Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Entête31.01.2010

 

 

 

Rechercher

Contrat Creative Commons
Blog L'Oeil qui court by L'Oeil qui court est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 3.0 Unported.
Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues à http://loeilquicourt.over-blog.fr/

.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 23:09

 

 

 

 

Mur

 

 

 

 

 

 

Le mur vieillissait.

Cela faisait de nombreuses années qu’il se dressait ici

au bord de nulle part.

Si nombreuses que plus personne de par le pays

ne se souvenait de sa naissance.

Sa peau s’était affinée.

Si mince qu’on aurait dit un drapé de glace.

Sa peau s’était ridée.

De mille rides très fines qui le parcouraient en tous sens.

Une toison sèche gris-beige se tordait à son sommet.

Quelques lianes malingres pendaient à ses flans.

 

Un mouvement vif ébranla la quiétude.

Mystérieux.

Puis apparut un profil allongé et mobile.

Un petit lézard avait édifié son nid dans l’ensemble minéral.

 

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Regard poétique
commenter cet article
19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 18:28

cafetière

 

 

 

 

C’est un petit couple.


Lui, toujours derrière elle.


Elle, menue comme une souris.A la voix fine comme une flûte. Si elle pouvait se ranger sur le coin droit de l’étagère à vaisselle, elle prendrait une toute petite place derrière la cafetière.

Et la cafetière se mettrait à parler. Beaucoup. D’une petite voix de flûte énergique qui sait ce qu’elle veut et le dit sans ambages. Parce que c’est comme ça que ça doit être. C’est irréfutable.


La maison tourne au rythme de ses certitudes. Dans un ordre propre qui sent le frais et le bien tenu.

Les repas sont maigres. La viande est chère. Et les moyens sont courts. Lui, il aime bien la viande. Ca lui coûte bien de s’en priver. Elle, elle s’en passe volontiers. Il n’a qu’à aimer autre  chose. Du pas cher. Elle a choisi d’autoriser la bière. On ne peut pas se priver de tout. Ils boivent de la bière et boudent l’étal du boucher. C’est comme ça que ça doit être.

 

Aujourd’hui, c’est le jour  de lessive a-t-elle dit. Il y a le nombre de serviettes sales. Pour le diner, on va mettre les verres bleus qui vont avec les assiettes à soupe.


De jour en jour, il s’amenuise à la suivre sans la contrarier et sans pour autant la rendre gaie. De devoirs en « il faut », de « c’est comme ça » en « tu ne m’écoutes pas », il se tasse, se rétracte, se réduit. Un jour, il se glisse dans la cafetière, juste devant la petite voix énergique. Il n’en sort plus. Elle appelle, objurgue, retourne la cafetière, secoue. Elle s’assied en tailleur et la coince entre ses jambes. L’admoneste, le supplie.


« J’aime ta voix, dit-il au bout de trois jours Parle-moi encore »


Elle attache la cafetière dans son dos, comme les jeunes mères africaines portent leur bébé. Et elle continue à dire ce qu’il y a à faire, la lessive, les verres bleus, la vaisselle et pas de viande. Il est devenu si petit au fond de la cafetière que ses paroles à elle suffisent à le nourrir.

 

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:01

 

 

 

Quelques cheveux hirsutes ébouriffent le chemin.

La poupée désarticulée pose abandonnée.

              

Dix  petits cailloux au-delà,

Une sandalette bleue paresse…

 

Les graminées dessinent une mer ondoyante.

Leurs épis  griffent un convoi de nuages.

Le rouge des coquelicots secoue les ocres.

 

 

 

Assise les jambes en tailleur,

Une petite fille penche la tête sur un peton brun de terre.

Elle hésite entre larmes et rien.

 

Un petit caillou logé au creux de sa semelle

A laissé une signature de rien du tout sur la peau tendre.

 

La petite fille ne sait pas encore  si elle a un tout petit peu mal ou pas du tout.

 

Un bras de poupée dort dans les cailloux.

 

 

 

 

Coquelicot.jpg

 

 

 

 

 


 

 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Regard poétique
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:00

 

 

La terreurs de la perte des trois AAA, l'hégémonie des spéculateurs, le monde occidental en crise sociale et financière grave.

Et s'il n'y avait pas de fatalisme mais une, d'autres voix. Laurent Joffrin, journaliste du Nouvel Obs nous livre ses réflexions.

 

 

Le Nouvel Observateur - Laurent Joffrin

 

 

Il y a dans cette crise une vaste entourloupe en cours, masquée par le tumulte des marchés et la noria des réunions d'urgence : les idées qui nous gouvernent depuis trente ans s'effondrent sous nos yeux, mais ceux qui les défendent sont toujours en place et font prévaloir leurs vues.

Dans le brouillard de l'événement, sous les apparences de la dure nécessité, les féodalités financières et les classes dirigeantes imposent progressivement aux gouvernements un programme de fer qui préserve leurs intérêts, alors même que leur influence sur la planète apparaît maintenant à tous pour ce qu'elle est : une désastreuse sacralisation de l'argent fou.

 

D'expédients en mesures transitoires, de replâtrage en improvisation, les gouvernements conscients des enjeux mais incapables de s'unir sur une stratégie se dirigent lentement vers les solutions préconisées par les maîtres de l'argent : maintien du pouvoir des marchés, refus des réformes de structure de la finance et de la banque, coupes dans les dépenses publiques pour rembourser la dette. Autrement dit, protection des possédants et austérité pour les peuples.

 

On concède une mesure d'équité, on annonce de courageuses réformes pour plus tard, on trouve ici une rustine nouvelle ou là une béquille de fière apparence. Mais, en fait, les dogmes les plus usés sont toujours actifs : moins d'Etat, moins d'impôts, moins de salaires, plus de bonus. Le système financier qui a conduit la planète à la plus grande crise depuis 1929 restera en place.

Pourtant d'autres solutions existent, qui n'ont rien de farfelu ni de démagogique, avancées par des forces politiques importantes et par des experts reconnus.

 

Elles sont diverses, parfois contradictoires, elles émanent de courants idéologiques variés et ne sont pas toujours réunies dans un plan opérationnel et cohérent. Mais en les examinant sérieusement, on peut dégager une stratégie alternative à celle du monde de la finance, stratégie qui demande elle aussi des efforts, qui comporte sa part de risque, mais qui a le mérite de satisfaire à la fois à une meilleure équité et de tenir compte du nouvel état de la planète.

 

La première en urgence consiste, selon l'expression consacrée, à "monétiser les dettes souveraines", c'est-à-dire à financer une part des dépenses de l'Etat avec des prêts consentis par la Banque centrale européenne. Techniquement, la BCE déciderait d'acheter aux Etats les obligations qu'ils émettent pour se financer. Autrement dit, au lieu d'emprunter sur les marchés, les Etats emprunteraient auprès de la Banque, qui accorderait des conditions plus favorables. Comme la BCE achète ces titres en créant de la monnaie, on parle de "monétiser la dette".

Economiste chez Natixis, un temps conseiller du PS, Patrick Artus en est l'opiniâtre avocat. Sous des formes variées, on retrouve cette proposition dans le discours de la gauche américaine ou encore chez les experts du mouvement vert ou chez les économistes critiques. Certes, l'innovation risquerait de conduire Jean- Claude Trichet, le président de la BCE obsédé par le risque inflationniste, à une immolation par le feu. Mais elle soulagerait les finances publiques, elle rassurerait les créanciers, certains d'être remboursés, et elle éviterait aux peuples une austérité socialement insupportable.

 

Les orthodoxes, bien sûr, crieront au scandale. Les crédits ouverts sont autant de liquidités nouvelles. On crée de la monnaie ? Voici revenu le spectre horrifique de la planche à billets et de l'inflation ! Sauf qu'Artus a depuis longtemps répondu à cet argument : il y a inflation si les liquidités nouvelles créent, par excès de la demande sur l'offre, des tensions sur les marchés de biens et de services qui pousseraient les prix vers le haut. En période de récession ou de croissance lente, cette éventualité est improbable : une partie des capacités de production est inemployée ; si la demande augmente, l'offre peut suivre sans tension sur les prix.

 

Il y a un risque ? Certes. Mais rappelons que l'autre solution, celle des banquiers, consiste à exiger une livre de chair des classes moyennes et populaires et à programmer une récession de plusieurs années, qui ruinera encore plus sûrement les finances publiques, comme on le voit en Grèce...


Cette médication de court terme, dont il faut évidemment user avec prudence, permettrait seulement d'amortir le choc de la dette. Elle devrait être relayée par une réforme fiscale audacieuse, qui permettrait d'accroître la contribution des classes riches, si longtemps favorisées par le reaganisme planétaire, et assurerait aux Etats les moyens de faire face à leurs engagements. Là aussi les propositions existent. On en trouve de fort judicieuses chez Obama ou encore dans les projets des candidats socialistes à l'élection présidentielle française. Berlusconi soi-même vient de taxer un peu plus les riches... C'est le sabotage politique des conservateurs - les Tea Party américains par exemple - qui empêche leur mise en oeuvre. Ces mesures devraient évidemment être couplées avec une réforme des marchés financiers : séparation entre banques de spéculation et banques civilisées, réduction des paradis fiscaux, taxation légère des transactions financières dont on parle depuis vingt ans sans jamais rien faire, etc.

Tout cela débouche sur un modèle de développement différent : équité sociale, maîtrise de la finance, promotion de l'industrie et de la technologie sous contrainte écologique, réhabilitation du rôle des Etats démocratiques, seuls légitimes à décider d'une stratégie collective. Un modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu'il porte atteinte à leurs intérêts. Ainsi le destin des peuples se joue peut-être dans leur dos, dans la torpeur de l'été, au fil des discussions discrètes qui réunissent politiques et représentants de l'oligarchie. Laissera-t-on faire ?

 

 


Laurent Joffrin - Le Nouvel Observateur

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 12:43

 

 

La famine dans la corne de l'Afrique repose de façon dramatique la question de la faim.

 

 

Deux personnalités très différentes donnent dans cette page deux analyses complémentaires, parfois concordantes mais aussi antagonistes des causes et des remèdes de la faim. Aujourd'hui, l'ONU établit à 925 millions de personnes les victimes de la faim. Nous sommes 6 milliards. Qu'en sera-t-il quand nous serons 9 milliards aux environs de 2050 ?

 


 

Bruno PARMENTIER, directeur de l'école supérieure d'agriculture d'Angers, ingénieur des mines a écrit :  "Nourrir l'humanité". Il a participé au Grenelle de l'Environnement.
Dans cette émission, il évoque les enjeux de l'agriculture du XXIème siècle avec une simplicité imagée qui définit avec clarté une partie de la question. Ses solutions sont loin d'être toutes écologiques, ainsi, son regret de l'abandon des OGM marque les limites de son raisonnement. Son enthousiasme pour les nanotechnologies dont il dit : "C'est vrai les nanotechnologies, ça peut-être très, très dangereux mais ..." fait frémir.

Mais il prône également l'agriculture biologique telle que peut la décrire Claude Bourguignon.

L'enregistrement de l'émission a été réalisé en 4 parties :

 

 

     

Claude Bourguignon, ingénieur agronome, biologiste de la terre partage son travail et sa passion avec sa femme. Ils ont créé ensemble le seul laboratoire au monde des sols en place.
Ils se déplacent à la demande de groupes d'agriculteurs, de chambres d'agriculture, de lycées agricoles, de gouvernements dans le monde entier pour faire sur 1,50 mètre de profondeur des diagnostics de la terre, dans les champs, là où ils sont appelés à son chevet.
Notre terre qui se vide de sa vie riche et multiple, se dissout dans les nappes phréatiques, les rivières et se meurt. En chaque lieu, différente, elle demande une étude approfondie et un plan de rétablissement unique.
Les Bourguignon établissent la gravité de son état, son alchimie, quel composant fait défaut, quel élément est en excès et préconisent les remèdes à mettre en oeuvre. Naturels, basés sur les connaissances des anciens, sur de minutieuses analyses chimiques, sur une grande expérience et sur des compétences impressionnantes quant à la complémentarité de chaque élément de l'éco-système.
Lors d'un colloque en décembre 2010 "Où va la terre ?" organisé à l'initiative d'Yves Cochet, député vert, Claude Bourguignon explique avec passion la vie de la terre et sa destruction,  provoquée par la révolution verte, les conséquences des ravages des engrais chimiques et les remèdes.

Pour connaître la fonction d'un ver de terre ou des champignons du sous-sol, pour comprendre d'où proviennent les ouragans et 40% du CO2,  pour comprendre comment la terre peut donner des rendements étonnants tout en la présenvant, pour en savoir un peu plus sur le fonctionnement si complexe de notre éco-système...


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 20:00

 

 

 

 

 

Le soir tombe.

Une lumière douce pâtine le carreau.

Parfum d'orange.

 

L’heure parle de câlins aux enfants

Et de petits lits douillets.

De volets que l’on baisse au son d’une berceuse

Fredonnée entre deux paroles à moitié oubliées.

 

 


 

L’odeur des crêpes s'attarde dans la cuisine.

On range les assiettes et la confiture du repas.

La vaisselle attendra demain.

 

La nuit est là sur le jardin.

La fenêtre s'ouvre sur l'ombre.

Frémissements et frôlements vibrent au dehors.


Elle a éteint la lumière.

Assise sur le rebord de la fenêtre, elle repose.

Le chant de la chouette effleure ses cheveux défaits.

 

 

 

Mots-du-soir.jpg

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Regard poétique
commenter cet article
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:58

Je vous propose deux articles, très différents, pour mieux appréhender les enjeux des AAA et comprendre les crises nationales qui suivent la perte d'un A, menace qui plâne sur notre pays.

Les points de vue de banquiers, conseillers financiers, du gouvernement et du Centre d’Étude et de recherche en économie internationale (CEPII) sur les risques de la perte du AAA par la France et les conséquences nationales et européennes prévisibles.

Cet article apporte des éléments d'éclairage sur la crise actuelle. Mais il n'interpelle pas le rôle des spéculateurs, des banques et des agences de notation dans l'écroulement des économies touchées. Il n'évoque pas la nécessité d'une réforme en profondeur du système libéral et du dictat de ces agents du A et des responsables des attaques contre les pays affaiblis.





La France peut-elle perdre à son tour sa note AAA ?

Charlotte Boitiaux  

France 24



L’abaissement inédit de la note souveraine américaine suscite bien des craintes. La France, comme le reste de la zone euro, sait que les marchés financiers suivent de près la politique de réduction des déficits publics. Mais que risque l'Hexagone ?
Pour voir la vidéo d' Achren VERDIAN, cliquez.


 

A qui le tour ? Après la dégradation de la note souveraine des États-Unis par l'agence Standard & Poor's, la question semble devoir se poser désormais pour la France, souvent considérée par les milieux financiers comme la mauvaise élève du cercle très fermé des notes "AAA" de la zone euro (France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande et Luxembourg). Si l’Hexagone ne devrait pas subir, dans l’immédiat, le même sort que les États-Unis, il cumule tout de même quelques handicaps aux yeux des agences de notations : déficit croissant de son commerce extérieur, perte de compétitivité, croissance en berne. La France va également terminer l’année 2011 avec un déficit public de l’ordre de 5,5% de son PIB, un chiffre bien supérieur à celui ses homologues européens (-3,7% pour les Pays-Bas, -2% pour l’Allemagne, -1% pour la Finlande).

"La France n’est pas vraiment un pays "AAA", estime Paul Donovan, économiste pour la banque UBS. Elle n’est d’ailleurs pas traitée comme un pays doté de cette note par les marchés puisqu'elle n'imprime pas sa propre monnaie", précise-t-il encore. Un communiqué publié par la société britannique de conseil en investissements financiers BBH, basée à Londres, ne fait pas de mystère : "Le pays est sur la corde raide. Plus la tension sur les marchés monte, plus la note de la France est menacée".

 

L’Hexagone condamné à réduire ses déficits


En France, pourtant, on se refuse à montrer des signes de nervosité. Même si le président Nicolas Sarkozy a interrompu pendant une journée ses vacances pour présider une réunion de crise le 10 août, il a exclu - pour le moment - de faire une intervention publique qui pourrait être interprétée comme un signe d’inquiétude ou de fébrilité. Les ministres de l'Économie et du Budget, François Baroin et Valérie Pécresse, ont réaffirmé de leur côté les engagements de l’Hexagone en matière de réduction de son déficit public. Le message est clair : la France compte bien conserver la note AAA qui lui permet de continuer d'emprunter sur les marchés financiers à des taux aussi bas que possible.

 

"Nous avons pris l’engagement d'être, en 2013, au même niveau de déficit qu'en 2008, et nous serons à ce rendez-vous là", a déclaré lundi soir François Baroin, invité sur la chaîne TF1. Le gouvernement français a fixé le cap en tablant sur une réduction de son déficit public à 4,6% fin 2012, à 3% fin 2013 et à 2% fin 2014. Interrogé sur l'abaissement de la note souveraine américaine, le ministre de l'Économie a d'ailleurs souligné que "la même agence qui [avait] dégradé les États-Unis a [également] déclaré (…) que la France conservait sa meilleure notation du fait d'une politique budgétaire intelligente". Même confiance affichée du côté de Valérie Pécresse : "Notre trajectoire de retour aux équilibres publics est la bonne", a-t-elle déclaré ce mardi sur RTL.

 

Une menace pour la zone euro


La multiplication des déclarations gouvernementales n'enlève rien aux risques, bien réels, de voir une agence dégrader la note souveraine française. L’un des principaux instituts allemands d'observation de la conjoncture économique, le DIW, a d'ailleurs mis en garde, ce mardi, contre un abaissement de cette note qui pourrait provoquer une "désintégration de la zone euro." Dans une telle hypothèse, le DIW craint qu’une baisse de la note souveraine de l’Hexagone ne vienne mettre à mal le Fonds européen de stabilité financière (FESF) mis en place par les dirigeants de la zone euro en mai 2010 pour offrir une aide financière aux pays membres de l'Union monétaire en difficultés, et dont la France est le deuxième plus important contributeur.

 

"La stabilité du FESF dépend de la qualité de ses garants, comme la France. Si ces derniers ne sont plus fiables, les conditions de mises en place de mécanismes de soutien au reste de la zone euro vont se dégrader", explique Benjamin Carton, spécialiste économique au Centre français d'étude et de recherche en économie internationale (CEPII), à Paris.

Autre scénario qui inquiète les observateurs : l'hypothèse d'une faillite italienne ou espagnole. "Si un de ces deux pays venaient à s'écrouler, la France serait obligée de participer à un plan de sauvetage qui affaiblirait en retour les finances de l'Hexagone", estime Frédéric Bonnevay, économiste chez Anthera Partners, spécialisé dans la gestion de risque financier.


Le déficit public, au cœur de la présidentielle 2012 ?


Pour le moment, rien ne sert de céder à la panique. "La France n'est pas gravement menacée, tempère Benjamin Carton. Les agences de notations ont accueilli favorablement la réforme des retraites menée par Nicolas Sarkozy, et elles louent la capacité de notre pays à se réformer", ajoute-t-il.

Ce spécialiste du CEPII espère que cette menace d’un abaissement de la note française pourra au moins servir d'électrochoc, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2012. "La France n’a jamais placé la politique de réduction budgétaire au cœur de ses préoccupations depuis les années 1980. C’est désormais vital pour le pays", souligne-t-il. "Encore faudra-t-il que les politiques arrivent à dépasser les affrontements partisans pour définir une ligne politique commune."

Au-delà du cadre national, la situation devrait sensiblement s'améliorer sur le marché de la dette en Europe grâce à l'intervention de la Banque centrale européenne. "La BCE limite les risques d'un effondrement des places financières en rachetant des obligations d’État italiennes et espagnoles, précise encore l'économiste du CEPII. "Elle rassure donc les détenteurs de titres souverains, effrayés par le risque de n’être jamais remboursés."

 

 

 

 

Après les menaces contre la Grèce, l'Italie, les Etats-Unis, Martine Orange de Médiapart nous propose un article technique sur la dernière attaque de banques nationales qui menacent un nouvel Etat : la France.

 La crise pressentie rassemble les troupes ministérielles autour de Nicolas Sarkozy qui a interrompu les vacances du gouvernement, signe de la gravité accordée aux évènements.

 

Les banques, une nouvelle fois, espèrent tirer profit de leurs difficultés (passagères) au détriment des citoyens.

 

Les plus pauvres d'entre nous vivront dans une économie de survie encore plus minimale à l'heure où le SAMU social de Paris perd des places d'hébergement de façon dramatique. Chacun d'entre nous y perdra une qualité de vie longuement tissée depuis la sortie de la deuxième guerre mondiale, déjà largement amputée pour répondre aux injonctions de ces nouveaux maîtres du monde.

 

Les tenants du libéralisme, cultivateurs de l'ISF, des niches et paradis fiscaux, trouveront-ils les parades nécessaires à préserver tous leurs avoirs ? On peut leur faire confiance.

 

 

 

 



Crise: l'impromptu de l'Elysée

 

Par Martine Orange

Médiapart - 11 août 2011



 

L'impromptu de l'Elysée, censé rassurer population et marchés, aura eu l'effet inverse de celui recherché. Car dès la matinée, les questions se multipliaient sur cette réunion extraordinaire, décidée dans la précipitation. Qu'y avait-il donc de si urgent pour que Nicolas Sarkozy –qui n'avait pas estimé nécessaire d'interrompre ses vacances jusque-là malgré la crise aiguë des marchés financiers– rentre en vitesse à Paris et convoque les ministres des finances et du budget ainsi que le gouverneur de la Banque de France? Officiellement, peu de choses. Cette réunion s'est terminée par un vague communiqué annonçant la détermination du gouvernement à respecter ses engagements budgétaires et à réduire le déficit. 

Tout cela pour ça? Personne n'y a cru. Cette communication minimale, accentuant l'opacité dans laquelle l'Elysée et le gouvernement gèrent la crise financière depuis des mois, les Français étant tenus pour quantité négligeable sur ces questions censées les dépasser, a relancé la machine à rumeurs dans des marchés boursiers déjà au bord de la crise de nerf. La panique et la spéculation ont pris les manettes. Paris a connu sa pire journée depuis 2008 avec une chute de 5,45%, tandis que Francfort chutait de 5,1% et Londres de 3,05%. Le krach rampant s'installe.

Réalité ou supposition? C'est un bruit tenace sur l'imminence d'une dégradation de la note française, aujourd'hui AAA, qui a nourri la spéculation. Cela fait plusieurs mois que la qualité de la signature française est mise en doute et l'agence de notation chinoise l'a déjà dégradée à AA-. Mais les doutes ont repris de plus belle depuis la dégradation des Etats-Unis. La France, en comparaison, n'est pas en meilleure position, compte tenu de la gestion calamiteuse des finances publiques depuis 2007.

Dans la journée, Bercy a fait un communiqué assurant que la note française était confirmée par les trois agences de notation Standard & Poor's, Fitch et Moody's. De leur côté, celles-ci ont confirmé maintenir leur appréciation sur la France. Mais le doute n'a pas été levé, pour autant. Il était déjà là avant même la dégradation de la note américaine.


Depuis une dizaine de jours, les credit default swap (les fameuses assurances opaques censées couvrir les risques des créanciers) de la note français ne cessent de monter. Mercredi soir, ils ont encore bondi de plus de 20 points pour terminer à 172 points. Un niveau jamais atteint sur la signature française.

Ce doute sur le crédit de la France a affolé les marchés et alimenté la spéculation à la baisse. Qu'adviendrait-il de la zone euro, si la France, après l'Espagne et l'Italie, était attaquée? C'est tout le système financier international qui est sous la menace.

Par contrecoup, toutes les valeurs bancaires, en première ligne, se sont effondrées sur toutes les places boursières, y compris à Wall Street. Mais c'est à Paris et à Milan que la chute a été la plus rude. La banque italienne Intesa a dû être suspendue après avoir perdu plus de 15%. BNP Paribas a chuté de 9,47%, le Crédit agricole de 11,81%. Des chiffres comparables à ceux du lendemain de l'écroulement de Lehman Brothers.


Mais c'est la Société générale, maillon faible du monde bancaire français car la plus petite mais aussi la plus présente sur les activités spéculatives, qui a été la plus malmenée. Après avoir perdu jusqu'à 23% en séance, elle a terminé à 14,74%. Selon des rumeurs insistantes, elle serait en grande difficulté. Et c'est cela qui aurait provoqué la réunion en urgence à l'Elysée. Ce bruit circule depuis la parution d'un article dans le Daily on Sunday de dimanche dernier, qui mentionnait les difficultés de la banque, en raison de son exposition à la dette grecque et des autres dettes souveraines. La Société générale a démenti la teneur de l'article. Comme elle a démenti ce mercredi la moindre difficulté, rappelant qu'elle avait réalisé plus d'un milliard de bénéfices au premier semestre. Mais le soupçon n'a pas été dissipé. Sur le marché des CDS, la dette de la Société générale a pris 29 points dans la journée pour atteindre 299 points. Même si les autorités bancaires françaises assurent qu'il n'y a aucun problème sur la Société générale, ce n'est pas le signe d'une grande confiance en cette banque, première au monde sur les marchés des dérivés d'actions.

De toute façon, la confiance est en train de s'envoler sur l'ensemble du secteur. Significativement, les banques, qui savent mieux que tout autre, ce qu'elles ont dans leurs livres et ce qui se passe chez les autres, veulent de moins en moins se faire crédit. Cela prouve une nouvelle fois combien le problème bancaire n'a pas été traité à temps. Le marché interbancaire n'en est pas au point de l'automne 2008, mais il se tarit à vue d'œil. Un membre de la BCE s'est même inquiété de l'augmentation du nombre de dépôts faits par les banques auprès de la banque centrale en quelques semaines. Ceux-ci représentent plus de 135 milliards d'euros. Plutôt que de le prêter à d'autres établissements, les banques préfèrent mettre leur argent en sûreté à la banque centrale à un taux quasi nul (0,5%).

Si l'inquiétude des milieux financiers est réelle, elle n'est pas dénuée de calculs. La panique est pour eux une excellente méthode pour arracher tout ce qu'ils veulent aux politiques. Comment résister quand on vous menace de la fin du monde? Dans le cas présent, le but recherché par le monde financier est précis: ils veulent faire pression sur l'Europe pour obtenir une révision de ce qui a été négocié lors du sommet européen du 21 juillet. Les conclusions de ce sommet ne satisfont pas les financiers. D'abord, ils ne veulent pas être associés aux pertes sur les dettes souveraines, comme il a été prévu. Ils commencent à faire la démonstration de ce qu'on veut leur imposer, en mettant sous le nez des gouvernements des prévisions catastrophiques qui pourraient conduire à l'écroulement d'une ou plusieurs banques.

Ensuite, ils veulent obtenir une augmentation du fonds de stabilité financière pour le porter de 440 à au moins de 2.000 milliards d'euros afin que celui-ci puisse leur racheter leurs dettes et porter les risques à leur place. L'ennui est que l'Allemagne, soutenue par les Pays-Bas et la Finlande, met un veto absolu à toute augmentation. Mais les marchés financiers ne désespèrent pas que la panique, surtout si l'on s'attaque à la France, finira par être bonne conseillère et que l'Allemagne entendra raison.

Enfin, ils exigent une gouvernance, selon leurs termes, identique de l'Europe. La lettre de la BCE, s'érigeant en autorité politique supranationale, au gouvernement italien en a donné les termes: austérité sur toute la société, coupes sombres dans toutes les dépenses publiques, privatisation par pans entiers des biens publics, flexibilité sans limites du marché du travail. Toutes les richesses du pays doivent être mobilisées au seul profit du secteur financier.
 
Le communiqué de l'Elysée, après la réunion de travail, ne dit rien de tout cela. Il rappelle juste son attachement à la “règle d'or” et à la stricte réduction des déficits. Mais entre les lignes, on a déjà compris: le gouvernement français est prêt à accepter toutes les conditions posées par le monde financier. Il a déjà capitulé. 



La France va-t-elle vivre comme la Grèce au rythme des coups de boutoir de quelques joueurs en bourse, qui prennent la planète pour  un jeu vidéo et s'attaque aux fondements financiers des Etats entrainant leurs populations dans une paupérisation grave, une détérioration depuis longtemps oubliée de leurs conditions de travail, une régression orchestrée de leurs conditions sociales et une destruction des structures de solidarité nationales, comme ils mitrailleraient desarmées de travailleurs sur leur écran jubilant de leur puissancemorbide ?
 
 
Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 18:14

DSC02765a.jpg

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Des histoires en photos
commenter cet article
7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 14:01

 

 

 

Le 19 juillet 2011, les habitants de Fukushima rencontrent les

représentants du gouvernement japonais. Ils demandent leur

évacuation de la zone où ils résident toujours 4 mois après la

contamination nucléaire. Ils ont apporté des flacons d'urine

de leurs enfants en vue de leur analyse...

 

Le cynisme de certains défenseurs du nucléaire répondrait

à ce documentaire que les victimes des mines de charbon ont

été bien plus nombreuses...

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Questions humaines et sociales
commenter cet article
5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 20:43

 

 

 

 

 

 

 

J’ai un grand sachet de dessins sucre d’orge

Je les ai roulés en petites boules

Ils prennent moins de place

Et puis ça chatouille dans le creux de la main.

J’emporte toujours une ou deux petites boules avec moi,

Parfois plus, ça dépend des jours.

Et quand l’orage se lève, que ça gronde, que ça tonne,

Je les sors de ma poche et je les déroule,

Ils me font un grand paravent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
commenter cet article