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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 07:10

 

 

Le début

 

 

 

Chapitre 4

 

 

Les murs du bureau d'étude accueillaient des

meubles à plans anciens en bois massif. Seul un

tiroir bâillait, supportant un dessin offert.  Une

boite à compas, un cutter, quelques fournitures

de bureau étaient rangés dans un ordre militaire

sur une petite table. L'ensemble avait un air de

bourgeois cossu et respectable. Roger reparti

dépité.


Le lendemain, un jeune homme arriva avec un

immense carton sous le bras. Roger le dévisagea

ahuri. Il portait une courte barbe hirsute dont la

longueur différente faisait penser à une prairie

sauvage. Un foulard multicolore tombait en volutes

de son crâne. Son pull avachi d'un côté semblait

tricoté avec des pelotes trempées dans un bain

d'arc-en-ciel. Il éclata de rire en voyant Roger à

l'arrêt devant lui.

"La fantaisie est une fleur sauvage. Elle ne pousse pas qu'au bout du crayon" dit-il en tirant des feuilles gigantesques de son carton.

 

 

 

 

 

La-fantaisie-est-une-fleur-

 

 

 

 

 

Il sortit de son sac une trousse grosse comme la

mallette à outils de son grand-père et tel Mary

Poppins en fit jaillir quantité de crayons ayant tous

un usage différent.

Il disparut un instant et revint avec un camion de

pompier en bois rouge. 

«  Regarde bien ce camion. Vérifie sous quel angle

tu le regardes et n’en change pas. Quand tu auras

fait le contour, tu dessineras les ombres pour lui

donner du volume. Tu essaieras les différents

crayons avant de commencer pour comprendre

l’intérêt de chacun. »


Deux ans plus tard, Roger réalisait son premier

dessin pour la fabrique : une drôle de petite maison haute comme cinq pommes sertie de crayons de

couleur. Il y associa la cigogne qui nichait tout en

haut de la cheminée chez son grand-père.


Tous les jours, il se rendait à pied à l’usine. Il aimait

se remplir d'images du monde.

 

Alors qu’il longeait la vitrine de la modiste,

Madame Dickarch (1) traversa la rue dans sa

direction. Elle s’apprêtait à lui faire une remarque

dont elle avait le secret. Remarques qui remontent

à la surface régulièrement toute la journée comme

les effluves d’un repas trop lourd.


Il sortit un crayon de sa poche. Regarda le reflet des

fesses de Madame Dickarch se balançant sans grâce.

Et dessina au reflet un fondement plantureux.

Riant de sa bonne blague imaginaire, il se retourna.

Il s’arrêta stupéfait. L’arrière-train de la dame

débordait copieusement de chaque côté de sa

silhouette.


Il arriva à l’usine, songeur.


Quelques jours plus tard, il était allé au marché

acheter le sac de pommes de terre demandé par sa grand-mère.  Monsieur Nörgler (2) choisissait une

paire de chaussettes. Il arrosait le Joseph, vendeur

de marché de toute éternité, de propos peu amènes

sur la qualité de la marchandise. Trop courte, trop

lâche, trop verte, trop  ch ..ouple, t .. oop 

chla …stique.


Roger tenait sa main devant son visage pour cacher

le fou rire qui montait. Il partit en courant

dissimulant sa joie. Il venait de dessiner un bec de

lièvre au râleur.

 

Joseph n'y comprenait goutte. Il regarda fixement

le bec de lièvre. Constata sa réalité. Et partit d'un

grand éclat de rire :

"Elle sont comment mes chaussettes, Monsieur

Nörgler ? On va devoir vous rebaptiser.

Hasenfratz (3) (face de lapin), ça vous irait ?

 

 

 

Roger alla rendre visite à sa grand-mère à quelques

temps de là. Elle lui demanda à son habitude :

«  Tu dessines toujours à l’usine ? Il serait temps que

tu trouves un métier ! »

 

Roger lui dessina alors un drôle de petit chapeau

haut comme cinq pommes serti de crayons de

couleurs qui faisaient un bouquet japonais à l’arrière

de sa tête. Il ajouta un grand sourire sur ses lèvres. Elles prirent une vitalité soudaine.

«  Que je suis contente de te voir, mon grand ! » dit la vieille dame dans un élan d’enthousiasme inusité.

Roger la serra dans un câlin affectueux.  Heureux.

 

 

 

 

 

Un drôle de petit chapeau

                                                                  Un drôle de petit chapeau

 

 

Le nom des acteurs

 

(1)  Dickarch se prononce diquarche et signifie gros cul. Ne vous effrayez pas. L'Alsacien appelle un chat, un chat et un cul, un cul.

(2)  Nörgler se prononce noeurgleur et signifie raleur.

(3) Hasenfratz se prononce azoeunefratze et signifie face de lapin.



 

 

 

                       A bientôt - Quelques jours.


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Vous aimez les histoires ?

 

Pendant mon absence,

je vous invite à découvrir une très belle histoire

écrite avec talent par Dan Rodgerson

Accroc et Papillon


 


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Published by l'oeil qui court - dans Histoire Au bout du crayon
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commentaires

Snow 03/03/2011 03:32


Je me suis régalée, moi qui aime les histoires! Ces dessins qui prennent vie, une belle vision de la création. Merci Marie.


alice 02/03/2011 10:12


J'aime ce dernier chapitre, avec des rebondissements. L'idée du dessin qui prend vie me ravit ! elle délivre l'imagination. Les dessins pigmentent le texte dans tout leurs tons.Amitiés


Armide+Pistol 01/03/2011 18:54


Une imagination débordante, des illustrations colorées. Je reste éblouie par tant de fraîcheur.


adamante 01/03/2011 14:07


J'aime bien le monde au bout de ton crayon, il est vivifiant et singulier. Adamante