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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 18:46

 

 

Alors le ciel se couvrit de rouge embrasé

Les oranges et le jaune d'or s'en mêlèrent

On eut dit un grand brasier

 

Le sommet des montagnes se mit à bouillonner

Les jours succèdèrent aux jours,

Les bouillons s'asséchèrent

Ils formèrent des myriades de cratères noirs.

 

Les pierres qui parsemaient les pentes fondirent

Les flancs ressemblèrent à une immense dalle de chaux

Crevée de bulles pétrifiées

 

Les arbres se transformèrent en braises.

Par endroit, quelques dérisoires morceaux de charbon de bois.

 

Les fleuves, les rivières, les lacs s'évaporèrent.

Ils formèrent bientôt une strate nuageuse dense rougeâtre.

 

De vie, plus aucune trace sensible.


Il plut.

Les jours succèdèrent aux jours.

L'eau recouvrit tout sur de grandes profondeurs.

 

 

 

L'assemblée des sages se concertait.

 

Etait-ce vraiment sur cette planète qu'il fallait renouveler l'expérience?

Quelle composante chimique ajouter ou soustraire cette fois-ci ?

 

Et si la composition retenue donnait naissance à une espèce plus intelligente

mais aussi plus mégalomane et cupide ?

 

 

La réunion se situait quelque part au-dessus de la planète en observation.

Il faisait chaud. Le brasier solaire s'en donnait à coeur joie.

Les sages transpiraient.

Les gouttes de leur sueur tombaient dans l'immensité aqueuse

qui attendait le verdict de l'assemblée.

 

 

 

Un petit bouillonnement jaune rosé apparut à la surface.

 

Les sages se concertèrent, l'air désemparé.

"La vie s'est encore jouée de nous" dit le plus vieux.

 

Et ils se séparèrent.

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 19:00

 

 

 

 

 

DSC01058a

 

 

 

Le vent joue.

 

La prairie s'ébroue en vagues

 

Le feuillage des grandes ramures bruisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Longs ciseaux besogneux.

 

Rythme des couteaux.

 

Ebats en tchac, tchac, tchac.

 

 

 

 

L'herbe tondue s'amasse.

 

Tas moëlleux tentant.


 

 

La prairie scalpée est hirsute.

 


Désordre végétal.

 

  Trait rigoureux  du cordeau.

 

 

 

 

 

 

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Crottes de lapins,

 

Brassées d'orties,

 

Cartons humides,

 

Compost,

 

Poudre de guano

 

Paille

 

Aiguilles de pin

 

 

 

 

 

 

DSC01121a

 

 

 

 

 

Une recette pour manteau de prairie.

 

Un tissage en fibres variées.

 

Un lit de pomme de terre au champ

 

Semé de quelques fleurs de bonne compagnie.

 

 

 

 


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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 21:29

 

 

 

 

 

 

 

 


 

La route s'étire.

 

 

 

Somnolence.

 

Chaleur douce du soleil.

 

 

 

 

La campagne a un air de rêve.

 

 

 

DSC00885a

 

 

 

 

Le temps déroule son manteau incertain.

 

Un jour, froid,

 

L'autre, humide et gris

 

Puis, froid et pluvieux.

 

  La terre est froide.

 

Le potager vide.

 

 

 

Le temps passe.

 

La maison est animée. Kaléïodoscope sonore.

 

Odeur de feu de bois.

 

La fumée brûle les yeux et les gorges.

 

 

 

Les semaines s'égrennent.

 

 

 

 

 

Sous le souffle du soleil et les perles de pluie.

 

Le potager accueille les premier plants frileux.

 


 

  Les yeux clignotent, éblouis.

 

 

La campagne a un air de rêve.

 

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 15:56

 

 

 

Je m’installe à la terrasse fermée d’un café. Des balconnières garnies de primevères l’égaillent. Les rouges écarlates, jaunes et oranges des fleurs réveillent le bleu de ciel. Incandescent depuis quelques jours. L’air est frais. Il n’est pas encore temps de se dépouiller des atours hivernaux.

Allongée sur ma chaise, je devine l’éclat du soleil à travers mes paupières closes. Je me laisse couler dans ce moment paisible et joyeux., le brouhaha du percolateur, les bruits étouffés des voix des clients, les appels des serveurs.


L’univers est paisible.


Soudainement, je tressaille. Une sensation glaciale. J’ouvre les yeux, me redresse. L’homme entre.  Son regard perforant balaie la terrasse. S’arrête sur moi. Difficile à soutenir. Il s’installe à l’autre bout de la véranda. Me fixe. Je passe ma veste, prends le ticket de caisse, vais m’en acquitter à l’intérieur, quitte le bar précipitamment, cours chez moi. Le courant glacé hésite à s’estomper. Il reste insidieusement tapi en moi pendant les jours suivants.

 

Un matin, dans la rue commerçante de ma petite ville. Les deux mannequins de Madame Mercier affichent les «nouveautés de Paris» déjà vieillotes qui conviennent à sa clientèle. Mon regard est arrêté sur un petit pull ajusté et sage. Le reflet d'un chapeau surgit dans la vitrine. Deux yeux pointus me dévisagent. Mon sang se fige.

Je me retourne. Pas âme qui vive. Mon regard traverse la rue. Tombe nez-à-nez avec le reflet de l’Homme dans les vitrines de l’autre côté de la chaussée. Il se déplace de l'une à l'autre. Mystérieusement, la rue est déserte. Je ne comprends pas.


Ma vie se rétrécit à une question : que me veut-il ?


J’évite de sortir. Téléphone à une amie. Me réfugie quelques jours chez elle. Puis, je partirai chez ma tante dans l’Aveyron. Mon billet de train est réservé. Pris dans la précipitation, il me revient cher. Un effort important pour mon budget sans marge.

Mon chef est étonné et contrarié de ma demande de congé imprévu. Je manque d'a propos. N'ai pas su m'excuser de façon convaincante. Nai pas trouvé la bonne raison à lui donner.

 

Il  sent que je ne céderai pas bein que je ne l’ai pas habitué à cette fermeté.


Jusqu’ici, j’avais toutes les raisons de laisser mes collègues m’imposer leurs dates de congé. Je n’ai pas d’enfant, pas de conjoint. J’acceptais les jours dont personne ne voulait. Ceux qui ne perturbaient pas la bonne marche du service. Avec un sourire. Me soumettant avec grâce.


Cette fois-ci, déterminée,  je prescris mon absence. Avec distance. Il n’est pas question que l’on me pose de questions. Et j’obtiens ce que je demande. Rapidement. Dans la discrétion.


Dans les jours qui suivent, ma seule sortie est le bureau. Au retour, je marche droit devant moi.. Un chapeau de paille à larges bords ajourés sur les cheveux. Un petit foulard léger autour du cou et sur le bas du visage. Une paire de lunettes noires sur le nez. Je suis méconnaissable. Pourtant, le côté star de la côte d’Azur ne m’attire pas.


La silhouette angoissante au chapeau ne surgit plus dans ma vie. 


Le lundi soir, je fais un saut chez moi, emballe quelques affaires, ramasse des livres de poche dont j’ai oublié le contenu, rafle quelques vieux magazines féminins démodés, trouve une broderie inachevée et délaissée, serre dans un sac les légumes du frigo, attrape les aliments pour le chat, nettoie sa caisse, lui distribue trois caresses inquiètes et le porte chez la voisine.  J’ai l’impression de partir en pénitence bien que j’aime beaucoup ma tante.

 

Je croyais être seule dans le compartiment.

Il est là.


Sous son regard perforant, dense, dans cet espace confiné, sans témoin, sa présence inattendue prend une profondeur étrange. Insoutenable.

J’ai gardé mon manteau. Je me lève. Prends mon sac à main. Me dirige vers le wagon restaurant à la recherche d'une compagnie qui me protège de ce tête à tête.

Je repère une petite table. Un homme y est installé. Je vois son dos large. Il porte un chapeau qui ne manque pas d’allure. Un charme vieillot. Rassurant. Je contourne la table, m’apprête à saluer aimablement mon vis-à-vis.

C’est l’homme. Il m’a précédé.

 

Comment a-t-il fait ?


Que me veut-il ?


Je me dirige précipitamment vers le comptoir.

« Vous avez quelque chose de fort. Le garçon fait un signe de la tête vers une bouteille que je n’identifie pas. Je fais un signe affirmatif. Il me sert un petit verre. J’y trempe les lèvres. C’est fort. Très fort. J’y retourne. Tousse. Crache. Et termine le breuvage brûlant. Je m’approche d’une autre table, cherchant désespérément une protection.

J’y suis à peine assise qu’il s’installe en face de moi.

« Monsieur, vous m’importunez. » dis-je d'une voix ferme et forte que je ne reconnais pas.


Je me retourne.

Il est là-bas. Avec son chapeau. A la première place qu'il occupait.

Ici et là-bas  !

 

 


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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 08:00

 

 

 

 

Passe-moi le litron

 

 

 

 

 

 

 

 

               - Eh l’Hector, passe-moi  l’litron !


         Ils sont cinq installés, forts en gueule et hirsutes,

         sur le banc de la Grand’Place.


         Il reste une heure avant la fermeture des magasins.

  La foule se raréfie.

 

Un père de famille s’énerve.

Il court encore cette année à la dernière minute acheter les deux bougies rouges oubliées. Il n'a pas envie d'avoir une dinde assaisonnée à la sauce aigre-amère. Alors il cherche les deux bougies in-dis-pen-sa-ble à la réussite de la soirée.

Il serait si bien à regarder cette vidéo que son pote lui à prêter.

Pourquoi oublie-t-elle toujours quelque chose ?


Elle a tout prévu. Cela fait deux nuits qu'elle se relève plusieurs fois pour vérifier et compléter ses listes. Deux nuits d'insomnieà passer en revue la liste des invités, leur placement à table, l'association des vins, les cachettes des cadeaux, la couleur des

serviettes, l’ordre de confection des plats que l’on ne peut faire qu’à la dernière minute…


– Charles, tu aurais tout de même pu t’occuper des vins cette année !


- Je travaille, je peux pas tout faire. Et puis je suis en train de vérifier le fonctionnement du lecteur DVD. Je n'arrive pas à lire le DVD de Bertrand


– ....   Soupir

 

 

 

 


Ils sont cinq installés sur un banc, habillés de récup, forts en gueule.

L’un d’eux s’exclame :


« Cette année, on va pas encore se retrouver juste avec not’litron. Tout le monde fait des cadeaux ce soir.

Nous aussi, on va faire un cadeau.


-… ?


- On va faire une bonne action comme qui disait le curé de quand j'étais petit.

 

- Hé t’accouche !

 

- Les riches, y’z’achètent toujours trop pour la bouffe de Noël. Et après, y sont comme des cons avec tout’cette bouffe qui sav’pas quoi faire du reste. Pasque les curés y disent, le gâchis c’est un péché. Et ils écoutent les curés les riches.

- Et alors, on s’en tape du curé et des riches.


- Ouais ! Qu’est-ce que t’as à ramener c’t’engeance !


- Tu veux nous fout’le bourdon ou quoi ?


- C’que vous êtes bêtes !

On va faire la tournée des grands ducs. A partir de 23heures. Dans tout’les bicoques de riches de la ville.On va rafler les restes. Eux yvont s'acheter une bonne conscience à bon compte. Et nous,on va faire un gueuleton que personne dans la ville aura eu aussi bien.


-Hum ! Pas con ça.

J’l’ai toujours dit qu’il en a là-dedans l’Alphonse.


 


... Cinq heures plus tard.


-  Qui c’est qui sonne ?


-  Allez l’Alphonse, c'est toi qu'a eu l'idée.


- Vous vous êtes vu les mecs.

C’est à çui qui pissera dans son froc.


- Ben moi, y’a rien à faire, je ne suis pas chez moi ici.

Les quartiers d’riches, ça pue l’oseille et le poulet.


- Bon les mecs, c’est pas comme ça qu’on va l’avoir not’chablis et not’homard à la  Canterbury.


- Mazette le homard à la  cantébeuri !

Où t’a appris des grossièretés pareil toi ?


-T’occupe ! Je sonne. Sortez l'nœud pap !

 

La tournée commence.

Accueils divers parfois sous les huées. Beaucoup de riches, surpris, s'empressent de remplir des sacs de victuailles.

Ils mettent à disposition la cuisine d’été,  une table dans un garage...

 


Le groupe de plus en plus joyeux n'a plus aucune hésitation à sonner.

Il réveillonne jusque tard sur le matin. Retient les bonnes adresses pour l'année suivante.

 


Ils établissent le serment de Noël : plus jamais ils ne dormiront la nuit de Noël roulés en boul autour d’un litron vide.

 

 

 

 

 

 

 

 


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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:40

 

 

 

 

 

Tandis que je caresse d'un poil ferme lustré

Le grain rude du trottoir,

Madame Miche s'agite.

Elle me meut avec énergie

M’imprime des secousses revigorantes

Rythmées par ses conversations

De part et d'autre de la rue.

 

La cinquantaine, le fichu enfoncé sur les oreilles,

Elle échange des propos définitifs

Avec les ménagères des numéros pairs.

" C'est au brillant du trottoir

Que l'on reconnait la bonne épouse"

Lance-t-elle.

 

Courroucé par si peu de reconnaissance,

Je décide de lui montrer l'importance du balai dans tout cela.

Mes poils s'effritent et s’amollissent.

Madame Miche s’effondre un peu sur moi.

 

Peine perdue.

 

"Mon balai a fait son temps s'exclame-t-elle.

Preuve de la vigueur de mon bras.

Je vais devoir le remplacer."

 

 

 


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:21

 

 

 

 

 

De pierre en joint,

D’anfractuosité en rugosité,

Elle franchit les obstacles

Devenus  des alliés.

 

La fuite des jours

Marque sa progression

Inéluctable

Le long de la morne façade

 

Ils essayent de l’éliminer

Par tous moyens

A leur disposition.

 

Sans succès.

 

De la fenêtre, il regarde.

Chaque centimètre gagné

Grandit son espoir.

Chaque attaque

Replie son cœur.

 

Ils renoncent à l’éliminer.

Vaincus.

 

La progression reprend.

Vigoureuse, libérée.

 

De dessous sa paillasse,

Il sort une lime.

Les barreaux, bientôt,

Ne tiennent qu’à un fil.

 

Il a pris la fille de l’air.

 

 

 

Prison.jpg

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 16:45

 

 

 

 

Benitier.jpg

 

 

 

 

 

 

Elle bondit dans le petit matin.

La lumière donne des auréoles au feuillage.

Le temps est translucide.

Elle bondit et saute sur la margelle du bénitier.

La grenouille.

 

 

 

La photo est de Dan Rodgerson.

 

 


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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:45

 

 

 

 

Soir-orange.jpg 

 

 

 

Au balcon de pierre ajourée, une ombre furtive.
L'effluve d'un voile suspend l'air d'une traînée orange.
Le soir hésite entre brume et gris.


Le lierre a assailli la haute bâtisse.


D'un geste leste, je m'accroche aux branches.
Je grimpe, rapide.


Brusquement, le lierre me projette au sol.
Le ciel noir s'est précipité dans mes yeux.
Un son de gourdin martèle ma tête.

 


        Là haut, inaccessible,
        Un voile comme une trainée orange.

 

 

La photo est de Lucille Cottin.

Pour voir sa galerie, cliquer ici

 

Pour télécharger la photo, demander l'autorisation de l'auteur.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 21:15

 

 

 

Le poète s'est assis sur la chaise.


Une vieille chaise noire pliante inconfortable qu'il cache sous le kiosk avant de repartir. Il vient depuis des années, depuis si longtemps que plus personne ne le voit. Elément immuable du matin. Comme la rangée de bancs romantiques qui s'alignent en rang d'oignons devant lui au bord de la balustrade.


Il a déposé sur le vieux plancher de bois blanchi par la pluie son lourd paquetage, un accordéon qui restera au sol le temps de sa présence. Il a mis à ses pieds le coffret qui enserre sa guitare.


Il s'est muni d'un micro dernier cri, qui vaut nombre de ses paies et l'a installé devant sa bouche dont ne sort aucun son.

 

Il chante pour le vent.

 

Ses doigts grattent les cordes imaginaires de la guitare qui garnit ses cuisses. Il joue pour le feuillage.


Son chant est un hommage à la pierre de la falaise, au bruissement des graminées, au vol des papillons, au surgissement de la source.


Silence.

 

 

 

Le-chant-du-poete.jpg

 

 

 

Photo de Peterkelly.

Pour voir sa galerie, cliquer ici


Pour télécharger la photo, demander l'autorisation de l'auteur.


 

 


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