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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 14:42

 

 

 

L’entreprise E.On a prévu de brûler

400 000 tonnes de bois

des forêts méditerranéennes francaises par an.

 


 


La forêt méditerranéenne a de nombreuses fonctions :

  •  Productives : Bois d’œuvre et d’industrie, liège, bois de chauffage, viande, champignons et autres cueillettes 
  • Fonctions physico-chimiques : stockage et épuration de l’eau, réduction de l’érosion, filtration de l’air, production d’oxygène ·
  • Fonctions biologiques et écologiques : préservation de la biodiversité des espèces végétales et animales indispensables à l’équilibre de la vie
  •  Accueil du public, loisirs, détente (1)

 

Une grande diversité :

 

La forêt méditerranéenne est composée de diverses essences de pins, de chênes, de cèdres et d’une flore riche et dispersée. (…) L’écosystème forestier, spécifique, est défini par le climat. Une saison sèche et chaude alterne avec une saison froide plus humide. Les précipitations peuvent être brutales. Les sols présentent une grande diversité. Ils sont souvent érodés et pauvres en humus.

 

 

L'action de l'homme :


L’écosystème de la forêt est aussi lié à l’action des hommes. Le pâturage et l’exploitation des bois dans un premier temps puis l’urbanisation et la forte pression foncière dans un deuxième temps le pâturage l’ont soumise à régression.

 

 

La protection de la forêt :


Les politiques de protection sont apparues comme d’autant plus importantes que la nature et les forêts semblaient fragiles.

Néanmoins, il a toujours été extrêmement difficile de protéger la nature, notamment en région méditerranéenne densément habitée et soumise à de fortes pressions foncières.

La mise en place de parcs nationaux suscite donc de nombreux conflits entre les différents types de propriétaires, les multiples usagers des forêts (chasseurs, promeneurs, résidents, agriculteurs et pasteurs) les écologistes, les représentants de l’Etat (préfets, ingénieurs des eaux de Forêts) et les élus des collectivités territoriales.

(…)Dans les régions du nord de la Méditerranée où l’arbre et les bois constituent une plus value pour des terrains dont l’exploitation n’est plus rentable, il reste très difficile de lutter contre la spéculation foncière et le mitage des collines et des littoraux. (2)

 

 


 

La forêt mediterraneenne doit-elle brûler

 pour faire fonctionner une centrale électrique

dans les Bouche-du-Rhône ?

 


Ses caractéristiques seraient :

  • son taux élevé de pollution,
  • son faible rendement
  • la participation importante des contribuables dans le coût de son fonctionnement durant 20 ans.

 

 

Pour en savoir plus ...


 Et signer la pétition qui s'oppose

à cette abération économique et écologique,


cliquez ici

 


 

(1) D’après Guy Benoit de Coignac
Président Forêt Méditerranéenne

Fonctions de la forêt méditerranéenne et inventaire forestier

(2)D’après Chalvet Martine
Maître de conférences en histoire de l'environnement et de la fôret, Université d'Aix-Marseille, TELEMME, MMSH

http://www.medmem.eu/fr/folder/22/forat-maditerranaenne

 


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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 09:29

 

... Ou dans les champs

 

 


 

 

Le chénopode est appelé dans le langage populaire "chou gras". Il a donné naissance à l'expression "faire ses choux gras" - tirer profit de quelque chose.

 


 

 

Connaissez-vous le chénopode, cette fleur qui pousse facilement partout où il y a de la place ?

 

Je vous propose une recette bien verte et le plaisir de cuisiner une "mauvaise herbe", délicieuse.


Faites revenir une échalotte. Puis durant un instant une gousse d'ail émincé le temps qu'elle dégage cette bonne odeur qui fait saliver. Ajoutez quelques feuilles d'oseille, si vous en avez. Laissez revenir 2 mns. Mettez une bonne quantité de feuilles de chénopodes (un bon saladier de feuilles - les tiges ne se cuisinent pas, elles sont trop filandreuses), un tiers de cuillère à café de curcuma en poudre, sel, poivre. Laissez revenir à feu très doux pendant une vingtaine de mns.
Enlever du feu. Ajouter un peu de crème de soja.


Découpez des triangles de pâte feuilletée.


Fourrez-les avec la préparation. Ajoutez quelques lamelles de bacon. Refermez. Humidiez les bords en appuyant avec les dents d'une fourchette placée perpendiculairement au bord de la pâte.  Badigeonnez les triangles au pinceau avec un jaune d’œuf afin qu'ils prennent une belle couleur dorée à la cuisson. Mettez à four chauffé à 200° pendant 15 à 20 mns.

 

Vous pouvez accompagner ce plat d'une salade de tomates.

 

 

 

Et si les places des villes faisaient honneur aux chénopodes : les amateurs pourraient récolter leur repas du soir.

Et si sur de grandes pancartes fleurissaient les recettes de cuisine proposées par les cuisinières et les cuisiniers de chénopodes.

 

 

 

 

Place aux herbes folles et à l'imagination!

 

 


 

 

Cela ressemble à quoi un chénopode  ... Cliquer ici

 

 


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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 18:04

 

 

 

 

 

 

Les serrures protègent.

Et enferment.

Rouillées, elles emprisonnent.

 

Ouvre ta porte à la brise.

Dans le sablier s'écoule le temps.

 

Ganghaan

 

 

 

 

L’œil poché de sommeil, je me redresse, maugréant après cette journée qui commence dans un brouillard fâcheux. Le sommeil me bat froid. Les petits matins moroses ressemblent à la chute des feuilles en automne.

 

Je m’assieds au bord du lit, le corps saturé de fatigue. Je pose mes pieds nus sur le tapis en laine de mouton. Il me réconcilie chaque matin avec la rudesse du sol. Perdu dans la texture rude et accueillante, je songe : « Comment pousser la porte du désir ? »

Immédiatement, le nuage qui m’étreint le cerveau, s’envole. Une porte faite de brume se présente à moi. Comme mille gouttelettes d’eau serrées les une contre les autres. Le bord est délimité par un cadre de pluie fine. Elle est insérée dans un mur de brouillard moutonnant. Tout se ressemble et pourtant je vois cette porte distinctement. Je décide de la pousser, me lève, tend la main. L’instant d’après, mes pieds sont posés au bord d’un gouffre. Derrière, mon lit. Derrière mon lit, rien. Devant moi, une immensité vide. Un mot se forme dans ma tête : « néant ». Comment dire autrement ?


Une étroite bande de terre marque le bord de ma peau de mouton et se précipite en contrebas sous mes pieds vers un horizon sans fin, là bas, tout là bas.

Je regarde la terre qui file à la verticale et le rien qui s’étale au-delà. J’essaie de comprendre ce que je vois. Mon cerveau se tourne dans sa cage étroite, se cabre, se cogne, butte contre ses limites. Aucune explication ne surgit. Tous mes essais de rationalisation se heurtent à ce que mes yeux dépeignent.


Je me lève. Je longe le bord du précipice. Je marche. Marche. Marche encore. Durant des kilomètres.

Je suis seul. Je ne croise aucun être vivant. Je ne saurais dire quel temps il fait. Je n’en ai pas conscience. L’air porte une luminosité moyenne. Je ne me souviens ni d’un soleil ni d’un nuage. La terre, ocre, est sèche. La terre, omniprésente. Installée. Immense comme un désert. Elle se faufile vers cette coulée vertigineuse.

Et le néant.


Je m’assieds. J’attends. J’attends pendant des heures. J’ai prudemment fait descendre mes jambes dans le vide. Je les ai laissées pendre. J’ai constaté qu’elles ne m’entrainaient pas. Elles reposent maintenant le long de la paroi verticale. Rien. Il ne se passe rien. Je n’ai ni faim, ni soif. Le jour dure, sempiternellement égal à lui-même. La température est agréable. Constante.

 

Mon dos commence à me faire souffrir. A peine ai-je pensé au bonheur d’un coussin soutenu par un dossier que je m’y alanguis. Je devine un dossier en osier tressé. Garni d’un gros coussin rouge. Je me love délicieusement. Prêt à goûter ce bonheur.

Quelques instants s’écoulent. Le poids de mes pieds suspendus dans le vide au bout de mes jambes devient obsédant. On dirait que tous les pierrées des Alpes s’y sont accrochées en un interminable collier de poids.


Je pense au petit marchepied de vieux bois avec lequel je m’amusais enfant quand je devenais le petit cireur de rue de mon album illustré. Avec une vieille brosse à dents que l’on m’avait solennellement donnée pour cet usage, je cirais les chaussures des grandes personnes. Le moment que je préférais par-dessus tout était la fin du repas. Je me glissais sous la table et je frottais vaillamment les chaussons. Ce n’est pas commode de cirer un chausson de tissu. Cela accroche. Les adultes rassurés par les efforts fournis à grands coups de « Han ! » et de « Ho hisse ! » se lançaient dans des conversations profondes. Je les écoutais avec délice. Les mots qui échappaient à ma compréhension m’emportaient sur des océans de rêverie. Mes  vénérables censeurs participaient à leur insu à des aventures qui les mettaient bien souvent en posture délicate. A ma plus grande joie.

  

Cette fois encore le petit banc me procure surprise et plaisir. A peine évoqué, il se matérialise sous mes pieds, soulagés de leur collier de pierres.

Je m’installe confortablement au bord du précipice de terre ocre, le dos posé contre le gros coussin rouge, les pieds à l’abri de mes rêves d’enfant.

 


 

L’étonnement et l’inquiétude me saisissent doucement.

Qu’ai-je la faculté de faire surgir de ma pensée et de mes besoins ?

Comment ne pas retourner ce pouvoir contre moi-même ? D’où me vient-il ?

Suis-je l’instrument d’une force supérieure qui a le dessein de se servir de moi pour un projet dont je ne sais rien ?

Pourquoi moi ?

Qui suis-je ?

 

 

Je suis seul, installé au bord d’un gouffre et du néant avec un coussin rouge dérisoire dans le dos et un petit banc de bois désuet flottant dans le vide sous mes pieds.

Je ne comprends rien à l’histoire qui est en train de m’absorber.

 

Et si ces pouvoirs pouvaient m’entrainer dans le néant ?

Être prudent. Très prudent.

 

Reste-t-il quelque chose de mon ancien monde ?

Y-a-t-il une clef, une formule, une porte, quelque chose qui me permette d’y retourner ?


Je me lève et me mets en route. Je longe le précipice sur la bande étroite se déroulant au milieu du rien. Vérifier si mon lit est là. Vérifier si mon lit est là. Vérifier si mon lit est là.

La poussière ocre se marque de mes empreintes. Mais que sont devenues les traces de mon premier passage ? Il n’y a eu ni vent ni pluie. A peine ai-je évoqué leur absence, qu’elles se mêlent à mes pas actuels.

Un sentiment d’effroi m’anime.

 

Le jour reste éternellement moyennement lumineux, tempéré et doux. Sans faim ni soif, ni soir, ni matin, je poursuis mon but.

Comment savoir que je serai arrivé à mon point de départ alors que je n’ai pas de repères ?

Si mon lit n’y est plus, je dépasserai son emplacement sans le savoir. S’il n’a pas laissé plus de traces que mes pas du matin n’en ont laissées…

Si je ne le retrouve pas …

 

 

 

Que reste-t-il quand tout a disparu ?

Le sol se déroule sous mes yeux comme s’il se recréait à chacun de mes pas. Quand je jette le regard plus loin, le tapis poussiéreux ocre surgit plus vite. J’ai la sensation imprécise que le paysage nait de mon regard. Je projette mes yeux de plus en plus loin dans le néant indécis et la bande ocre s’éveille immédiatement.

Je marche rapidement maintenant. Je chasse les idées et les questions qui tournoient dans ma tête comme une bande de corbeaux au-dessus d’un champ fraîchement labouré. Mon lit est-il encore à sa place ? J’avale les mètres ocre sous mes pieds nus, bruns de poussière. Enfermé dans un univers réduit à l’espace que j’occupe.


Mon existence est-elle issue de ma pensée ?


Je marche, marche, marche encore. Vais-je retrouver mon lit ? C’est ma seule préoccupation, ma priorité, mon point de repère. Je marche. Marche. Marche encore. Ai-je déjà dépassé l’emplacement de mon lit ? Pas de course du soleil. Pas de sensation de faim ou de soif, ni de froid ni de chaud. Me retourner ? J’ai peur. Que verrais-je ?  Ce grand rien qui dévore tout ?

Cette course en solitaire dans un monde qui disparait m’éreinte. La fatigue prend le dessus sur l’inquiétude. La question « Mon lit est-il encore à sa place ? » se transforme doucement et devient «Si je pouvais me coucher dans mon lit…»

 

 

 

 A suivre...

 

 


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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 18:03

 

 

Tinguha, le monde qui s'efface (1)

 

 

Le voici.

Sur le bord de la bande ocre. Exactement comme je l’ai quitté, de nombreuses heures plus tôt.

 


Quel lit est-ce ? Celui où j’ai dormi ou celui que j’ai créé ?

Poursuivre mon chemin ? Retrouver mon lit de ce matin ? Ou ai-je atteint mon but ?

Je m’allonge. Cherche à y retrouver une trace, un indice de ma nuit passée. La tête dans l’oreiller. Je renifle longuement. Aucune odeur. Ce lit a-t-il été utilisé ?

Depuis le début de ma marche, je n’ai senti aucune odeur. Mon nez respire mais semble anesthésié. Il ne sent rien.

 

Les questions s’enroulent sur elles-mêmes et s’imbriquent pour créer un imbroglio de fils qui me tricote l’estomac.

 

Je regarde de part et d’autre. Le rien m’entoure et m’isole. L’abattement affaisse mes épaules. Mes yeux s’humidifient. La solitude m’étreint. Je ferme les yeux. La fatigue a gagné chaque fibre de mon corps. Une grande mollesse s’empare de mes tissus. Mon cerveau se glisse dans la torpeur et dépose les armes. Je m’endors.

 

 

 

Je m’éveille reposé. L’inquiétude a perdu sa fébrilité exaspérante. Le rien entourant l’étroite bande ocre a quelque chose de déjà familier.

« Qu’est-ce que ça manque d’arbres ! J’aimerais tant voir frémir des feuilles ! » J’ai parlé à voix haute et posée. J’ai besoin d’entendre un son. Savoir si mes oreilles fonctionnent encore. Croire que je ne suis pas totalement seul.

Sous mes yeux nait un arbre extraordinaire, fusion de ces êtres si différents à tronc et feuilles, un arbre ornithorynque. Son tronc comporte les écailles de l’épicéa et les taches du hêtre. Des plaques sculpturales en liège, épaisses, torturées l’orne. Je l’observe, fasciné. Deux cavités profondes, comme celles qu’accueillent les vieux saules têtards, y sont logées. Elles pourraient accueillir une Chevêche d’Athéna ou une Sitelle Torchepot, mes oiseaux vedettes. Mon arbre ornithorynque  porte un assortiment de fruits variés. Des cerises précoces côtoient des noix tardives, les pommes se partagent les branches basses avec les mirabelles, quelques régimes de bananes portent des dattes sur les plus hautes branches. Tandis qu’une noix de coco s’affale sans bruit sur le sol dans un envol de poussière. Les feuilles s’ébrouent  dans un remuement incessant. Elles me racontent leurs confidences badines bien qu’elles se taisent. Et comment elles ont choisi leurs robes dans des grands fous rires de demoiselles espiègles. Elles ont revêtus des costumes divers, larges, amples et souples ou fins, serrés et piquants, gris blancs et duveteux ou lisses, brillants et secs.

 

 

Je me souviens. Le début de ma longue marche. Le pouvoir d’inventer ce monde en évoquant mes besoins, mes désirs. Perdu dans la quête de mon lit, bousculé par mes craintes, j’ai oublié que cet ici se caractérise par ma capacité à l’inventer.

 

J’imagine un crayon et un pinceau  au bout de mes doigts en train de dessiner-créer ce monde à l’image de mes rêves mêlés d’un  « je ne sais quoi » d’ici qui se glisse dans mes réalisations.

J’énonce à haute et intelligible voix, comme nous le demandait notre prof de français, Monsieur Nasillard : « Je voudrais un chevalet solide, des pinceaux brosses, des tubes de peintures, du bleu de Prusse, du jaune primaire, du rouge cadmium pourpre et du rose quinacridone, un soupçon de vert oxyde de chrome, du blanc de titane, du bleu cyan, de l’essence de térébenthine et quelques toiles de tailles variées. »

Devant moi, sur le sol, ma commande.

« J’aimerais également une petite table de style assorti à mon dossier en osier. »

 

Me voici co-créateur-démiurge du rien.

 

 

 

Je choisis de peindre de réaliser un tableau abstrait. Plus proche du mystère qui m’habite. Curieux de découvrir comment le monde d’ici interprétera ma création sur toile.

Je choisis des couleurs douces et harmonieuses.

Comment le monde d’ici traduirait une œuvre heurtée aux contrastes forts jusqu’à la violence ?

Je trace des courbes comme la caresse d’une chevelure soyeuse sous la brise d’une nuit de printemps. Je compose le fond avec des notes légères. Une empreinte de parfum timide. Et le bruissement d’un voile de tulle.

 

Le monde d’ici accueille ma proposition dans ses bras avenants. La luminosité moyenne permanente se teinte de nuances de soleil levant mouchetées. Quelques éternuements gazeux mouvants flottent dans l’air. Une caresse tiède vient alanguir mon front, soulever le pan de ma chemise. Eveille en moi un zeste d’émoi amoureux,  sans lendemain.

Du sol, surgissent des formes fluides, vivantes et animées. Aux couleurs de ma toile. De temps en temps, elles envoient dans l’atmosphère des teintes douces. Une brassée de papillons s’élève d’un champ de bleuets dans le soleil du printemps.

Je suis enveloppé par cette transformation qui me dépasse. J’en suis le père et n’en connais pas la mère bien qu’elle œuvre simultanément avec moi.

Je suis ému. Impressionné. Je regarde ce monde qui nait, croit, évolue sous mes yeux. Je n’en connais rien. Il m’est totalement étranger. Isolé au milieu de  rien comme une île au sein du néant. Il est issu de mon union avec lui-même et je ne sais ni son nom, ni où il est situé, ni comment y accéder.

 

 

L’envie de partager mon île devient impérieuse. Il manque une note de musique à l’arc-en-ciel de ma joie. Je veux que mon ami Naïtou me rejoigne.

 

Nous avons partagé la plupart de nos aventures. Nous avons excellé pour la mise en place de blagues à deux balles quand nous étions des galopins de collège. Et été bien maladroits pour la conquête des cœurs tendres, qui aiment l’exclusive et se sentaient en marge de notre forte complicité. Nous avons dévoré tous les films qui passaient dans notre petit cinéma, des pires navets aux meilleurs chefs-d’œuvre grâce au pacte que nous avions passé avec l’ouvreuse. Nous n’avons jamais vraiment compris de quelle complicité elle nous avait rendu partenaires. Elle nous laissait entrer gratuitement. L’un faisait le ménage de la salle après le film, l’autre faisait le guet. Pendant ce temps-là, notre ouvreuse « recevait » dans la cabine de projection. Toutes sortes de bruits très intrigants s’échappaient de ce réduit obscur. En rentrant, nous étions pris de grands fous rires à tenter d’imiter les sons mystérieux qui s’étaient glissés dans nos oreilles sous l’impulsion de notre ouvreuse providentielle. Nous aimions ce mystère et ce secret autant que le plaisir du cinéma. Nous aimions aussi passionnément notre campagne. Des randonnées photos au goût de vrais petits morceaux de bonheur naturel nous trouvaient à l’affût des petits animaux qui peuplent les collines boisées environnant notre petite ville .

 

 

«  Naïtou et son appareil photo vont venir ici. Cela ne peut être autrement. Il va photographier l’évolution du monde d’ici. En pleine création. Il va y participer. Il apportera sa guitare. Et s’il compose un morceau, le monde d’ici le traduira-t-il ? Comme ma peinture ? »

 

Tandis que je suis plongé dans mes pensées, le monde d’ici a terminé de mettre en scène mon tableau.

« Il se customise selon les données de ton tableau graphique pour créer un univers virtuel dont tu es le héros », dirait mon copain Jean-Louis qui aime beaucoup les néologismes.  Il espère ainsi gagner son intégration dans le monde des zéros – un. Moi je lui dis qu’il est maintenant un zhéro virtuel.

 

 


Le monde d’ici se fait plus présent et appelle mon attention. Des petites bulles de luminosité colorée variable éclatent dans l’air. Certaines sont irisées, comme de minuscules bulles de savons. D’autres se décomposent en grappes. Elles peuplent l’atmosphère et m’enrobent d’un parfum à peine perceptible, comme un délicat mélange de fleurs. Dans le lointain, s’agitent des draperies imperceptibles. J’en devine le mouvement aérien qui donne une consistance agréable à l’atmosphère et un sentiment d’intimité. Une alcôve géante me protège et m’ouvre ses bras.

 

Les petits êtres colorés du sol disparaissent quand j’essaie de m’approcher. Seul. Je suis seul. Immensément seul. Dans une magnifique alcôve géante.

 

« Je veux que Naïtou vienne ! ». J’ai osé énoncer mon vœu. Je suis tout excité. Naïtou va apparaitre.

Je me retourne. Regarde le rien. Ausculte mon lit.

« Naïtou, où te caches-tu ? C’est pas drôle ! », dis-je mi-rieur, mi-inquiet.

Je me mets à quatre pattes. Regarde sous le lit.

Je me retourne, vois les voilages de mousseline s’agiter doucement. Crie : « Sors de l’alcôve ! »

 

 

…Aller à sa rencontre …


 

J’emprunte la mince bande ocre. Marche au milieu des petits êtres de couleur. Pile net. La bande ocre est en train de disparaitre. Dans l’air, les bulles lumineuses sont moins nombreuses. La luminosité de l’atmosphère baisse. Il n’y a plus de parfum.

J’ai peur.

Que vais-je devenir ? Absorbé dans le rien ? Effacé ?

 

  A suivre...

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 18:02

 

 

 

Tinguha, le monde qui s'efface...(1)

 

Tinguha, le monde qui s'efface...(2)

 

 

Je hurle : «Je veux la bande de terre ocre ! Je veux que le monde d’ici vive ! »

 

De nouvelles bulles irisées apparaissent. La bande ocre se déroule rapidement vers le lointain. La lumière retrouve une clarté agréable. Le monde d’ici se reconstruit sous mes yeux.

 

Je crie et hurle dans ma tête : « Je veux partir d’ici ! Je veux partir ! Je veux la porte de sortie ! »

 

J’ai très peur.

Mes jambes me font mal, endolories par l’inquiétude. Je me laisse couler sur mon lit, la tête dans la couette. Lourde, bruyante. Je tape le matelas de mon poing fermé avec désespoir et colère jusqu’à ce qu’une immense lassitude me terrasse. Mon corps affalé se détend.

Je sens un souffle chaud. Il masse mes muscles douloureux et me rassure. Je tourne la tête. Ouvre les yeux. Partagé entre appréhension et espoir.

 

 

 

Au milieu du rien, attelée au bord du chemin ocre, s’ouvre une longue passerelle en bois, enceinte de rambardes de corde. Des lampadaires vieillots ont poussé de part et d’autre, à intervalles irréguliers. Ils diffusent une lumière bleutée qui teinte le rien.

 

Un drôle de taxi est à l’arrêt. Deux pattes puissantes de kangourous serties d’un dos de chameau. Une bosse arrière, gigantesque, retient une belle selle ouvragée. Un long cou de girafe et deux gros yeux de libellule, sans tête. Une queue à géométrie variable et plumes multicolores donnent la direction, propulsant l’air comme une hélice. Deux tiges flexibles supportant une voilure de longs poils partent du thorax, insufflant la stabilité à ce navire peu commun.

 

Tout au bout, là-bas, très loin, au bout du rien, une porte se dessine. Laiteuse comme le néant. Du rien au milieu du rien. Je ne sais comment je la perçois. Pourtant… je suis sûr qu’elle y est.

 

 

 

 

Je suis installé devant mon chevalet. Dans ma chambre. Naïtou s’est posé sur le lit – le mien, celui dans lequel je dors et qui a mon odeur -  la guitare en bandoulière. Il réveille le monde de sonorités basses que nous aimons. Je tente d’esquisser sur la toile les traits du pays Tinguha.

D’où vient ce nom ? Je n’en ai aucune idée. Mais c’est le nom du pays d’ici. Je le sais.

 

Des traits s’échappent sur la toile. Ténus. Le pays, que j’ai connu, est à peine ébauché. Constitué de presque rien. De nuances. De couleurs. De lumières. D’odeurs.

 

Je laisse tomber la sécurité des crayons et attrape un pinceau, déverse des couleurs et empoigne ce pays à bras le corps. La toile se couvre de pastels mêlés et devient atmosphère.

 

La musique de Naïtou se modifie, s’imprègne de l’œuvre, explore les harmonies de couleurs, diffuse en notes claires les teintes de luminosité.

Notre partage se prolonge. Je suis si heureux de le retrouver.

 

Pour Naïtou, j’ai été parti une demi-journée. Tandis que le temps sans faim ni soif, sans nuit, ni repères m’a paru s’étendre à l’infini : deux jours, trois peut-être. Je ne saurais dire le temps de mon absence. Entre solitude et crainte.

 

Nous avons convenu de nous échapper ce soir vers le pays Tinguha. Vers 17 heures, nous prendrons nos sacs à dos de rando-photos, irons à notre cabane des taillis. Pendant la nuit, nous ferons le passage.

En réalité, je ne sais pas comment.

Je n’ai pas compris le phénomène qui m’a projeté au pays d’ici. Peut-être qu’évoquer ensemble notre désir … sera la porte du voyage … vers ce pays issu de mes souhaits.

 

Arrivés à la cabane, nous débouchons une canette de bière et sortons pain et pâté. Nous évoquons nos mauvais coups de garnement, avec des rires étouffés.

Nous savons que les buissons abritent mille vies qui s’endorment ou s’éveillent. Nous les avons photographiées avec bonheur. Nous savons que les humains s’intègrent mal dans cet univers craintif et fragile. Malgré notre fébrilité, nous contrôlons notre exubérance.

Les canettes de bière se succèdent. Nous hésitons à prononcer la formule que j’espère magique. Nous regardons maintenant les constellations. Nos yeux se perdent dans les étoiles.

Bientôt nos ronflements s’élèvent, alourdis par la bière.

 

 

 

Dans mon rêve, je revois les bulles irisées et les êtres mouvants nés sur la bande ocre. J’imagine de grands blocs de pierre noire sortant du rien. Cathédrale d’obsidienne noire. Epure élancée.

Le rien prend consistance, trouve sa force, son centre, sa présence.

Un oiseau de feu, carmin et garance, niche dans le creux minéralisé d’un vieux tronc cru dans la pierre. Vivant ?

Une pluie de poussière d’or nappe le sommet des pierres tandis que des perles blanc pur descendent le long de leur flanc. De féroces vagues s’attaquent à leur base. Eclaboussent leur faîte. Nettoient la poussière d’or.

Des morceaux de couleurs dégradées se jettent en grande lampées dans les eaux tumultueuses.

Des arbres ornithorynques surgissent des flots avec des oiseaux poissons accrochés aux branches dévorant voracement les fruits mûrs. Les vagues les submergent puis se retirent. Dégoulinants, ils apparaissent vivifiés par les flagelles toniques des flots déchaînés.

La poussière d’or, inlassablement, se dépose sur les sommets de pierre ruisselants d’eau continûment lavés.

L’oiseau de feu s’est emparé d’un fruit vert qu’il engloutit, l’œil brillant. Il ouvre grand son bec, gonfle le poitrail et pousse un cri silencieux.

De l’eau chavirée sortent des éclairs brillants, noirs.

 

Alors nait en moi le désir : « Je veux retrouver la porte du monde Tinguha. »

 

 

 

Je m’éveille avec la gueule de bois. Des valises de plomb s’accrochent à mes paupières. Je me force à ouvrir les yeux.

Mon chevalet se dresse sur le fond du rien. Un pinceau flottant animé termine la peinture en cours qui se réalise sous mes yeux et dont je suis l’acteur. Je suis assis sur mon lit. Des canettes de bière s’échappent de mon crâne. Mon teint jaunâtre d’un côté du visage se dégrade vers une couleur bonne santé en vogue chez les marchands de couleurs.

 

Les canettes de bière s’évadent de la toile et se regroupent. Forment un amoncellement désordonné dans l’atmosphère. S’entrechoquent, débordent, se renversent et répandent leur contenu. Une marée jaune d’or pétillante sature le rien jusqu’à l’écœurement.

« Si seulement cette bière pouvait se déverser dans un beau récipient ! Elle est en train de tout gâcher ! »

Une amphore généreuse en terre cuite, aux formes irrégulières comme si elle avait été achevée hâtivement, apparait. Les rivières gazeuses ensoleillées s’y précipitent joyeusement. Elle s’est posée au milieu de nulle part. Inattendue et décalée. Le paysage se nettoie.

L’image d’une vasque translucide, à long col, étages successifs et cascades, m’apparait. L’amphore en terre opère une transmutation sous mes yeux avec une grâce docile. Suspendue en l’air comme un lustre luxueux et fragile, elle distille son ruisseau de nectar doré et déploie ses lacs gazeux.

L’atmosphère retrouve son apparence laiteuse. Elle a trouvé son astre.

 

 

 

« Pourquoi Naïtou n’est-il pas avec moi ? » La question me taraude.

 

Nous ne nous sommes pas quittés depuis cette classe d’école maternelle qui nous a réunis. Nous avons vécu ensemble tant d’aventures. Nous avons obtenu des parents de passer nos vacances en commun. Que signifie cette séparation ? 

 

Me reviennent des épisodes que nous n’avons pu vivre dans cette communion de l’identique que nous souhaitions.

Quand la grand-mère de Naïtou a été très malade, seule la famille très proche pouvait lui rendre visite à l’hôpital. C’était très dur pour Naïtou d’aller sans moi dans cet univers douloureux. C’était dur pour moi d’être écarté. Nous avions passé des vacances chez cette Mamie que j’aimais beaucoup et qui m’appelait « mon garnement » avec du soleil dans la voix.

Lors du bac, nos établissements d’examen n’étaient pas les mêmes…L’attente dans les couloirs pour les oraux l’un sans l’autre, alors que nous avions passé toutes nos récrés ensemble, nous avait paru inconcevable mais implacable.

En cherchant j’aurais sans doute retrouvé encore l’une ou l’autre situation qui nous vit séparés, mais je ne tiens pas à ma remémorer ces moments.

 

 

La douleur de l’absence.

…Le refus de la différence.

 

Peut-être que Naïtou est en train de prendre de l’indépendance. Peut-être que Naïtou n’avait pas assez envie de partager avec moi mon monde Tinguha.

Le désir de Naïtou pourrait être différent du mien ?

 

 

 

Deux immenses pierres d’obsidienne s’élèvent du fond du rien. Me procurent un profond sentiment d’ancrage. L’oiseau de feu arrive du fond du brouillard. De tout là-bas, au loin. Il se met à chanter. Son chant rappelle le son d’une guitare.

 

 

 

Naïtou, depuis son monde, vient de donner une voix à Tinguha.

 

 

                        Fin

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 21:29

 

 

- Dis, grand-père, c’est quoi l’herbe ?
- J’ai oublié son odeur. Je me rappelle, elle était souple et verte. Mais je ne sais plus où en trouver. Notre terre est propre maintenant et facile à entretenir. L’herbe ça poussait tout le temps et partout. Il fallait la couper et la pourchasser dans les moindres fentes.

- Pourquoi on la pourchassait ? Elle était dangereuse ?

-  …

- Pourquoi on la pourchassait ?

- Les hommes n’aiment pas la liberté. Ils n’aiment pas ce qui est vivant et leur échappe. Ils veulent décider de l’aspect de la terre. Les herbes et les plantes ne se pliaient pas à leur volonté jusqu’à ce qu’ils les éliminent.


L’enfant regarde le lointain, les colonnes de béton devant lui. Ses yeux se font rêveurs. Puis, il dit :


- Dis grand-père, c’est quoi un rossignol ?
- C’est un vieux mot d’argot qui signifie un bien sans valeur.
- Mais j’ai lu que ça chante le rossignol.
Alors les yeux du grand-père se teintèrent de nostalgie…
La colère le submergea :
- Ils ont tout vidé ! Les airs et tout ce qui y volait, la terre avec ses prairies, ses forêts, ses lacs, ses rivières remplis de millions de petites bêtes et de grandes aussi. Ils ont tout vidé jusqu’au fond des mers, cria-t-il avant que de profonds sanglots le submergent.
- Grand-père, Grand-père, disait une petit voix triste.

 

 

La communauté street art s'engage ....

 

                                                                 Avec eux, ne les laissons pas vider l'océan

 

 

 

                                                  Aidons la vie, ici

 

 

 

 

 

levee-soleil.jpg

 


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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:34



Pleure Liberté, ils ont mis un bâillon sur ta bouche.
Au nom du peuple.
Pleure Démocratie, ils ont mis un bandeau sur tes yeux.
Au nom du peuple.

Le petit tyran a pris le pouvoir.
Démocratiquement.

Tremblez journaux indépendants et
Libres penseurs.
L’heure est venue de la pensée unique.

La chasse aux Roms est ouverte.
Demandeurs d’asile et
Dépourvus de toits bien de chez nous,
Le temps de la Valse est arrivé.
Vidage des planques et des dessous de ponts.

L’heure est au grand nettoyage.
La pauvreté devient sale.
Le train de l’éloignement vous emmènera
Vers le grand nulle part
D’où personne ne revient.

L’heure est au grand nettoyage.
Supprimez toutes ces allocations de misère
Qui attirent la pauvreté, la flemme.
Solidarité avec les riches.
Qu'on leur donne le pain des pauvres.

Tremble travailleur humble.
Tu as mangé ton pain blanc.
Les congés payés sont une insulte au patron.
Tu vas travailler plus longtemps pour moins.
Productivité, compétitivité, précarité sont les mamelles du gouvernement.

Tu vas voir du pays travailleur.
Depuis ton contrat précaire,
Tu voyageras de ta boite d’intérim
A ton siège chez Pôle Emploi.
On te proposera une petite délocalisation destination contrée lointaine.

Et toi petit, le credo de ton école est néolibéral.
Attèle-toi, soit rentable et malléable.
Regarde ton copain en chien de faïence,
C’est un rival que tu dois battre.
Eh toi petit, à l’école de la carte, t’as été bien pourvu ?

Ne vois-tu pas citoyen
Que tes dirigeants t'ont volé ta victoire ?
N'entends-tu pas comme ils mentent quand il te disent
Que pour que ça aille mieux, il faut te dépouiller ?
Ne vois-tu pas qu'ils ont tué la solidarité, le socialisme ?

Tu ne sais pas citoyen,
Alors que tu te serres de plus en plus la ceinture,
Que t’as peur pour tes pitchouns
Parce qu’on est si vite descendu du wagon,
Tu ne sais pas que les riches eux ont beaucoup, beaucoup plus qu’hier.

Pleure Liberté, ils ont mis un bâillon sur ta bouche.
Au nom du peuple.
Pleure Démocratie, ils ont mis un bandeau sur tes yeux.
Au nom du peuple.
Ton frère n’est plus qu’un étranger.
Demain, il sera un intrus.
Tu seras prêt à prendre les armes contre lui pour participer à la valse.

 

 

 


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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 21:46

 

Emmanuel Giboulot est viticulteur bio en biodynamie.

Depuis 43 ans, il a choisi de restaurer la vie qui fourmille dans la terre, cette vie que tue les produits chimiques en agriculture industrielle ou chimique. Cette vie, gage de respiration des plantes qui s'y développent, confère à la terre sa qualité et sa fertilité naturelle Le sol des forêts, cet humus noir qui fleure bon, nourri des feuilles des arbres qui se décomposent lentement chaque automne, est le plus fertile qui soit, fourmillant de bactéries, champignons, vers et multiples organismes microscopiques.

Emmanuel Giboulot a passé alliance avec la faune naturelle (insectes, oiseaux, hérissons, ...) alliée de l'homme parce qu'il l'aide à protéger les cultures en se nourrissant de leurs prédateurs. C'est ainsi que les larves de coccinelles se nourrissent de pucerons, le hérissons se délectent de limaces et les mésanges dévorent les chenilles...

Il utilise une pharmacopée à base de plantes macérées selon des recettes précises pour soigner ses plantes.

Les produits chimiques de synthèse dont les effets secondaires sont meurtriers n'ont pas de place sur son terroir. Il est également vigileants à refuser l'utilisation de produits naturels s'ils sont toxiques pour la petite faune.
Il veille à l'équilibre et à la santé du petit coin de terre dont il a la responsabilité depuis 43 ans et produit un vin de qualité reconnue.

 

Lundi 4, il est passé en procès à Dijon pour avoir refusé d'intoxiquer sa terre et la petite faune à laquelle il s'est allié. Il est jugé aux côté des délinquants parce qu'il tente au quotidien de protéger notre santé.

Vous pouvez écouter, en cliquant sur ce lien, ce qui guide son choix et son chemin. Il témoigne de son engagement pour la vie et pour la terre.

 

Le procès d'Emmanuel Giboulot nous interpelle sur notre choix face à la vie. Menacée de façon grave par les activités humaines depuis la montée de l'ère industrielle, la vie sous sa forme actuelle pourrait majoritairement disparaitre si des décisions politiques radicales ne sont pas prises.
La survie de pieds de vignes par des méthodes stérilisantes semblent plus importantes aux représentants de l’État que la sauvegarde des insectes qui assurent la croissance de nos légumes et de nos fruits, notre nutrition quotidienne.

Nos dirigeants renient notre dépendance à la nature et à son équilibre alors que le mythe d'une nourriture par pilules des années 1980 a vécu.


L'être humain pense s'être élevé au-dessus de son appartenance au système vivant de la planète. Il croit être sorti de la solidarité qui lie chaque élément vivant de la planète aux autres éléments vivants.
Il se considère comme un être de technologie, un être de consommation, un être de pouvoir et d'argent, un être de savoir. Mais il a perdu la co- naissance. Il oublie qu'il est fait d'une matière qui se nourrit de matière vivante. Que si cette matière vivante est malade, chimiquement perturbée par des produits toxiques comme les engrais ou la pollution, il en deviendra lui-même malade. Que si cette matière vivante est en voie d'extinction, il créera les conditions de sa famine.

Quand l'être humain de pouvoir s'attaque aux agriculteurs biologiques et biodynamiques, ce sont les infirmiers de la terre qu'il tue.

La terre arable, aujourd'hui, est morte. Les produits chimiques (insecticides, pesticides, engrais) ont exterminé la vie qui l'animait et faisait sa fertilité et sa qualité, comme ils tuent chaque année des agriculteurs. Il faut des quantités de plus en plus grandes de produits chimiques pour obtenir des résultats de production en régression.
Si le gouvernement est en train de reconnaitre timidement les maladies et décès chez les travailleurs de la terre, il est loin d'en reconnaitre les conséquences sur la faune, la flore et par conséquent sur chacun de nous.


L'être humain a perdu le contact avec l'instinct de conservation et travaille à sa propre extinction.

 

Une amende de 1 000 euros, assortie pour moitié du sursis, a été requise à l'encontre de M. Giboulot. La décision a été mise en délibéré pour le 7 avril.



Emmanuel Giboulot a reçu le soutien :

  • d'un Institut bruxellois qui a fait connaître son combat :

La pétition

 

  • D'une députée européenne, juriste environnementale de formation

 Sandrine Bélier

 

 

  Et de  481 746 personnes qui ont signé la lettre de soutien

 

Peut-être voulez-vous aussi choisir la vie et signer la lettre de soutien ?



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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 19:04

 

 

 

 Dans une interview, l'Economiste Chef de la filiale internationale d'investissement de la banque du Crédit agricole commente un mémoire qu'il a envoyé à ses pairs de par le monde.

 

Il y définit le projet post électoral des financiers en France. Le nouveau président serait contraint sous la pression des marchés de tromper les Français pour pouvoir  libéraliser le marché du travail.

 

Le président sera dns l'obligation d'organiser la mort du contrat de travail à durée indéterminé. Il n'existe déjà plus dans plusieurs pays européens. La France sera obligée de s'aligner.

 
Quoi qu'il arrive, les marchés gagneront et le peuple perdra. C'est la loi des marchés.

 


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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 19:40

 

 

Grâce à votre soutien, notre campagne pour l’égalité fiscale entre presse numérique et presse imprimée, face à des contrôles fiscaux discriminatoires, marque ses premiers points. C’est d’abord, une position unanime prise, mercredi 8 janvier, par toutes les organisations professionnelles de la presse. C’est ensuite, une réunion convoquée sur le sujet à l’hôtel Matignon, à l’initiative du premier ministre, le vendredi 17 janvier.

 

(...)

 

Edwy Plenel - Médiapart

 


Lire la suite, ici

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