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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 01:37

 

 

 

 

 

Ooooh ! les moutons que je vous compte !


Rangez-vous !

 

Vous êtes devenus bien nombreux,


cette fois-ci encore !

 


 

Quelle santé !

 



Mettez-vous en rangs d’oignons !


Là, ne bougez plus !

 

 

 

 

Allez, grimpez dans la pelle l’un derrière l’autre !

 

Vous voulez un peu d'aide, peut-être ?

 

Tout ceci me parait bien lent !

 



Mais v’la t’y pas que le vent s’en mêle !


 

 

C'est reparti pour un ballet !

 

Tout est à recommencer !


Ce n’est plus possible,


Vous vous infiltrez partout !

 

Je vais finir par vous aspirer,

 

Nom d'un mouton !

 

 



Et j’entends le camion qui arrive !


Vous avez de la chance !

 

  Pas le temps de vous descendre.


Je vais être obligée de vous garder


 Encore au chaud jusqu'à la semaine prochaine.

 

 

 

 

 

 

Allez-les-moutons-!

 

 

 

Il n'y a que les oignons qui se mettent en rang

 

                                                             Les moutons, eux, ils cavalent !

 


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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 07:30

 

 

 

Vous cherchez

La queue du Chat et le Camembert (1)

 

 

 Cheveux Ondulants Poivre et Sel regarde d’un air d’ennui la belle excitée. Pourquoi tant de jolies femmes se révèlent-elles des casseroles fêlées dans le dépit ?


Cette petite avec ses yeux noirs en amande à l’éclat vif et son teint mat a du chien sous ses airs candides. L’appel de l’aventure le fait frémir.


« Tu as ta voiture ? Je te suis. »

-         Je suis venue en bus. Comment doit-elle l’appeler ? Monsieur ? Dans le doute, elle s’abstient.

-         Monte à côté de moi, ce sera plus intime.


Elle hésite un instant. La maison est à vingt minutes. Elle se colle contre la portière. Elle a un fromage à rattraper et elle le rattrapera. Elle reconnait la force qui nait en elle à chaque challenge.

Elle l’emporte dans une discussion technique sur la mise en scène et les éclairages. Il est impressionné par sa curiosité et se prend au jeu du professeur épris de transmettre son savoir.

 

« Nous sommes arrivés.


Il s’arrête devant un immeuble décrépi d’une des banlieues qui couronnent la ville. C’est donc de là qu’elle vient. Alors qu’il ouvre sa portière, trois bambins s’étageant de 4 à 10 ans déboulent en courant  du hall d’entrée. Ils se figent à un mètre de Cheveux ondulants Poivre et Sel. Pétrifiés. Il éclate de rire.


« Vous me montrez le chemin. Mon nom, c’est Pierre.


Ils repartent en courant jusqu’au deuxième. Il suit de plus en plus intrigué et amusé.


Sur le palier, le père qui n’a pas perdu l’accent du bled l’accueille avec respect et chaleur. Il est honoré de la visite que lui accorde Monsieur. Sa femme se tient en retrait. Elle ne sait quelle attitude adoptée. Que veut son mari ? Doit-elle disparaitre dans la cuisine ou faire l’honneur de sa présence au visiteur ?


Il lui fait signe d’aller chercher les cornes de gazelle. Leïla quant à elle revient avec le thé à la menthe.

 

Cheveux Ondulants Poivre et sel s’est enfoncé au fond du canapé incurvé sous le poids des nombreux enfants qui s’y sont succédés. Il prend son verre de thé. Pour la première fois depuis bien longtemps, il est ému.

 

Il regarde Leïla au milieu des siens. Il va s’occuper de cette petite. Comme un père.

 

 

 

 

 


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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 07:01

 

 

Il est minuit. Une jeune fille s’introduit sous le voile de l’alcôve.


« La nuit porte conseil»


Elle s’assure que sa jeune maîtresse a entendu les mots. Celle-ci le lui confirme d’un clignement de cil. Et garde les yeux grands ouverts. Totalement réveillée, la jeune femme s’enfonce dans une rêverie agitée et délicieuse.

La jeune servante s’évade furtivement. Le chat roulé en boule au pied de la table basse pousse un cri d’effroi rageur sous la morsure de sa queue écrasée. Le garde somnolant à la porte sursaute. Il lance un « Qui va là ? » retentissant. En un éclair, la jeune servante s’affale sous le canapé. Le garde fixe le bout de la pantoufle qui dépasse.


Arrive un homme essoufflé, cheveux ondulants légèrement en bataille, poivre et sel. Il possède ce charme mûri que les jeunes femmes trouvent irrésistibles. Il observe la pièce, consterné, s’attarde sur la disposition des différents éléments de la scène. La jeune servante près du canapé replie ses genoux sous son ventre amorçant un mouvement pour se relever.


« Leïla, recouchez-vous » dit d’un ton ferme Cheveux Ondulants Poivre et Sel. Elle s’allonge sous la chaude caresse de la voix qui la transporte.


Il semble maintenant très concentré. Un sourire imperceptible adoucit ses lèvres. Leïla a tourné discrètement son corps afin de pouvoir le regarder à son aise.

Il la regarde dans les yeux. Elle remet rapidement sa tête en place le perdant de vue à regret.


« Leïla, vous êtes une bienheureuse catastrophe ! Ne bougez pas ! Personne ne bouge ! Alexandre, venez prendre le script. On reprend tout sur une initiative de Leïla la bienheureuse catastrophe.»


La jeune fille sent la chaleur lui monter aux joues. Elle explose de joie. Il l’a remarquée ! Elle se fend de peur. Où cela va-t-il la mener ? Nulle part. Ce qu’elle peut être bête ! A la fin de la matinée, il aura oublié son prénom. Demain, il ne saura plus qu’elle tourne avec lui.


« Leïla ! Vous m’écoutez ! »

Mon Dieu, depuis quand l’appelle-t-il ?

« Oui ! » Murmure-t-elle dans un gargouillis.

Ce que tu peux être bête, susurre la voix impitoyable de sa tête.

 

« Leïla, j’aimerais que vous soyez en forme demain pour reprendre cette scène de façon définitive. Prenez une vraie bonne nuit de sommeil, ce soir.

Aujourd’hui, nous allons reprendre le script et les différents éléments de la mise en scène. Nous faisons les essais à partir des changements que vous avez introduits. Ils insufflent une dynamique que je veux garder.


-       Bien Seigneur. Leïla pique un nouveau fard. Elle est toute à son rêve qui ne cesse de l’habiter. Des échappées dans la réalité lui rendent compte de la situation et de son décalage.


-         Leïla, vous êtes dans une forme remarquable. La condition de bienheureuse catastrophe vous sied à merveille.

 

Leïla est prise d’une euphorie agréable. La voix impitoyable de la tête s’est presque tue. Elle entend les souhaits de Cheveux Ondulants Poivre et Sel comme des invitations à voguer sur la scène. Elle développe une aisance légère. Elle oublie de se persuader qu’elle ne vaut rien. Une petite phrase tourne dans sa tête comme une ronde : la nuit porte conseil.

 

Au repas de midi, Cheveux Ondulants Poivre et Sel l’assied à ses côtés. Il se montre attentionné, s’enquiert de ses goûts pour le vin. Elle parvient à dissimuler son ignorance. La confusion monte quand il évoque les différents fromages qu’il aime cherchant à connaître ses préférences. Le vin, chez elle, on n’en boit pas. C’est contre la tradition. Quand elle a un invité, elle prend toujours le même. Il n’est pas trop cher et celui-là, elle est sûre qu’il sera apprécié. Quant aux fromages en dehors du Camembert et du Port Salut…


Ah si, la Vache qui Rit !


Elle pique un nez dans son mouchoir, prétexte à réponse différée. Il a engagé la conversation avec sa voisine de gauche. Elle lui montre beaucoup d’intérêt. Il ne semble pas indifférent. L’atmosphère s’enflamme de ce côté.

Perdre un metteur en scène pour un fromage. Je ne suis pas un corbeau quand même pense-t-elle ! Elle crâne pour elle-même mais elle n’en mène pas large.


Elle joue alors son va-tout.

 

« Venez, dit-elle, vous avez mieux à faire que vous intéressez à la monteuse. Je vous emmène chez moi. Je vais rassembler mes affaires et on y va.

Ses mains tremblent. Dans la salle d’habillage après avoir passé un coup de téléphone rapide, elle range pêle-mêle ses vêtements de ville. Elle n’a pas le temps de se changer. Il faut qu’elle profite de l’effet de surprise.

 

Il est encore déconcerté par son culot lorsqu’elle revient tandis que la monteuse commence à s’énerver lui lançant un flot d’invectives. Leïla chante dans  sa direction : la nuit porte conseil.

 

 

 

 

 

 

 

Leïla 

 

 

Inspiré par une proposition de lenaïg

Pour la Communauté des Croqueurs de mots

 

 

 

Vous cherchez


La queue du Chat et le Camembert

 


 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 01:00

 

 

 

... La suite du tigre Largentic

Vous trouverez le début

ICI

 

 

 

 

 

Le dragon s’arrête doucement à côté de moi. Il

est très gros. Je l’avais pas vu quand il arrivait

qu’il était si gros. Il est venu sans faire de

bruit. On aurait dit le silence d’une petite

chenille verte à godets, c’est comme ça que

dit mon papa.


J’aimerais bien le toucher. Sa peau est bizarre.

J’ai jamais rien vu de comme ça. Mais j’ose

pas lui demander.


Il me dit monte sur mon dos. J’ai un peu peur.

Est-ce que ça brûle le dos d’un dragon ? C’est

peut-être ça ma punition d’avoir jouer avec

mon bâton avec les fourmis. Le dragon et

le tribunal des fourmis, ils se connaissent.

 


Allez monte, je te dis. Je vais pas te manger.

Parce qu’il mange les enfants aussi !

Je m’accroche en tremblant après les

drôles d’écailles. Ça brûle pas. C’est haut.

J’arrive pas à monter sur le dos. Allez, me

dit le tigre largentic, prends appui sur

les écailles. Comme si tu faisais de

l’escalade. L’escalade je sais ce que c’est.

Mon papa y m’emmène le dimanche matin voir

le rocher d’escalade dans la forêt près de chez

moi. Il en a fait quand il connaissait pas

encore ma maman.


Alors je pense très fort à mon papa qui me dit

regarde, regarde comme il met son pied là

il est fort ! Et je mets mon pied là et je monte.

Ouf qu’il y a mon papa qui m’a aidé. C’est

haut là-haut. Le tribunal des fourmis parait tout

petit. Il me fait moins peur. Au revoir petite

j’entends. C’est le tigre largentic. Mon corps

est tiré vers l’arrière. Alors je regarde le tigre

en bas qui s’éloigne.  Et je regarde devant.

On monte, on monte. Tout devient petit

dessous. Et moi j’ai même pas peur.


Il y a un grand bruit. Il ressemble au bruit du ballon

du marchand de chaussures qui se dégonfle,

en plus fort. Et je vois une grande flamme

qui brûle devant nous. C’est un vrai dragon.

Mon copain Eric, il dit un vrai de vrai. T’es

un vrai dragon alors je dis. Et bien moi j’en

suis un petit. Mais ma flamme elle aime pas le vent.

Tu me montreras ça en bas petite.

 


Nous atterrissons dans un vaste paysage

de prairies avec des arbres qui se parlent

comme les grandes dans la cour de l’école

maternelle. Partout des animaux sont allongés

sur le sol. D’autres s’affairent auprès d’eux.

Et il y a des enfants partout. Ils portent des seaux

avec de la nourriture et avec de l’eau. Les

animaux couchés on leur fait des pansements

avec des feuilles.


Je tiens ma petite flamme de dragon dans

ma poche. Mon papa l’avait oubliée sur la table.

Je l’ai prise. J’aime bien jouer avec. Mais mon

papa y me gronde toujours. Ne joue pas a

vec ça combien de fois je te l’ai dit.

Quand je pense à mon papa, j’oublie un peu les

fourmis et que je ne sais pas ce qu’on va me faire

ici et que je sais pas rentrer à la maison.


Le dragon me dit je t’amène visiter cet hôpital.

C’est beaucoup d’animaux blessés par les hommes.

Tu vas passer une journée ici à les soigner. Les

fourmis ont décidé que ça suffit une journée

pour toi parce que t’es petite. Tu  savais pas

bien ce que tu faisais avec ton bâton. Elles pensent

que ça suffira pour que tu comprennes. Tu vas dormir

là bas avec le lapin et l’écureuil. Il a des carottes

et des noisettes pour leur dîner. Tu peux en manger

s’il en reste.


Et s’il en reste pas je pense. Mais je dis rien.


Il est tard maintenant. Il fait presque nuit.

Je vois presque rien. Je cherche la lune dans

le ciel. Mais elle est fatiguée. Elle a fermé ses

volets et je la vois pas. Alors je vais m’installer

à côté du lapin et de l’écureuil. Et je cherche

la gamelle. Et comme je vois rien, je sors ma

petite flamme de dragon de ma poche. Je crois

que mon papa y se fâcherait pas. Parce qu’il

veut pas que je mange n’importe quoi mon papa.

Et d’un seul coup ma petite flamme elle brûle

dans la nuit. Et puis il y a une grande grande f

lamme qui fait un bruit de ballon de chaussures.


Je crois que le dragon c’est un peu mon

copain maintenant. Demain je lui montrerai

comment elle marche ma petite flamme de dragon

et puis lui il me montrera comment elle marche

la sienne.

 

 

 

 

 

37 Je suis un petit dragon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur une proposition de Quichottine

Dans la Petite Fabrique d'Ecriture

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 00:50

 

 

 

 

La photo est là sur la table.


Ma maman vient de rentrer de lopital. Mon papa est allé la chercher.

La photo est là sur la table. Papa l'a déposée. Avant, il l'a montrée à tout le monde. Il est beau le petit frère, hein !

 

 

 


A cause du petit frère, maman est en vacances. Elle veut aller promener le petit frère, profiter du beau temps. Alors, on va tout le temps au jardin zolo logique. Tu peux courir sans danger, elle dit. Elle ajoute toujours, sauf si tu entres dans la maison du tigre. Mon papi fait partie des Amis du Zo et on peut entrer gratuitement. Sinon, ça aurait fait trop cher.

 

 


Ce que je préfère au jardin zolo logique, c’est me mettre accroupie là où le chemin s’arrête et où commence la pelouse. Il y a un endroit avec une racine d’arbre qui fait des bosses et des trous. Je regarde les fourmis qui montent et qui descendent. Je mets des petits morceaux de bois, des petits tas d’aiguilles de sapin en travers du chemin. Et je regarde comment elles font, les fourmis. Et je prends une baguette et je tape un peu dessus, pas fort, juste un petit peu. Pour voir ce que ça fait. Des fois, y’en a qui veulent plus marcher même si je les pousse. Alors, j’ai construits un cimetière à fourmis à côté. Et je cueille des pâquerettes pour leur mettre.


Après, quand maman elle parle tellement avec sa copine qu’elle m’a oubliée, je vais voir la cage au tigre. Je me demande comment on peut entrer dedans. Je peux jamais essayer pour de vrai. Y’a trop de monde dans ce zoo !

 

 


Et puis c’est le dernier jour.

 

Maman, elle dit, demain je recommence le travail. Alors on va faire une photo du tigre. Elle nous prend les enfants devant la cage. Mais moi, je demande une photo du tigre sans personne. Et comme la pellicule est finie, on va chez le photographe. Maman ne veut que largentic. Le luméric c’est pour les fofotografes, elle dit. Je vais avoir un tigre largentic au-dessus de mon lit.

 

 

 


Toutes les nuits, en me couchant, je fais un bisou à mon tigre largentic.

 

Ce soir, son museau remue un peu. Pourtant quand je le regarde, il fait semblant de rien. Au bout de trois jours, il sort une patte du mur. Alors, je me lève de mon lit et j’attrape … le vide. C’est comme maman avec sa grimace, il veut pas me montrer. Le septième jour, il sort la tête. Et là, je bondis parce que je le guettais et je me retrouve pendue à son cou.


Il se dégage. Et me laisse retomber dans mon lit. J’arrive pas à m’endormir. Je vais chercher une cuvette avec de l’eau et je lui apporte. Il boit tout, tout vite.


Le lendemain, il descend du mur.

 

 

 

 

 

Je m’habille vite fait, grimpe sur son dos. Et il m’emmène par le chemin du bord de la maison vers les champs. Il court. Je serre tout fort sa crinière. Je suis sur un Mamac-lançoire. J’ai un peu peur. Et je ris très fort.  Loin devant, je vois deux grandes ombres. Le tigre largentic va plus vite. Nous arrivons chez la girafe luméric et le nistiti luméric. Et puis, c’est la rivière turquoise et orange. Mon grand-père, celui du zo, il m'apprend les couleurs. L’eau brille. On dirait qu’il y a tout plein de lumières dans le fond.


Le tigre largentic, la girafe luméric et le ouistiti luméric sautent presqu’ensemble. Au milieu de la rivière, j’entends un drôle de bruit. Ça fait comme quand papa déchire les enveloppes du facteur. Nous atterrissons de l’autre côté. Je me retourne. Un cascade cache d’où je viens. C’est drôle, de l’autre côté, on la voyait pas.

 

 

 

 


«Bienvenue au Royaume de la Lularmégentic. Tu es convoquée au Tribunal des fourmis. »


Un tribunal de fourmis, chic, c’est drôlement bien cette promenade. C’est drôlement mieux que le zolo logique. Le tigre largentic continue. Plus loin, je vois des cages noires dedans. Je veux voir. Alors, on s’arrête devant. Il y a des enfants, des papas et même des mamans. Je dis c’est quoi ?



C’est des enfants qui sont méchants avec les bêtes. Ils jouent avec les coccinelles. Ils arrachent leurs ailes ou les pattes des sauterelles. Les papas, ils écrasent les lapins avec leur voiture par exemple. Les maman, elles tiennent les oies pour les faire manger de force.



Et le tribunal des fourmis alors ?  

 

 

 

Je pense à mon petit bâton au zolo logique. Et d’un seul coup, j’ai très peur. Je me mets même un tout petit peu à pleurer. Je demande ils vont où après la cage, les enfants et les papas et les mamans ? Ça dépend du tribunal. Y’en a qui restent longtemps. D’autres y doivent travailler pour les bêtes. D’autres qui pourront retourner dans leur maison. D’autres, on les voit plus jamais. On sait pas ce qu’a décidé le tribunal.


Et moi, y va décider quoi le tribunal ?


Tu pourrais être condamnée à tisser des couvertures avec du fil d’araignée, et puis le soir à faire des tas d’aiguilles de pin et puis la nuit à dormir dans la cage avec les autres enfants.


Ou alors, il y aurait une libellule qui viendrait te chercher et t’emporterait en plein vol loin au-dessus de la forêt et alors … Regarde, c’est à toi. On vient te chercher. Est-ce que tu vois une libellule ?


Là-bas, un dragon à rubans !


Ah ! C'est une autre histoire alors.

 

 

 

 

 

 

Le-dragon-à-ruban-décadré

 

 

 

 

 

 

 

La suite : Une journée avec le dragon à rubans


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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 23:16

 

 

 

La scène se passe dans une grande forêt de feuillus en des temps immémoriaux.

Les bois bruissent de conversations feutrées. On voit un adolescent vêtu

d'une longue tunique bleue disparaitre entre les arbres vers le fond de scène. 

Entrent ensuite deux hommes dont le chemin se croise.


 

36 La forêt des Druides

 

 

 

 

 

 

-         Excusez-moi. Je cherche le Grand Chêne du Druide.


-         Le Grand Chêne du Druide ? Je n'ai point l'honneur ce connaître ce lieu-dit.


-         Je viens de loin. Peut-être que par chez nous, les noms sont un peu déformés.


-         Vous venez pour qui ?

    Parce que Merlin et Mélusine sont fort prisés.  Dès l'Assemblée de l'année dernière, les tablettes d'inscription étaient remplies.


-         Et en se juchant sur un arbre ?


-        Il n'y a plus un chêne qui n'affiche complet. Les épaules valides des participants mâles ont également trouvé  chacune locataire.

      

-         Ce sont de vraies stars alors !


-         Vous dites ?


-         ... Une expression de par chez moi. Je veux dire, ils sont … très connus.

En fait, je viens de très loin. Je suis envoyé par mon journal « Le Gui Libéré » pour faire une présentation de la communauté des Druides et rapporter les travaux de l’Assemblée.

Dans mon pays, l'influence des Druides s'est beaucoup réduites. Il serait plus juste de dire qu'elle a presque totalement disparu. Il s'agit pour moi de faire connaitre leur rayonnement.


-         Drôle de pays.

     Vous venez d’où au juste ? Je n'ai jamais entendu parler du "Gui Libéré".


-         Je viens de l’Ephémère, c’est par-delà le temps, derrière l’estuaire de l’Inaccessible.


-         Un bien joli nom pour une contrée perdue aux confins de la terre.


-         Je voudrais faire des croquis.


-         Il y aura des ateliers de partage des pratiques. Ce sera le plus intéressant.


-         Je veux faire un portrait des druides qu’on écoute le plus.


-         Il faudra leur demander une autorisation. Certains seraient fort courroucés s’ils apprenaient que vous vous êtes appropriés leur image sans leur en parler.

Vous croquez au fusain ?


-         En fait, j’ai une boite. Rectangulaire. Tenez, je vais vous la montrer.


-         Oui, ça m’intéresse.  Montrez-moi ça.

Je n’ai jamais rien vu d’une telle facture. Tiens qu’est-ce que c’est, ce cylindre qui englobe un morceau de verre ?


-         C’est l’œil de ma boite à croquis.


-         Je ne vois pas son fusain. Comment dessine-t-elle ?


-         Le fusain est caché à l’intérieur de la boite. Il y a un bouton, ici, pour mettre en route la main intérieure. Elle dessine très vite. Et en couleur. Je vais vous montrer. Le dessin apparaitra ici à l’arrière. Il sera tout petit.


-         J’ai hâte de voir ce dessinateur à l’œuvre. Vous le nourrissez comment ?


-         Placez-vous là. Ne bougez plus. Le dessinateur n’aime pas du tout que l'on bouge.


-         Voila. Venez voir votre dessin.

Non, non ! Laisse ça ! Vite courrez-lui après !


-         Inutile. C’est le petit singe de Merlin. Des voyageurs qu’il a soignés l’avaient rapporté d’îles lointaines. Ils lui en ont fait présent. Il est très agile et grimpe aux arbres avec une facilité déconcertante.


-         Mais ma boite  à croquis ?


-         Sans doute Merlin la récupérera-t-il d’ici deux ou trois jours.


-         L’Assemblée ne dure-t-elle pas que deux jours ?


-         Pour les non initiés. Le Collège des Grands Druides, en apprenant la merveilleuse invention que vous avez apportée, décidera peut-être de vous autorisez à assister à la suite des travaux.

Oh ! Votre boite là ! Elle fait des éclairs ! Elle va déclencher les forces maléfiques ! Au secours ! Un espion de l’Ephémère parmi nous ! Attrapez-le !

 

 

 

D'après une proposition de Quichottine

Pour La Petite Fabrique d'Ecriture

 

 

 

 

 

 


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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 21:12

 

Derrière les grilles

 

 

 

 

 

 

 

              Depuis le parc


 

              Les pattes dans la neige


 

             Le bec qui picore


 

            Je les observe


 

           A travers les grilles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils vont et viennent


L'un après l'autre


Sur leur balcon.

 

 

 

L'un au deuxième


Fume une cigarette.


Il aspire la fumée


A grandes poumonnées.


Une brume légère s'élève.


On dirait une grande cheminée.

 

 

 

 

 

 Il se frotte les mains.


 Il a l'air d'avoir froid.


  Il rentre.

 

 

 

 

 

Au deuxième et au troisième                   

 

        L'autre

 

           Au troisième apparait.


               Elle secoue un tapis,

 

               Un coussin.


               Je me suis déjà

 

               Placée au-dessous


               Espérant

 

               Une miette croustillante.

 

            Que nenni !


                C'est par la cuisine

 

           Qu'il faut attendre.


 

 

 

 

 

 

 Aujourd'hui, c'est une jupe.


  Le tissu chamoiré joue avec le soleil.


  On dirait qu'il lui fait des clins d'oeil.

 

 

 



Elle interpelle les oiseaux à travers la rue.


Ils jouent la belle indifférence,


Guettant la gourmandise.

 

 

 

 Ils se succèdent

 

L'un, l'autre


Au deuxième,


Au troisième


Au deuxième,


Au troisième.

 

Toujours seuls.

 

 

 

 

 

Elle jette un long regard

 

A la cabane

 

Qui tombe en morceau,

 

Campée en bordure du parc.

 

 



J'ai coincée une afficheLa cabane abandonnée


A la fenêtre cassée.

 

 

 

J'y ai écrit un mot.

 

 


Pour elle.

 

 


"Entrez, Mademoiselle.


Pour devenir

 

Une amoureuse."

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Elle va peut-être aller voir...

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:02

 

 

Sous titre : Es-tu au clair de ta lune ?

 

 

 

Le ciel était noir.

La terre était noire.

Les arbres se fondaient en noir

sur le fond noir de la terre et du ciel.


Rien ni personne ni voyait rien.


L'univers dormait.

 


On ne voyait pas la case dans le noir de la terre et du ciel.

 

 


Petit Tibou y dormait roulé en boule dans les bras de la chèvre.

Un éclat de rire secoua son sommeil et l’envoya rouler à la porte de la case.

Une galipette l’assit trois pas plus loin dans le noir du ciel et de la terre.


Il glissa sa menotte sous son pagne et en rapporta une petite chose indéfinissable dans le noir. Il souffla doucement sur la petite chose au creux de sa main. Un point de lumière s’éleva en courbes incertaines dans le noir.


Il glissa une deuxième menotte sous son pagne en ramena une deuxième petite chose, souffla et un deuxième point de lumière monta en flageolant.


Petit Tibou continua sa danse des menottes dans le noir de la nuit et fut entouré d’une chorégraphie de points de lumière.

 

 

 

On n’y voyait toujours point clair. Mais on y voyait des points.

 

 

 



Quand c’est tout noir dans ta tête et que tu n’y vois point clair,

cherche le point de lumière à regarder dans tout ce noir.


Si tu ne le trouves pas, prends une luciole, attends la nuit et souffle dessus.

 

 

 

 

 

 

La-petite-lumiere-dans-le-noir.jpg

 

 

 

La petite lumière dans le noir

est inspirée par une proposition de Brigitte Giraud

pour les  Croqueurs de Mots, un drôle de rassemblement lettrovore,

grand adorateur de la Majuscule, s'adonnant aux rites de la prosenver.


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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 01:00

 

 

 

 

Depuis son lit, elle se voit. Elle se tient debout, le front appuyé à la fenêtre. La pénombre du soir hivernal l’enrobe d’un halo bleuté. Quelques flocons arrivent de là-haut, tout là-haut sans précipitation. Ils teintent la nuit encore claire de pétales blancs.

 

Cela fait quelques heures qu’elle est couchée.

 

Quand elle s’était réveillée, tout lui avait paru normal.

 

Mais son souffle rauque avait commencé par attirer son attention.

Puis le rythme de sa respiration hachée, qui s’était faite douloureuse.


 Elle avait voulu allumer la lampe de chevet, prendre le verre d’eau sur la table de nuit. Elle n’avait pu déplacer son bras. Mais elle l’avait vu s’approcher du verre alors même qu’il était allongé le long de son corps sur le lit.

 

 


Elle avait peur maintenant. Elle voulait appeler. Que quelqu’un vienne, la rassure. Qu’on lui donne des médicaments pour cette poitrine qui brûlait. Qu’on lui explique ce qui se passait.


Elle tentait de toute sa faible vigueur d’appeler. On ne lui répondait pas.

Elle même n’entendait pas le son de sa voix. Les mots se formaient seulement dans sa tête. Ses oreilles ne percevaient que le sifflement qui s’échappait des ses poumons de plus en plus rapide et bref.


 Des pas vifs arrivaient dans le couloir. Bien qu’elle ne pût tourner la tête, ses yeux se portèrent au niveau de la porte de la chambre. Elle était entrebâillée. On ne pouvait voir le couloir de son lit. Mais elle vit la silhouette rose passer sans s’arrêter, sans jeter un coup d’œil.


Elle avait crié de toute la force du silence.

Le silence qui régnait maintenant opaque dans la chambre. Le sifflement de ses poumons s’était tu.

 


Elle était restée de longues minutes, yeux grands ouverts à sentir la présence des murs, la masse des meubles, la qualité des matières. Elle apprivoisait ces sensations, s’approchant à distance de la chaise,  de la table, puis de la potence. Elle écoutait son corps qui s’était tu, ressentait ses muscles qui ne respiraient plus, ses veines qui ne s’écoulaient plus.

 

Elle avait enfin dirigé son attention vers la fenêtre bleue aux pétales blancs qui descendent de là-haut, tout là-haut. Elle s’était vue debout là-bas, sa natte dans le dos.


« Tiens, mais où est passé mon pyjamas d’hôpital ? »

 

 

 

Pétales-blancsUne illustration de :   A lot of tralala 

 

 

Une histoire inspirée par la proposition du   blog à mille mains

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:59

 

 

 

 

 

 

Je la vis descendre les quelques marches du perron.


La regarder, s’envoler légère,  au-dessus de l’escalier,


Se poser dans l’allée du jardin,


Etait un ravissement.

 


 

Son pied, qu’elle avait menu et gracieux,


Se lovait sur le sol dans un mouvement souple.


Elle ceignait sa cheville d’un bracelet liane


Qui en soulignait la finesse.

 


 

Elle sortait ce soir comme tous les soirs


Portant un fourreau fluide qui la moulait sans exagération.


Une de ces choses extrêmement réussies, à la taille basse.


Les courbes discrètes de son long corps


Dessinaient la structure du tissu


En un plissé aérien.

 

 

Encore une fois, elle m’échappait.


Rien n’avait été dit entre nous.


Et rien ne serait dit.

 

 

 

Je restai ainsi à l’observer depuis la fenêtre.

 

Elle s’échappait soir après soir


Pour aller se jeter dans les bras d’inconnus


Toujours autres.

 


 

Elle revenait de ses échappées sensuelles et tendres,

 

conquise.


Ses yeux langoureux brillaient d’un éclat sauvage.


Le parfum de sa peau mêlé aux effluves de transpiration


Trahissait l’embrasement de sa passion.

 


 

Elle était désirable à me rendre fou.

 


 

Je retenais une longue plainte.


Ne disais rien.


La regardais se déshabiller


En longs mouvements coulés.

 


 

C’est elle qui orchestrait nos échanges.


Et pour le moment,


Elle n’était pas décidée à m’écouter.

 


 

Elle enlevait ses atours


Qui s’étalaient sur le sol.


Elle s’éloigna vers la baignoire.


Le métronome de ses fesses arrondies


Se balançait de gauche à droite,


De droite à gauche.

 

 

 

… J’entendais le clapotis de l’eau


Qui la nimbait de son voile translucide…

 


 

… Elle s’approchait enfin de moi.


Nue, elle avança ses longs doigts


Et les posa sur mes touches noires et blanches

 

avec dextérité.


Toutes mes fibres se mirent à vibrer,


M’autorisant à lui dire combien je l’aimais.


 

Cette nuit,  elle m’entraina

 

de son touché ferme et puissant


Dans l’alcôve de Roméo et Juliette


Où, pour elle, je mourrais d’amour.

 

 

 

 

 

 

 

Piano aqueux de Catherine Alexandre              Le Piano Aqueux - Catherine Alexandre    ICI


 

 

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