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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 21:24

 

 

 

 

Indignés, Anonymous, Occupy, mais aussi

le Front de gauche ou encore Stéphane Hessel,

ils sont nombreux à nous appeler à la révolution pacifique

face à la politique libérale.


Ils sont nombreux à nous dire que

la détérioration de nos conditions de vie n'est pas une fatalité.


Les fondements de notre république

qui ont fait notre valeur dans le monde

sont aujourd'hui gravement menacés :


les droits de l'homme, notre générosité d'accueil,

 

notre école, le droit à la culture et à l'éducation,


notre système de santé et de sécurité sociale,


 notre démocratie jusqu'à présent partout enviée,


notre liberté d'expression qui était prise en modèle.

 

 

Notre système de solidarité nationale qui donnait à chaque Français

un minimum à vivre décent,

qui donnait à chaque enfant le droit à une école de qualité,

quel que soit la richesse de ses parents,

qui donnait à chaque adulte à revenu modeste

le droit à une aide à la location d'un logement

et soutenait ainsi le budget de chaque français ayant des ressources faibles,

toute cette solidarité est considérée par la droite

comme cadeau intolérable pour ceux qui chaque jour par leur travail

permettent aux actionnaires de s'enrichir un peu plus.


Toute cette solidarité est attaquée

dans une guerre aux pauvres.

 

 

L'UMP si elle gagnait la bataille des élections a prévu de mettre le peuple à genoux.

Bercy travaille sans relâche à réduire les dépenses de l'Etat,

sans revaloriser les impôts des plus riches,

sans supprimer les niches fiscales qui favorisent les grandes fortunes

sans étudier d'où vient l'augmentation de 30% en 5 ans

de la richesse du président actuel,


en s'attaquant uniquement à la solidarité nationale.

 

 

 

Français, on cherche à faire de vous


un peuple xénophobe et un peuple égoïste !

 


Les fondements de notre solidarité nationale

se sont construits alors que le pays avait beaucoup moins d'argent qu'aujourd'hui.

La France est la cinquième puissance économique mondiale.

La deuxième puissance économique européenne.

Le PIB n'a jamais été aussi élevé.

 

Il n'y a jamais eu aussi peu de Français concentrant autant de richesses.


La solidarité repose sur une volonté politique,

sur la volonté de l'intérêt public.

Cette notion depuis dix ans est vilipendée.

Les libéraux disent que

nous devrions avoir honte de côtiser à une caisse commune

en fonction de nos ressources pour partager équitablement !

 

Mais nous acceptons que nos salaires diminuent 

pour rémunérer de façon toujours plus importante les actionnaires

qui, pour tout travail, tendent la main pour encaisser le fruit de nos efforts.

 

 

Cet "équilibre" libéral crée un déséquilibre croissant.

Il s'appuie sur la paupérisation d'une part de plus en plus grande de la population.

Il crée de la peur, de la souffrance et de la haîne.

Les personnes retraités ont connu la sérénité.

Elles risquent à nouveau de devenir pour certaines indigentes.

Les jeunes sont exclus partiellement du monde du travail.

 

Qu'est-ce que c'est que cette société qui empêche ses enfants de travailler,

de gagner leur vie, de s'installer et de vivre en couple, faute de moyens,

quand la richesse disponible n'a jamais été aussi importante ?


 

 

Indignés, Anonymous, Occupy, mais aussi

Front de gauche ou encore Stéphane Hessel,

ils sont nombreux à nous appeler à la révolution pacifique

face à la politique libérale Française.


L'Europe, le monde aura les yeux tournés sur la France le 22 avril.

Choisirons-nous de conforter le libéralisme ou

choisirons-nous la révolution sociale

ouvrant une brèche et un espoir pour tous les autres peuples,

de l'Amérique du Sud,

aux Etats-Unis,

à l'Europe ?

 

Nous sommes les enfants de 1789.

 

Nous pouvons être le fer de lance d'une inversion

du mouvement d'asservissement des citoyens,

commencé de façon spectaculaire en Grèce et en Espagne.

 

Serons-nous les semeurs du printemps européen ?

 

 

 

 

Ils ont des millions

Nous sommes des millions

Jean Luc Mélenchon -12 avril 2012

Des Paroles et des actes

20h35 - France 2

 

 

 

 

Une opération anonymous mondiale débutera le 21 avril 2012.


"Ils répandent la peur et la misère,
Ils nous divisent, pour mieux régner,
Le monde est en marche vers la révolution.


En France, qu'attendons-nous ?

 

Ce n'est pas parce que les médias ne montrent rien, que rien ne se passe. Ce n'est pas parce qu'ils ne veulent pas nous entendre que nous n'avons rien à dire.

Faisons entendre nos voix : Anonymous et Occupy s'allient, et appellent les citoyens du monde, à manifester le 21 Avril 2012. Si Anonymous et Occupy ne sont pas la même chose, nous poursuivons le même but, nous avons le même idéal. Un masque pour abolir les frontières, une occupation pour nous rassembler, après la peur vient la colère.


Révoltez-vous. Indignez-vous.

 
Il y a cette course vers le silence qui n'en finit plus de nous faire réagir. Il y a cette décadence d'un système qui n'a aucun visage. Que ceux qui ont fait de ce système une abomination sachent qui nous sommes, que ce système qui a fait de ces personnes des abominations sache qui nous sommes :

Nous sommes Anonymous, nous sommes les 99%, nous sommes les indignés. Nous sommes les mères, les pères, les enfants d'un pays qui ne les écoute plus, d'un monde qui ne les porte plus. Nous sommes salariés, étudiants, ou chômeurs. Nous sommes les parqués des banlieues, les classes moyennes, les délaissés, nous sommes les soumis et les révoltés. Nous sommes ceux qui nourrissent l'espoir et que l'espoir nourrit.


Les idées et les peuples restent, les gouvernements passent.
Le pouvoir est en chacun de nous.
Le peuple uni ne peut être vaincu.


Rendez vous le 21 Avril 2012 sur chaque grande place de chaque grande ville."

 

 

 

Anonymous-21.04.jpg

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 21:17

 

 

 

 

Courir à l’envers pour échapper au dedans    
Se casser le nez sur la vitre
Et se prendre pour une abeille.
Se shooter aux pesticides pour bloquer la réflexion.

Courir au pas de la bêtise
Et suivre au pied calibré l’ordre de l’obéissance
Halte à la résistance, le monde ne sera pas nouveau.

La tête dans les épaules, honorons la tyrannie.

 


 

 

 

Abeille-contre-la-vitre


 

 




Un site de nouvelles, d'histoires, de poésies...

 

Vous souhaitez découvrir des auteurs,

lire sans retenue une grande variété de textes ?

 

Alors cliquez ici , "Nouvelles Persos"

 


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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 21:12

 

 

 

 

les-felines.jpg

 

 

 

 

 Les félines - Adamante Don Simoni, Cliquez ici

 

 

 

 

 

Je trouve cette peinture d'Adamante pleine de douceur et de chaleur.

Je vous propose de la découvrir et de découvrir son blog qui comporte de nombreux autres tableaux.

Cette scène m'a inspiré quelques mots.

 

 

 

 

Les femmes de Lascaux se promènent par deux. Teint de terre rouge fondue d’ocre. Chaleur. Fin sourire. Douceur.

 

Elles appellent la maternité.

Convoquent les enfants câlins.


Les femmes de Lascaux disent l’amour, celui des hommes-hommage à leur sein rond.

Celui de mains qui se posent. Caresses.

 

Les femmes de Lascaux parlent de grotte-boudoir. Refuge.


Elles sont louves, panthères et lionnes.

Vie. Offrande du corps. Bol de bonheur.


Elles sont louves, panthères et lionnes."
 

 


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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:50

 


 

Pâques approche.


Mercredi. Les enfants jouent.

Le petit, dans sa chambre. Il construit jour après jour, la muraille de Chine avec ses cubes de bois. L’œuvre achevée se transforme en pont de Tancarville assailli sous le flot de voitures. Malgré embouteillages, carambolages et éboulements de pont, l’air reste respirable. Accroupi, maniant avec précaution ses petits engins, le petit garçon est profondément concentré.

La grande est descendue. Dans la cour que cerne notre lot d’immeubles. Elle a rejoint quelques fillettes. Le garage accueille la petite bande. Salon avec voitures d’enfants, bébés muets et rires multiples. Eclat d’une voix. Répons colériques.

Un tableau noir surgit. Un lot de craies aux couleurs mêlées à force de se frotter. Petits bouts dissemblables arrondis et grinçants répartis entre les petites mains.

 

Je vaque aux tâches nécessaires du quotidien. Le temps suinte l’ennui. La solitude dans ce grand ensemble où je me sens étrangère s’insinue dans mes journées.

 Un temps de vacance. Entre un emploi passé et un futur emploi. Dont je ne sais rien. Un temps de vague. Sans certitude. Boussole coincée. La pause de la brume.


Mes yeux se perdent dans la couronne des arbres qui bordent la petite rivière en contrebas. Les prairies s’étalent. Elles buttent sur une colline chargée de buissons. Des myriades de points blancs. Sur la droite, la terre sombre des champs, encore nus des labours. Le ciel rayonne de bleu. J’écoute les notes claires des oiseaux. Mes yeux fouaillent le feuillage à la recherche des chanteurs.

 


Jeudi. Il est 16h. Pierric sort de classe. Je l’aide à enfiler son blouson quand Albane me bouche les yeux avec ses mains. Je me retourne en riant. Partie de chatouilles. Les enfants s’esquivent dans la cour alors que Sophie m’aborde.

« Veux-tu passer dimanche ? Nous cachons les œufs dans le jardin pour les enfants.»


 Dimanche. Les enfants apprennent à soulever avec précautions les feuilles des plantes en croissance. On voit les séants arrondis plonger puis se redresser. Eclats de rire.

Je m’enquiers des noms des plantes. Sophie apporte un gros livre pour me montrer les fleurs. La plupart apparaitront au début de l’été. C’est ce qu’a souhaité Sophie. Un jardin pour les grandes vacances. Les jours ne se couchent plus. Le barbecue crépite. Les chaises longues s’installent. Les couleurs assaillent le jardin. Les parfums s’élèvent.


 Il y a quelques années, Sophie était caissière au petit supermarché proche. Elle effectuait ce travail sans grâce comme une fatalité. Elle a rencontré Etienne. Son petit appartement lui appartenait. Un morceau de la cour faisait partie son bien.

Un beau matin, Sophie parle de supprimer les vieilles dalles de béton, de mettre de la terre, de semer, de planter.

 

« Nous avons réalisé le projet ensemble : le dessin des massifs. Surtout pas de carré, de rectangle, de béton. Des arabesques, du souple, du féminin. Nous avons contacté les gravières, les vendeurs de terre, consulter différents ouvrages. Je me suis lancée sur les forums de jardinage. Je ne m’étais pas encore approchée d’un ordinateur, n’en comprenant pas l’intérêt pour moi. J’y ai passé beaucoup de temps à poser beaucoup de questions à beaucoup de gens que je ne verrai jamais. J’ai appris beaucoup.

J’ai découvert les plantes de printemps, d’été, d’automne. Les plantes de terre sèche, de soleil, les plantes de sous-bois dites d’ombre et d’humidité. Les terrains calcaires et les terrains acides. J’y ai découvert le compost et les maladies. Les produits toxiques et la nappe phréatique.

 

 

  Les passeuses de vie (2)

 

 

 

A la découverte de


"Chevalier des touches"

 

le blog d'écriture de Martin Winkler

 pour le régal de la langue et de ses exercices d'écriture,


Cliquez ici

 


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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 20:23

 

Les passeuses de vie (1) Cliquez ici

 


Le début du printemps est une fête pour moi. Je cherche entre les feuilles mortes l’émergence des nouvelles pousses. Qui sera au rendez-vous ? Depuis cette année, je couvre la terre et les plantes de feuilles ramassées dans les parcs, en forêt pour les protéger du froid en hiver, de l’érosion, de la sécheresse en été.

Le jardin a eu froid cet hiver. Je surveille, je suppute.  Cette plante a disparu. Celle-là est une promesse. Cette autre, encore attendre. Trop tôt pour savoir.

 Je ressors mes livres, vieux compagnons de route indispensables. Je choisis les remplaçantes. Fébrile, je tourne les pages, lit les indications d’exposition, de sol, le durée des floraisons. Bouscule, dans ma tête, celle-ci ou celle-là pour avoir encore une place.

Mon jardin, à cette période, me parait trop petit. Il y a tant de plantes qui n’y trouveront pas place.

Je file dans les pépinières avec ma caisse  pour ranger les godets. Elles sont là devant moi, celles que j’ai relevées dans mes livres et toutes les autres aussi. Je prends les godets, lit les informations, évalue la place dans le jardin, la hauteur adaptée, l’ensoleillement.

Du concentré de bonheur !

Il y a les semis aussi. Un autre monde. Je te raconterai si tu veux. »

 

Je sens sa joie. J’ai bu ses paroles, captivée. Je regarde mes enfants. Ils ont entrepris de cacher à nouveau leurs œufs. Ils rient, se chamaillent. Sophie se lève. Leur montre comment éviter de piétiner une hémérocalle. Elle leur parle de corolles jaunes comme le poussin de Pâques.

« Je crois que j’aimerais aussi avoir un jardin »

- Je peux te présenter à Madame Trautars. C’est une vieille dame qui ne peut plus travailler la terre. Elle habite un peu plus loin. Son jardinet est à l’abandon. Si tu veux faire un peu de légumes, elle te sera d’un grand secours pour commencer. Moi, ce sera plutôt les fleurs.

 

Deux ans plus tard.

- Une batavia, du persil, 500 grammes de carottes, un panais, un kilo d’Elstar. Voila Madame Palombe. 5€40 s’il vous plait. Un petit peu d’aneth ?

Je me suis prise au jeu de la terre. J’y ai découvert des odeurs, des goûts, des couleurs. L’attente. Le mystère.

La vie.

Ce grouillement sans fin m’absorbe. Je me réjouis d’y contribuer par mes semis, mes boutures, mes marcottages.

J’ai appris la fragilité. L’eau douce qui se dégrade. La terre stérilisée par les produits. J’ai appris à protéger. Je prends mon vélo maintenant. J’associe les plantes entre elles pour qu’elles se protègent mutuellement. Je compte sur les hérissons pour les limaces, sur les oiseaux pour les pucerons.

Je travaille chez le maraîcher qui livre le marché.

 

Hier, Sophie est passée. Elle m’a dit :

« Je suis devenue contemplative. De mon jardin. C’est comme un dialogue avec les plantes, les insectes, les oiseaux. »

 « Les araignées m’ont apprivoisée. » ai-je répondu.

 


C’est bientôt Pâques. Sophie sera partie.

J’ai invité Mélanie avec ses enfants à chercher les œufs dans le jardin.

 

 


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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 21:59

 

 

 

 

Paques-2012.jpg

 

 

 

Pâques viendrait du mot hébreu pessah, passage. C'est la commémoration de l’exode des Hébreux menés par Moïse hors d’Egypte. La Pâque juive commence le 14 Nissan au soir, premier mois de l’année civile ou biblique, et s’achève le 22, soit 8 jours plus tard, soit le 7 avril au soir jusqu'au 13.
C'est l’exode, il y a 3 500 ans, qui détermina la création du peuple juif.
Fête majeure pour la communauté juive, la célébration de Pessah - la Pâque - donne lieu à de multiples rituels qui s’appuient sur les lois religieuses.

La fête de Pâques chrétienne se met en place aux environs de l'année 30. La célébration de Pâques s’est progressivement mélangée avec les rites païens de la fête du printemps avec l’expansion du Christianisme dans des nations non chrétiennes. Les célébrations modernes sont le résultat de ce compromis.

Ostara, la fête païenne de l'équinoxe du printemps avait lieu le 21 mars. En allemand, Pâques se dit Ostern. Eastern, en Anglais. Tous ces noms proviennent du nom d'Eostre, déesse germanique de la fertilité. C'est la fête du retour du Dieu Soleil et de la fertilité de la Terre Mère. La tradition instaurait l'offrande d'oeufs à la déesse Eostre pour favoriser la venue du printemps. Les oeufs étaient considérés comme talismans et consommés pendant des rituels. Le lièvre était le symbole de la fécondité. La coutume prévoyait que des feux soient allumés à l'aube pour célébrer le renouveau de la vie et en rite de protection des récoltes.

 

 

Vos offrandes sont prêtes ?

 


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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 21:31

 

 

 

 

Les enfants se sont égayés dans la cour. Leurs cris se pourchassent en une cacophonie mouvante. Comme des coups d’archets découpant l’air. Ils s’élancent, retombent, s’enlacent, rebondissent en un ballet improvisé. 

Près de l’arbre, les enfants sont plus calmes. Assis par terre, ils émettent un babil doux et clair. Ils regardent en l’air dans la même direction. Les maîtresses sont imperméables à l’étrange changement. Les sons s’organisent comme guidés par la baguette d’un chef d’orchestre. Une rumeur ascendante s’unit pour former une colonne vibrante. L’air y devient épais.

Petit à petit, quelques tiges apparaissent, vertes et translucides. Elles sont de plus en plus nombreuses. Elles constituent bientôt une gerbe de blé qui aurait perdu ses épis.

Des groupes d’élèves se rapprochent. Ils s’apaisent. Debout les uns contre les autres. Leurs yeux fixent les tiges translucides. Un chant sourd monte de leurs gorges. Les tiges se multiplient.

Au loin, des petits s’allongent, recroquevillés en fœtus. Ils s’imbriquent les uns dans les autres, les yeux fermés.

La musique se pose, s’harmonise, s’amplifie. Une voix claire et haute s’élève, domine. Le chœur s’adoucit. La voix claire monte, monte, faisant vibrer chaque fibre alentour. Quelques tiges vertes s’enroulent en boule, rougissent, éclatent. Elles sont immédiatement remplacées par d’autres. Un bouquet de boules rouges éclate soutenues par les tiges vertes. Elles lancent des flammèches jaunes.

Les enfants poursuivent leur chant. Ils comprennent que c’est eux qui créent le bouquet de lumières. Leurs yeux en sont emplis.

Les petits ont ouverts leurs yeux. Ils fredonnent un accompagnement léger. Le chant s’évanouit. Les enfants restent assis, calmes. Longtemps. Puis ils s’éloignent à pas lent, quittent la cour de l’école, prennent le chemin de leur maison.

En silence.

 

 

 

Coquelicots.jpg

 

 

 

 

D'autres auteurs, d'autres textes sur Mil et Une

 

 


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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 19:11

 

 

 

Le chez soi de Déborah ressemble à la caverne d’Ali Baba.

Après le passage d’un ouragan.

Les livres se mêlent aux vêtements, foulards, colifichets, boucles d’oreilles, brosses à cheveux aux couleurs ahurissantes, tubes de crème esthétisantes, bombes parfumées aux mystères jamais élucidés, relevés du percepteur, factures de gaz et lettres d’admirateurs.

La quête d’un objet donne lieu à des séances de fouille, grognements, résolutions inappliquées mémorables. Déborah ne peut être à l’heure à un rendez-vous.

 

Parfois, elle se ménage un chemin au milieu du tas. S’asperge de ses bombes variées. Festival d’odeurs. Enfile une boucle d’oreille. Ne trouve pas la deuxième. Prend une pince à linge. Pince sa deuxième oreille. Trouve que ça fait mal. Oublie de l’enlever. S’endort. Au réveil, ne comprend pas pourquoi son oreille est rouge.

 

Déborah a une affection particulière pour les sacs. Elle a réservé une pièce à leur usage.

Un matin, elle part en patins à roulettes, trainant un diable muni de tendeurs. Elle arrive au supermarché. Elle fait enregistrer son diable comme visiteur autorisé. Elle roule jusqu’au rayon « ménage ». «  Pardon, m’adame, s’cuse, m’sieur ! Attentioooonnnn ! Je paaasse ! » Elle emprisonne une brassée de manches à balais. A son retour,  écrase de la betterave rouge, malaxe des carottes oranges, confectionne du jus de poireau vert, mixe quelques rayons de soleil jaunes, emprisonne des nuages bleus. Teint les manches. Enrôle la perceuse de son copain James. Fixe des crochets à chaque manche à balais, de couleur et de forme assorties aux sacs. Il y en a sur tous les murs. Des murs caméléons.

Les sacs. Ils sont uniques, avec des coloris étranges. A fermetures éclairs, à boutons, à lacet, à crochets, à pression, à agrafes, à points de croix, à points de tige, tissés, au crochet, au tricot, en fibre de bambou. Très chic, le bambou. A lanière, à dos, à rabats. On ne sait pas bien à quoi ils ressemblent.

Ils doivent être uniques.


Les modèles disponibles en magasin sont d’une platitude ennuyeuse.


Elle visite tous les marchands de tissu de la ville voisine et des environs. Elle soulève tout, déplie, soupèse, évalue, lisse, fluidifie, enlace, époussette, lance, retient, déploie, plie, étend, regarde, admire, déteste, estime, jauge, apprécie, considère, goûte, juge. Elle se drape, s'emballe, s'enveloppe, se déballe, s'emmitoufle, se dévêt, s'emmaillote dans les étoffes, jouant au mannequin devant des miroirs imaginaires, prenant la pause à l'affût d’applaudissements qu'elle seule entendrait.

 

Puis elle  appelle les vendeuses :

«  Ce tissu, mademoiselle.

- Combien ?

- Décidez, je ne sais pas encore la forme.

- C’est pour quoi faire ?

- Un sac.

- Mais ce tissu ne sera pas assez solide.

- Ne vous inquiétez pas de cela. Coupez. Un mètre, s’il vous plait.

Et de celui-là. 72 cms.

- Mais mademoiselle …

- 72 cms, je vous dis.

- …

- Et de celui-là.

- Cinquante trois ?

- C'est cela cinquante trois. C'est exactement ce qu'il me faut.

 Déborah visite les forêts alentour.

Elle ramasse des morceaux d’écorces, du lierre, des châtaignes, un scarabée mort, des pierres plates.


Au magasin de bricolage, elle grappille tout. Fil de fer souple à petites mailles, polystyrène, petits carreaux de céramiques, perles, poignées de porte, frises adhésives, pochoirs, anneaux de rideaux, baguettes décoratives, lettres décoratives, petits pinceaux.


Elle redoute de croiser le sac jumeau du sien, se pavanant, accroché à l’épaule d’une charmante jeune femme de la petite ville d’à côté. Peu lui chaut de faire la conversation avec un pantalon identique au sien ou avec un clone de sa veste. Cette idée l’amuse. Elle s’imagine avec ses amies, habillées toutes pareilles, surgir au centre de la petite ville voisine. Riant des badauds.

 

Le sac c’est le fer de lance de sa révolution. Sa griffe. Le signe de sa différence. Le sac doit être unique, incompréhensible, dérangeant.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 21:14

 

 
 
La Conscience d'un hacker
+++The Mentor+++ Le 8 Janvier 1986

 

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

 

 

Un autre s'est fait prendre aujourd'hui,

c'est partout dans les journaux.

"Scandale: Un adolescent arrêté pour crime informatique"

"Arrestation d'un 'hacker' après le piratage d'une banque"...

Satanes gosses, tous les mêmes.

Mais avez-vous, dans votre psychologie en trois pièces

et votre profil technocratique de 1950,

un jour pensé regarder le monde derrière les yeux d'un hacker ?

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui l'avait fait agir,

quelles forces l'avaient modelé ?

 

Je suis un hacker, entrez dans mon monde...

Le mien est un monde qui commence avec l'école...

 

Je suis plus astucieux que la plupart des autres enfants,

les conneries qu'ils m'apprennent me lassent...

Je suis au collège ou au lycée.

J'ai écouté les professeurs expliquer pour la quinzième fois

Comment réduire une fraction. Je l'ai compris.

"Non Mme Dubois, je ne peux pas montrer mon travail.

Je l'ai fait dans ma tête."

Satane gosses.

Il l'a certainement copié. Tous les mêmes.

 

J'ai fait une découverte aujourd'hui.

J'ai trouve un ordinateur.

Attends une minute, c'est cool. Ca fait ce que je veux.

Si ca fait une erreur, c'est parce que je me suis plante.

Pas parce qu'il ne m'aime pas...

Ni parce qu'il se sent menace par moi...

Ni parce qu'il pense que je suis petit filou...

Ni parce qu'il n'aime pas enseigner et qu'il ne devrait pas etre la...

Satanes gosses.

Tout ce qu'il fait c'est jouer.

 

Et alors c'est arrivé...

Une porte s'est ouverte sur le monde...

Se précipitant à travers la ligne téléphonique

comme de l'héroïne dans les veines d'un accro,

une impulsion électronique est envoyée,

on recherche un refuge a l'incompétence quotidienne...

Un serveur est trouvé.

 

Vous vous répétez que nous sommes tous pareils...

On a été nourri a la petite cuillère de bouffe pour bébé

à l'école quand on avait faim d'un steak...

Les fragments de viande que l'on nous a laisse étaient prémâchés et sans goût.

On a été dominé par des sadiques

ou ignoré par des apathiques.

Les seuls qui avaient des choses à nous apprendre

trouvèrent des élèves volontaires,

mais ceux-ci sont comme des gouttes dans le désert.

 

C'est notre monde maintenant...

Le monde de l'électron et de l'interrupteur, la beauté du baud.

Nous utilisons un service déjà existant,

sans payer ce qui pourrait être bon marche

si ce n'était pas la propriété de gloutons profiteurs,

et vous nous appelez criminels.

Nous explorons...

et vous nous appelez criminels.

Nous recherchons la connaissance...

et vous nous appelez criminels.

Nous existons sans couleur de peau, sans nationalité, sans dogme religieux...

et vous nous appelez criminels.

Vous construisez des bombes atomiques, vous financez les guerres,

vous ne punissez pas les patrons de la mafia aux riches avocats,

vous assassinez et trichez, vous manipulez et nous mentez en essayant

de nous faire croire que c'est pour notre propre bien-être,

et nous sommes encore des criminels.

 

Oui, je suis un criminel.

Mon crime est celui de la curiosité.

Mon crime est celui de juger les gens par ce qu'ils pensent

et disent, pas selon leur apparence.

Mon crime est de vous surpasser, chose que vous ne me pardonnerez jamais.

Je suis un hacker, et ceci est mon manifeste.

Vous pouvez arrêter cet individu, mais vous ne pouvez pas tous nous arrêter...

Après tout, nous sommes tous les mêmes.

 

 

Wikipédia complète ces informations :

 

Ce texte du Mentor a été traduit par NeurAlien le 8 septembre 1994,

publié dans le magazine underground Noway3.

 

"Noway est un magazine électronique underground ayant pour thème la contre-culture underground Cyberpunk et le hacking (et les disciplines qui lui sont associées, comme le phreaking par exemple). Trois numéros en furent publiés en 1994, puis un quatrième en 1997, à l'occasion du grand rassemblement Hacking In Progress qui s'est tenu cet été-là aux Pays-Bas (...)

 

Le principal auteur de Noway, NeurAlien, serait, selon un article paru dans le numéro 64 du magazine électronique underground Phrack, le fondateur d'un des premiers fournisseurs d'accès à Internet français, Worldnet.


L'impact de Noway en France est énorme: il constitue la première trace visible de l'existence d'un milieu underground hacker en France. En tant que tel, il est, au sein de ce milieu, considéré comme une référence, un modèle, et une source d'inspiration. (...) 

Le nombre de sujets abordés dans ce magazine en a fait sa force : au lieu de restreindre la contre-culture du hacking à un simple ensemble de pratiques techniques liées aux technologies de l'information, il montre qu'elle s'inscrit dans une dynamique globale de rejet de la société, avec un discours politique éclairé et un grand nombre de références à des mouvances artistiques qui s'y rapportent voire s'y associent (littérature Cyberpunk, musiques électroniques, etc.).


Il faut rappeler qu'à l'époque la France restait globalement méfiante face à ce que l'on appelle maintenant les cultures numériques : le monde littéraire rejetait massivement et unanimement la Science-Fiction et les musiques électroniques étaient strictement bannies de toute médiatisation.

 

Les hackers faisaient de plus l'objet d'une véritable chasse aux sorcières, policière et médiatique. Le réseau Internet lui-même était à cette époque largement médiatisé en France comme le repère mondial du terrorisme et de la pédo-pornographie.

 

Noway faisait entendre face à cette situation un discours radical et complètement nouveau, prônant la libre circulation de l'information et la défense des libertés individuelles, ainsi que la lutte contre les gouvernements et entreprises cherchant à manipuler l'opinion publique par le contrôle de l'information."

 

 

Anonymous (en français : « Anonyme ») est un groupe d’hacktivistes présent sur internet.

 

Aujourd'hui, les Anonymous poursuivent la lutte pour la liberté de l'information. Ils se battent pour le maintien de l'esprit de partage et de gratuité du net, menacé par les tractations commerciales des lobbies du droit d'auteur et du copyright. Ces lobbies se sont investis dans un jeu de pression puissant auprès des parlements et des représentants politiques notamment aux Etats-Unis et en Europe  (Lois SOPA et PIPA; Traité ACTA). Ils cherchent à obtenir la réduction de la libre circulation de l'information et des oeuvres afin de les maîtriser dans un but d'enrichissement. Ils souhaitent détenir des moyens de police et la légalisation du viol des données individuelles pour atteindre leurs objectifs. 

 

"Le hacktivisme est une contraction de hacker et activisme. Ici se trouvent simultanément les savoir-faire technologiques et analyses politiques. Le "hacktiviste" infiltre des réseaux, toutes sortes de réseaux, et pas seulement les réseaux électroniques, mettant son talent au service de ses convictions politiques, et organisant des opérations coup de poing technologiques : piratages, détournements de serveurs, remplacement de pages d'accueil par des tracts, etc. Souvent ce terme en implique aussi un troisième : "art".

Hacker comme virtuose de la technologie et activiste politique que l'on retrouve le plus souvent dans les luttes libertaires, antifascistes, altermondialistes, mais aussi religieuses (extrémistes religieux). Cette jonction d'une pensée politique et d'un savoir faire technologique est souvent l'œuvre de ceux qui veulent que leur action ait un réel impact. Un geste politique sans forme n'aura pas de visibilité, une virtuosité technique sans l'intelligence du contexte n'aura pas d'efficacité, d'où la combinaison des trois termes « hack », « activisme », « art ».

Certains sites agissant fortement à la manière de script kiddies, s'auto-proclament hacktivistes sans aucun fondement. Au delà de leurs apparences inoffensives, ils contribuent à la prolifération d'une image dangereuse et mal intentionnée des hacktivistes, largement diffusée dans les médias.


Wikipédia

 

 

De quel côté se trouve la morale ?

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 13:25

 

 

 

Les journalistes de Mediapart, quotidien indépendant du net, conduit par Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde,  ont contribué à révéler des éléments clefs de l’affaire Bettencout. Madame Bettencourt, 90 ans, première actionnaire du groupe l’Oréal, détient l’une des plus grosses fortunes françaises.


Les faits établis par le journal ont mis à jour «une fraude fiscale de grande ampleur, des financements illicites de partis politiques et de campagnes électorales, des pressions du pouvoir exécutif sur l'autorité judiciaire, des manquements à la loi commune et des conflits d'intérêts multiples. »


Le travail des journalistes a contribué à la protection de Madame Bettencourt « dont il est désormais établi, par des expertises judiciaires indépendantes, qu'elle ne disposait pas de l'intégrité de ses facultés à l'époque des faits. »

«La liste et la gravité des infractions poursuivies – abus de faiblesse, escroquerie, trafic d’influence, blanchiment, abus de confiance, recel, financement illicite de parti politique - ont fini de révéler cette affaire comme une des plus caractéristiques de la conjugaison de la cupidité privée et du mépris de l’intérêt public. » écrivent les avocats de Mediapart.

 


Les journalistes de Mediapart et Edwy Plenel sont convoqués par la justice en raison d’une plainte pour atteinte à la vie privée introduite par Madame Bettencourt en association avce Monsieur Phillipe De Maistre, actuellement emprisonné. Cette plainte est liée à la publication d’extraits d’enregistrements effectués par son majordome au domicile de Madame Bettencourt. Extraits qui ont contribué à l’avancement du travail d’enquête judiciaire.


« Nous avions veillé à écarter tout ce qui relevait de l'intimité de la vie privée dans les enregistrements clandestins du majordome de Liliane Bettencourt. Nous nous en sommes tenus aux seules informations d'intérêt public, conformément au droit de la presse qui protège le droit fondamental de savoir des citoyens. »


Les avocats écrivent à Monsieur Jean-Michel Gentil, vice-président chargé de l'instruction au tribunal de grande instance de Bordeaux : « Une société démocratique ne saurait accepter de tels agissements sans qu’ils soient portés à la connaissance du public ou il faudrait alors se résigner à ce que les forfaits les pires, car les mieux dissimulés, continuent de se perpétrer à l’abri des regards et contre toute velléité de faire prévaloir le droit.

«À une justice défaillante, par l’intrusion d’intérêts qui lui sont étrangers, vient en renfort la presse « chien de garde » de la démocratie aux termes de l’arrêt SUNDAY Times c/ ROYAUME-UNI de la Cour Européenne  des Droits de l’Homme en date du 26 avril 1979. »


 

 

Affaire Bettencourt : la contre-attaque de Mediapart

 

 

 

 

 

« A s’mer du vent de c’te force là,

Tu t’prépares une joyeuse tempête,

Pt’êt bien qu’tu t’en aperçois pas »

 

Extrait de Ti-Q la Chance – Gilles Vigneault

 


 

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Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
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