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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 22:04

 

 

 

 

 

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Les cerisiers cachent leurs rides pour fleurir

 

 

 

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 15:56

 

 

 

Je m’installe à la terrasse fermée d’un café. Des balconnières garnies de primevères l’égaillent. Les rouges écarlates, jaunes et oranges des fleurs réveillent le bleu de ciel. Incandescent depuis quelques jours. L’air est frais. Il n’est pas encore temps de se dépouiller des atours hivernaux.

Allongée sur ma chaise, je devine l’éclat du soleil à travers mes paupières closes. Je me laisse couler dans ce moment paisible et joyeux., le brouhaha du percolateur, les bruits étouffés des voix des clients, les appels des serveurs.


L’univers est paisible.


Soudainement, je tressaille. Une sensation glaciale. J’ouvre les yeux, me redresse. L’homme entre.  Son regard perforant balaie la terrasse. S’arrête sur moi. Difficile à soutenir. Il s’installe à l’autre bout de la véranda. Me fixe. Je passe ma veste, prends le ticket de caisse, vais m’en acquitter à l’intérieur, quitte le bar précipitamment, cours chez moi. Le courant glacé hésite à s’estomper. Il reste insidieusement tapi en moi pendant les jours suivants.

 

Un matin, dans la rue commerçante de ma petite ville. Les deux mannequins de Madame Mercier affichent les «nouveautés de Paris» déjà vieillotes qui conviennent à sa clientèle. Mon regard est arrêté sur un petit pull ajusté et sage. Le reflet d'un chapeau surgit dans la vitrine. Deux yeux pointus me dévisagent. Mon sang se fige.

Je me retourne. Pas âme qui vive. Mon regard traverse la rue. Tombe nez-à-nez avec le reflet de l’Homme dans les vitrines de l’autre côté de la chaussée. Il se déplace de l'une à l'autre. Mystérieusement, la rue est déserte. Je ne comprends pas.


Ma vie se rétrécit à une question : que me veut-il ?


J’évite de sortir. Téléphone à une amie. Me réfugie quelques jours chez elle. Puis, je partirai chez ma tante dans l’Aveyron. Mon billet de train est réservé. Pris dans la précipitation, il me revient cher. Un effort important pour mon budget sans marge.

Mon chef est étonné et contrarié de ma demande de congé imprévu. Je manque d'a propos. N'ai pas su m'excuser de façon convaincante. Nai pas trouvé la bonne raison à lui donner.

 

Il  sent que je ne céderai pas bein que je ne l’ai pas habitué à cette fermeté.


Jusqu’ici, j’avais toutes les raisons de laisser mes collègues m’imposer leurs dates de congé. Je n’ai pas d’enfant, pas de conjoint. J’acceptais les jours dont personne ne voulait. Ceux qui ne perturbaient pas la bonne marche du service. Avec un sourire. Me soumettant avec grâce.


Cette fois-ci, déterminée,  je prescris mon absence. Avec distance. Il n’est pas question que l’on me pose de questions. Et j’obtiens ce que je demande. Rapidement. Dans la discrétion.


Dans les jours qui suivent, ma seule sortie est le bureau. Au retour, je marche droit devant moi.. Un chapeau de paille à larges bords ajourés sur les cheveux. Un petit foulard léger autour du cou et sur le bas du visage. Une paire de lunettes noires sur le nez. Je suis méconnaissable. Pourtant, le côté star de la côte d’Azur ne m’attire pas.


La silhouette angoissante au chapeau ne surgit plus dans ma vie. 


Le lundi soir, je fais un saut chez moi, emballe quelques affaires, ramasse des livres de poche dont j’ai oublié le contenu, rafle quelques vieux magazines féminins démodés, trouve une broderie inachevée et délaissée, serre dans un sac les légumes du frigo, attrape les aliments pour le chat, nettoie sa caisse, lui distribue trois caresses inquiètes et le porte chez la voisine.  J’ai l’impression de partir en pénitence bien que j’aime beaucoup ma tante.

 

Je croyais être seule dans le compartiment.

Il est là.


Sous son regard perforant, dense, dans cet espace confiné, sans témoin, sa présence inattendue prend une profondeur étrange. Insoutenable.

J’ai gardé mon manteau. Je me lève. Prends mon sac à main. Me dirige vers le wagon restaurant à la recherche d'une compagnie qui me protège de ce tête à tête.

Je repère une petite table. Un homme y est installé. Je vois son dos large. Il porte un chapeau qui ne manque pas d’allure. Un charme vieillot. Rassurant. Je contourne la table, m’apprête à saluer aimablement mon vis-à-vis.

C’est l’homme. Il m’a précédé.

 

Comment a-t-il fait ?


Que me veut-il ?


Je me dirige précipitamment vers le comptoir.

« Vous avez quelque chose de fort. Le garçon fait un signe de la tête vers une bouteille que je n’identifie pas. Je fais un signe affirmatif. Il me sert un petit verre. J’y trempe les lèvres. C’est fort. Très fort. J’y retourne. Tousse. Crache. Et termine le breuvage brûlant. Je m’approche d’une autre table, cherchant désespérément une protection.

J’y suis à peine assise qu’il s’installe en face de moi.

« Monsieur, vous m’importunez. » dis-je d'une voix ferme et forte que je ne reconnais pas.


Je me retourne.

Il est là-bas. Avec son chapeau. A la première place qu'il occupait.

Ici et là-bas  !

 

 


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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 18:52
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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 07:53

 

 

 


Mardi, 29 janvier 2013 à 20:50


Rediffusion samedi 2 février à 10H25 et mercredi 13 février à 09H55


(France, 2012, 75mn)


ARTE

 

 

 

 

Voir sur le site d'Arte : Gaz de schiste, une énergie qui divise

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:28

 

 

 

La police gaze des enfants et saccage un camp de roms

 

Mardi 8 janvier, en fin d’après midi plusieurs dizaines de policiers font une descente dans un des plus grands squats de roms de l’agglomération lyonnaise à Saint-Fons. Tout y est: tenues anti-émeute, casques, boucliers, flash-ball, grenades lacrymogène, taser, chiens d’attaque. Pendant une heure, ils vont gazer les habitants et saccager le bidonville pour se venger.


Un peu plus tôt dans l’après-midi, selon certains roms, des enfants auraient jeté des cailloux sur une voiture de police qui s’était introduite sur le parking du terrain privé qu’ils occupent. Voici donc nos braves policiers en tenue de guerre bien décidés à en découdre avec les enfants.

 


Les policiers commencent par se retrouver au beau milieu d’un anniversaire. Une petite fille fête ses 3 ans et de nombreux enfants sont autour d’une table et d’un grand gâteau. Ils dansent au son de la musique tzigane, vêtus de leurs plus beaux habits. Estimant probablement qu’il s’agit là d’un rituel rom dangereux et inconnu, les policiers donnent des coups de pied dans la table et balayent tout ce qui se trouve dessus : bouteilles de soda, gâteau, tout y passe. L’anniversaire, c’est comme le changement, ce n’est pas pour maintenant.

 


Les policiers ordonnent ensuite à toutes les personnes présentes de rentrer dans leurs cabanes et commencent à y pénétrer une à une. Il s’ensuit de véritables scènes de guerre. « Même dans les films, on n’a jamais vu ça», souligne un habitant.

Marinella est couchée avec ses enfants lorsque deux policiers casqués rentrent dans sa maison. L’un d’entre eux tient dans sa main un bouclier et dans l’autre une bouteille de gaz lacrymogène qu’il vide en aspergeant l’ensemble de la pièce. La maman va se précipiter sur un linge pour couvrir ses enfants. Elle suffoque, ses enfants, eux, étouffent, impossible de respirer et de rester là. Elle se précipite dehors avec eux. Les policiers sont déjà passés à la cabane suivante....

 

Suite Ici

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 10:41

 

 

 

Alors que le président vient de perdre son cache-sexe fiscal,

 

vous pouvez un peu mieux connaître ses dessous.

 


 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 22:55
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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 13:05

 

19eme mois de hausse consécutive

 

C'est une vague de chômage sans précédent qui submerge la France, avec une nouvelle hausse de 29 300 personnes en novembre.

 

C’est décidément un séisme social que connaît la France. Avec chaque mois, une nouvelle vague de demandeurs d’emploi, nourrie par des plans sociaux à n'en plus finir, des charrettes de licenciements ou de ruptures conventionnelles. Un séisme social, qui va porter le chômage dans le courant de l’année 2013 à un niveau historique et que François Hollande s’applique à minimiser, en promettant que la tendance va s’inverser dans le courant de l’année prochaine.

 

 

... La politique d’austérité qu’il conduit commence à peser sur l’activité. Et la politique sociale est notoirement sous-calibrée pour répondre à l’état d’urgence.

 

Parti pris d'Edwy Plenel


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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 10:06

 

 

Parce que, quel que soit le pouvoir en place,

Mediapart nous tient au courant des dessous de la politique...


Parce que cette information fondée sur des valeurs de liberté et de démocratie,

est garante du respect d'une république honorable


Parce que pour continuer, le journal a besoin de nous


Parce que ses journalistes refusent de se livrer au pouvoir de l'argent et des politiques


Parce que nos seuls abonnements assurent la survie du journal

 

 

 

Je vous propose de soutenir l'équipe de Médiapart

et de bénéficier de son information

 

 

 

 

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Créé en 2008, le journal compte aujourd'hui 60000 abonnés


Mediapart, c'est ici

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 08:00

 

 

 

 

Passe-moi le litron

 

 

 

 

 

 

 

 

               - Eh l’Hector, passe-moi  l’litron !


         Ils sont cinq installés, forts en gueule et hirsutes,

         sur le banc de la Grand’Place.


         Il reste une heure avant la fermeture des magasins.

  La foule se raréfie.

 

Un père de famille s’énerve.

Il court encore cette année à la dernière minute acheter les deux bougies rouges oubliées. Il n'a pas envie d'avoir une dinde assaisonnée à la sauce aigre-amère. Alors il cherche les deux bougies in-dis-pen-sa-ble à la réussite de la soirée.

Il serait si bien à regarder cette vidéo que son pote lui à prêter.

Pourquoi oublie-t-elle toujours quelque chose ?


Elle a tout prévu. Cela fait deux nuits qu'elle se relève plusieurs fois pour vérifier et compléter ses listes. Deux nuits d'insomnieà passer en revue la liste des invités, leur placement à table, l'association des vins, les cachettes des cadeaux, la couleur des

serviettes, l’ordre de confection des plats que l’on ne peut faire qu’à la dernière minute…


– Charles, tu aurais tout de même pu t’occuper des vins cette année !


- Je travaille, je peux pas tout faire. Et puis je suis en train de vérifier le fonctionnement du lecteur DVD. Je n'arrive pas à lire le DVD de Bertrand


– ....   Soupir

 

 

 

 


Ils sont cinq installés sur un banc, habillés de récup, forts en gueule.

L’un d’eux s’exclame :


« Cette année, on va pas encore se retrouver juste avec not’litron. Tout le monde fait des cadeaux ce soir.

Nous aussi, on va faire un cadeau.


-… ?


- On va faire une bonne action comme qui disait le curé de quand j'étais petit.

 

- Hé t’accouche !

 

- Les riches, y’z’achètent toujours trop pour la bouffe de Noël. Et après, y sont comme des cons avec tout’cette bouffe qui sav’pas quoi faire du reste. Pasque les curés y disent, le gâchis c’est un péché. Et ils écoutent les curés les riches.

- Et alors, on s’en tape du curé et des riches.


- Ouais ! Qu’est-ce que t’as à ramener c’t’engeance !


- Tu veux nous fout’le bourdon ou quoi ?


- C’que vous êtes bêtes !

On va faire la tournée des grands ducs. A partir de 23heures. Dans tout’les bicoques de riches de la ville.On va rafler les restes. Eux yvont s'acheter une bonne conscience à bon compte. Et nous,on va faire un gueuleton que personne dans la ville aura eu aussi bien.


-Hum ! Pas con ça.

J’l’ai toujours dit qu’il en a là-dedans l’Alphonse.


 


... Cinq heures plus tard.


-  Qui c’est qui sonne ?


-  Allez l’Alphonse, c'est toi qu'a eu l'idée.


- Vous vous êtes vu les mecs.

C’est à çui qui pissera dans son froc.


- Ben moi, y’a rien à faire, je ne suis pas chez moi ici.

Les quartiers d’riches, ça pue l’oseille et le poulet.


- Bon les mecs, c’est pas comme ça qu’on va l’avoir not’chablis et not’homard à la  Canterbury.


- Mazette le homard à la  cantébeuri !

Où t’a appris des grossièretés pareil toi ?


-T’occupe ! Je sonne. Sortez l'nœud pap !

 

La tournée commence.

Accueils divers parfois sous les huées. Beaucoup de riches, surpris, s'empressent de remplir des sacs de victuailles.

Ils mettent à disposition la cuisine d’été,  une table dans un garage...

 


Le groupe de plus en plus joyeux n'a plus aucune hésitation à sonner.

Il réveillonne jusque tard sur le matin. Retient les bonnes adresses pour l'année suivante.

 


Ils établissent le serment de Noël : plus jamais ils ne dormiront la nuit de Noël roulés en boul autour d’un litron vide.

 

 

 

 

 

 

 

 


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