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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 01:00

 

Le début de l'histoire

 

ICI 

 

 

                                      Elle dégringola le couloir cylindrique aux lueurs violettes.

                          Le long des murs s'étageaient de nombreux porte-lumières.

                          Elle n'en avait jamais vu autant et de formes aussi variées.

                          Ils diffusaient des nuances de lumières différentes. Elle

                          entendait une vibration qui se répondait d'une paroi à

                          l'autre et se transformait en nuancier de couleurs sur

                          l'écran de son cerveau.

 


 

Elle déboucha dans une salle de commande, approcha la main du tableau de bord. Il lui répondit par une sensation chaleureuse l'assurant que sa place était là.

 


 

Elle voyait par un gigantesque pare-brise la petite ville

s'étendre devant elle. Par un jeu étudié d'incurvation des

vitres, elle avait également vue sur la campagne et par

delà, la montagne. Tandis qu'elle scrutait le paysage qui

prenait une dimension inconnue, une grande lueur se diffusa

en s'intensifiant progressivement. La vibration chaude du

couloir montait et l'enveloppait. Elle se mit à vibrer à

l'unisson tandis que son enveloppe charnelle se dissolvait

dans une brume de chaleur.

 

 

 

 

Le pare-brise s’opacifiait, prenant un aspect de miroir. La campagne fut remplacée par un beau lampadaire de forme classique imitant les lanternes anciennes.

 

 

 

 

 

 

Lampadaire1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

                         En un instant, elle comprit. Elle faisait partie de la race

                         des porte-lumières. Elle s’intégrait dans son espèce

                         découvrant la richesse de ses possibilités. La vision

                         extérieure de l’univers lui parvenait maintenant sans

                         le pare-brise.

 

 

 

 


« Majesté, nous vous avons cherché très longtemps.

Nous sommes maintenant sûrs qu’il s’agit bien de

vous. Votre transformation le confirme sans doute

possible.


Ce vaisseau a été conçu pour votre consécration.

Nous vous suivrons en tout pour l’avènement

de la lumière. Le monde va sortir de la domination

des ténèbres. 

 


Votre ami nous a guidé jusqu’à vous. Son rôle

est terminé maintenant. Il ne fait pas partie

de la race des porte-lumières.

 


La cérémonie d’intronisation vous attend. Vous y choisirez parmi une délégation de six princes-lumières celui qui sera votre élu. Que votre règne soit prospère.»

 

 

 

 

 


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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 01:00

Le porte-lumière

 

 

 

 

 

Le porte-lumière croissait paisiblement aux abords des façades à géranium.

 

Les passants, le soir venu, recherchaient leur compagnie.

Ils auraient aimé les emmener avec eux dans leurs déambulations nocturnes. Mais le porte-lumière

était déterminé voire têtu. Il refusait de quitter l'emplacement qu'il s'était choisi.

Rien n'y faisait, ni les supplications, ni les offres avantageuses, ni les menaces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle s'était engagée dans une ruelle sombre.

Il n'y poussait ni géranium, le soleil ayant décidé

de distribuer sa lumière ailleurs, ni porte-lumière.

Elle avançait d'un pas rapide craignant à tout instant

de voir surgir une lame en travers du chemin. Elle était

elle-même fort habile dans le maniement des aiguilles.

Elle en avait en permanence deux paires sur elle.

Mais dans cette pénombre, la rapidité pouvait vous

clouer au sol en un instant.

 

 

 

 

Tout bascula devant elle

 

 

 

L'univers bascula. Un tourbillon se mit à virevolter devant elle.

Elle fut happée. Elle entra, fortement bousculée dans un univers étrange.

 

 

Dehors un typhon balayait arbres, demeures, gens et bêtes.

 

 

 

Au moment où elle fut introduite dans l'autre monde, elle se rendait à la demeure de son amoureux. Il habitait un ancien temple païen qu'il avait aménagé. Les gens ne l'aimaient pas beaucoup. Ils parlaient de sorcellerie.

Pourtant rien n'avait pu être montré.

Mais il passait de longues heures en forêt. Et fabriquait des colliers et des mélicoutas supposés apporter la sérénité.

 

 

 

 

 

 

En levant la tête, les mauvaises Un grand tourbillon ébranla êtres et choses

langues du village auraient pu voir

un dragon des marais accroché

à la flèche du temple. Il semblait

momifié mais tous savaient que

c'était une apparence.

Il pouvait s'éveiller d'un instant

à l'autre. C'était la première fois

qu'une manifestation réelle du

monde des sorciers franchissait

le seuil du village.

 

Dans la forêt, nul n'en

avait vu.  Mais ils aimaient à le

faire croire.

 

Le dragon annonçait la venue de

temps nouveaux.

 

 

L'amoureux avait-il un rôle

prééminent à y jouer ?

 

 

 

 

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 17:22

 

 

 

 

 

 

 

 

24.12.2010.jardin nuit 1

 

 

 

 

 

 

 

 

24.12.2010-Jardin nuit 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24.12.2010.jardin nuit 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Cela fait trente ans

 

 

                                  Que notre regard sonde

 

 

                                                                        Le ciel de la plaine

 

 

 

 

 

 

Va-t-il nous offrir


Des plumes de neige à Noël ?

 

 

 


 

Cette année, il a ouvert


A tout vent


Ses greniers débordants

 

 

 

 


 

                                         Le jardin est comme

 

                                                                           un gros édredon blanc.

 

 

 

 

 

 


 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 23:00

 

 

 

 

Etoiles-.jpg

 

 

 

 

 

 

Il grimpe au sommet du sapin

 

Sautille de branche en branche

 

Jette à la volée des poignées d'étoiles

 

 

 

 

 


 

Il court sur les chemins

 

Saute à cloche pied d'un coin à l'autre des prairies

 

Jette à la volée des poignées d'étoiles

 

 

 

 

 

 

 

 

Il longe vif et déterminé

 

Le bord du lac endormi

 

Jette à la volée des poignées d'étoiles

 

 

 

 

 

 


 

Il pénètre à pas de loup

 

Dans les chaumières esseulées

 

Jette à la volée des poignées d'étoiles

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Aux quatre coins du pays,

 


De grands bouquets de lumière

 

 

Se sont embrasés le soir de Noël

 

 

 

 


 

 

 

 

Et l'on voit

 

 

Les yeux s'allumer

 

 

Briller de mille feux.

 

 

On se croirait l'été au plein coeur de la neige

 

 

 

 


 

 

 

Chacun sort ses chaises, ses assiettes.


 

Cela fait une grande table tout autour de la terre

 

 

Et un grand éclat de rire

 

 

Comme un concert de tonnerre.

 

 

 

 

 


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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 08:00

 

 

 

 

Ciel-!-Une-souris 

 

 

 

" Avez-vous déjà eu l'idée de vous glisser,


 

tel un grain de poussière 


 

_ Les grains de poussière,


 

ça envoie moins de jeunes filles sur les tables


 

que les souris _

 

 

 

Dans la classe de votre prof préféré ? "

 

 

 

 

 

 

" Pourquoi faire ? "

 

 

 

 

 

" Pour découvrir ses trucs.

 


 

Car tel un magicien,


 

le prof vous envoûte pour vous imprégner


 

d'un savoir indélébile


 

qui vous liera à lui sans remédiation !

 

 

 

 

  " ? ..."

 

 

 

 

" Même si vous ne le savez pas. "

 

 

 

" ! ... "

 

 

 

" Chaque fois que vous sortez de votre poche

 

 

un bout de papier

 

 

Pour y griffoner quelques mots,

 

 

vous lui rendez hommage. "

 

 

 


 

 

"Aaaahhh ! "

 

 

 

 


 

" Viens voir là, petit.

 

 

Qu'est-ce que tu fais ? "

 

 

 

 

 

" Je compte la monnaie que le Monsieur du tabac m'a rendu.

 

 

Car s'il manque dix cents, mes fesses vont chauffer.

 

 

C'est papa qui le dit. "

 

 

 

 

 

 

"Qu'est-ce qu'il ferait ton papa ?"

 

 

 

 

 

 

"Oh je sais pas, il dit :

 

 

Je vais te mettre la tête entre les deux oreilles. "

 

 

 

 

 

 

"Vous vous rendez compte à quelle terrible menace

 

 

échappe ce garnement

 

 

grâce à l'enseignement des fondamentaux

 

 

dispensé par son professeur. "

 

 

 

 

 

 

" ? ! ? "

 

 

 

 

 

 

"Vous ne dites rien...

 

 

 

 

Tenez, je vous propose de vous transformer


 

 

en grain de poussière


 

 

et de vous déposer sur le bout du nez

 

 

 

de l'une de

 

 

 

ces éminences grises du savoir

 

 

 

 

 

 

 

Chacune a ses trucs,

 

 

 

ses dadas,

 

 

 

ses chevaux de bataille.

 

 

 

 

 

Depuis votre perchoir reniflant,

 

 

 

Vous pourrez découvrir

 

 

 

les ficelles de

 

 

 

l'élaboration d'un conte

 

 

 

avec des gamins.

 

 

 

 

Ces trucs pourraient même vous servir,

 

 

si un jour ...

 

 

 

 

 

 

" Hummm...

 

 

 

Moi, je préfère les images."

 

 

 

 

 

" Vous faites de la retouche d'images, alors ? "

 


 

 

" Non, je n'ai jamais essayé de me lancer.

 

 

Ce n'est pas l'envie qui me manque,

 

 

mais ça a l'air très compliqué. "

 

 

 

 

Et si vous alliez imprimer votre rétine

 

 

 

 

 

de l'éclairage d'une tête un peu particulière...

 

 

 

 

 

Ou

 

 

du murmure d'une goutte

 

 

 

dont notre prof préféré pourrait nous donner


 

 

le secret un jour peut-être....

 

 

 

 

 

 

 

 

fond-banderole-fine

 

 

 

 

 

          Lointains bleus                        Le soleil a rendez-vous avec la lune 

 

 

                      Lointains bleus

Quand le soleil a rendez-vous avec la lune

 

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 02:36

 

 

 

 

Après avoir été attirée

au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,

je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.

Ils me contraignent à les suivre

au sein d'une grotte.

Celui qui semble le chef me conte son histoire.

 

Début

 

 

 

 

 

 


  Communauté-7a

 

Le père

 

s'en prenait sans

 

cesse

 

à la mère dont les

 

cernes se

 

creusaient.

 

 

 

Danoci filait.

 

 

 

 


 

 

 

Il trainait de plus en plus souvent dehors.

 

Il s’en voulait

 

de laisser la mère

 

sous les hurlements et parfois les coups.

 

Il rêvait d’être grand

 

et de foutre la raclée au père,

 

une bonne fois pour toute, histoire de le calmer.

 

 


Il allait sur les marchés,

 

 proposait de l’aide

 

dans l’espoir de rapporter

 

quelque chose à mettre dans le bouillon d’eau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis un jour,

 

la mère l’avait emmené avec la petite sœur.

 

 


Elle aurait voulu les faire beaux,

 

mais n’avait rien pour ça.


Elle avait l’air gêné

 

comme si elle préparait quelque chose de mal.

 

Elle ne dit pas la destination de la course.

 

 

 

Elle les fit entrer dans un bar.


Il crut qu’elle allait ressortir tout de suite.

 

 

 

Mais elle l’appela : 


« Viens, allez, petit ! »

 

 


Sa mère dans un bar ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Communaute-7.gif

 

      Johanna Aïväoja

 

 

 

 

 

 

 

 

Il vint s’asseoir à côté d’elle.

 

Il regardait ces hommes

 

autour qui la dévisageaient d’un air qui ne lui plaisait pas.

 

 

 


Et puis l’un d’eux arriva du fond.

 

 

 

 

Il tendit la main à sa mère.

 

Elle se leva

 

et il la prit par les épaules.

 

Il sut qu’il ne s’entendrait pas.

 

 

 

 

  


« Allez venez les gosses. Montre-toi,


toi-là, le morveux. »

 

C’est à moi qu’il parlait.

 

Je le regardais d’un air de défi.


« Si tu commences à me chercher le môme,

 

tu vas le regretter »


Ma mère me jeta un air malheureux et se tut.

 

 

 

 

 

 


Je compris qu’elle n’avait pas trouvé mieux que le père

 

et que l'avenir serait pire.

 

 


 

 

 

Suite


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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 17:43

 

 

 

 

 

 

La Saint Nicolas s'en est allée


  Noël se cache encore derrière la colline


Nous esquissons un pas d’entredeux fêtes


Sur la pointe de nos bottes de neige

 


 

    Des lucioles de couleur volètent d'une maison à l'autre.

 

 

 

 

 

 

  L'entre-deux-1c

 

 


Photo Dan Rodgerson

http://lire.ecrire.rever.peut-etre.over-blog.com/       

 

 

 

 

Il bruine des lumières sur la nuit


L’étoile d’araignée tisse sa dentelle lumineuse

 

 


Tout un peuple s'agite


Emmitouflé de chaud

 

 

 

Il ne fait pas bon


  Etre seul pour danser l’entredeux


  Il ne fait pas bon


  Etre pauvre pour fêter ripaille

 

 

 

 

Les portes sont grippées


  Les serrures rouillées


  Les fenêtres fermées.

 

 

 

 

 

 

L'entre-barrière-


Photo Dan Rodgerson

http://lire.ecrire.rever.peut-etre.over-blog.com/ 

 

 

 

 

 

Le sol des trottoirs gelés


  Accueillent les pantalons usés

   

L'écuelle se tend pour une pièce

 

Pour un sourire


  Le passant jette quelque argent,


 Passe, indifférent ou  grommelant.

 

 

 

 

 

C'est l'avant de Noël


  Des lucioles de couleur volètent d'une maison à l'autre

 

Il ne fait pas bon être pauvre


  Il ne fait pas bon être seul.

 

 

 

 

 

A l’écart, il regarde


La foule fébrile


Qui rentre et qui sort


Les bras chargés.

 

 

 

 

Va-t-il, lui aussi,


Entrer, ressortir avec un paquet ?


Faire semblant lui aussi


D’avoir quelqu’un à aimer ?

 

 

 


Croire un instant seulement


Être deux ce soir-là.

 

 

 

 


C'est l'avant de Noël


  Des lucioles de couleur volent d'une maison à l'autre  

 

Il ne fait pas bon être pauvre


  Il ne fait pas bon être seul.

 

 

 

 

 

 

L'entre-chaussures
 

 

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 14:56

 

Tendres

Tendre-b

Tendres-c

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 11:30

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a 16 ans. C’est presqu’un homme.

Sa taille élancée lui donnerait

une belle prestance

si ses épaules n’étaient affaissées.


Il arrive de la mer.

Il est amaigri, affaibli,

la nourriture s’étant faite

de plus en plus rare

à mesure de la traversée.

 

 

Pour payer son voyage,

il a ramé, ramé jusqu’à l’épuisement.

Le fouet martelait ses épaules,

comme celles de ses compagnons.

C’est ainsi.

 

 

 

 


ILa-porte-ouverte-2.jpgl a fui les guerriers sanguinaires

qui dévastent le pays

et ont tué son père et sa mère.

 

Il n’a plus personne au pays.

 

La terre n’y donne plus.

La famine sévit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On dit que sur cette terre où il vient d’aborder,

c’est l’opulence.

 

Il n'y connait personne.

Il ne connait que très peu la langue.

 

Son regard erre sur le port.

Comment peut-il faire ?

 

 


Au moment de la bousculade

à la descente du bateau,

il s’est fait voler le peu d’argent

qu’il avait pu emporter.

 

 

 

 

Les maisons le regardent,

sans aménité.

 

 

 

 


La-porte-ouverte.jpgIl traverse l’espace qui le sépare

d’une auberge

et hèle un groupe

qui s’interpelle joyeusement

sur le pas de porte.


Un rire méprisant répond à sa demande.

 

 

 

 

 

On a autre chose à faire

que de s’occuper des mendiants du port.

 

 

 


Il s’éloigne

et va s’asseoir contre un arbre

dressé

un peu plus loin de là.


Il cache ses yeux dans ses mains.

De lourdes larmes

tracent des sillons le long de ses doigts.

 

 

 

 

 

Une main douce se pose sur son épaule.

« Petit »

Il hésite à lever le visage.

Il n’aime pas montrer qu’il pleure.

« Petit ! Suis-moi. Je vais te servir un repas.»

Il retrouve son âge.

 

Que risque-t-il ?

 

La-porte-ouverte-3.jpgElle l’accueille dans la grande salle à manger où crépite un feu.

La lueur dansante des flammes

illumine la salle d’une chaude lumière orangée.

Elle lui sert une écuelle de la soupe

                               qui ronronne sur le feu.

 

« Quand tu auras fini,

tu iras chercher de l’eau au puits.

Tu la mettras à chauffer.

Tu as plus que besoin d’un bon bain.

 

Quel âge as-tu ?»

 

« 16ans »

 

Il lui raconte le pays là-bas, très loin

de son français mal assuré.

Elle lui fait répéter,

pose des questions pour comprendre.

C’est difficile.

Les expressions ne sont pas les mêmes.


La façon de penser, de dire, diffèrent.

 

Il s’explique, raconte,

petit à petit se détend.

Cette douceur est si bonne, si nouvelle.

 

 

 

 

 


Elle l’installe dans une petite pièce

qui ne servait plus.

De jour en jour, la confiance s’installe.

Une relation nait. Forte.

 

 

 

 

 


Elle a perdu son fils, il y a deux ans.


Tout cet amour qu’elle avait pour lui, bouillonnait en elle sans issue.

Comme une blessure

qui se creuse de ne pouvoir s’offrir.

 Il sort d’abord prudemment 

en un petit filet timide

qui s’en va grossissant.

 

Elle fera tout son possible

pour lui permettre de s’installer ici

et d’y avoir une vie décente.

 

 

Même si l’"Administration" n’aime pas ça l’étranger.

Et n’aime pas les gens

qui aident l’étranger.

Et puis même si des citoyens

n’aiment pas ça non plus

l'étranger

et seraient prompts à le dénoncer à l’"Administration".

 

Elle va l’aider

d’abord parce que c’est dans son tempérament

et dans ce qu’elle trouve bien.

Et puis,

parce qu’elle commence à sacrément l’aimer ce garnement.

Et quelles que soient les embûches.

 

 

 

 

 

Elle sollicite ses relations de confiance.

 

Quelques mois plus tard,

l’ « Administration » remplit son office, cumulant les obstacles

à une installation stable.

Ils rencontrent des mufles,

des irresponsables, des inhumains.

Et puis,

ils rencontrent du soutien

et de la solidarité.

 

 

 

 

 

Et puis, il y a cet ami.

Il emploie le jeune homme

qui ne rechigne pas à la tâche,

soucieux de rendre de son mieux

l’attention qui lui est offerte.

 

 

Ils sont quatre à table à midi

aujourd’hui.

Ils sont tous venus partager

le repas chez leur maman

comme ils disent.

 

Plus d’un a pleuré sur son épaule

aux moments de découragement

parce que la peur d’être renvoyés

était trop forte.

 

 

 


La-porte-ouverte-1.jpg

 

 

 

 

Ici, c’est leur chez eux.


Ils vont, ils viennent.


La porte est toujours ouverte.

Il y a toujours une paillasse pour dormir.

 

 

 

 

 

    Ils sont venus de la mer pour créer

une cathédrale

avec elle

contre tous les refus et pour un sourire.

 

Ça se passe aujourd’hui ou hier.

Ça traverse le temps,

comme les cathédrales .

 

 

 

 

la-porte-ouverte-1


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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 19:50

 

 

 

 

 

 

Au-croissant-doréCe matin,

 

j’accompagnai

 

mon homme à

 

la boulangerie

 

 

Ou

 

 

Ce matin,


mon homme

 

m’accompagna

 

à la boulangerie.

 

 


C’est comme vous voulez,

 

choisissez votre point de vue.

 

Ce sera le bon.

 

 

 

 

 

Nous avions,

 

ou plutôt,


j’avais commandé des männele.


 

Demain, ce sera Saint Nicolas.

 

Et chez nous,

 

en Alsace,

 

nous fêtons dignement cet évènement.

 

 


Nous avons décidé

 

de faire la fête aujourd’hui.

 

C’est plus facile

 

à tout le monde de se réunir un dimanche

 

plutôt qu’un lundi.

 

 


Ce matin,

 

nous avons émergé

 

des brumes ensommeillées tard.

 

 

 


Nous arrivons à la boulangerie à 11h30.

 

Les derniers clients

 

de la matinée s'y pressent.

 

 

 

J’explore les rayons vides

 

et repère les dernières baguettes.

 

Je scrute les deux clientes

 

qui nous précèdent :

 

nous restera-t-il quelque chose ?

 


     - Une  baguette aux graines et votre dernière baguette normale, s’il vous plait.

 


- Et puis les männele que j’ai commandés.

 

 

Nous allons nous en régaler ce soir

avec un

bon chocolat chaud

réalisé avec du chocolat noir pâtissier

fondu dans le lait.

 

Le tout accompagné de mandarines.

Sur une table

Vêtue de la nappe de fête.

 

Les bougies diffuseront cette lumière

Des moments de partage heureux

et renverront leur éclat

Dans les yeux brillants.

 

 

 

Un mouvement attire

 

mon regard derrière moi.

 

 

 

 

Mon homme prend un plaisir heureux

 

à donner des indications culinaires

 

à une jeune femme rondouillette.

 


En un instant,

la boulangerie est suspendue à ses lèvres.

 

Une atmosphère joyeuse

se propage sur les visages

de ces femmes de tous âges

qui dégustent la bonne recette.

 

Les sourires d'amusement


circulent en une ronde alerte;

 

C'est comme si chacun le passait à

 

l'autre, l'attrapait et le renvoyait.

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-croissant-doré1

Nous échangeons

un regard complice, la boulangère et moi. 

    - C’est quelle recette ? me demande-t-elle

   - La blanquette de veau.

   -C’est toujours bon à prendre.

 

Nous rions avec connivence en voyant le gai succès que se 

                                taille mon homme.

 

 

 

Il use de son charme bon enfant

inimitable.

 

 


 - Je vous donnerais bien une recette de

 

quenelles, mais nous n’avons plus le temps.

 

 

Ce sera pour une prochaine fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Je me retourne.


Je m’aperçois que deux nouveaux clients 

 

sont entrés.

 

Les rayonnages sont vides.

 

Mais la boulangerie déborde.

 

Et ces messieurs, arrivés bons derniers,

 

arborent un air sévère.

 

 

 

 

 

 

 

 


Ils ne connaitront jamais le secret

 

de la blanquette de veau.

 

 

 


 

Une fois dehors,


Mon homme me dit :


«  J’aime bien partager ce que je sais. »

 

 

 

 

 


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Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
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