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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 22:00

 

 

 

 

generation-cirque.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Elle s'avance,

 

rampant lestement,

 

ses longs membres

 

se déployant en angles souples

 

tels des mandibules en action.

 

 

 

 

Sabrina - Génération Cirque

Achenheim

 

 


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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 21:26

 

 

La question des très graves conséquences de l'exploitation des gaz de schiste afin d'extraire du pétrole et du gaz souterrains a été porté à la connaissance des citoyens français par le film '"Gasland", réalisé par un journaliste américain qui avait été alerté par une proposition de forage dans son jardin.

 

 

 

 

José,-Sandrine,--Alain

 


Les conséquences du pic pétrolier

 

Les ressources en pétrole ont fortement diminué. Les nappes d'hydrocarbures facilement exploitables, mais également les

plus rentables s'amenuisent. Les méthodes traditionnelles de

forage deviennent obsolètes. Cela explique l'augmentation du

prix du litre d'essence mais également des factures de fuel.

 

Il s'ensuit une détresse financière de familles dont le revenu était équilibré. On assiste à une demande de retour vers les villes de citadins qui avaient migré vers les campagnes. C'est là que se

situe une grande partie des emplois. Le coût du transport

commence à grever les budgets.

 

Une recherche forcenée de solutions d'indépendance énergétique

mais également de nouvelles sources d'hydrocarbures est entamée.

Les sommes en jeu sont colossales. Les monstres de l'énergie sont

en chasse.

 

 

 

 Le film

 

Gasland a été tourné par un journaliste américain. Une lettre lui proposant 100 000 dollars pour louer ses 39 hectares de terrains déclenche une quête de la vérité.


Ce film présente la méthode de forage du sous-sol par fracturation hydraulique pour rechercher gaz et pétrole profondément enfouis

et ses conséquences.

 

 

 

La fracturation hydraulique :

 

Cette technique permet d'atteindre les couches de schiste profondes. Des poches de gaz et de pétrole y sont enfermées.

Il s'agit de perforer la roche sur 2 à 4 km de profondeur puis à l'horizontale sur 1 km.


On emploie des quantités énormes d'eau (entre 15 et 20 000 m3

pour un puit à une époque où l'eau commence à faire défaut) à très haute pression, des microbilles et 596 produits chimiques différents.

La force de l'eau ne doit pas être freinée. Les produits chimiques dissolvent les obstacles. Seule la moitié du liquide sera remontée

à la surface tandis que la roche souterraine est disloquée, fragilisée.

De mini-séismes se produisent. L'eau souterraine naturelle se

mélange au gaz et au pétrole ainsi qu'aux produits chimiques.
Au bout d'un an, la plus grande partie de l'énergie est pompée.

On recommence 1 km plus loin.

 

 

 

De graves conséquences sanitaires :


Du gaz s'échappe des robinets quand les habitants proches des

forages veulent se servir en eau potable. Une flamme parfois importante s'allume quand on approche un briquet. Les riverains condamnent leur alimentation en eau, craignant l'explosion de leur maison et souffrant de maux allant jusqu'à des lésions cérébrales irréversibles. Ils sont condamnés à s'équiper de citernes et à se faire livrer toute les semaines.  Des analyses révèlent la présence de nombreux produits chimiques extrêmement toxiques dont des substances radioactives naturelles issues de la roche et que l'on ne

sait pas retraiter.

 

 

 

L'environnement détruit :

 

Les animaux sont malades. Certains dépérissent, d'autres meurent.

La faune de certaines rivières est détruite.

 

Des nuages toxiques enrobent par moment les habitations. Les

sociétés qui extraient le pétrole ont choisi de pulvériser l'eau

dotée de ses produits chimiques au soleil pour qu'elle s'évapore.

Les produits chimiques se dissolvent dans l'atmosphère ou se

déposent sur les cultures, inhalées par les poumons des êtres

vivants ou ingérés dans la nourriture. Le reste de l'eau est mis

dans de grands réservoirs souvent creusés à même le sol et s'y infiltrent.

 

 

L'achat du silence :

 

Aux Etats-Unis, les habitants qui ont accepté de louer leur terre

sont liés par une clause de confidentialité et ne peuvent se défendre

en justice. Il y a aujourd'hui 500 000 puits et plus du tiers du

territoire touché.

 

 

 

 

 

 

Le film  en 6 parties :

 

 

 

 

 

 

 

 

Que se passe-t-il en France ?


          ICI

 

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 19:30

 

 

 

  Les gaz de schiste,

Qu'est-ce que c'est ?


ICI

 

 

 

En France, pendant le déroulement du Grenelle de

l'environnement, Jean Louis Borloo a signé une

autorisation de prospection en vue d'extraire les gaz de schiste

Des permis d'exploration ont été accordés, dans un premier

temps, puis se transformeront en permis d'exploitation.

Plusieurs entreprises qui sentent  le filon financier plus

qu'intéressant se sont positionnées.

Il y a Total, Elf, la compagnie multinationale américaine

Schuepbachen en Ardèche,...

 

En Alsace, une zone allant de Sélestat situé au Sud du Bas-Rhin et s'étendant au Territoire de Belfort est convoitée et peut-être déjà accordée à l'entreprise BNK Petroleum. Les élus ne parviennent

pas à obtenir d'informations précises. De mystérieuses cartes sur

le site du ministère laissent pressentir des accords passés.

 

 


En France, le sol appartient au propriétaire du terrain. Mais le

sous-sol appartient à l'Etat. Les propriétaires des terrains concédés

ne pourront  pas refuser le forage de leur champ ou de leur jardin.

 

 

 

L'entreprise américaine, Halliburton, qui a mis au point la

technique après des années de recherche est seule détentrice

du brevet. Dick Cheney, vice Président des Etats Unis avait

annulé les lois de protection sur  l'eau potable pour permettre

son activité.

L'exploitation s'appuira sur des jeux d'alliances fructueux pour les acteurs en présence. Ils augmenteront la facture du consommateur.

Et dilueront les responsabilités.

 

Il s'agit de stopper la marche de cette machine destructrice tant

pour la nature que pour l'homme avant sa mise en oeuvre.

Ces forages ont commencé il y a 20 ans aux USA. Plus du tiers

du pays est perforé et souffre des mêmes maux. Les rivières sont polluées. Toute la faune aquatique meurt. Des gargouillis de gaz fleurissent à la surface des ruisseaux. Les habitants sont malades,

parfois très gravement. Ils envisagent de partir. Mais craignent

de trouver la même situation ailleurs. Ils n'ont pas tous, loin s'en

faut, les moyens de tout recommencer.

 

Sandrine Bélier et José Bové, députés européens écologistes se battent tout particulièrement pour obtenir les informations soigneusement cachées de l'avancée de ces prospecteurs, des techniques, de leur conséquences. Ils tentent d'informer au parlement et au sénat  pour orienter la loi nationale et européenne dans un sens de protection des habitants et du patrimoine naturel.

 

 

 

Sandrine,-José

 

 


 

Le parlement a amendé la loi d'interdiction des forages

qui vient d'être votée. Seule la fracturation hydraulique est interdite. Les entreprises bénéficiaires de permis devront préciser quelle est la technique qu'elles emploient pour voir maintenue leur autorisation d'exploration. Envisageons que demain la fracturation hydraulique s'appelle exploration liquide souterraine, votre jardin pourra être perforé sans problème et vous bénéficierez du subtil mélange de quelques 596 produits chimiques aromatisés au gaz.

 

En Allemagne aussi, la prospection commence. Au Nord de la

Grande-Bretagne, il y a déjà des forages. La Pologne est également pressentie.

 

 

Plus d'informations

 

 

Le film  en 6 parties   cliquez ici 

 

 

L'histoire politique des permis d'exploration    

et la mobilisation  cliquez ici

 

 

La pétition      cliquez ici 

 

 

 

Comment agir ?


 

Contacter les associations écologiques de sa région.

Informer ses connaissances.

Diffuser la pétition.

 

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 06:30

 

 

 

 

 

 

Dans ce petit cloître

 

j'ai découvert une surprise

 

que j'ai tenue cachée jusqu'à présent.

 

 

 

 

 

 

09 Art

 

 

 

 

 

Ne me demandez pas quel est le créateur.

 

Toute à mes photos et à mon bonheur,

 

j'ai oublié de m'en enquérir.

 

 

 

 

 

10 Art

 

 

 

 

 

L'art traverse les siècles.

 

Une parcelle s'est déposé en ce lieu.

 

 

 

 

11 Art

 

 

 

 

 

Si Saint Ursule ou Sainte Cunégonde vous hèle

 

à l'entrée d'une église,

 

n'hésitez pas à suivre ses indications,

 

même si comme moi,

 

vous êtes un peu mécréant.

 

 

 

 

 

 

  Cloître Saint Pierre le Jeune

Place Saint Pierre le Jeune 

Strasbourg

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 06:30

 

 

 

 

 

 

 

 

06 cloître

 

 

 

 

Paix.

 

 

 

 

Rondeur et courbes.

 

 

 

 

 

07 cloître

 

 

 

 

 

Les arches m'appellent vers ce lieux de repos

 

aménagé d'osier tressé.

 

 

 

 

 

 

08 cloître

 

 

 

 

 

à suivre...

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 06:28

 

 

 

Je franchis les dalles de l' église qui retient

 

mon attention par sa curieuse construction.

 

Des fresques décomposées


par le temps se découpent en un grand puzzle vieilli

 

dont les murs se renvoient


comme en échos

 

les différentes parties.

 

 

 

  J'arrive à une porte qui m'invite

 

à ne pas marcher

 

sur les pierres tombales.

 

 


 

En quel lieu m'a envoyée mon guide ?

 

 

 

 

 

 

 

03 - cloître

 

 

 

 

Le bonheur de la beauté me saisit.

 

Je me précipite vers les arches.

 

 

 

 

04 - cloître

 

 

 

 

 

Les piliers réguliers scandent le cloître.

 

 

 

 

05 - cloître

 

 

 

A suivre...

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 06:30

 

 

 

 

Je passe à bicyclette devant l'église Saint Pierre de Strasbourg

 

Quand je me crois hélée.

 

Je stoppe ma machine

 

et jette un regard circulaire autour de moi.

 

A nouveau, j'entends quelque chose d'imperceptible qui m'appelle.

 

Je lève le nez, que je n'ai ni fort mignon ni déplaisant,

 

Et je vois un plaisantin qui s'apprête à me verser une cruche sur la tête.

 

La douche, étant donné la chaleur d'été de ce jour de mai,

 

m'apporte un agréable rafraichissement.

 

Un clin d'oeil mutuel nous égaie.

 

Et m'envoie un peu plus loin.

 

 

 

 

 

01 Douche

 

 

 

 

 

Ici, l'homme me domine, hiératique.

 

Nous échangons un long regard au terme duquel il m'indique,

 

impératif, la porche d'entrée de l'église.

 


 

 

 

02 église

 

 

 

 

 

Il est fort rare, aujourd'hui,

 

que je franchisse le seuil de ces bâtiments vénérables.

 

J'y vais pour en admirer la façon et l'art.

 


 

Je suis l'indication reçue

 

et m'avance à la rencontre de ...

 

 

 

 

             A suivre ...                       

 

 

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 06:59

 

 

 

 

 

 

 

Le supplice de la bêtise

 

 

 

 

Daniel

 

 

 

 

 

Quatre ans de Sarkozysme,


ça suffit !

 

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 04:51

 

 

 

 

Ces lumières dans la nuit sont autant de signaux d'alarme.


Dan, tu as as trouvé. Bravo !

 

Une gigantesque station essence nommée Raffinerie de Reichstett.

Située près de Strasbourg, elle est en train de fermer ses portes.

Trop vieille, pas assez entretenue par le précédent propriétaire. Il

serait nécessaire d'investir 220 millions d'euros pour réhabiliter 

le site. Actuellement, ce ne serait plus rentable selon

son nouveau propriétaire suisse , la société Pétroplus.

 

 

 

 

 

 

Lumières-6

 

 

 

 


 

 

Le plafonnement de la production pétrolière est le moment où la

moitié des réserves de pétroles mondiales ont été épuisées et où la production entre en phase terminale, ce qui se caractérise par une

hausse des prix et des perturbations dans l'approvisionnement.

 

L'Agence Internationale de l'énergie vient d'annoncer que cette

situation est atteinte depuis 2006.

 

Si l'on évoque pas encore clairement la situation des réserves

de gaz, la raréfaction se produira dans les années à venir.

 

Et si l'on choisissait de continuer à exploiter l'uranium de façon

intensive, au rythme d'exploitation actuel, il serait épuisé au plus

tard dans 80 ans.

Des pays ou des régions européennes s'orientent résolument

vers les énergies renouvelables pour leurs besoins énergétiques,

comme la Navarre, région espagnole qui couvre, à ce jour,

80% de ses besoins énergétiques par les énergies renouvelables et

sera alimentée de cette façon à 100% en 2020.

 

Les principales sources d'énergies renouvelables sont constituées

par le solaire, l'hydraulique, l'éolien et la bio-masse (bois, chaleur 

dégagée par le retraitement des ordures ménagères, ...)

 

 

Les changement en cours vont nécessiter une adaptation et une modification importantes de nos modes de vie. Ainsi les

raffineries constituent une espèce en voie de disparition,

tout comme votre station essence ou votre cuisinière à gaz.

 

 

 

 

 

Lumières-5

 

 

 

Pour en savoir plus :

 

Pétrole, le temps du déclin. Quelles conséquences ?

 



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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 04:50

 

 

 

 



Le genre humain, menacé

 

 


Michel Rocard,
Ancien premier ministre
Dominique Bourg,

Professeur à la faculté des géosciences et de l'environnement de l'université de Lausanne, membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot
Floran Augagneur,

Philosophe, il enseigne la philosophie de l'écologie à l'Institut d'études politiques de Paris

 

Le Monde.fr

Une information fondamentale publiée par l'Agence internationale de l'énergie

(AIE) est passée totalement inaperçue : le pic pétrolier s'est produit en 2006.

Alors que la demande mondiale continuera à croître avec la montée en

puissance des pays émergents (Chine, Inde et Brésil), la production de pétrole

conventionnel va connaître un déclin inexorable après avoir plafonné. La crise économique masque pour l'heure cette réalité.
Mais elle obérera tout retour de la croissance. La remontée des coûts

d'exploration-production fera naître des tensions extrêmement vives.

L'exploitation du charbon et des réserves fossiles non conventionnelles

exigera des investissements lourds et progressifs qui ne permettront guère

de desserrer l'étau des prix à un horizon de temps proche. Les prix de

l'énergie ne peuvent ainsi que s'affoler.


Le silence et l'ignorance d'une grande partie de la classe politique sur ce sujet

ne sont guère plus rassurants. Et cela sans tenir compte du fait que nous aurons relâché et continuerons à dissiper dans l'atmosphère le dioxyde de

carbone stocké pendant des millénaires... Chocs pétroliers à répétition

 jusqu'à l'effondrement et péril climatique. Voilà donc ce que nous préparent les tenants des stratégies de l'aveuglement. La catastrophe de Fukushima

alourdira encore la donne énergétique.


De telles remarques génèrent souvent de grands malentendus. Les objections diagnostiquent et dénoncent aussitôt les prophètes de malheur comme le

symptôme d'une société sur le déclin, qui ne croit plus au progrès. Ces

stratégies de l'aveuglement sont absurdes. Affirmer que notre époque

est caractérisée par une "épistémophobie" ou la recherche du risque zéro

est une grave erreur d'analyse, elle éclipse derrière des réactions aux

processus d'adaptation la cause du bouleversement.

 

 

 

Ce qui change radicalement la donne, c'est que notre vulnérabilité est

désormais issue de l'incroyable étendue de notre puissance.

L'"indisponible" à l'action des hommes, le tiers intouchable, est 

désormais modifiable, soit par l'action collective(nos consommations

cumulées) soit par un individu isolé ("biohackers"). Nos démocraties se

retrouvent démunies face à deux aspects de ce que nous avons

rendu disponible : l'atteinte aux mécanismes régulateurs de la biosphère

et aux substrats biologiques de la condition humaine.
Cette situation fait apparaître "le spectre menaçant de la tyrannie" évoqué

par le philosophe allemand Hans Jonas. Parce que nos démocraties

n'auront pas été capables de se prémunir de leurs propres excès, elles

risquent de basculer dans l'état d'exception et de céder aux dérives

totalitaristes.


Prenons l'exemple de la controverse climatique. Comme le démontre la

comparaison entre les études de l'historienne des sciences Naomi Oreskes 

avec celles du politologue Jules Boykoff, les évolutions du système

médiatique jouent dans cette affaire un rôle majeur. Alors que la

 

première ne répertoria aucune contestation directe de l'origine

anthropique du réchauffement climatique dans les revues

scientifiques peer reviewed ("à comité de lecture"), le second a

constaté sur la période étudiée que 53 % des articles grand public

de la presse américaine mettaient en doute les conclusions scientifiques.
Ce décalage s'explique par le remplacement du souci d'une information

rigoureuse par une volonté de flatter le goût du spectacle. Les sujets

scientifiques complexes sont traités de façon simpliste (pour ou contre).

Ceci explique en partie les résultats de l'étude de l'Agence de

l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) pilotée par Daniel

 Boy sur les représentations sociales de l'effet de serre démontrant un sérieux décrochage du pourcentage de Français attribuant le dérèglement

climatique aux activités humaines (65 % en 2010, contre 81 % en 2009).

Ces dérives qui engendrent doute et scepticisme au sein de la population

 permettent aux dirigeants actuels, dont le manque de connaissance

scientifique est alarmant, de justifier leur inaction.

 


Le sommet de Cancun a sauvé le processus de négociation en réussissant en

outre à y intégrer les grands pays émergents. Mais des accords contraignants

à la hauteur de l'objectif des seconds sont encore loin. S'il en est ainsi, c'est

parce que les dirigeants de la planète (à l'exception notable de quelques-uns)

ont décidé de nier les conclusions scientifiques pour se décharger de

l'ampleur des responsabilités en jeu. Comment pourraient-ils à la fois croire

en la catastrophe et ne rien faire, ou si peu, pour l'éviter ?
Enfermée dans le court terme des échéances électorales et dans le temps

médiatique, la politique s'est peu à peu transformée en gestion des affaires

courantes. Elle est devenue incapable de penser le temps long. Or la crise

écologique renverse une perception du progrès où le temps joue en notre

faveur. Parce que nous créons les moyens de l'appauvrissement de la vie

sur terre et que nous nions la possibilité de la catastrophe, nous rendons

celle-ci crédible.
Il est impossible de connaître le point de basculement définitif vers

l'improbable; en revanche, il est certain que le risque de le dépasser est

inversement proportionnel à la rapidité de notre réaction. Nous ne pouvons

attendre et tergiverser sur la controverse climatique jusqu'au point de

basculement, le moment où la multiplication des désastres naturels dissipera

ce qu'il reste de doute. Il sera alors trop tard. Lorsque les océans se seront

réchauffés, nous n'aurons aucun moyen de les refroidir.


La démocratie sera la première victime de l'altération des conditions

universelles d'existence que nous sommes en train de programmer. Les

catastrophes écologiques qui se préparent à l'échelle mondiale dans un

contexte de croissance démographique, les inégalités dues à la rareté locale

de l'eau, la fin de l'énergie bon marché, la raréfaction de nombre de minéraux, la dégradation de la biodiversité, l'érosion et la dégradation des sols, les

événements climatiques extrêmes... produiront les pires inégalités entre ceux

qui auront les moyens de s'en protéger, pour un temps, et ceux qui les subiront.

Elles ébranleront les équilibres géopolitiques et seront sources de conflits.
L'ampleur des catastrophes sociales qu'elles risquent d'engendrer a, par le

passé, conduit à la disparition de sociétés entières. C'est, hélas, une réalité

historique objective. A cela s'ajoutera le fait que des nouvelles technologies

de plus en plus facilement accessibles fourniront des armes de destruction

massive à la portée de toutes les bourses et des esprits les plus tourmentés.
Lorsque l'effondrement de l'espèce apparaîtra comme une possibilité

envisageable, l'urgence n'aura que faire de nos processus, lents et complexes,

de délibération. Pris de panique, l'Occident transgressera ses valeurs de liberté

et de justice. Pour s'être heurtées aux limites physiques, les sociétés seront

livrées à la violence des hommes. Nul ne peut contester a priori le risque

que les démocraties cèdent sous de telles menaces.
Le stade ultime sera l'autodestruction de l'existence humaine, soit

physiquement, soit par l'altération biologique. Le processus de

convergence des nouvelles technologies donnera à l'individu

un pouvoir monstrueux capable de faire naître des sous-espèces. C'est

l'unité du genre humain qui sera atteinte. Il ne s'agit

               guère de l'avenir, il s'agit du présent. Le cyborg n'est déjà plus une figure 

de style cinématographique, mais une réalité de laboratoire, puisqu'il

est devenu possible, grâce à des fonds publics, d'associer des cellules

neuronales humaines à des dispositifs artificiels.

 


L'idéologie du progrès a mal tourné. Les inégalités planétaires

actuelles auraient fait rougir de honte les concepteurs du projet moderne,

Bacon, Descartes ou Hegel. A l'époque des Lumières, il n'existait aucune

région du monde, en dehors des peuples vernaculaires, où la richesse

moyenne par habitant aurait été le double d'une autre. Aujourd'hui, le ratio

atteint 1 à 428 (entre le Zimbabwe et le Qatar).

 


Les échecs répétés des conférences de l'ONU montrent bien que nous sommes

loin d'unir les nations contre la menace et de dépasser les intérêts immédiats et égoïstes des Etats comme des individus. Les enjeux, tant pour la gouvernance internationale et nationale que pour l'avenir macroéconomique, sont de nous

libérer du culte de la compétitivité, de la croissance qui nous ronge et de la civilisation de la pauvreté dans le gaspillage.

 

 

Le nouveau paradigme doit émerger. Les outils conceptuels sont présents, que

ce soit dans les précieux travaux du Britannique Tim Jackson ou dans ceux de

la Prix Nobel d'économie 2009, l'Américaine Elinor Ostrom, ainsi que dans

diverses initiatives de la société civile.
Nos démocraties doivent se restructurer, démocratiser la culture scientifique et maîtriser l'immédiateté qui contredit la prise en compte du temps long. Nous

pouvons encore transformer la menace en promesse désirable et crédible. Mais

si nous n'agissons pas promptement, c'est à la barbarie que nous sommes

certains de nous exposer.
Pour cette raison, répondre à la crise écologique est un devoir moral absolu.

Les ennemis de la démocratie sont ceux qui remettent à plus tard les réponses

aux enjeux et défis de l'écologie.


Michel Rocard,
Ancien premier ministre
Dominique Bourg,

Professeur à la faculté des géosciences et de l'environnement de l'université de Lausanne, membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot
Floran Augagneur,

Philosophe, il enseigne la philosophie de l'écologie à l'Institut d'études politiques de Paris

 

 

Le Monde.fr


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