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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 18:27

 

 

 

 

Les-dessous-bleus.gif

 

 

 

 

 

 

 

      Tableau réalisé sur contreplaqué

     Largeur : 1.20m  Hauteur : 0,80m

 

 

 

 

 

 

 

J'ai appelé ce tableau les dessous bleus


en raison de l'histoire de sa création.

 

 

J'ai choisi sur le net quelques photos de nus artistiques :

 

les dessous.

 

 

Je n'ai gardé que l'un de ces nus.

 

J'ai commencé à le croquer rapidement


afin de commencer une composition.

 

 


J'ai, à mon insu, fait un dessin tout en angle.


J'ai décidé de continuer selon ce style


et de l'accentuer.

 

 


 

Et puis a surgi ce grand visage de droite.


Et l'un après l'autre, les différents éléments se sont encastrés

 

les uns dans les autres.

 

 


 

J'ai commencé par peintre le nu (dessous) allongé


en bleu.

 

 

 

 

Et voila : Les dessous bleus.

 

 

 

 

 

 

Pour voir les dessous bleus (1)

 

cliquez

 

 

 


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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 11:30

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a 16 ans. C’est presqu’un homme.

Sa taille élancée lui donnerait

une belle prestance

si ses épaules n’étaient affaissées.


Il arrive de la mer.

Il est amaigri, affaibli,

la nourriture s’étant faite

de plus en plus rare

à mesure de la traversée.

 

 

Pour payer son voyage,

il a ramé, ramé jusqu’à l’épuisement.

Le fouet martelait ses épaules,

comme celles de ses compagnons.

C’est ainsi.

 

 

 

 


ILa-porte-ouverte-2.jpgl a fui les guerriers sanguinaires

qui dévastent le pays

et ont tué son père et sa mère.

 

Il n’a plus personne au pays.

 

La terre n’y donne plus.

La famine sévit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On dit que sur cette terre où il vient d’aborder,

c’est l’opulence.

 

Il n'y connait personne.

Il ne connait que très peu la langue.

 

Son regard erre sur le port.

Comment peut-il faire ?

 

 


Au moment de la bousculade

à la descente du bateau,

il s’est fait voler le peu d’argent

qu’il avait pu emporter.

 

 

 

 

Les maisons le regardent,

sans aménité.

 

 

 

 


La-porte-ouverte.jpgIl traverse l’espace qui le sépare

d’une auberge

et hèle un groupe

qui s’interpelle joyeusement

sur le pas de porte.


Un rire méprisant répond à sa demande.

 

 

 

 

 

On a autre chose à faire

que de s’occuper des mendiants du port.

 

 

 


Il s’éloigne

et va s’asseoir contre un arbre

dressé

un peu plus loin de là.


Il cache ses yeux dans ses mains.

De lourdes larmes

tracent des sillons le long de ses doigts.

 

 

 

 

 

Une main douce se pose sur son épaule.

« Petit »

Il hésite à lever le visage.

Il n’aime pas montrer qu’il pleure.

« Petit ! Suis-moi. Je vais te servir un repas.»

Il retrouve son âge.

 

Que risque-t-il ?

 

La-porte-ouverte-3.jpgElle l’accueille dans la grande salle à manger où crépite un feu.

La lueur dansante des flammes

illumine la salle d’une chaude lumière orangée.

Elle lui sert une écuelle de la soupe

                               qui ronronne sur le feu.

 

« Quand tu auras fini,

tu iras chercher de l’eau au puits.

Tu la mettras à chauffer.

Tu as plus que besoin d’un bon bain.

 

Quel âge as-tu ?»

 

« 16ans »

 

Il lui raconte le pays là-bas, très loin

de son français mal assuré.

Elle lui fait répéter,

pose des questions pour comprendre.

C’est difficile.

Les expressions ne sont pas les mêmes.


La façon de penser, de dire, diffèrent.

 

Il s’explique, raconte,

petit à petit se détend.

Cette douceur est si bonne, si nouvelle.

 

 

 

 

 


Elle l’installe dans une petite pièce

qui ne servait plus.

De jour en jour, la confiance s’installe.

Une relation nait. Forte.

 

 

 

 

 


Elle a perdu son fils, il y a deux ans.


Tout cet amour qu’elle avait pour lui, bouillonnait en elle sans issue.

Comme une blessure

qui se creuse de ne pouvoir s’offrir.

 Il sort d’abord prudemment 

en un petit filet timide

qui s’en va grossissant.

 

Elle fera tout son possible

pour lui permettre de s’installer ici

et d’y avoir une vie décente.

 

 

Même si l’"Administration" n’aime pas ça l’étranger.

Et n’aime pas les gens

qui aident l’étranger.

Et puis même si des citoyens

n’aiment pas ça non plus

l'étranger

et seraient prompts à le dénoncer à l’"Administration".

 

Elle va l’aider

d’abord parce que c’est dans son tempérament

et dans ce qu’elle trouve bien.

Et puis,

parce qu’elle commence à sacrément l’aimer ce garnement.

Et quelles que soient les embûches.

 

 

 

 

 

Elle sollicite ses relations de confiance.

 

Quelques mois plus tard,

l’ « Administration » remplit son office, cumulant les obstacles

à une installation stable.

Ils rencontrent des mufles,

des irresponsables, des inhumains.

Et puis,

ils rencontrent du soutien

et de la solidarité.

 

 

 

 

 

Et puis, il y a cet ami.

Il emploie le jeune homme

qui ne rechigne pas à la tâche,

soucieux de rendre de son mieux

l’attention qui lui est offerte.

 

 

Ils sont quatre à table à midi

aujourd’hui.

Ils sont tous venus partager

le repas chez leur maman

comme ils disent.

 

Plus d’un a pleuré sur son épaule

aux moments de découragement

parce que la peur d’être renvoyés

était trop forte.

 

 

 


La-porte-ouverte-1.jpg

 

 

 

 

Ici, c’est leur chez eux.


Ils vont, ils viennent.


La porte est toujours ouverte.

Il y a toujours une paillasse pour dormir.

 

 

 

 

 

    Ils sont venus de la mer pour créer

une cathédrale

avec elle

contre tous les refus et pour un sourire.

 

Ça se passe aujourd’hui ou hier.

Ça traverse le temps,

comme les cathédrales .

 

 

 

 

la-porte-ouverte-1


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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 21:33

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau projet est en train de sourdre.

 

 

 

J'ai posé les prémisses au crayon.

 

 

Je n'ai encore aucune idée de la suite:

 

 

Les couleurs, couteau ou pinceaux, fond,...

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela se fera à mesure de l'avancée pas à pas.

 

 

 

Je découvrirai le tableau

 

 

 

en même temps que sa facture.

 

 

 

J'ai besoin de cette improvisation permanente

 

 

 

pour ne pas m'ennuyer,


 

 

pour garder le désir et l'impulsion.

 

 

 

 

Si je ne peux inventer à tout instant,

 

 

j'ai l'impression de faire un exercice fastidieux.

 

 

 

 

 

 

Esquisse

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 19:50

 

 

 

 

 

 

Au-croissant-doréCe matin,

 

j’accompagnai

 

mon homme à

 

la boulangerie

 

 

Ou

 

 

Ce matin,


mon homme

 

m’accompagna

 

à la boulangerie.

 

 


C’est comme vous voulez,

 

choisissez votre point de vue.

 

Ce sera le bon.

 

 

 

 

 

Nous avions,

 

ou plutôt,


j’avais commandé des männele.


 

Demain, ce sera Saint Nicolas.

 

Et chez nous,

 

en Alsace,

 

nous fêtons dignement cet évènement.

 

 


Nous avons décidé

 

de faire la fête aujourd’hui.

 

C’est plus facile

 

à tout le monde de se réunir un dimanche

 

plutôt qu’un lundi.

 

 


Ce matin,

 

nous avons émergé

 

des brumes ensommeillées tard.

 

 

 


Nous arrivons à la boulangerie à 11h30.

 

Les derniers clients

 

de la matinée s'y pressent.

 

 

 

J’explore les rayons vides

 

et repère les dernières baguettes.

 

Je scrute les deux clientes

 

qui nous précèdent :

 

nous restera-t-il quelque chose ?

 


     - Une  baguette aux graines et votre dernière baguette normale, s’il vous plait.

 


- Et puis les männele que j’ai commandés.

 

 

Nous allons nous en régaler ce soir

avec un

bon chocolat chaud

réalisé avec du chocolat noir pâtissier

fondu dans le lait.

 

Le tout accompagné de mandarines.

Sur une table

Vêtue de la nappe de fête.

 

Les bougies diffuseront cette lumière

Des moments de partage heureux

et renverront leur éclat

Dans les yeux brillants.

 

 

 

Un mouvement attire

 

mon regard derrière moi.

 

 

 

 

Mon homme prend un plaisir heureux

 

à donner des indications culinaires

 

à une jeune femme rondouillette.

 


En un instant,

la boulangerie est suspendue à ses lèvres.

 

Une atmosphère joyeuse

se propage sur les visages

de ces femmes de tous âges

qui dégustent la bonne recette.

 

Les sourires d'amusement


circulent en une ronde alerte;

 

C'est comme si chacun le passait à

 

l'autre, l'attrapait et le renvoyait.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-croissant-doré1

Nous échangeons

un regard complice, la boulangère et moi. 

    - C’est quelle recette ? me demande-t-elle

   - La blanquette de veau.

   -C’est toujours bon à prendre.

 

Nous rions avec connivence en voyant le gai succès que se 

                                taille mon homme.

 

 

 

Il use de son charme bon enfant

inimitable.

 

 


 - Je vous donnerais bien une recette de

 

quenelles, mais nous n’avons plus le temps.

 

 

Ce sera pour une prochaine fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Je me retourne.


Je m’aperçois que deux nouveaux clients 

 

sont entrés.

 

Les rayonnages sont vides.

 

Mais la boulangerie déborde.

 

Et ces messieurs, arrivés bons derniers,

 

arborent un air sévère.

 

 

 

 

 

 

 

 


Ils ne connaitront jamais le secret

 

de la blanquette de veau.

 

 

 


 

Une fois dehors,


Mon homme me dit :


«  J’aime bien partager ce que je sais. »

 

 

 

 

 


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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 00:36

 

 

 

 

 

Qui ne connait l'inénarrable

 


Mademoiselle Pénéloop

 


 

Kietelle.jpg

 


et

 

 

ses drôles de petites histoires ?

 

 

 

ICI

 

 

 

 

Elle transforme

 

 

la banalité du quotidien

 

 

sous son oeil espiègle et frais

 

 

et s'amuse d'un rien.

 

 

 

Elle nous entraine dans un univers

 

 

pétillant et léger

 

 

dont on ne se lasse pas.

 

 

 

 

Eh bien, figurez-vous

 

 

Que Mademoiselle Pénéloop publie un livre.

 

 

 

Cette excellente idée

 

 

va en aider plus d'un parmi vous :

 

 

Enfin, un cadeau de Noël

 

 

simple, peu onéreux

 

 

et dont vous serez sûr

 

 

Qu'il fera plaisir.

 

 

 

Ici

 

 

 

 

A-l-oree-des-peut-etre-1.jpg

 

 

 

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:17

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa est parti à la pharmacie chercher des médicaments.

 

Mon petit frère tousse.

Il a de la fièvre.

Le docteur est venu.

 


Après,

papa va venir me chercher au cours de musique.

Je joue de la flûte.

 

 

 

La prof, elle s’habille avec de drôles de vêtements.

  Elle est sévère pour les doigts.


  Mais j’aime bien.

 

Le cours se termine.

Je sors de la salle de musique.

 

 

 

 


Pourquoi papa n’est-il pas là aujourd’hui ?

 

 

 

 

Je m’habille. J’attends.

 

Je vois chaque élève partir.

Mes copines me font une bise.

 


« Il est pas là, ton papa ?

 


Je voudrais bien rester avec toi.

Mais maman me dit de pas trainer après le cours.

Je dois rentrer. »

 

 

 

 

  La prof sort à son tour de la salle.

Elle a fini de ranger.

 

« Qu’est-ce que tu fais encore là, Hélène ? »


              - Papa n’est pas arrivé, Mademoiselle.

                Je l’attends. »


              - Hélène, il va falloir que tu l’attendes dans la rue.

                Ce soir, je suis pressée. Je ne peux rester avec toi.

                Je dois fermer l’école. »

 

Mademoiselle est toujours pressée.

Elle rejoint son amoureux après le cours.


 

 

 

Je sors.

 

Bientôt, il fera nuit sur le trottoir.

Il a neigé un peu.

Ce matin, c'était tout blanc quand je me suis levée.

Et il a encore neigé un peu tout à l’heure.

Maintenant, il fait froid.

Des petites étoiles brillantes s’allument sur le trottoir.

J’ai oublié mes gants.

Mes doigts commencent à durcir.

 

 

 

 

J’aimerais bien rentrer.

Mais le cours est trop loin de ma maison.

Je ne connais pas le chemin.

C’est pour ça que mon papa vient me chercher.

 

Je regarde la vitrine à côté de l’école de musique.

Il y a des tasses avec des dessins de Bugs Bunny

Et puis de Mickey.

Il y des bombes,

Plein de bombes.

Contre les insectes et les mauvaises odeurs.

 

Elle n’est pas très intéressante cette vitrine.

Il n'y a pas de chocolat chaud dans les tasses pour me réchauffer.

 

 

 


Je me demande ce qu’il fait mon papa.

Il est toujours à l’heure.

 

 


 

Quand il vient,

Papa se met toujours en double file.

Alors les gens klaxonnent.

J’aime pas ça, c’est à cause de moi

Tout ce dérangement.

 

 

 


Un monsieur entre dans la boulangerie, en face.

J’ai faim.

J'ai pas mangé mon goûter.

Je le prends toujours à la maison.

Et puis, je commence à avoir vraiment froid maintenant.

Mes doigts me font mal.

 

 

 

 

 

J’ai une petite envie de pleurer.

J’ai peur.

 

Mes yeux coulent tout seul.

Je veux pas qu'on voit que je pleure.

 

 

 

 


Pourquoi papa n'est-il pas encore là ?

 

 

 

Son papa ne viendra pas la chercher.

Il est kurde.

L’asile politique, accordé à son frère, lui a été refusé.

Ce 20 novembre 2010,

 il a été arrêté sur le chemin de l’école de musique de Poitiers

placé en Centre de Rétention Administrative

à 300 kms de sa famille.

Il est orphelin.

Dans les pays de l’Est, où la France cherche à le renvoyer,

Il est exposé à la discrimination.

 

 

 

 

Vous souhaitez vous informer :

 

Réseau Education sans Frontières (RESF)

 

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 10:09

 

 

 

 

Mon bijoutier m'a dit ...

vase-aux-feuilles.jpg

 

 

- Si vous voulez nettoyer vos tableaux


 

prenez une gorgée de bière dans la bouche


 

crachez sur votre tableau.

 

 

 



 

C'est comme ça qu'on faisait autrefois


 

les antiquaires le font encore.

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Prenez du pain au levain

 


 

vou pouvez le faire vous-même avec la machine à pain

 

 

 

 


 

vous achetez chez le boulanger


 

du levain, vous savez les petits cubes qu'on dissout

 

 

dans le lait

 

 

pas la poudre du supermarché

 

 

 


 

Et avec la mie, frottez.

 

 

 

 

Je ne lui ai pourtant pas dit que je peins

 

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 05:05

 

 

 

 

 

 

 

Sous les brumes du monde

 

 

 

  Les nuages arrondissent leur croupe souple

 

 

 

L'ocre des profondeurs


 

 

jette une chaleur bruissante

 

 

 

 

  L'arrête du géant s'enorgueillit d'un rubicond


 

  et s'engouffre vers le ciel

 

 

 

  Les voiles blancs sautillent

 

 

 

en balayant la gorge du monde

 

 

 

 

 

 

Suspendue entre Mars et la Lune

 

 

 

j'observe la terre

 

 

 

Qui croustille

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Sous-les-brumes-du-monde-web.jpg

 

 

 

 


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 22:46

 

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Elle vint me chercher.

 

C’est alors que je fixais

 

avec une concentration décuplée par l’urgence

 

et la gravité de la situation le pinceau.

 

 

 

 

Un duel s’établit entre nous.

 

 

 

Mijoty-détourée1 C’est que ce dernier,

 

macho au demeurant,

 

ne voulait pas obéir

 

à une image.

 

 

 

Dans un premier temps,

 

il avait été étonné

 

de ce contact.

 

 

 

 

C’était bien la première fois

 

qu’une image s’adressait à lui.

 

Mais l’éveil de sa conscience réveilla

 

bientôt les réflexes du mâle

 

cherchant à dominer.

 

 

 

Le combat s’installa, féroce,

 

sans concession.

 

 


Ma nouvelle petite maîtresse

 

encore petite

 

se trouvait fort maladroite.

 

La peinture du pinceau giclait à droite et à gauche.

 

 


Heureusement pour moi,

 

la table fut maculée.

 

Toute cette couleur qui ainsi m'épargna !

 

 

 

 


 

Cependant,

 

si je suis

 

en partie indemne,

 

je garderais à vie

 

des traces de cette bataille.

 

Je n’avais pas assez exercé

 

mes pouvoirs pour parvenir

 

à maîtriser le pinceau.

 

 


Toutefois,


on appela ce style de peinture

 

« le noirblansorcelé ».

 

 

 

 

J'eus, de ce jour,un succès fou !


 

 

 

Je suis fière d'être l'initiatrice

 

de cette nouvelle façon de peindre.Mijoty-détourée2


Je trouve que j'ai transformé

 

cette épreuve

 

avec un brio incontestable !

 

 

 

Bien sûr, les humains disent

 

que c’est ma petite maîtresse

 

qui a inventé

 

mon style.

 

 

 

 

Ils évoquent du génie

 

pour cette petite

 

et en attendent de grandes choses.

 


Je crois que j’ai encore envie de l’aider un peu.

 

 

 

 

Vous étes enfin arrivé au terme

de l'histoire sans fin, colorisé et redesingné de Mijoty.

Vous allez maintenant pouvoir vous livrer

à des activités intelligentes.

 


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:50

 

 

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Ma grande maîtresse plus du tout petite


décida que je faisais partie du lot

 

cécequejedonne.

 

Matriochka fut classée

 

cécequejegarde.

 


 

Double déchirement, que dis-je triple !

 

 

 


Je perdais ma place au-dessus du joli lit blanc.

 


Je perdais ma grande maîtresse

 

qui ne serait bientôt plus ma maîtresse

 


et ma toute nouvelle amie russe,

 

fraîchement sortie du placard.

 

 

 


 Quelques larmes essayèrent

 

de couler le long de mes joues diaphanes.

 

Je leur intimai l’ordre

 

de rester au sec.

 

Elles allaient boursouffler

 

mes traits harmonieux et

 

faire couler mon rimmel.

 

 

 

 

Je voulais rester impeccable.

 

Je ne savais où j’allais atterrir. 

 


 

Dans ces cas là,

 

il vaut mieux être

 

sur son quant à soi à moins

 

que ce ne soit sur son trente et un,

 

peut-être bien les deux d’ailleurs.

 


 

Je fus emballée dans du papier de soie.

 

Ma maîtresse plus du tout petite

 

me fit part de quelque attendrissement,

 

m’expliqua qu’elle avait,

 

elle aussi,

 

une petite nièce à qui je plairai beaucoup,

 

qu’elle me protégeait

 

dans un joli papier de soie

 

parce que le papier journal pour moi,

 

c’était trop grossier.

 

 

 

 

J’en fus,un peu,émue.

 

 

 

 

Mais elle m’avait brisé le cœur.

 

 

 

 

 

 


Bien calée dans mon carton,

 

plaquée contre la paroi par une série de livres,

 

j’aurais pu craindre plus mauvaise compagnie,


(la boule de notre dame de Lourde et sa neige éternelle par exemple,


un gadget d’un de ces fast food dont les enfants raffolent),

 

je ne sentis presque pas les cahots du transport.

 

 

 

 


Je compris que j’étais arrivée

 

en entendant les cris des enfants.

 

 

 

Je me fendis d’un grand sourire.

 

La vie reprenait.

 

 

 

En même temps que j’entendais le bruit du scotch


qu’on arrache, je sentis la lumière pénétrer.

 

 


Ma nouvelle petite maîtresse me brandit.


"  Oh, il est tout doux ce papier !"


Je sentis la soie glisser.

 

Un charmant minois m’apparut.


" Mais, elle n’a pas de couleurs !"

 

 


Aïe !  Quel sort cette petite canaille avait-elle

 

prévu de me réserver ?

 

 


Elle me posa sur son lit

 

et s’occupa de mes compagnons de voyage,

 

les livres.

 

 

 

 

 


Mais elle revint bien vite à moi.

 

 

 

 


"Je voudrais mettre de la couleur,

 

Tante Petite Mais Grande.

 


" Regarde au fond du carton,

 

il y a une boite de gouaches.

 

 

 


Trahison suprême !

 

Moi qui avais cru à ses gestes doux.

 

Elle allait me livrer à la couleur !

 

 

Je n’avais malheureusement pas

 

la possibilité d’appeler avec mon portable

 

le Service de Protection des Images

 

en Voie de Maltraitance.

 

J’allais donc chercher d’ultimes ressources en moi.

 

 

 


Quand je vis la petite fille

 

encore petite

 

approcher avec son gobelet d’eau et son pinceau,

 

revenir avec sa boite de gouache et sa palette,

 

installer le tout sur le bureau,

 

enfiler un tablier,

 

je sus.

 

 

 

 

Vous souhaitez lire la suite de l'histoire ordinaire

et sans couleurs de Mijoty,

les trahisons et les vengeances

de sa saga

sponsorisée par la petite fabrique d'écriture,

cliquez sur :

l'envers de la télévision

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