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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 21:40

 

 

 

 

 

 

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La série des Déborah se poursuit sur les pas du personnage initié par

 

Aimela, auteur du blog


" Mon coeur, chemin de mes mots",


 

 

 

Déborah se déplace sur un vieux vélo rose, bariolé de rayures de couleurs réalisées avec du scotch. Elle est parvenue à se procurer une grande diversité de couleurs. Son vélo se fraye chemin, décoré comme bouquet de fleurs printanières. Il a du succès lorsqu’il parade aux abords des sorties d’écoles. Les petits battent des mains et l’appellent le sucre d’orge.


Déborah est intrépide mais redoute de se retrouver cul à nez avec une voiture. Aussi a-t-elle pourvu le guidon de son vieil engin de cinq petites lampes puissantes, clignotant sans relâche dans la nuit. A l’arrière, trois lampes rouge fixes  maintenues par une organisation de fil de fer tirée par les cheveux. Elle aurait aimé en placer deux de plus. Ses efforts se sont heurtés à la taille du support. Elles trainent désormais sur une étagère de la remise parmi pinces, clous, pelotes de laines, paquet de gâteaux, petites cuillères, feutres, stylos, calculette, bouchons de liège et lacets de chaussures.

Déborah regarde l’étagère perplexe. Comment tout cet amoncellement a-t-il bien pu s’entasser ici ? Elle avance alors une théorie complexe de téléportations des objets s'embrouillant dans la conclusion d'une théorie pour le moins incertaine.


Le soir tombé, son vélo multicolore fait penser à un arbre de Noël. Déborah a décidé de compléter son équipement par une guirlande. Elle l’a disposée avec minutie autour du guidon entre les petites lampes. Il n’a pas été simple de laisser les lampes apparentes sous l’exubérance de la guirlande. Elle a obtenu malgré tout un équilibre dans la cohabitation de tous les éléments du guidon, équilibre qui lui donne toute satisfaction.


Ce soir, elle se rend au supermarché. Elle organise une fête avec ses copains tous les quinze jours.


Elle revient du magasin sur son vélo chargé comme un âne. Ses deux grosses sacoches, modèle XXL, sont remplies de légumes, pains, charcuteries et autres réjouissances de bouche. Déborah ajuste soigneusement le rangement des courses. Elle a le compas dans l’œil : ses emplettes rentrent exactement dans l’espace disponible. Les lourdes sacoches dépassent, carrées et imposantes. Des autocollants fluorescents aux dessins expressifs crient aux voitures de s’écarter.

Une grande caisse récupérée à la poissonnerie repose sur le porte-bagage. Elle accueille les bouteilles serrées comme des dattes dans un coffret. Elles protestent mollement à chaque soubresaut de la route. Confortablement maintenues les une contre les autres, elles jugent inutiles de plus véhémentes manifestations.

Le vieux vélo ploie sous le fardeau. Il n’a guère le pied montagnard et s’affole à la descente du pont. Il tremble de tous ses membres, revendiquant son âge honorable et sa faible constitution. Déborah le calme, lui rappelant qu’elle roule doucement, faisant un usage immodéré des freins.


Elle-même n’en mène pas large, craignant une ruade d’effroi de sa monture, anticipant les méandres de la route et les arrivées parfois peu respectueuses des véhicules à quatre roues.

Arrivée en bas de la côte, elle traverse la chaussée, peu rassurée, et se retrouve sur le plat dans un grand soupir de soulagement. Elle va bientôt pouvoir se mettre à la préparation de ses petits toasts, riches de leurs saveurs fines et de leurs couleurs joyeuses. Ce soir, Ghislaine et Guy seront ses petites mains.

 

 

Ils sont fous de son vélo. Ils se précipiteront avec un chiffon pour l’étriller avant de s’occuper du buffet. L’un ou l’autre arrangera avec affection un ruban de couleur sur son guidon ou son porte-bagage. Lui, au bonheur de tout cet amour, rutilera de tous ses feux.

 

 


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commentaires

aimela 16/04/2012 10:53

Hihi ! J'adore le vélo tout bariolé affublé de mille feux . c'est réjuissant ton texte, merci pour ce moment de gaieté.

l'oeil qui court 18/04/2012 07:33



Ca te donne des idées pour ton vélo ?