flanc de colline, le jardin domine les vergers qui bordent le village. La vue s’étend sur la plaine tantôt boisée tantôt construite de villages reserrés sur eux-mêmes. En haut du terrain, une petite porte donne sur un sentier forestier. A travers la forêt de châtaigniers, le chemin gagne le sommet du Mont Saint Michel.  Le chat de la maison emboîte le pas de la jardinière et la suit à travers bois, poussant par instant une plainte : la coque d’une châtaigne a chatouillé le coussinet de sa patte.


Des graminées de toutes tailles, formes et couleurs habitent le jardin-prairie. Les Asters blanches, jolies petites fleurs qui ressemblent à des marguerites miniatures, amoncelées en bouquets au bout de longues tiges, défient vaillamment canicules et orages.

Ici et là surgissent au fil du temps de nouvelles tâches de couleur : Vipérine bleue appréciée des abeilles, bouillon blanc dévoré par les vers, discret œillet couché, campanules bleues, géranium des Pyrénées, ronces conquérantes qui offriront leurs mûres.

Le chénopode blanc tend ses multiples petites feuilles que la jardinière cuisine en plats inédits. L'aegopode ou herbe aux goutteux se chauffe dans la poêle, escorte d'une viande ravie de cette compagnie inattendue.


Les insectes s'installent dans les nombreuses grandes herbes refuges, sujettes à coupe sévère dans les jardins classiques. Les papillons volètent de fleurs en fleurs. Le pied de thym citron du potager accueille une dizaine de Coenonympha pamphilus, connus sous le nom de Procris, affairés à butiner hardiment. Un nuage d’ailes frémit et enveloppe le passant avant de se poser dans un ensemble gracieux sur les minuscules fleurs.


La jardinière observe cette vie qui se multiplie et lui porte tous ses soins. Des arbustes indigènes à petits fruits ont été plantés pour former un mini-bosquet, garde-manger et logis des oiseaux et de la petite faune. Des fleurs mellifères attirent les butineurs. Elles ont eu des difficultés à pousser sur la pente de sable gréseux acide. Des tas de galets jetés de-ci de-là bordent le terrain pour accueillir abax noir, punaises et jeunes grillons... L’une des principales causes de la disparition de la faune est la raréfaction de son habitat. La jardinière s’est ingéniée à offrir le gîte aux hôtes qui le souhaiteraient. Des tas de bois de tailles et essences diverses sont déposés en divers endroits pour le hérisson, les araignées, les coccinelles, la grenouille, le crapaud, les tritons, les insectes xylophages, les limaces, les escargots et les chenilles. Les trous laissés dans les vieux murets de grés servent d’abris pour les lézards, les millepattes, les blattes, les carabes, les perce-oreilles. Quelques tas de foin cachent orvets, limaces et cloportes.


Quelques écuelles et une vieille baignoire constituent des lieux d'abreuvage. La baignoire s'est remplie de tout un petit peuple aquatique. Des pierres forment un escalier qui mène par degré au fond. Une branche permet de descendre et remonter en suivant une pente douce. Du sable tapisse la baignoire. Deux plantes d’eau y reposent.

La jardinière a rencontré une couleuvre allant boire, des orvets réfugiés dans les feuilles mortes qui paillent les framboisiers, un bébé grenouille, quelques crapauds Bufo Bufo, des oiseaux s'invectivant au bord de l'eau.


Elle a choisi de faucher à la faux, silencieuse et peu agressive pour les insectes. Elle fournit elle-même l'énergie.  La fauche du terrain est étalée sur deux ans. La moitié fauchée la première année est divisée en deux parties. L’une est coupée en juillet, l’autre en septembre. Ainsi, ce sont des fleurs différentes dont la croissance est favorisée pour l’année suivante. La partie non fauchée permet  de préserver l’accueil de la petite faune qui a besoin de longues herbes et favorise le renouvellement de la flore tardive.

La fauche évite aux arbres d’envahir rapidement la prairie et permet de maintenir le milieu ouvert.

De nouvelles plantes s'installent depuis l’arrivée de la jardinière. Elles en ont le temps sans fauche précoce et sans utilisation de désherbant.

 

Le potager donne la joie de manger ses propres légumes. Leur croissance requiert des soins attentionnés. Les plantes ont été associées afin que leurs propriétés réciproques contribuent à les protéger mutuellement des maladies et des prédateurs. Des herbes aromatiques sont installées dans chaque carré potager pour faire diversion à l’odorat des insectes qui aimeraient manger les poireaux ou les carottes avant la jardinière. Les capucines et les tournesols égaient les massifs, les unes pour servir d’appâts aux pucerons, les autres pour nourrir les abeilles puis les oiseaux. Les plantes poussent formant un ensemble esthétique mêlant leur tailles, leurs formes, leurs fleurs, et leurs légumes. Certaines croissent de façon spectaculaire comme la courgette et les courges dont les jolies feuilles courent sur la prairie.


La jardinière partage son étonnement de cet extraordinaire processus qu’est la vie, sa force, sa diversité. Son émerveillement de cette explosion du presque rien : une graine se transformant en plante, en légume, devenant un arbre. Sa joie de cette variété infinie d’insectes aux couleurs et aux formes souvent inattendues. Elle ne saura rien d’eux. Ils sont trop nombreux. Il lui sera impossible de chercher l’information sur chacun. Elle ne pourra pas les nommer. Mais elle assiste avec bonheur à leurs évolutions quand elle croise leur chemin.


Le pêcher regorge de fruits. Ses longs bras sont soutenus par des étais glanés dans la forêt. Ils sont si chargés qu’ils risquent de casser. Cette année encore, les pots de confiture aux mélanges délicieux rempliront les étagères et réjouiront les amis.

 

 

 

Aglais Urticae


Aglais-Urticae

 

 

 

 

 

Coenonympha pamphilus ou Procris

 

  Papillon-aster

 

 

 

 

Lézards

 

Lézards-a

 

 

 

 

 

Crapaud Bufo Bufo

 

Crapaud-Bufo

 

 

 

 

 

  •  
    Libellule aeschna cyanea

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  •   

  • Tégénaire atrica

 

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Guêpe Ammophile des sables

 

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Des tas de bois de tailles et essences diverses sont déposés en divers endroits

 

La Maison-Hérisson

 

 

 

 

La période de fauche favorise l'apparition de certaines fleurs.

 

Champ-jaune

 

 

 

 

Le lierre offre du pollen aux  insectes pollinisateurs en mars, époque de disette pour eux ,

sert d'abri aux oiseaux mais également de repas au sortir de l'hiver


1Lierre

 

 

 

En savoir plus :

 

·     Entretenir une prairie fleurie

http://www.jardinsdenoe.org/le-conseils-de-noe/sheet/entretenir%20une%20prairie%20fleurie


Prairie fleurie et pollinisateurs sauvages - Guide à l’usage des gestionnaire

 http://www.noeconservation.org/imgs/bibliotheque_fichier/110524153133_guideprairiesfleurie.pdf 

 

·      Faucher précautionneusement les prairies écologiques

http://www.bioactualites.ch/fr/sol-sain-plantes-saines/faucher-precautionneusement-les-prairies-ecologiques.html

 

L’entretien des prairies permanentes

http://www.fourragesmieux.be/Documents_telechargeables/entretien-prairies.pdf

 

Murs de pierres sèches

http://www.amisdelaterre.be/IMG/pdf/F16-Mur_pierres.pdf


En 20 ans, la moitié des papillons des prairies a disparu en Europe

http://www.noeconservation.org/index2.php?rub=12&srub=31&ssrub=297&sssrub=601&goto=contenu&PHPSESSID=a14947d0ef0340f2c9cb87473e909594

 

Le Le potager en carrés d’Anne-Marie Nageleisen

http://www.potagerencarres.info/

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Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
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