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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 06:41

 

 

 

 

Il a 16 ans. C’est presqu’un homme.

Sa taille élancée laisse deviner

une belle prestance

malgré ses épaules affaissées.

 

Il est venu par la mer.

Maigre.

Des traces grisâtres balaient son corps musclé.

 

Il a fui.

Une dictature.

Les assassins de son père.

Raison politique ? 

Il a fui.

La famine.

La terre ne donne pas.

 

Sa mère est morte de longtemps déjà.

 

 

Chez lui, là-bas,

On dit qu’ici, c’est l’opulence.

 

Il parle mal la langue.

Il fait froid.

Personne ne l’attend.

 

 

 

Y-a-t-il une place pour lui quelque part ? 

 

 


Son regard erre sur le port.

Les gens passent,

pressés ou nonchalants.

Indifférents.

Comment faire ?

 

A la descente du bateau,

bousculade.

On lui a volé le peu d’argent

qu’il avait sur lui.

Tout ce qu’il avait pu trouver

dans la case vide

et échanger.

Cela représentait peu.

Maintenant il a rien.

 

 

Les fenêtres le regardent,

sans aménité.

 

Il traverse la place,

s'assied devant une auberge

à côté de la porte.

 

On a autre chose à faire

que de s’occuper des mendiants du port.

 

 Les gens passent,

pressés ou nonchalants.

Indifférents.

 

 

 

Il s’éloigne,

 va s’asseoir contre un arbre

dressé un peu plus loin de là.

 

Il se cache les yeux dans les mains.

De lourdes larmes

tracent des sillons le long de ses doigts.

 

 


Y-a-t-il une place pour lui quelque part ?

 

 


La faim crispe son estomac.

Des brûlures remontent son œsophage.

Il croise les bras sur ses genoux.

Pose sa tête sur cet oreiller.

Ferme les yeux.

Pense à sa grand-mère de tout petit.

Il sent sur son épaule la main qu’elle posait sur sa joue.

 

 

la-porte-ouverte-1

 


Une main douce est posée sur son épaule.

Il hésite à lever le visage.

Il n’aime pas montrer qu’il pleure.

Il a peur.

 

« Tu as faim ? » 

 

 

« Quand tu auras fini ton plat

Je te montrerai la douche. » 

 

Elle la fait entrer dans une pièce

Un lit.

Un fauteuil.

 Une lampe à côté du lit.

                                                                  Une armoire.

 

Il est son invité.

Il peut s’installer.

 

Il dort.

 

 

 

Il lui raconte le pays là-bas, très loin

dans un français mal assuré.   

Il explique, raconte.

 

Elle fera tout son possible

pour lui permettre de s’installer ici

et d’avoir une place quelque part.

 

 

 

 

 

 

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Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
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commentaires

dimdamdom59 24/08/2014 17:59

Et bien en voilà un emploi du temps bien rempli lol!!! Bien évidemment que je ne t'en veux pas, j'ai eu une vie active trépidante en son temps avec trois fils aux études, maison , métro, boulot
etc.... Cela fait que très peu de temps que je peux m'adonner à mes loisirs et j'avoue que le monde de la blogo me convient bien pour le moment!!!
Bonne soirée Marie et à bientôt.
Domi.

l'oeil qui court 27/08/2014 18:48



Hello DÔmi,


Excuse-moi d'avoir mis du temps à répondre à ton gentil mot.


Profite à fond de la blogo, c'est vrai qu'elle est très riche et qu'on y trouve beaucoup de choses. J'ai, pour ma part, aussi besoin de grand air. Et depuis que nous avons acheté cette maison à
rénover, j'emplis mes poumons à pleins respirs et je revis dès que je suis sur le terrain. Être entourée de nature, regarder évoluer les insectes et les oiseaux, voir s'installer de nouvelles
plantes sauvages.... C'est du bonheur.
A bientôt...


Bise.



dimdamdom59 24/08/2014 10:51

Que c'est joliment écrit!!! Combien sont-ils hélas comme ce jeune-homme, puissions nous les accueillir comme l'a fait cette femme!!! Hélas les structures et les lois ne nous le permettent pas.
Très bel écrit Marie, merci pour ce partage!!!
Bisous
Domi.
Merci aussi pour tes compliments sur la communauté, sais-tu que j'ai moi aussi des blogs. Trois plus précisément mais j'en utilise deux plus couramment.
Un que tu trouveras en cliquant ici sur mon pseudo et l'autre dont voici l'adresse : http://lecoindemapoesie.apln-blog.fr
Soit la bienvenue ;)

l'oeil qui court 24/08/2014 17:25



Trois blogs !!! Mais c'est un emploi à 350% !


Je te remercie de ton invitation. Je viendrai goûter à ta poésie prochainement.


Mon problème c'est qu'en faisant que de temps en temps seulement un blog, je cours tout le temps après le temps !


Jardin de 1000 m2, maison en rénovation self made, enfant à accompagner dans les études,... Et ma peinture qui est en dormance. Je viendrai voir mais ne pourrai pas venir régulièrement. J'espère
que tu ne m'en voudras pas.

Pour le délit de solidarité auquel tu fais allusion, je pense, en disant que la loi ne permet pas d'aider les personnes qui arrivent en France, il a été supprimé :

http://www.rfi.fr/france/20130102-papiers-promesse-tenue-le-delit-solidarite-est-supprime/

Quant aux institutions, certaines font entrave, d'autres soutiennent le droit à s'installer en France. Deux institutions de soutien connues : RESF et le GISTI