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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 18:26

 

 

 

Philippe Dorin écrit des histoires extraordinaires

où le fantastique le mêle à la tendresse.

Je vous livre un extrait de Visites à La Villa Esseling Monde.

 

 

AduLTes S'absTeNir.

 

 

 

 

  Forêt

 

 

 

 

 

 

- Debout, Pierre ! C'est lundi, tu dois aller à l'école. Ton chocolat est prêt.

 

Hélas pendant la nuit, la forêt a envahi la chambre de Pierre. Il a

bien du mal à quitter son lit, et à trouver la porte de sa chambre. Il marche longtemps, pieds nus au milieu des arbres, heurtant sa tête

aux branches, se prenant les pieds dans les racines, tombant sur le

sol boueux. Quand il entre dans la cuisine, il est tout sale et son chocolat est froid.

 

-Il faut toujours que tu attendes le dernier moment pour te lever,

dit sa mère. Et pourquoi es-tu si sale ?

 

- C'est la forêt, Maman. Elle a envahi ma chambre.

 

 

 

Collection Le Poisson qui Passe (Prenez vite votre éprouvette)

ccl éditions

 

Pour en savoir plus :

Théâtre on Line.com

 

 

 

 

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 19:07

 

 

 

 

 

-  J’ai pris une allée transversale à bonne distance du porche

   comme si je me rendais à une autre tombe. Je suis arrivée

   à une rangée d’ifs, tu sais, ces arbres tout droits qui ont de

   la verdure jusqu’au sol. Je les ai contournés puis je les ai

   longés. J’étais ainsi à l’abri des regards du mastodonte.


             Le petit garçon pousse un sifflement admiratif.


-  Mais comment tu as fais pour sortir ?


-  J’ai enfilé ma peau de chat.

 

-  Oh ! Tu me la montres !

 

-  Je ne peux pas. J'aurais tant aimé !

        Quelqu’un a dû me la prendre dans le bus. Je ne la trouve plus.

 

 - On ira la chercher, dit !

 

 -  Si tu veux on pourra refaire le trajet et aller demander

    à la Compagnie des bus.


 -  Qu'est-ce que t'as fait avec ta peau de chat ?

 

      -  C'est comme si j'étais devenue un chat. J’ai sauté sur une borne

     haute de 2 mètres qui maintient les grilles et je me suis retrouvée

    dans la rue.


  -  Et après ? dit le petit garçon, les yeux pleins d’étoiles.


  -  Je me suis cachée derrière la calogette du concierge et j’ai enfilé

    mes habits. Je devais aller prendre le bus juste sous le nez du

    molosse. J’étais obligée de me changer. Le chauffeur n’aurait pas

    laissé entrer un chat.

 

  - Mais arrivée dans le bus, ma peau de chat que j'avais rangée

   dans mon petit sac façon Marry Poppins s’est mise à miauler

   tout ce qu’elle savait.

 

     Le petit garçon ouvre des yeux ahuris.


- Les gens me regardait d’une drôle de façon !

 


  ...Dis, on pourrait regarder ces illustrations que ton arrière

  grand-mère nous envoie à travers le temps.

 

  Le petit garçon lit avec application le nom de l'auteur Félix Félain.

 

  -Tiens, je n'ai jamais entendu ce nom. On pourra aller se renseigner

  à la bibliothèque.

 

 - Tu as vu la Chatte avec sa cape. Elle est en train de sauter une

   grille !

 

  - Je sens que cette histoire va être passionnante !

 

 

 

 

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 19:48

 

 

 

Un petit garçon lui ouvre la porte dans un éclat de rire. Elle

s’élance vers lui en lançant : « Je l’ai ! »


-         Montre Tata !


-         D’abord, mon déguisement de grand-mère dit-elle en

brandissant la jupe noire sans grâce qui l’habillait une heure

plus tôt. Elle l’enfile avec un clin d’œil complice en réponse

à la demande du petit garçon.


Il saute d’un pied sur l’autre d’impatience.

-         Et le trésor ?


Elle sort de son petit sac en boule façon Marry Poppins une

longue enveloppe de papier journal brunâtre. Le petit garçon

pousse une exclamation heureuse.

-         Tu l’as trouvé !


Il s’empare du paquet qu’il ouvre avec fébrilité. Il sort une

à une les pages d’illustration que son arrière-grand-mère

avait collectionné tout au long de son enfance.

« Ils étaient caché à l’endroit qu’elle t’avait indiqué ?


-         Oui, exactement où elle me l’avait dit.


-         Tu as fait bien attention autour de toi ?


-         Oui. J’ai même eu très peur. Il y avait un homme immense

et très fort, tu sais un homme patibulaire qui attendait àl’entrée du cimetière.


 

-         Comment as-tu fait pour lui échapper ?


 

 

 

 

A suivre...

 


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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 19:25

 

 

 

 

Une demi-heure plus tard, elle descend et entre dans un de

ces grands magasins nés au temps de Zola. Elle s’enfonce

rapidement dans les allées entre guipures et tentures,

couvre-chefs et colifichets.


Elle ressort du temple de l’ornement et du travestissement

en tout genre, méconnaissable. Une silhouette svelte, vêtue

d’un pantalon et d’un col roulé fin noir se coule entre

les piétons. Elle balance un petit sac en forme de bourse

au bout de deux cordons tressés rouges. Quelques mèches dorées

brillent au milieu des cheveux châtains foncés. Une plume

mordorée orne ses boucles courtes.


Elle dévale légèrement les escaliers du métro.

 


Quelques instants plus tard, pendue à la sonnette d’une maison

en pierres meulières, elle tente de percer les fins rideaux qui

obstruent les carreaux.

 

 

 

 

 

 

A suivre...

 

 


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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 22:25

 

 

 

 

   La vieille dame toute de noir vêtue s'approche en claudiquant

   de la troisième tombe de la rangée 9b. Elle porte à la main

   un pot de St Paulia. Ça se fait de porter des fleurs au cimetière.

   Les Saint paulia, ce sont les moins chères. Et comme elle ne

   reviendrait pas les arroser.


   Arrivée à « sa » tombe, elle s’agenouille, dessine un signe

   de la croix approximatif et s’absorbe dans la contemplation

   des cailloux qui orne la pierre. Elle se retourne lentement

   et scrute le cimetière. Elle est seule...


   Elle contourne la tombe par la droite. Soulève une pierre

de la bordure. Y prend un objet qu’elle enfouit dans

son sac. S'éloigne lentement en claudiquant. Rien en elle

n’attire l’attention.


Elle suit la rangée principale et passe le porche d’entrée.

Elle attend cinq minutes à l’arrêt de bus. A l’arrivée du

transport, elle franchit les trois marches d’un mouvement

alerte qui contraste avec sa claudication des minutes

précédentes.

 

 

 

 

 

A suivre...

 

 

 


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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 21:27

 

 

 

 

 

Lilly, vêtue de son imperméable vert pomme, pousse la porte

de la cour et s'engage sur le trottoir. Elle lève un nez retroussé,

tacheté de lentilles rousses et accueille sur les verres de ses

lunettes quelques éclats de cristal.

Alors qu'elle avance d'un pas décidé, elle observe avec curiosité

le piéton qui lui fait face. A mesure qu'elle marche, il s'éloigne à

reculons pour disparaitre happé par la rue transverse. Lilly

jette un regard étonné sur sa gauche, le piéton n'y est plus.

 

Elle se met à courir pour rejoindre le centre de la ville qui lui

offre une brassée de magasins colorés comme un bouquet

d'arc-en-ciel. Chacun de ses pas chasse les piétons qui viennent

à sa rencontre et se mettent à marcher à reculons, s'éloignant

d'elle inexorablement.

 

Bientôt une foule compacte marche à reculons faisant face à Lilly

qui ne peut, malgré ses efforts, les rejoindre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:13

 

 

 

 

 

 

La main du vent prend dans ses doigts puissants


L'arête de sable. La moule. La pétrie.


Les grains roulent. Dessinent des rides.


Le parchemin ocre se déroule de courbes en creux.


La main du vent inlassablement modèle le visage du monde


Traçant l'âge indéchiffrable du temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:03

 

 

 

 

 

Les-i.jpg

 

 

 

 

 

Une rangée de i s'est posée au bord d'un chemin

 

Elle résonne comme des fûts glacés.

 

Dans l'air on sent une effluve de géométrie.

 

 

 

L'alphabet a perdu une voyelle

 

Le maître n'en peut plus de corriger les cahiers.

 

 

 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 15:45

 

 


 

J'attends devant le  comptoir décrépi d’une mairie.

Autrefois m'y a enjoint d'y venir voir.

 

 

A l’immense table du Conseil municipal livrée avec confiance

A ma curiosité, mon coeur est comme une soucoupe,

Il baîlle d'étonnement.

 

Les heures s’écoulent sans bruit, sans se faire remarquer.

Une hébétude heureuse règne dans ce monde à mi-chemin du rêve

Aux effluves de vies pourchassées, éteintes dans un autre siècle.

 

Les lourdes tentures bleu-gris filtrent la lumière

Une atmosphère douce repose  les choses.

Le soleil écarte à peine d’un ongle brillant la torpeur alentour.

 

Les vieux livres s’étalent et s’offrent

L’écriture appliquée court avec fluidité

sur les pages tachetées de vieillesse

Comme la parole d’ancêtres livrant avec parcimonie

l’effleurement d’un secret.

 

Je tends l’oreille à ces mots murmurés par la plume

Je demande « Plus fort Grand-père. Je n’entend pas bien. »

Mais le murmure continue presqu’indistinct.


C’est bien connu, les vieux n’en font qu’à leur tête.

 

 

 

 

 

 

La-recherche-de-ceux-d-ava.jpg

 

Photo Dan Rodgerson

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 17:49

 

 

 

 

 


 

La forêt des mâts s'est jetée en brouillon,

Dans un désordre bon enfant.

Sur la mer bougillonne,

Il y a comme un hérisson de crayons.

 


Grappillant à la nuit

Des larmes de soleil,

Elle trace des sillons blancs de lumière.

On voit des éclats de fête rire bleu ciel.

 

 

On entend des murmures de bois

Qui chuchotent des frottements secs.

Ça fait des clacs et roucoule des  cliquetis.

Le chœur des voiles ondulent des frôlements.

 

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