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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 11:00

 

Le périple des Enfants de la Source Tarie

Prend fin.

Vous avez envie de lire ou de relire 

leur aventure


 

C'EST ICI 

 

 

 

 


 

 

 

Je ne voyais pas Paulard dans l'assemblée.


 Quelle avait donc été l'issue du combat ?

 

 

 

 

Danoci se rapprocha.


« Il a refusé de se joindre à nous.


Il est parti seul dans les bois.


Il sait bien braconner.


Il s’en sortira.

 

 

 

 

 

 

Mais il faudra être vigilant. »

 

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

                        *

 

 

 

                                         *

 

 

 

 


 

Ainsi Danoci et sa bande m’acceptaient.

 

 

 

 


 

Mais moi.


Qu’allais-je décider ?

 

 

 

 

 

 


Jusqu’à présent les évènements s’étaient enchaînés


Si rapidement


Que je n’avais pris que le temps de les vivre.

 

 

Je réfléchissais, hésitais.

 

 

 

 

 


 

« Les enfants, j’ai besoin de quelques explications.

 



Et de prendre quelques jours à distance


Pour comprendre dans quelle aventure


Vous me proposer de sauter


Et pour savoir ce que je veux. »

 

 

 

 

 


 

Un fredonnement parcourut l’assemblée.


 

Lilule d'un air de flûte me dit :

 

« Nous, nous savons maman.

 

                                          Nous t’attendrons. »

 

 

 

 

 

 

 

Mademoiselle-Fantasque.jpg

 

 

 


 

Début 

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 05:26

 

 

Après avoir été attirée

au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,

je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.

Ils me contraignent à les suivre

au sein d'une grotte.

Alors qu'ils m'expliquent les raisons de la création de la communauté

et l'intronisation de Maminou, la précedente Mère de la Communauté

 je me fais attaquée par l'un d'eux

 

 

Début 

 

 

 

 

 

 

Paulard se battait avec une rage désespérée.


Il refusait de trahir Maminou.


Du jour où il l’avait connue,


Elle ne lui avait jamais fait défaut.

 

 

 


L’idée de la remplacer lui était insupportable.


Il avait l’impression


Qu’il la ferait disparaître une deuxième fois.


Volontairement.

 

 


 

 


Danoci et les autres étaient d’accord avec lui.

 

 

 

 

 

 

Mais…. j'étais arrivée parce que j'avais été choisie.


Et maintenant, ils me protégeaient.

 

 

 

 

 

 

 

Le combat des cordes continuait, inégal.


Le son du violon frôlait la fausse note.


Mon ventre, à ces moments,


Bien que pris dans la nacelle protectrice


De la communauté des enfants,


Avaient des soubresauts désagréables.

 

 

 

 

Cependant, cela se produisait de moins en moins.

 

Le combat musical s'essoufflait.


Paulard n’arrivait plus à faire vibrer son instrument.

 

Danoci et ses aides affirmèrent les dernières notes

 

et imposèrent le silence à Paulard.

 

L’orchestre se tut.

 


 

Un silence apaisant s’installa.


La cime des peupliers s’extasiait


En longs palabres généreux.


Je fermai les yeux et m’endormis.

 

 


 

 

*

 

 

 

                                                         *

 

 

 

                                                               *

 

 

 

 

Vous vous réveillez Mademoiselle ?

 

 

 

 


« Ça y est Mademoiselle ?


Vous vous réveillez ?


Ben dis-donc, qu’est-ce que vous avez dormi ! »

 

 

 

 

 

 

 

Ils m’avaient transportée dans la grotte.


J’étais sur la scène, allongée sur un matelas.


Une onde m’enveloppait.


Ils n’avaient pas relâché leur effort


 Pour me soutenir.

 

 


 

Le soulagement s’installait sur leur visage.

 

Combien de temps étais-je restée endormie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Danoci était au premier rang, un peu à l’écart


Avec ses compagnons d’armes musicales.


Ils semblaient fatigués.


Alors que je le regardais,


Son regard devint fuyant.


Les autres musiciens évitaient également le contact.

 

 


 

Que se passait-il ?

 

 

 


 

Je parcourus les autres enfants.


Tout était tranquille.

 

 


J’entendis la flûte me dire qu’ils avaient eu peur.


Mais que maintenant toute crainte était écartée.

 

 

 

 

 


Je cherchai à éclaircir


Ce qui provoquait l’attitude des musiciens.

 

« Ils se sont méfiés de vous.


Ils vous ont tendu un piège.


Leur but était de vous empêcher d’entrer dans la Communauté.

 

Du fait de leur combat avec Paulard,


Vous vous êtes retrouvée dans un état grave.


Ils sont gênés. »

 

 

 

 

 

 

Je ne voyais pas Paulard dans l'assemblée.

 

Quelle avait donc été l'issue du combat ?

 

 

 

 

 

 

Suite 

 


 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 04:32

 

 

 

 

Après avoir été attirée

au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,

je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.

Ils me contraignent à les suivre

au sein d'une grotte.

Ils m'expliquent les raisons de la création de la communauté

et l'intronisation de Maminou comme Mère de la Communauté.

 

  Début

 

 

 

 

 

 

 


Danoci était parti.


Y’avait eu la raclée de trop


La Communauté s’était constituée.

 

 

 

 

 

 

Lequel en avait eu l’idée.


Ils l’avaient oublié.


Ils en revendiquaient tous la paternité.

 

 

 


Toujours est-il qu’une délégation s’était dirigée vers la cambuse.

 

 

 

Eux qui avaient déjà tant vécu


Etaient fort intimidés.


Proposer à Maminou


De devenir leur maman de la Source Tarie,


Comme il l’appelait déjà


c'était pas une mince affaire.

 

 


Ils se concertaient, l’air gêné ou l’air de rien.


   Ils se chamaillaient, tendus par l’importance de la mission.

 

Qui allait parler ?

 


 

 

 


Ils avaient différé.


Avaient failli renoncer.


Puis s’étaient décidés.

 

 

 


Puisque  Danoci avait créé la Communauté,


Il en était un peu le chef.


Pas trop parce qu'ils voulaient tous l'être.


Mais là, c'était lui.


Ce serait lui qui serait désigné


Pour aller lui parler.

 

 

 

 

Il avait protesté.


Pour la forme.


Heureux  de la confiance qu’on lui faisait.

 


 

Il réfléchit à la tactique à employer.


Il fallait préparer


Maminou à la demande de la Communauté.

 

 

 

 


Un matin, il guetta son départ pour le marché


Et glissa un mot dans une des lattes meurtries


 De la porte de la cambuse :

 

«  Maminou, jé ketchose à te dire.


Cé grav. »

 

 


 

Il avait disparu de la Communauté durant une semaine.



 

Les enfants l’avaient cherché, désemparés.

 

Ils avaient fouillé les alentours.

 

Echaffaudant des hypothèses effrayantes.

 

 

 

 


Il était réapparu.


Triomphant.


Précédé de Maminou.

 

 

 

*

 

 

 

                  *

 

 

                                                                  *

 


Sept jours.

 

C’était le temps dont il avait eu besoin


Pour réaliser ses manœuvres d’approche,


Déposant chaque jour un nouveau message chez Maminou.


Récupérant le lendemain


La réponse.

 

 

 


Jusqu’à faire sa demande :


« Maminou,


Ve tu ete not maman »

 

 

 

 

 

 

 

Mot-maminou.jpg

 

 

 

 

 

 


 

Elle l’avait pris dans ses bras.


L’avait serré contre sa généreuse poitrine.


Deux larmes timides s’était aventurées à l’orée de ses yeux.


« Mon petit » avait-elle murmuré plusieurs fois.

 

 

 

 

*

 

 

 

 

                                                            *

 

 

 

 

 

                                                                               *

 


 

Toute la Communauté, alertée par Minon,


S’était dirigée vers moi.

 

 

 


Les enfants avaient formé une corbeille de leur bras.


Je m’étais sentie soulevée


Jusqu’à être déposée dans cette nacelle vivante


Qui me berçait longuement.

 

 


 

Je sentais toute leur attention sur moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite

 

 

 

 

 

Une maman ça s'apprivoine comment ?

 

Le Petit Prince aurait dit ...

 

Les mamans ça se berce,

 

Alors elles coulent une larme,

 

Elle émettent un doux murmure


Et elle disent  ...

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 04:00

 

Après avoir été attirée

au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,

je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.

Ils me contraignent à les suivre

au sein d'une grotte.

Ils m'expliquent les raisons de la création de la communauté

et de la toute petite taille de leur corps

au moment où je me fais attaquer.

 

 

 

 

 

 Début

 

 

 

 

 

 

Au loin, les déchirements du violon et de la contrebasse continuaient à s’affronter.

Minon voulut rester à mes côtés.

Mon état était préoccupant.

 

Olvin, Vénon et Altié se portèrent aux côtés de Danoci

Pour le soutenir dans son combat furieux contre Paulard.

 

 

 

 

 

*

 

 

                      *

 

 

                               *

 

 

 

 

A la disparition de Maminou,

La Communauté s’était rétrécie sur elle-même.

Les enfants s’étaient couchés.

Leur respiration s’était réduite.

Ils s’étaient installés dans un état proche

de l’hibernation animale.

Ils avaient appris à se contenter de si peu

Que leurs corps, n’avait rien demandé pendant trois mois.

 

A leur réveil,

Il avait fallu accepter l’inacceptable.

 

Maminou avait disparu.

Lors du cinquième passage de la Source.

Le cinquième passage de la source

Avait disparu conjointement.

 

Il n’avait pas été possible de le rendre à nouveau accessible.

Pire, toute leur énergie conjuguée,

N’avait rien pu faire pour entrer en relation avec Maminou.

 

Maminou avait disparu,

  inaccessible.

 

 

 

La signification du cinquième passage de la Source

se dissolvait avec le temps.

Plus personne ne savait bien dire ce que c'était.

Seul le nom restait.

 

 

 

 

 

*

 

 

 

                                                              *

 

 

 

                                                                           *

 

 

 

 


Lilule et Mouni aidèrent la Communauté à s’organiser.


Chacun reprit le rôle qu'il occupait

avant le cinquième passage de la Source.

Les enfants avaient longuement

assisté Maminou

dans les tâches d’intendance.

Ils étaient capables de faire face aux charges de la Communauté.

 

 

 

Ce qui manquait, c’était autre chose.


Mais ce qui était sûr,

C’est que ça manquait sacrément.

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

                              *

 

 

 

                          *

 

 

 

 

Paulard, comme Danoci, avait été réticents

A la décision de la Communauté.

Et s’y était vigoureusement opposés.

 

Mais les enfants étaient résolus.

Il avait été voté à l’unanimité,

Soustraite de six voix,

Que la Communauté allait chercher

Une remplaçante à Maminou.

 

Tenter du moins de trouver.

Sans s’acharner si ce n’était pas possible.

 

Parce que remplacer Maminou !

 

 


 

 

*

 

 

 

                         *

 

 

 

                               *

 

 

 


 

Elle les avait connu petits.


Elle traînait sur le marché.

Les maraîchers la connaissaient bien.

Avec sa gouaille rieuse,

Elle tirait le portrait des uns et des autres

Avec humour et bonhommie.

Elle dressait des caricatures

bienveillantes.

 

Sauf des vicieux.

Ceux-là n'étaient pas épargnés.

Elle ne supportait pas les vicieux, Maminou.

Ils avaient fait place nette

Sur le marché.

Ils étaient aller traîner leurs guêtres plus loin.

Chacun, en secret, la remerciait du ménage.

Mas point de visu, des fois que les vicieux...

 

 

Elle n'avait peur de rien, Mamouni.

 

 


Y’avait toujours quelqu'un

Pour lui donner une moitié d’chou

Ou deux carottes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mamouni.jpg

 

 

 

 

 

 

Elle avait la gueule des gens que la vie a fait trinquer

Et que l’âge marque.

Mais elle avait un cœur

Si grand que tous les gamins paumés

des environs

En connaissaient le chemin.

 

Y’a plus d’un môme qu’était venu trainé

Dans sa cambuse

Aux heures de déconfiture

Quand les parents avaient trop de torgnoles pour eux seuls

Et les distribuaient au large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle les appelait les parents à la Source Tarie.

 

Ceux qu'avaient jamais reçu d'amour

Et qu'avait rien à donner.

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

                                                    *

 

 

 

 

                               *

 

 

 

 


 

Couchée sur le sol, je gémissais doucement,

secouée de fulgurantes douleurs

rythmées par les accents déchirants

du violon et de la contrebasse.

 

 

 

 

 

Suite

 

 

 

 


 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 03:30

 

 

 

 

Après avoir été attirée

au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,

je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.

Ils me contraignent à les suivre

au sein d'une grotte.

Ils m'expliquent les raisons de la création de la communauté

et de la toute petite taille de leur corps

au moment où je me fais attaquer.

 

 

  Début

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

« Viens faut qu’on te mette à l’abri tout de suite.


On va essayer de neutraliser Paulard. 


J’aurais jamais pensé qu’il s’en prendrait à toi...

 

 


Va savoir ce qu’il est capable de faire après ça.»

 

 


 

 

  Danoci acquiesça d’un air grave.

 

 



Immédiatement je fus portée à grande vitesse.


Mais curieusement, mes yeux n’opéraient plus.


Je n’étais pas aveugle.


Ils entraient dans un monde onirique


Qui me coupait du monde réel.

 

 

 

 


Je vivais à l’intérieur d’un bocal allongé

 

Comme un vase.


Une échelle permettait d’accéder au bord supérieur.


Mais je n’arrivais pas à décoller mes pieds du sol.


J’avais essayé d’enlever mes chaussures.


Elles adhéraient à mes pieds.

 

 

 

 

 

 

Au loin, de toute part, c’était le vide.


Le regard n’avait rien sur quoi buter.


Je ne pouvais y croire …

 

...J’étais perdue au milieu du vide...

 

 

 

 

Je scrutai méticuleusement l’horizon.


Je me tordais pour voir dans toutes les directions.


Je m’affolais.


Des larmes d’effroi ruisselaient sur mes joues.

 

Je restais un moment à sangloter lourdement,

 

le nez écrasé contre le bocal.

 

 

 

 

Puis je relevai la tête

 

Et recommençais à scruter le néant.


A mesure du temps qui passait,


je commençais à voir

 

des formes très lointaines et indéfinies.

 

Je distinguais mieux.


Le sol était composé d’un sable irrégulier

 

fait d’un camaïeu de roumas.


Le nom de cette couleur,

 

que je ne connaissais pas,

 

s’était imposé à moi.

 

 


Mes yeux étaient rivés sur le lointain.


Je n’avais jamais vu

 

ni formes, ni textures, ni couleurs identiques…

 

Fascinée, j’essayais de donner un sens à ce flou.

 

 

 


Brutalement, j’entendis des cris lointains.


Les longs hurlements d'un violon et d'une contrebasse.

 

J’étais revenue dans le monde réel.

 


 

Je sentis une grande déchirure dans mon ventre.


Pas une déchirure physique.


Une déchirure sonore des chairs.

 

Je m’écroulai.

 

 

 

 

Je-m-ecroulai.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

     Suite

 

 


 

 

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 03:00

 

 

 

 

Attirée au sein d'une étrange communauté d'enfants,

je suis portée pendant mon sommeil au coeur d'une forêt inconnue.

Cinq garçons hauts comme trois pommes

me contraignent à les suivre.

Celui qui semble le chef me conte

les circonstances qui l'ont amené à la communauté.

 

 

  Début

 

 

 

 

 

Danoci arrêta le récit de son histoire et dit : 

 

 

 

« Imagine le reste, si tu veux. » 

 

Etonnée qu’il se soit confié,

 

je n’en demandais pas plus.

 


« Personne m’a donné envie de parler

 

comme ça à part Maminou. »

 

 

 


Un des cinq ajouta :


« On va pas tout te raconter


notre vie dans le détail.


On va juste te dire qu’on a tous eu des salauds de parents. » 

 

 

 

Un autre ajouta :


«  On a dû se rétrécir comme des chaussettes bouillies.»

 

 

 

 

 

La-chaussette-bouillie.jpg

 

 


« On prenait tellement de coups »

 

 


« Notre corps, on sait pas trop où il est passé.

 

C’est comme si on était allé


se réfugier sur une planète.


On regardait de loin.


Not’corps, on voulait plus le sentir.


Il est devenu tout petit.


Pour certains, il a disparu.


Ce qui en reste, on sait pas trop  c’est quoi. »

 

 

 


Danoci intervint :


 « Ce qu’on sait, c’est qu’il sait faire des drôles de choses. 


 Et on est devenu très fort. »

 

 

 

« Oui, il fait des choses bizarres

 

comme de chanter dans not’tête. 

 

Si on peut dire comme ça parce qu'on a même

 

Plus de tête des fois.»

 

 


Un long silence ponctua cette déclaration.

 

 

 

 

 


Ils se concertèrent du regard, m’examinèrent.


Je me sentais intérieurement fouillée.

 

Un examen minutieux.

 

Je n’aimais pas ça.


 

Tous mes recoins les plus secrets étaient visités.

 

Où voulaient-ils en venir ?

 

 


Danoci reprit : 

 

« On était à trois à traîner sur le marché,

 

Olvin, là et Minon, là et moi.

 

On a fait un pacte au sang à la mort.


On a décidé d’aller vivre dans une grotte

 

que je connaissais.

 

Minon braconnait. Il nous a appris.

 

 


Plus de coups.


De la peur, souvent. Mais pas pire.


Et libres !

 

 

 


On arrivait toujours à attraper une bestiole.

 

C’était pas toujours pléthore, mais on avait connu pire.

 

 

 

On allait encore des fois traîner sur le marché

 

s’il nous manquait quelque chose, un bout de ficelle,

 

des allumettes.

 

On a même chouravé un harmonica à l’époque

 

où on savait pas encore faire de la musique.

 

Qu'est-ce qu'on s'est battu pour cet harmonica !

 

 

 

 

Bagarre.jpg

 

 

Et les quatre autres de rire.

 

 

 

 

 

Petit à petit, on a retrouvé d’autres enfants

 

qui avaient des salauds d’parents.

 

Y’en a qui sont venus vivre avec nous. »

 

 

 

 

A ce moment-là, je poussai un bref cri

 

et portai ma main à mon front.

 

J'avais mal.

 

 

 

Minon me dit :

 

 

"Tu saignes, c'est un coup de Paulard"

 

 

 

 

 

 

Suite

 

 

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 02:00

 

 

Projetée en pleine forêt durant mon sommeil,

je suis un chemin tiraillée par des forces contraires.

Soudain,

cinq minuscules gamins de 20 cms de haut se campent autour de moi

usant d'une force étrange pour me contraindre.

 

 

Début 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je sentis un étau autour de moi. Je regardais les garçons avec étonnement. Que me voulaient-ils ?

 

Un coup de basson traversa mon cerveau :

« Suis-nous »

 

J’hésitais un instant. Je ressentis la force se durcir

autour de mon corps.

Je décidais de les suivre sans chercher l’affrontement.

Je voulais comprendre la raison de leur hostilité.

Ensuite, je déciderai si je tentais la fuite.

Mais il ne me semblait plus aussi simple d’y parvenir.

Etais-je vraiment le maître ?

 

Très rapidement,

portés de cette façon inconnue

qui leur était propre,

nous arrivâmes sur une plage.

Devant nous, se dressait une falaise.

 

 

Bord-de-mer.jpg

 

 

J’habitais à 150 kilomètres de la mer.

Comment le petit peuple avait-il réussi

à m’amener au bord de la mer ?

 

 

 

Les cinq enfants me bousculaient

sans me toucher

pour que je m’achemine vers la falaise.


Nous contournâmes un éboulis de rochers

et nous introduisîmes

entre deux monticules élevés.

Parvenue à une fente cachée de la falaise,

  je dus me plaquer contre la paroi,

le visage à deux centimètres de la roche

et opérer une souple reptation du corps

pour pénétrer à l’intérieur du rocher

dans un boyau aux dimensions plus respectables.


Tout au long de notre marche,

la roche s’allumait

faiblement

de cette même lumière chaude

qui éclairait la grotte hier soir.

 

 

 

 

 


Au bout de quelques dizaines de mètres,

nous débouchâmes dans une pièce de petite dimension.

 

  Quelques petits fauteuils meublaient la grotte.

Un siège adapté à ma taille était également présent.


Ils m’attendaient.

Ou bien un autre adulte.

 


 Je m’assis et regardai mes compagnons.

Malgré la fermeté avec laquelle

ils m’imposaient leur volonté,

je ne pouvais les considérer en ennemis.

 


Leur hostilité pour une raison

que j’ignorais ne me menaçait pas.

 

 

 


Une contrebasse me peignit la situation.


C’était Danoci qui m’expliquait sa vie d’avant.

 

Il me parla de sa naissance

  au sein d’une famille pauvre.


Le père et la mère travaillaient

dans une fabrique de boutons de nacre.

La concurrence avait fait péricliter le secteur. 

 

 

 


Le chômage avait massivement

touché les familles.

 

Le père s’embaucha alors

dans les fermes

quand il y avait un coup de main à donner.

La mère obtenait de temps en temps

un travail de petite main.

 

 

Il y avait des jours où le seul repas était

un bouillon d’eau avec une carotte.

Le ventre se tordait.

 

Le père, humilié, devenait mauvais.

 

 

 

 

 

  Suite

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 01:30

 

 

Cherchée dans mon jardin par une toute petite fille de rien du tout,

je pénètre à sa suite dans une étrange communauté d'enfants.

Après une cérémonie d'intronisation,

je suis projetée pendant mon sommeil en pleine forêt.


 

 

Début 

 

 

 

 

 

Je marchais hardiment

sur ce sentier qui résonnait de froid.

 

J’aimais cette sensation d’immensité silencieuse

autour de moi,

troublée par instant par l’ébouriffement

d’un battement d’ailes.

La lueur du jour attisait

les silhouettes jusqu’alors ensevelies.

Le monde se transformait sous mes yeux.

 

Je jouissais de la solitude

qui m’enlaçait intimement à cette métamorphose.

 

Je cheminais depuis presque deux heures

lorsque j’arrivai à un carrefour.

 

Pour la première fois, je ressentis une hésitation.

J’étais tirée dans deux directions

opposée dans une tension désagréable .

Je subissais le phénomène désorientée.

 

Enfin, l’une des forces s’imposa

et m’emmena irrésistiblement vers la gauche.

Je bordais une jolie rivière.

Les arbres devenaient clairsemés.


Un instant, je fus éblouie.

La lumière froide d’un soleil d’hiver hardi  

 se déversait en douche sur un cygne.

 

 Sa blancheur

se détachait sur l’eau sombre.

 

cygne.jpg


Je me laissais absorber un moment.

L’appel qui voulait me tirer plus loin

eut prise sur moi

 plus tard.

 

Une manière de goûter le bonheur de cette journée

qui s’offrait à moi.

 

La force qui m’attirait plus loin se fit caresse.

 

Je me mis à sautiller d’un pied sur l’autre

en fredonnant un air que j’avais appris,

petite,

à l’école.

  Je revoyais la cour de récréation

et nos jeux de marelle.

 

Un souffle de légèreté balayait mes interrogations.

Je me sentais en vacance.

L’esprit libre.


Je ne m’étais pas présentée au travail ce matin.

Les livres restés en attente de classement

sur la grande table de la bibliothèque municipale

n’en éprouveraient pas grand dommage.

 


J’étais ailleurs.

 

Danoci se dressa sur le chemin,

surgi brusquement du fourré.

Quatre autres petits diables m’encerclèrent,

l’air peu avenant.

 

Où était le cinquième ?

 

 

 

 

 

 

 

Suite

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 01:00

 

 

 

 

 

 

 

La toute petite fille qui était venue me chercher jusque dans mon jardin

m'introduisait dans un monde d'enfants étonnants.

Je pris à une cérémonie d'intronisation en un lieu inconnu

quelque part sous terre. 

 

 

 

Début

 

 

 

 

 

 

 

En un instant,

suivant le mystérieux procédé en œuvre

lors de mon entrée dans la grotte,

je me retrouvai assise à une table avec Lilule et Mouni.

 

Les assiettes étaient servies.

Le chant devenu doux se poursuivait.

Il créait une proximité entre nous.

Le chœur discordant prenait sa place dans l’ensemble.

Il ne cessait de rappeler son existence.

 

A la fin du repas,

Lilule m’emmena dans une pièce contigüe,

grande chambre à coucher collective.

 

 

Au fond, des rideaux créaient une alcôve.

Elle m’y installa.

  Elle me dit qu’elle m’expliquerait

la raison de mon invitation dans la communauté

le lendemain.

 

Je m’endormis très vite.

 

 

 

 

 


 

*


 

 

      

                    *

                               


                                    *

 

 

 

L’air époussetant mes traits rosis m’éveilla.

J’étais allongée dans la forêt.

L’indigo de la nuit était traversé de lampées claires.


La cime des arbres découpée en une dentelle

de fines branches marbrait l’horizon.

Quelques breloques de glace déchiraient l’obscurité.


J’étais couchée à même le sol,

emmitouflée dans mon anorak blanc.

Des lambeaux de neige gelée dessinaient

l’ébauche d’un tableau abstrait.

 

 


Je m’assis.

 

Le fond de l’air me semblait froid. Pourtant, je n’étais pas gelée.

Je ne reconnaissais pas le lieu.

Une belle forêt de feuillus.

Quelques conifères, rares, parsemaient le tapis des arbres,

lui donnant des points d’ancrage.

 

Le sol était dur et luisant.

Quelques feuilles frigorifiées dressaient leur tête

dans un effort désordonné

quêtant une caresse solaire qui arriverait dans quelques heures. 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Je-suivais-mes-jambes.jpg

Je me levai.

Une faim tenace me prit le ventre.

Je n’y pr êtai pas attention.


Je suivis du regard le chemin proche

pour bientôt m ’y engager d’un pas déterminé.

L’idée de rentrer chez moi ne m’effleura qu’un instant.

 

J’avais l’impression que mes pensées personnelles passaient en moi pour disparaître aussitôt,

presque devenues inaccessibles.

Tandis que le doute et le questionnement se dissipaient.

 

 

C’était comme si

je suivais mes jambes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 00:31

 

 

 

Je rencontre une toute petite fille de 20 cms dans mon jarsin.

Elle m'attire dans la campagne.

Assise sur un tronc,

s'instaure un étrange échange intérieur.

La parole est traduite par le son d'une flûte et d'une harpe.

 

  Début

 

 

 

 

 

 

Sans qu’aucune transition n’explique

ma présence là,

je me trouvai au centre d’une vaste grotte souterraine.


Une lueur orangée baignait les parois

de sa chaleur.

Une respiration faisait battre le rocher.

Un murmure, à peine perceptible, s'élevait.

 

J’étais entourée par le Petit Peuple.

Je savais que seul Danoci n’avait pu se joindre à l’assemblée.

 

 

 

 

 

 

 

 

           *

 


                                                                              *

 

 

 

 

 


Les Enfants avaient choisi

de m’intégrer à leur monde.



J’étais 

installée sur un siège pourpre

dont l’étoffe épousait mes formes.

 

  Placée légèrement en contrebas,

je voyais les visages des minuscules enfants à ma hauteur.

Leurs énergies me pénétraient,

contradictoires,

porteuses d’une force

et d’un courant d’air froid qui parlait de blessure

et de fragilité.

 

 

Les accents de leur chant musical

me parvenaient légèrement discordants.

Une poussée contraire s'affirmait dans les aigus.

Une ou deux basses trop appuyées.

 

 

 

 

Cette dysharmonie des sons

m'interrogeait.

Les questions naissaient.

 

 

Je décidais d’attendre et de voir.

 

 

 

 

*

 

 

                       *

 

                                             

                          *

 

 

 


Des voiles mordorés, fluides,

churent depuis les hauteurs en un léger bruissement


Une scène centrale, créée par le ruissellement de tissu translucide,

m’isola à peine de la communauté.



 

 


Les images s’estompèrent,

la mélodie des murmures musicaux s’atténua jusqu’à disparaître.

 


Je me recueillis.


La situation m’apparut.

J’étais sous terre, dans un lieu que je ne savais pas atteindre,

au milieu d’un peuple inconnu des humains

dont je ne savais rien.

 

 

 

Il est possible

que l’un ou l’autre membre

de la communauté

ne désirât pas ma présence.

 


Mais, dans sa grande majorité, le petit peuple m’avait choisie.

 


 

 


Alors, je sus ce qui, pour le moment, était attendu de moi.

 

 

 

 

 

 *

 

 

                      *

 

 

                        *

 

 


 Je me levai lentement,

regardai les enfants avec attention.


J’avançais

hors de la tente formée par les rideaux,

me dressai devant eux.

 

Nos yeux convergèrent.

 

La musique se glissa en moi par petites touches;

chacun prenait contact avec moi

individuellement.


Je les connus une à un.

Et je connus les cinq qui m’étaient hostiles.

Ceux-là parlaient de Danoci.

Je sus qu’il allait avoir un rôle déterminant dans mon intégration.

 


 

Les-instruments-de-musique.jpgUne myriade

de petites

lucioles

lumineuses

descendit

de la voûte

et créa

un halo peu au-dessus

de nous.

 

 

 

 

 

 

Un très beau chant s’éleva, puissant.

 


L’émotion montait. 

 

 

 

 

 

Je m’aperçus

que je participais moi-même

au chant sans comprendre comment.


Il charriait le dépassement de lourdes souffrances,

  l’attente d’une issue à une situation difficile.

 


Le cinquième passage de la Source

évoquait un point de rupture qui restait encore mystérieux pour moi.

 

 

 

 

 

 

 

  La suite


 

 

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