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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 21:01

 

 

 

La-cabane-au-jardin

 

 

 

 

 

En se levant, ce matin-là, Laurent jeta un œil par la fenêtre. C’est le premier geste qu’il faisait les matins de week-end, dès le volet levé. Il s’enquérait ainsi de la couleur de son tour au jardin.

 « Gris léger » pensa-t-il.

 Il entrebâilla le vantail, apprécia le fond de l’air.

Il avala un café et une tranche de pain goulument. Enfila son pantalon griffé et son vieil anorak. Grimpa sur son vélo d’un autre âge et pédala hardiment.

 

Il passait chaque week-end à son jardin ouvrier, comme le nommait l’appellation d’origine consacrée.

 

 Il n’aimait pas cette dénomination. Il en connaissait la raison, mais trouvait qu’elle ne convenait pas à ces petits îlots de verdure repoussant la ville. Il y rencontrait chaque fin de semaine un parfum de bonheur. Ce lieu se montrait déserté à cette époque peu productive de l’année. Dès le printemps venu, il se remplirait de joyeux appels.

L’usine était loin d’apporter ces moments de paix rieuse.

Au jardin, il arrivait bien aussi à Thierry d’interpeler vertement Hector. Parfois ça allait un peu plus loin. Et se terminait avec un nez en sang. Mais, ils étaient entre eux. Et filait au café noyant l’altercation dans un ballon de rouge. A l’usine, il y avait toujours un chef à trainer prêt à asséner le blâme. Et puis pour ce qu’on y avait de liberté !

 

Il arrivait à la porte de son domaine. Il s’apprêtait à  sortir la clef du cadenas quand il s’aperçut que la chaîne avait disparu. Qui avait bien pu escamoter sa fermeture ? A cette époque de l’année en plus ! Y’avait rien de rien à voler pourtant.

 

Il s’avança prudemment jusqu’à sa cabane.

Rien ne bougeait.

Il poussa la porte, mais rapidement, elle buta sur quelque chose. Il passa la tête dans l’entrebâillement. Vit deux pieds dans de méchantes chaussures éculées. Remonta le long de deux jambes de pantalon en meilleur état que les godillots, partiellement enfouies sous des feuilles de papier journal. Il ne voyait pas plus loin n’ayant pas la place de pénétrer dans la cabane. Rien ne bougeait. Son inquiétude montait.

 

Il hésita. Devait-il aller chez la flicaille ?

 

 

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:00

 

 

 

Le début

 

 

 

 

 

Un ballon de rouge avec le croissant ?

                              Un ballon de rouge avec le croissant ? 

 

 

 

Les flics, il s’en était toujours méfié. Aujourd’hui, il les redoutait. Ils avaient la garde-à-vue exacerbée ces derniers temps. Il avait vu les ennuis des gars qu’avait un nom à consonance de l’aut’côté de la Méditerranée, se faire plus qu’emmerder, pour rien. Délit de faciès, qu’on dit. La répression se rapprochait. Un jour, c’est être ouvrier qualifié qui serait le délit, travailler à l’usine, ne pas avoir la cuillère en argent dans le bec quoi !

 

 Il poussa la porte avec précaution. Affirma sa force et pesa de tout son poids sur l’huis. Cela bougea un peu. Mais bien plus remarquable que ses faibles résultats fut le grognement de colère impressionnant qu’éructa le corps.

Ouf, pensa Laurent. J’en suis pour de la peur.

- Hô ! S’exclama-t-il. J’apporte les croissants !

 

En un instant, le corps fut debout et ouvrit grand la porte.

« Y sont où tes croissants, dit une voix peu amène.

- Doucement, dis Laurent. D’abord, on dit bonjour et on se présente.

Il dévisagea le visage chiffonné aux cheveux emmêlés de petits morceaux de végétaux. A sa stupeur, il se trouvait en face d’une femme. Il lui donnait presque 60 ans. Mais va savoir, à dormir dehors, on rajeunit pas.

- L’Odette que j’m’appelle. Salut ! T’as raison, je perds ma politesse ! Faut dire que tu me sors du pieu. Et toi, c’est quoi, ton petit nom.

- Laurent. Bon, on va pas débattre de nos vies ici. J’ai pas de croissants sur moi, t’as oublié de m’envoyer le faire part. On va passer à la boulangerie. Et puis je t’emmène chez l’Emile. Tu vas te réchauffer un peu, Nom de Dieu !

 

Chez l’Emile, les copains, attablés devant leur ballon, jouent les gros balourds. A croire qu’ils ont jamais vu de femme. L’Odette part d’un gros rire.

« Dites, les gars, vous avez vu la gueule que j’ai ? Y’en a un qui veut que je lui roule un patin pour sentir mon haleine. Vous allez lui foutre la paix au Laurent. Y m’a sortie de sa cambuse du jardin où j’ai passé la nuit. Pis comme il a le cœur sur la main, y m’offre des croissants et un café. Pour le moment, y’a aucun de vous qu’en a fait autant !

Ils sont là tous,  Laurent comme les autres à se regarder gênés.

L’Emile, qu’à l’habitude de métier de récupérer toutes les situations lui dit :

« Alors, c’est un café pour toi ? C’est quoi ton nom ?

Les copains, qui s’attèlent d’habitude au comptoir, font l’honneur à la dame de coller deux tables ensemble et de s’y installer.

C’est pas la circonstance pour les confidences. Alors on dit des conneries et on se marre. L’Odette est pas la dernière.

   

Sortis du troquet, Laurent et Odette laissent les autres s’éloigner. Et parlent affaire.

 

 

 

La suite ce soir


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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 20:56

 

 

Le début 

 

 

 

«  Dis l’Odette, t’as nulle part où aller ?

- Ben pardi !

- Tu sais faire la couture ?

- Comme toute femme qu’a eu une mère.

- Bon je te prête la cabane tant que t’en a besoin. Tu pourras ranger un peu dedans, histoire d’avoir de la place. Demain j’attèlerai la charrette au vélo pour récupérer un ou deux sacs qu’ont pas besoin d’être là  l’hiver. J’y viens tous les week-ends le matin. Même si y’a rien à faire. C’est une question d’air.

- La vie te le revaudra Laurent.

- Bof, ça on verra. En attendant, si tu veux me ravauder quelques affaires, ça me serait bien utile. Et puis, j’ai l’un ou l’autre copain qui sont seuls. Ils ont aussi quelques nippes à rapiécer contre une pièce.

Elle le regarde. On lirait comme un étonnement bourru dans son regard.

«  J’ai jamais trop aimé les travaux de femme. Mais là je vais pas me faire prier.

 

Cela fait trois semaines que Laurent retrouve chaque week-end l’Odette. Elle a ravaudé toutes ses affaires. Elle sait faire, même sans plaisir.

Ils parlent peu. Il a pas demandé d’explications sur sa vie. Chacun est maître chez soi.

 Il arrive ce samedi là, tout guilleret avec sa thermos et ses croissants. La porte est restée fermée.

Il se dirige rapidement vers la baraque.


Elle était réveillée les autres jours.

 

Il ouvre doucement la porte.

Elle n’est pas là. Plus de trace d’elle.

 

En levant les yeux, il voit que la fenêtre est cachée par un rideau. Dessus, elle a brodé un gros cœur maladroit. Et attaché avec une épingle un morceau de papier. Il déchiffre.

 « Je pars. J’aime pas de dépendre. Je repasserai te voir. Merci. »

Ses yeux s’humidifient. Depuis l’école, aucune fille n’a dessiné de cœur pour lui. Il trouve ça un peu godiche. Est gêné. Mais il sait que quoiqu’il arrive, le rideau restera à sa place.


Il entend :

« Eh Laurent, tu croupis ? »

Il referme prestement la porte sur le rideau.

« Salut l’Ernest, tu vas chez l’Emile ? »

 

 

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 20:31

 

 

"Il s’arrête, interdit. A-t-il parlé à voix haute ? Il repense aux paroles de Maman.


« Ernest, tu auras de l’avancement à coup sûr si tu sais te fondre dans le décor. Ecoute tes chefs et fais ton travail consciencieusement. Ne fais pas comme ton père. Qu’il m’a fait souffrir celui-là. Quel foutriquet c’était. »


7h58. Les portes de l’Administration sont déjà ouvertes au public."

 

 

 

 

 

 

Accroc-et-papillon

 

 

 

 

Cette aquarelle illustre la présentation d'une histoire visionnaire


de Dan Rodgerson. Un univers gris et stéréotypé y est mis en scène.


Les employés de l'administration ont le cerveau et le geste calibrés.

 

Cependant que s'instaurent à pas ténu mais très rapidement les

 

signes du grain de lumière qui va faire basculer l'édifice. Les paroles

 

de Richepin scande l'ouverture à la vie.

 

 

 

Un hymne d'espoir et de revanche sur les sociétés concentrationnaires.

 

 

 

Accroc et papillon - Le blog "lire, écrire, rêver peut-être..."

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 07:08

 

 

 

 

Saint Val en Thym est une petite bourgade

 

où l'on vit en duo,

 

un petit peu nu, un peu fou...

 

D'amour et de désir


Ou de désir et d'amour

 

A votre goût.

 

On n'y aime pas les pommes

 

Elles amènent des pépins...

 

Les chemins y serpentent au milieu de chairs tentatrices,

 

Délicieux appas pour ébats

 

Soignés avec égards par les Valentins.

 

 


 

 

 

La main bleue

 

 

 

 

 

 

Le corps offert, elle attend.

Tendue au firmament du désir

Ses bras élancés comme des flèches,

Abandonnée.

 

Il la croque

De ses yeux aiguisés en lame.

S'attardent sur la bouche charnue qui frémit.

Plus tard, il la peindra à grands gestes amoureux.

Elle posera nue pour lui.

Pour l'art.

Comme elle s'offre pour l'amour.



            Un gémissement s’échappe

 

Les corps s’affaissent.

 

 

  

Leur étreinte se prolonge 

Jusqu'à l'alanguissement final.


 

 

Inpiré par une idée des Mousquetaires de l'Art

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 10:45

 

 

 

Ils se sont levés, fiers

 

Offerts comme des mâts.

 

   Ils écartent les bras des bourreaux

 

  Déchirent les baillons qui hâchurent les mots.

 


 

 

 

Les mâts de la terre

 

 

 

 

 

Ils rejettent les liens de la haine

 

Debout comme des mâts

 

Dignes et forts

 

Pour construire leur liberté.

 

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 07:29

 

 

 

 

Pluie d'étoiles en formation

 

 

 

 

 

 

L'écureuil en faisant le saut périlleux

 

a soufflé  le Camassia avec sa queue

 

- Par inadvertance -

 

 

 

Dans le jardin,

 

lors des petits matins d'ombre verte,

 

on peut voir


 une pluie d'étoiles.

 

 

 


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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 07:38

 

 

 

 

La jeune fille est grande si grande que tout un chacun

la dévisage lorsqu’il la croise et même parfois

se retourne sur son passage.

Son regard se perd.

Toutes ces attentions, c’est une grande gêne.

Elle ne voit personne. Elle marche

les yeux dans le vide, le plus loin possible de tous ces yeux.

 

Ce jour-là, elle chemine dans un parc,

longeant un pavillon de chasse.

Elle voit un socle de statue.

La place a été laissée vacante par son occupant.

 

Elle avance à longues enjambées régulières

Mais a légèrement ralenti l’allure.

Elle hésite.

S’arrête.

Fait demi-tour en courant et saute sur le socle.

 

Elle se dresse, immobile.

Ici, les regards ne la gêneront pas.

C’est fait pour être vue une statue.

 

Ici, personne ne la regarde plus.

Ça se fond dans le paysage une statue.

 

Un photographe, de temps en temps, fait un cliché.

Un peintre s’est installé une fois avec son chevalet.

 

A un passant qui s’arrêtait pour regarder son travail,

Il dit :

« Elle a une présence particulière, cette statue.

L’expression juste serait : elle a de la chair. »

 

 

 

 

 

 

La statue qui respirait

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 07:05

 

 

 

Recette-de-la-terrine.jpg

 

 

 

Elle s’éloigne, légère et vive, dans le matin. Portant grand

chapeau parsemé de boutons si petits qu’on y voit minuscules

graines. Elle a enrobé ses cheveux d’un fin nuage d’une eau de

soin préparée par sa grand-mère. Ils s’échappent de tout côté

en mouvements gracieux.


Ce mois de février humidifie les moindres replis du tissu. Elle a

passé un châle épais sur la laine de son manteau accentuant la

féminité de son visage. Même les commères se taisent tant le

tableau est charmant.


 Le temps ne l’affecte guère. Elle y est peu sensible.


Elle tient serrée sous son bras une terrine à semis. Elle souhaite

semer des lobélias. Elle affectionne les minuscules petites fleurs

au bleu profond. Leur évocation la remplit d’une joie simple dont

elle a le secret.


Elle chemine, sautillant par instant. Sa main, par désoeuvrement,

se glisse dans sa poche. Elle y trouve un quignon oublié. Elle

dépose sa terrine. Scrute les environs. S’accroupit. Emiette le pain

qu’elle parsème alentour.


L’esprit simple du Pierre ne sait s’occuper que d’une idée. Depuis

qu’il l’a vu arriver de son jardin, il ne pense qu’à elle. Il s’est caché

derrière un battant de la maison et l’observe intensément. Il résiste un

peu à l’appel péremptoire qui le lance.


Elle est là à portée de jambes, offerte.


Il jaillit de sa cachette et se précipite sur la silhouette. Il ensevelit le

corps mince de sa masse avide, tâtonne les formes fraîches

maladroitement. Avec précipitation.


Elle suffoque de terreur, sans parvenir à opposer une quelconque

résistance quand le poids s’affaisse et glisse au sol. En un instant, elle

est libérée des mains qui la fourrageaient.


« Dis, petite, ça va ? On n’a pas idée d’être aussi joli, té ! »

Elle lève la tête, voit la mère du garçon. Dans ses grosses mains rougeodes, elle tient une grande poêle. 

 

 

 

 

  Texte inspirée d'une proposition d'Anne Lesonneur

   Communauté des Croqueurs de Mots

 


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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 01:54

 

 

 

Bégonias lumière

 

 

 

 

Vous le préférez comment le bégonias ?

 

 


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