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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:05

 

 

 

 

Il était une fois un représentant de jambon à l'os.

 

Il venait une fois par semaine servir au stand de charcuterie de l’hypermarché que je fréquente. Il présentait le jambon à l'os

aux clientes. C’était le meilleur jambon du monde.

 

 Elles, elles avaient bien prévu d'acheter quelques denrées charcutières, mais le jambon à l'os n’en faisait pas parti.

 

 Pour mieux les convaincre, il prenait soin de découper

quelques morceaux offerts à leur dégustation, présentés

sur le comptoir.

 

Il y avait celles qui achetaient sans goûter – « Tiens, j’étais à

court d'idée de menu, ça me fera le repas du soir avec une

bonne salade. De toute façon à nos âges, on ne mange plus beaucoup »

Il y avait celles qui goûtaient et se laissaient séduire. Il se

frottait les mains – « Je l’ai emballée ! »

Il y avait celles qui goûtaient juste pour le plaisir de goûter.  

Un p'tit truc, là, au milieu des courses qui commençaient à

se faire longues tandis que l'estomac depuis un petit moment gargouillait doucement. Quelques-unes de celles-là y

revenaient, subrepticement ou ostensiblement, reprenaient

un autre petit morceau et s'en allaient. Il pensait – « Raté ! »

Tandis qu’elles pensaient comme en répons – « Si c’est mis à disposition, je ne vais pas me priver. Y f’rait beau voir ! »

 Et lui d'encourager de sa voix trop forte et impérieuse.

– « Allez, Mesdames, le jambon à l'os ! Le meilleur jambon !

Voyez comme il est goûteux. Vous, Madame, combien de

tranches ? »

 

Il y avait beaucoup de conviction dans son obligation à faire acheter du jambon. Et dans son désir de convaincre. De voir

ces femmes jeunes ou vieilles, succomber à sa proposition presqu’impérative. 


Cependant, certaines clientes quand elles l'entendaient étaient tentées de faire un détour, mais il leur fallait du lard pour la

potée. Elles se glissaient vers le stand à contrecoeur, fermant

 

leurs oreilles à la logorrhée  tonitruante du vendeur de jambon, renfrognée, se jurant de repérer son jour de présence pour

échapper à ses démonstrations. 

 

Il disparut. 

... 

 

J’ai appris qu'il est devenu vendeur de voitures.  Qu'il en avait toujours rêvé. Qu'il est heureux. 

Il vante les mérites des voitures, comme il parlerait de

maîtresses adorées. Il s'extasie devant leurs courbes, leur

élégance, leur allure, leurs capacités. Elles sont belles,

généreuses, fidèles. Et possèdent une qualité rare. Elles ne

sont pas jalouses.

 

 

On m’a raconté qu’il a mis au point une technique de

séduction totalement novatrice issue de son expérience en charcuterie.Quand le chaland semble mordre à l'hameçon,

il lui propose de goûter la voiture désirée.

 

Le client croit à une blague, entre dans le jeu par plaisir de l’amusement. Le vendeur lui laisse le choix du morceau.

Les uns répondent – « Ne vous moquez pas de moi » Ils ont

perdu une belle occasion.

« Le phare » disent de plus éclairés.

Les autres  marquent un temps, hésitent, le cerveau s’échauffe

sous l'effort – « Le radiateur » répondent-ils enfin.

Certains, péremptoires énoncent un - « Sans façon »  Ceux-là n'ont faim de rien.

Ceux qui engloutissent  le monde entier fanfaronnent – « Le

capot pour sa ligne, une durite pour sa petite taille, un piston

 

pour son ressort,... »


Notre vendeur éclate de rire. Il aime qu’on apprécie la bonne

chère. Il revient avec autant d'assiettes que le choix du client.

Et lui fait goûter les morceaux choisis.

 

 

 

Appel à la résistance

 

ICI

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 11:52

 

 

 

 

 

Il est un kiosk au bout du parc.

Un kiosk assez classique, somme toute.

 

 

 

 

Cependant, je l’aime.

 


 

Il est affublé d’un chapeau à étage


Le tout a six pans.

 

 

 

J’aime …


Ses dentelles faites en je ne sais quoi.


Sa rivière d’ampoules blanches


Diffusant une  lueur chaude


Qui m’invite à me tapir dans le noir


Pour l’épier longuement.

 

 

 

Les silhouettes féminines


Qu'il découpe de sa lumière.


Leurs chevelures légères


Qui dessinent des arabesques.

 

 

 

 

Je vais vous dire,


Mais cela ne doit pas se savoir,


Je crois qu’il est italien.

 

 

 

 

 

 

Quelles valeurs pour la France d'aujourd'hui

 

Appel des résistants à Glières

 

ICI

 

 

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 21:16

 

 

 

 

 

Je suis parti en voyage


J’ai vu tout l’univers de très haut et de l'intérieur


J’ai volé au-dessus des maisons


J'ai pénétré les mansardes éclairées

 

Je me suis penché au-dessus d'épaules douces et veloutées


Je me suis accroché aux cloches de l’église


Elles ont sonné à toute volée

 

Je me suis retrouvé cul par dessus tête

 

Le nez dans la mare.

 

 

 

 

 

 

 


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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 11:47

 

 

 

 

C’est un petit village de rien du tout.


Une église, avec un clocher accroché à son toit


Qui campe bien haut, bien fièrement vers le firmament.


Il vit au bord de la mer.

 


On voit quelques bateaux de pêche.


Bien modestes, de jolies couleurs


Qui donnent  de la joie aux yeux.

 


Ça fait des années qu’il habite là


Ce petit village.


Au bas de son adresse,


Il écrit France.


 

A l’époque où il est venu s’installer

 

Y’avait rien alentour.


C’était râpé d’herbe rase et de sable.


 

Il est venu d’un pays

 

Dont personne n'avait entendu parler.


Par la mer. En barques.


Pas celles de la plage qui n’ont que trente ans.


D’autres, des si vieilles


Qu’on en a fait du bois pour la cheminée.


 

Il a pu se poser là sans coup férir sans ennui.


Il s’est installé. S’est organisé.


On dit maintenant que son nom est français.


Vous pensez, depuis le temps,


On a oublié qu’il a traversé l’océan.


On demande rien à ses habitants.

 

 

Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

 

 

 


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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 11:36

 

 

 

 

 

Perchés haut sur le toit

Ceints par la balustrade

Ils sont deux

 

Le blanc rayonne

Dans l’isolement minéral

De l’immensité bleue.

 

Seul le ciel est peuplé

Les nuages l’habillent

Ils marient la lumière

 

Accrochés au sommet de l’infini

Ils sont deux

Erratiques dans leur amour.

 

 


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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 18:56

 

 

 

 

Il allonge le pas, le mouvement coulé. Félin. La puissance du corps se déroule en vagues régulières

sous le pull ajusté. Il dégage une force attirante. Cependant que la chaleur des traits du visage doit pouvoir se durcir sans concession. Les yeux plissés  expriment la détermination. Les pieds puissants martèlent une cadence soutenue.


Il jette un regard à la pendule publique au fronton

de la mairie. Le métronome des longues jambes augmente la cadence, un trot souple s’impose en douceur.  Les portes des maisons se succèdent à

bonne allure, maintenant.


Le  visage affirme son but. L’enjeu semble

important.Il  soulève le rabat de la sacoche qu’il

porte à l’épaule, en contrôle le contenu. Il vérifie

l’heure à son poignet.

Il lui reste deux minutes pour arriver. La grille doit encore se trouver à 200 mètres. C’est si important pour son interlocuteur qu'il soit à l'heure. 

  

Il fend la foule des jeunes femmes qui piplettent à l’entrée de l’école, franchit la grille, traverse la cour. 

Il sort de sa sacoche le sachet de céréales et les

déposent délicatement sur le plancher du perchoir

aux oiseaux. Le moineau s’est écarté de quelques centimètres et le fixe de son œil noir.

 

 

 

 

 

 

 

Oiseau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 23:23

 

 

 

 

 

La lune est une destination

 

que j'aime emprunter à dos de colibri.


Je préfère sa face glacée chantilly.


J'y emporte toujours ma brosse à dents.


C’est idéal pour polir les cratères et

 

installer sa tente confortablement.

 

 

 

 

 


 

 

lune-à-cratères

 

 

 

 

 


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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 22:32

 

 

 

 

 

Les Français votent de moins en moins,

 le Front National se consolide

ici

 

 


 

 

Banc

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo a été prise dans le parc de Berchigrange dans les Vosges.

 

Elle est tout spécialement offerte aux amoureux

 

Qui en goûteront le romantisme.

 

Les autres ceusses qui voudraient s'y asseoir

 

Y sont également les bienvenus.

 

Un voeux proféré dans cette fraîcheur verte

 

leur fera espérer l'âme soeur.

 

Je déconseille l'endroit aux célibataires mordus de solitude.

 

Il pourrait à contre-coeur se trouver pourvu d'une moitié non désirée !

 

 

 

 


 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 20:03

 

 

 

 

 

 

Les humains ont posé l’arrondi de leur pantalon sur un banc.

Ils devisent en bonne entente. Les enfants font des châteaux de sable.


 

En un instant, il est debout. Il s’avance au milieu de la place de jeux.

Les yeux unanimes se lèvent sur lui. Il ne regarde personne pourtant

chacun se sent appelé.

Il déploie sa cape faite de légèreté. L’étend de part et d’autre de son

corps en un geste généreux. Et s’envole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il déploie sa cape

 

 

 

 

 

 

 

 


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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 23:18

 

 

 

 

 

Taptap  

 

 

 

 

 

 

 

 

Tap Tap Tap Tap

Le pas pressé martèle le trottoir. Une musique de femme aux

talons pointus. Il est une heure du matin. Les réverbères

malingres produisent un semblant de halo jaunâtre. Il règne

une atmosphère sombre et humide. La rue pavée est détrempée.

 

Tap Tap Tap Tap

Seul le son des talons résonne. Rien ne bouge. Tout se tait. Une

ombre d’inquiétude s’est infiltrée entre les pierres.

 

Soudain, surgit de nulle part, une voix mâle, grasse.

« Je peux vous aider ma p’tite dame ? »

Sur le qui-vive, elle cherche la provenance de l’interpellation.

Tourne la tête en tout sens. Ses yeux se dérèglent, affolés. Les

voitures sont rangées sagement. Les façades des maisons aveugles jouent l’indifférence.


Taptap  Taptap Taptap Taptap

Les talons doublent la cadence.

« Un p’tit coin de parapluie ? »


Tatap Tap Tataptap Taptap

Les talons courent, trébuchant sur les pavés irréguliers. Elle a mal

aux chevilles. Son souffle irrégulier se bloque par instant. Ses

tempes sont animées de battements sourds. Elle fixe à l’extrémité

de la rue le boulevard qui s’ouvre. Eclairé. Peut-être y-a-t-il du

monde.

 


Tatap Taptatap Ta tap

Elle entend au loin un rire qui se perd.

 

 

 

Des nouvelles du monde

Pour lire cliquez ici

 

 

 

 

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