Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Entête31.01.2010

 

 

 

Rechercher

Contrat Creative Commons
Blog L'Oeil qui court by L'Oeil qui court est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 3.0 Unported.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://loeilquicourt.over-blog.fr/

.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 10:27

 

 

 

 

Changement-d-heure.jpg

 

 

 

 

 

 

Je pense qu'on peut

 

 

les envoyer promener sur les traces de Pistole


 

                                                                           et de Zelda la petite chatte toute noire.

 

 

 

 

ici

 

 

 

 

 

 

Sondages L'Oeil qui court/la pendule

 

 

Que pensez-vous de l'affirmation ?


Envoyons promener les changements d'heure

 

Leur faire prendre l'air

 

Ne peut que les remonter.


 

 

Vous etes d'accord ? dites oui !

 

Vous n'étes pas d'accord ? dites oui !

 

Vous vous abstenez ? Le paramètrage est de 2 ouis.

 

 

 

Bienvenue au pays de la nouvelle démocratie.

 

Il est ici interdit d'émettre une quelconque opinion.

 

 


 

 

 


 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Regard poétique
commenter cet article
25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:02

 

 

 

 

Au bas de la feuille blanche détrempée, il a signé Linou. Il a écrit son nom tout en bas. Selon les conventions. Ce qui ne va pas, c’est la blancheur de la page, légèrement souillée par la neige fondue.

Comme si ce Linou clamait «  Je ne te le dirais pas ».

- Quoi !

- Rien, je ne te dirai rien !

 

Des traces de pas sont arrêtées au bas de la feuille à côté de la signature la laissant à peine deviner. Cela manque d’élégance. Ces deux pas surgis de nulle part. Comme si leur propriétaire avait eu des ailes qui avaient été brutalement coupées.

Et pourtant aucune trace ne repart de la feuille.


Il neige maintenant. Les flocons s’amoncellent. De la branche d’arbre où je suis juchée, j’hésite à me précipiter. J’ai eu beaucoup de mal à grimper. Je ne sais qui a eu l’idée saugrenue de faire un bouquet de cette branche. Le vase me plait. Il est fin et élégant. Mais escalader un vase de verre poli c’est tout de même bien difficile. Je n’ai pas trouvé d’autre observatoire dans ce paysage blanc. Pour comprendre l’énigme des pas, c’était le meilleur moyen.

Faut-il que je dégringole de ma branche noueuse et glisse jusqu’au sol sur le toboggan de verre ?


Je réalise que je ne trouve pas de solution pour sauver l’énigme. Si la neige recouvre la feuille et les traces, il ne sera pas possible de la reconstituer. Je peux prendre la feuille, mais les traces de pas ?


 Une des plus grandes interrogations de l’histoire de l’humanité est en train de disparaitre inéluctablement et je ne peux rien y faire !

 

 

Je regarde longuement les flocons emplir les creux réalisés par les semelles des chaussures, la feuille se cacher sous l’édredon duveteux qui lui envoie le ciel. Une réflexion se fait par petites touches. Les auteurs de la mise en scène qui m’intrigue ne souhaitent pas que je comprenne leur secret. Ils n’ont pas prévu de spectateur curieux. C’est leur volonté de préserver ce secret. La page blanche de la lettre dit cette intimité si proche qu’elle se connait par-delà les mots. Je n’avais rien compris tout à l’heure. C’est un peu comme si j’avais pénétré dans une alcôve. Le rideau se tire.

 

Un voile de rougeur passe sur mon visage, un sentiment de légère indiscrétion. Je me retourne pour descendre de mon arbre en bouquet. Il est temps pour moi de réintégrer le monde des choses simples.


Mon regard rencontre un spectacle tout aussi surprenant que le mystère des pas. Une chaise agite quatre jambes féminines toutes très jolies. De petits escarpins rouges à talon que des doigts de pied coquins agitent ressemblent à autant de dards à mon désir. Je ne cherche plus à comprendre comment je suis arrivé là. Je me laisse envahir du désir que suscitent ces jambes charmantes.


Je renonce à m’approcher, craignant leur disparition brutale. L’apparition d’un homme bourru qui ne verrait rien, s’emparerait du dossier, et poserait la chaise sur ses jambes devenues de vulgaires bâtons de bois. Où bien une meute de chiens se précipitant sur les chaussures dont la morsure dégonflerait les jambes devenues des enveloppes plastiques flasques. Ou encore une volée de petits enfants s’accrochant chacun à une jambe qui se détacherait de la chaise pour s’éloigner en compagnie du petit.


Je me carre dans l’arbre et attend. Longtemps. Arrêt sur image. La scène est figée. Je sens mon dos commencer à me tirailler. Je me retiens de bouger, de dire, de grogner, de descendre, de tomber.


Alors n’y tenant plus je houspille :

- Eh là haut, faudrait bouger un peu ! 

Un temps suspendu.


- Que vous arrive-t-il, Monsieur Archambaut. Vous êtes plus cordiale d’habitude !

Un instant, je vois les jambes s’agiter. Des bouches rouges, délicieuses, s’y sont incrustées et pépient en ma direction.

- Vous êtes tout de travers, Monsieur Archambaut. Vous allez vous faire mal au dos. Mes yeux s’ouvrent. Ils tombent sur le charmant sabot de Mélanie et surtout  s’arrêtent à son coup de pied, explore le galbe de sa cheville.

- Monsieur Archambaut, gronde-t-elle un rire dans la voix. Aidez-moi. Sinon, c’est moi qui vais avoir le dos en compote.

 


Un rayon de soleil qui vaut bien la fonte de toutes les neiges.

 

 

 

 

La-signature-au-bas-de-la-p

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article
24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 22:16

 

 

 

Les candidats à l'élection présidentielle déposent devant le Conseil Constitutionnel une déclaration de patrimoine avec la liste de leurs parrainages.

 

Le président de la république publie quant à lui, en début de mandat et en fin de mandat l'état de son patrimoine.

 

Monsieur Sarkozy en cinq ans s'est enrichit de 30%.

 

Pas d'erreur possible, il fait partie de ceux à qui profite la crise. Dans son catéchisme personnel qu'il partage avec la plupart des éteigneurs de réverbères perchés en haut de l'échelle sociale, il est très efficace et donc recommandé pour l'intérêt collectif des riches de mettre à genoux les citoyens ordinaires et de maltraiter les plus pauvres.

 

Il ne déclare aucun biens immobiliers, c'est-à-dire qu'il ne déclare aucun appartement,  aucune maison, pas un seul terrain même pas un petit bungalow au fin fond du terrain hérité de la grand-mère. Monsieur Sarkozy n'investit pas dans la pierre. Il doit préférer le meublé de location.

 

Il a peut-être une très grande peur de l'avenir puisqu'il a contracté deux assurances-vie pour les montants de 2 306 445 € et de 277 589 €. Vous vous rendez compte le prix qu'il donne à sa vie ? Ca fait un peu manque de modestie, non ?

 

Quand vous allez faire vos courses, vous vous dépensez combien ?

Et puis sur votre compte quand le revenu vient de tomber, vous avez beaucoup de milliers d'euros ?

 

Monsieur Sarkozy ou Madame Sarkozy, comme le compte dit, quand ils vont faire les courses, c'est avec le semi-remorque parce que pour dépenser 56 919 € en un mois, faut s'obliger à acheter, hein !

 

 

Vous trouverez la déclaration de patrimoine de

Monsieur Nicolas Sarkozy en cliquant ici

 

 

  Quand la colère gronde,

 

  Le rouge est de retour - La Parisienne libérée

 

 



Le rouge est de retour - portrait de Jean-Luc... par Mediapart

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 23:34

 

 

 

 

Eveil-du-jardin.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Le houx a lancé un trille. Les journées s’ensoleillent. La petite table de jardin a ressurgi parée de sa nappe vert clair. Petits déjeuners sous les rayons bienfaisants. Le monde alentour disparait.

Les nouvelles pousses percent la couverture craquante des feuilles mortes. Je guette leur progression. La lenteur du mouvement  est infinie.


Avide de ces petites choses vertes, fraîches et fragiles, j’écarte le couvert à la recherche des plantes poignant de leur long sommeil d’hiver. Quelques jours plus tard, je serai surprise de l’évolution de leur croissance.


La table est parsemée d’une poudre de terre fine. Je participe à cette grande montée de vie. Une fournée de petits pots noirs jonchent la nappe. Disposés en un joyeux désordre. Deux cuillères à soupe et une fourchette pêlemêle. Quelques sachets de graines.


Mon plan de semis ressemble au jardin : sauvage et exubérant.


Des images de tiges profuses, pastels s’élancent dans une noce végétale pour rejoindre une abondance de lianes aux teintes fauves. Un long sourire s’attarde sur mes lèvres.

 

 

 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Regard poétique
commenter cet article
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:48

 

 

 

"À partir de dimanche 11 mars, nous vous invitons donc à lire le récit d’une catastrophe nucléaire à Fessenheim. Nous nous sommes basés sur des études, des plans et analyses existants. Tous les problèmes techniques que nous faisons vivre dans ce feuilleton peuvent survenir. Ils ont tous été analysés dans des documents officiels que nous publions en accompagnement de cette série. Nous ne les inventons pas. Dans chaque cas, nous avons simplement choisi de faire advenir l’hypothèse la plus défavorable. C’est un choix narratif. Il est forcément partial. Mais c’est la force de la fiction de nous permettre ce genre d’exercice." écrit la rédaction de Mediapart.

 

"Pourquoi ce détour par la fiction, alors que Mediapart pratique un journalisme d’enquête sur des faits réels ? Parce que précisément, en matière d’enquête sur les différents débats autour de la sûreté du nucléaire, apparaît cette donnée nouvelle : la logique probabiliste et statistique est de plus en plus critiquée. Une grave catastrophe nucléaire est certes improbable en France, et peut être plus improbable que dans d’autres pays (c’est aussi ce qui se disait au Japon avant le tsunami du 11 mars 2011). Mais elle ne peut être totalement exclue."

 

 

Aujourd'hui Mediapart, c'est ouvert à tous et c'est gratuit à partir de 12 heures !

 

 

- Le feuilleton Noël à Fessenheim vous raconte une explosion nucléaire en Alsace,

ici


- Les investigations de Mediapart.

- Un journal de la campagne

- 90 minutes de débat entre la rédaction de Mediapart avec l’un des candidats, aujourd'hui Jean Luc Mélenchon

ici

 

 

 


 

Une nouvelle inédite : Caché au fond du parc  

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 22:00

 

 

Le parc s’étendait derrière la demeure. Alternant petits bois, prairies, verger, potager, il faisait oublier qu’il était un parc. Il recelait une ou deux dépendances  que j’aimais à regarder longuement. Elles semblaient hors d’âge, constituées en des époques successives avec les matériaux trouvés au hasard de travaux variés. Des herbes folles croissaient à leurs flans. Les coquelicots donnaient une touche vive que j’aimais.

 


serre-1.jpg

 

 


Je m’asseyais un livre à la main. L’ouvrais à la page en cours. M’apercevais chaque jour que j’avais avancé d’une ou deux pages depuis la veille, les yeux irrésistiblement attirés par le monde qui bruissait autour de moi.

Des épis chevelus se balançaient accompagnant le mouvement du vent. Les clochettes des aconits s’élevaient à l’ombre d’une immense serre. Surchauffée par la canicule de l’année précédente, sa verrière avait fondu transformant la nef translucide en une œuvre d’art inestimable. Le matériau diaphane s’était distordu et formait des languettes rousses s’articulant de façon gracieuse et inattendue. Je ne me lassais pas de suivre les méandres créatifs nés de l’œuvre du soleil. Sa beauté me bouleversait.

Des fourmis suivaient leur chemin à mes pieds. Je les épiais jusqu’à ce qu’elles disparaissent mystérieusement. J’en étais toute marrie. Je compris que je n’avais pas de vocation d’entomologiste cependant que le grouillement des petites bêtes évoluant parmi graminées et feuillages m’occupait pendant des heures.

 

 


Un jour, je remarquais non loin de mon emplacement un curieux assemblage de bois et de boue. Je n’en comprenais ni l’usage, ni l’origine. Cette structure avait été construite intentionnellement. Je me penchais, examinais précisément l’ensemble. Je crus apercevoir par une fente l’entrée d’une toute petite galerie. Une curieux bulbe translucide plus épais qu'une bulle de savon mais semblant presque aussi fragile la surmontait. Il fermait l'ouverture du boyau souterrain.


Je restais en observation longtemps, n’osant détourner mon regard de la construction. Je guettais vainement ses artisans. Quand le soleil descendit bas sur l’horizon, le fond de l’air fraichit. Je me levai à regret. J’oubliai de jeter un dernier regard à la serre brillant de tous les feux du soleil couchant.

 

 

Serre


Je m’éveillai au milieu de la nuit. Sûre d’avoir vu l’image de la composition de bois et de boue accompagnée de paroles brèves : « Merci de protéger  notre structure. Nous savons pouvoir vous faire confiance. »


Le lendemain matin, tôt, je fus debout de bonne heure. Les sens en éveil. Je courais vers une remise. Y cherchais des tuiles abandonnées. Les apportais, une à une, jusqu’à ma dépendance d’élection. Je les disposais de sorte à cacher l’assemblage de bois et de boue aux regards. Je ménageais deux issues.

J’allais chercher une bûche que je plaçais sur le devant et des grosses branches que j’entassais. Je confectionnais de la boue et en barbouillais les partie de tuiles apparentes. Si une araignée venait parachever mon œuvre, l’ensemble semblerait avoir été en place de tout temps.


Je m’installais non loin. Pour la première fois je n’avais pas emporté mon livre. J’observais par moment ma réalisation. Je n’attendais pas d’en voir ses hôtes. Je pensais qu’ils se présenteraient au moment de leur choix. Je m’adossais confortablement et laissais errer mon regard au hasard des herbes et des plantes qui s’égayaient devant moi. Doucement, mes yeux se fermèrent. J’écoutais les chants des oiseaux nombreux à cette heure. 


Dans ma torpeur, le petit assemblage m’apparut. 

J’entendis : « Ton aide nous a été précieuse. Nous ne pouvons nous montrer. Notre apparence n’est pas perceptible pour tes yeux. Nous venons des couches inférieures de la terre. S’il n’y a plus d’oxygène dans les années à venir, la vie de surface mourra. Nous pourrons alors la remplacer.

C’est très important que tu nous aies aidés à construire notre foyer d’observation. Nous te demandons de t’assurer quand tu viens de son camouflage.»


J’étais heureuse d’avoir participé à ce projet. J’espérais que, de temps en temps, ils viendraient encore me parler dans mes rêves.


Le lendemain, une araignée avait achevé mon œuvre.

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 22:19

 

Edwy Plenel, le créateur de Mediapart, ancien rédacteur en chef du Monde écrit : 

 

Contre la haine, nos fraternités


Une haine meurtrière défie désormais la France, sa République et sa campagne présidentielle. Précédée des meurtres de militaires à Toulouse et Montauban auxquels elle serait reliée, la tuerie antisémite de Toulouse est peut-être l’œuvre d’un fou. Mais, dans ce cas, sa folie est d’époque. D’une époque où l’on s’habitue à diviser l’humanité plutôt qu’à la rassembler, où l’on attise les violences plutôt que d’apaiser la société. Et c’est cette folie qu’il importe de conjurer d’urgence, en convoquant la raison contre la peur et la fraternité contre la haine.


(...) Ces crimes nous sont insupportables et, en même temps, nous devons admettre qu’ils ne nous sont pas étrangers. Car ils sont ceux d’une époque et d’un pays, les nôtres, où l’on s’est par trop habitué à ces discours, ces paroles et, parfois, ces actes qui mettent en exergue tout ce qui différencie les êtres humains, les divise et les éloigne les uns des autres, plutôt que ce qui les rapproche, leurs ressemblances partagées ainsi que leurs communes conditions. Où l’on s’est accoutumé, sans réagir outre mesure, à entendre souligner ce qui distingue plutôt que ce qui rassemble.


Il est temps de nous ressaisir et, sous le choc de l’émotion, de retrouver le chemin d’une concorde républicaine en lieu et place de cette guerre de tous contre tous qui fermente sous l’aigreur de la déraison politique à l’œuvre ces temps derniers – identité nationale contre origine étrangère, civilisations supérieures contre religions inférieures, racines chrétiennes contre invasion musulmane, etc. (...)


Sinon le pire est à craindre.Dans une démocratie fragile, doutant d’elle-même, travaillée par l’incertitude et bousculée en son sommet, des actes insensés comme ceux de Toulouse et Montauban sont de potentiels accélérateurs de régressions (...) 

 

 

Mediapart, le quotidien français du net indépendant, uniquement financé par ses abonnements.

Des journalistes de gauche, la vraie, qui ne servent la soupe à personne. Un journal d'investigation comme la France n'en a pas d'autre. Les révélations de l'Affaire Bettencourt, les révélations de l'Affaire Karachi, les révélations concernant l'espionnage de ses salariés et de ses clients par IKEA, c'est eux.

 

Un journal pour plus de démocratie et une réelle indépendance de la presse.

 

C'est 9€ par mois. 1€ les quinze premiers jours d'essai.

 


Le 23 mars, c'est gratuit !

 


 

Mediapart.fr en accès libre vendredi 23 mars dès 12h
Vendredi, Mediapart transforme pour la troisième fois sa rédaction en plateau de vidéos Live et accueille les débats diffusés sur Mediapart (en accès libre) : 5 heures de vidéo seront diffusées en direct !
De 17h à 22h, le programme s’articule autour de quatre grandes séquences :

- Ce que révèlent les investigations de Mediapart. Nos journalistes s’expliqueront sur nos enquêtes. Et nous examinerons leurs prolongements, judiciaires, économiques, politiques

- Un long entretien avec un intellectuel, chercheur, politiste, économiste, historien

- Un journal de la campagne, kaléidoscope de thèmes et de sujets, allant des sondages aux problèmes de financement, des gros mensonges aux idées nouvelles, du « vu de l’étranger » à nos cahiers de doléances

- L’émission s’achèvera par 90 minutes de débat entre la rédaction de Mediapart et l’un des candidats.

Après Francois Bayrou et Eva Joly, ce vendredi c'est au tour de Jean-Luc Melenchon , candidat du front de gauche de venir échanger avec vous!

Rendez-vous le vendredi 23 mars dès 17 h !

 

 

Mediapart est né en mars 2008

 

et compte aujourd'hui plus de  60000 abonnées.

 

 

Mediapart, c'est ici

 

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 22:00

 

 

 

 

De tout temps, j’avais été rêveur.


Petit, on me retrouvait assis dans les positions les plus étranges, mais aussi à quatre pattes ou allongé, arrêté au milieu d’un mouvement, en plein jeu, le regard ailleurs, peut-être tourné vers l’intérieur.

Etant, par ailleurs, d’un caractère sociable, j’eus de nombreux copains. Mais aucun ne le resta longtemps. Rapidement, ils se lassaient des pauses plus ou moins prolongées qui suspendaient nos jeux. Je ne pouvais malheureusement partager avec eux le motif de ces absences, mes rêves se révélant à l’examen de la conscience tellement fantaisistes qu’ils m’auraient mis à l’écart pour des raisons bien plus graves qu’une simple pause malvenue.


Je grandis avec cette particularité dont je m’accommodais assez bien. Les univers qui m’emportaient étaient autant de voyages merveilleux que nul n’aurait pu m’offrir.

J’appris à cultiver une amabilité, lors de l’achat de ma baguette ou de mon journal, lorsque je croisais ma voisine dans l’escalier. On m’accueillait avec chaleur. Je veillais durant ces moments, que je maintenais brefs, à endiguer le flot de mon imagination afin de ne pas me retrouver en arrêt au milieu de la chaussée à la poursuite de mes histoires intérieures.


Rester à distance m’évitait la douleur des ruptures.


Je choisis un métier solitaire qui me permit d’utiliser ce don singulier et même de le développer. Je fus ainsi le plus heureux des hommes durant de nombreuses années.

 


Cette aventure prit un tour inattendu une après-midi.

 

Je voulus relire Dracula. M’en inspirer. Je me plongeais dans le livre, grappillais à droite et à gauche. L’atmosphère de cet univers m’imprégna bientôt. Je partis sur les ailes de mes propres histoires. Les paysages oniriques étaient  plus riches, nourris des péripéties arrivées à Jonathan Harker.

La force de mes transports intérieurs prit une qualité originale, une texture que je n’avais pas connue à ce jour.


J’émergeais du livre de Bram Stoker  par une grosse porte arrondie en bois brut entourée de flammes bleues. Un large boyau obscur s’enfonçait dans des profondeurs mystérieuses. Un chemin terreux, irrégulier, détrempé s’étalait à l’extérieur. Des barriques, un stère de bois, et des grosses malles recouvertes d’une bâche attendaient qu’on les livre. Je m’efforçai de ne penser ni aux loups ni aux vampires.


Je m’éveillais de ma rêverie. Quelle ne fut ma surprise de voir devant moi, sur la table où je tenais le livre posé sur la tranche un chemin terreux, irrégulier, et détrempé. Des barriques, un stère de bois, de grosses malles recouvertes d’une bâche y reposaient. Une chaude lumière bleue s’élevait tandis qu’une odeur d’ail m’incommodait.


J’entendis un raclement derrière la porte.

 

 

 


 

Book #11 : Gulliver's travels / Les voyages de Gulliver

 

Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift - Cliquez ici

Une oeuvre de PIERRE BETEILLE

 

 

  Jeu :

Quavez-vous entendu derrière la porte ?

 

 

D'autres auteurs, d'autres nouvelles : Mil et Une, cliquez ici

 

 


 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 22:02

 

 

 

 

"A 75%, les riches partiront ?
Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas.(...)
Leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public.

 

Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte.

Avant de la prendre."

 

Les émissions d’actions permettent à l'entreprise d'investir, de maintenir et développer  l'activité et l'emploi. Les actions s'achètent sur le marché primaire où peu de riches se promènent. Leur volume est assez faible au prorata des masses financières échangées sur le second marché. C'est là que les riches préfèrent se fréquenter pour leurs affaires financières. C'est un marché de l’occasion où ne s’échangent que des titres déjà émis, qui n'apportent rien ni à l'entreprise, ni à l'activité, ni à l'emploi mais aux seuls échangeurs de ces actions appelés spéculateurs dont le but unique est de faire de l'argent pour eux-mêmes. Les riches sont donc inutiles au pays.

 

 

Un article décapant, qui remet les idées en place et appelle à la réflexion. Il a été écrit par Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE), membre du collectif Les Economistes Atterrés.

 

A 75 % les riches partiront ? Cliquez ici

 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 22:26

 

BOOK #2 - L'idiot / The Idiot 

      DOSTOÏEVSKI L'idiot -  Pierre BETEILLE

      http://www.pierrebeteille.com/

 

 

 

 

Chaque jour de 14h02 à 15h 28, je m’assois à la table de la bibliothèque. Pourquoi à cette heure-là ? Mais parce qu’il faut des règles. Et que celle-ci en est une.


A 13h46, j’examine minutieusement ma bibliothèque que j’ai fort garnie. Je dispose de 16 minutes pour retrouver mon livre du jour. Chaque jour pendant une semaine, je prends un autre ouvrage. Le lundi de la semaine suivante de 14h02 à 15h28, je lis la suite du livre commencé le lundi précédent. Le mardi, je lis le livre entamé le mardi précédent et ainsi jusqu’au dimanche.


Pourquoi cette rotation ? Mais parce qu’il faut une règle.


Tous les jours, de 13h46 à 14h02, je regarde ma bibliothèque et essaie de retrouver le livre du jour.

Je n’ai pas de règle pour ranger le livre du jour et je perds 16 minutes à le retrouver.

Parfois, je ne le trouve pas. Et je ne peux lire parce qu’il n’y a qu’un livre du jour et que l’heure c’est l’heure et quand c’est plus l’heure c’est plus l’heure.

Je prends du retard dans la rotation de mes livres que j’ai soigneusement organisée en fonction de leur taille et de leur temps moyen global de lecture. Tout le planning est désorganisé.

 

Un jour, alors que j’étais devant ma bibliothèque, je m’avisai que le livre du jour était rangé à l’envers. Je n’y prêtais pas attention et commençais ma lecture. Le lendemain, le livre du lendemain était rangé à l’envers ainsi que le livre d’a côté. Je restai un long moment pensif devant le rayonnage. Perplexe, je m’attaquais à la lecture du livre du jour. Des bribes de réflexion incohérentes me traversaient l’esprit. Je ne parvenais pas à en comprendre le sens. Les lettres s’additionnaient sur la page sans former de mots. A 15h28, je rangeai mon livre fort inquiet.

 

Le lendemain, je me dirigeai vers l’étagère, tremblant. Toute la rangée du livre du jour était à l’envers. Je le saisis et n’arrivai pas à en déchiffrer le titre. Je le tournai en tout sens mais rien n’y fit.

Je m’assis à la table. Je fus incapable de savoir en quel sens tenir le livre. Les signes qui le couvraient n’avaient pas de signification pour moi. Je restai assis hébété et me levai sans avoir vérifié l’heure. J’avais perdu la règle.

 

Deux jours plus tard, l’ensemble des livres de la bibliothèque était rangé à l’envers. Il était 14h02 lorsque je pris le livre du jour, le seul à être rangé à l’endroit. Je le lus d’une traite jusqu’à 15h19, refusant d’appliquer la règle. Quand je tentai de me raconter le passage que je venais de lire, je ne me souvenais plus de rien. Des morceaux de mots se promenaient dans ma tête. J’étais perdu dans un dédale de lettre. Un seul mot apparaissait en clair : la règle.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

D'autres auteurs, d'autre nouvelles, sur Mil et Une

 

 

 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article