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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:19

 

 

 

Tchernobyl : l'intervention dans des conditions extraordinairement éprouvantes des 500 000 sauveteurs russes a épargné l'Europe. Ils ont liquidé la radio-activité et évité une deuxième explosion d'une telle puissance que toute l'Europe aurait été contaminé. Ils sont morts ou gravement malades.

 

Fukushima :  Actuellement, selon Tepco, plus de 110 000 tonnes d'eau hautement radioactive sont actuellement stockées dans les caves des bâtiments de la centrale, 50 000 t auraient été partiellement décontaminées. Le système de décontamination supporte mal la radioactivité et tombe fréquemment en panne. Tepco reconnaît implicitement que l’eau contaminée des sous-sols est actuellement en train de s’écouler dans la mer. L'entreprise envisage de construire un mur qui borde la côte pour contenir l'eau radioactive. Cette mesure semble dérisoire étant donné la perméabilité des roches, la sismicité du terrain et l'ouverture laissée de chaque côté du mur.

Les conséquences d'une contamination sous-marine sont encore mal connues, étudiées depuis trop peu de temps pour que de nombreuses données aient été rassemblées. Cependant, il est d'ores et déjà possible de penser que toute la chaîne alimentaire va être contaminée des éléments les plus insignifiants aux plus gros. Et que la contamination va voyager notamment au rythme des nageoires.

 

D'irréductibles Alsaciens : Pour éviter une telle catastrophe en France, un rassemblement d'Allemands, de Suisses et de Français demandent la fermeture de la vieille centrale de Fessenheim et la sortie du nucléaire.

 

Pour que la catastrophe chez les autres ne devienne pas le drame chez nous :


 


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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 16:31

 

 

 

Du vent dans les stress tests :


L’Autorité de Sûreté Nucléaire a publié les résultats des tests de résistance effectués sur 80 installations nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima.


Jean-Marie Brom, physicien des particules au CNRS de Strasbourg,  expert en énergie nucléaire, dénonce la mascarade des stress tests, qui semble se composer d’un collage de résultats de tests déjà connus. Il a lu « les 394 pages de vide » concernant la centrale nucléaire de Fessenheim qui ne révèlent rien de nouveau à ce jour.


« Ces tests c'est du flan », a-t-il affirmé.  « On ne se prémunit pas mieux qu'avant, il n'y a rien dans ces rapports que l'ASN ne devrait savoir. » rapporte le Parisien


Faut-il en conclure qu’il n’y a pas eu de tests ?


Quel est le coût officiel de ce « travail » ?

  • ·   Coût en perte de crédibilité de la part d’EDF qui devait s’auto-évaluer par de nouveaux tests prenant en compte de nouveaux facteurs de risque pour les centrales et qui fait envisager une forme de manipulation à l’égard de l’ASN, du public, de l’Etat.
  • ·  Coût financier basé sur un nombre d’heures de travail fictif.
  • · Coût potentiel en cas d’accidents favorisés par l’absence de mesures de prévention générées par le défaut de données.

Une reconversion décoiffante :


« Parallèlement, le ministre de l'industrie Eric Besson a déclaré, vendredi 16 septembre, que le scénario d'une réduction à 50 % en 2025 de la part du nucléaire dans la production énergétique française, prôné par François Hollande dans le cadre des primaires du PS, était à l'étude parmi d'autres. » déclare Le Monde


 

Un vent de folie souffle sur le nucléaire civil :


Nicolas Sarkozy, quant à lui, organisait, le 8 mars 2010 une conférence internationale à Paris pour favoriser l’accès au nucléaire civil de tous les états le souhaitant. Le Figaro nous informe que : 

"Lors de la conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil à Paris, le président français a encouragé les banques à financer des projets dans ce domaine. Il a aussi annoncé la création d'un institut international de l'énergie nucléaire…

Dans ce contexte, la World Nuclear Association estime que plus de 450 nouveaux réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici à 2030…

Nicolas Sarkozy, depuis le début de son mandat, a agi en actif VRP des industriels français en plaidant pour que «le nucléaire ne soit pas réservé à un petit nombre d'États détenteurs de la technologie". 


Dans un article du 14 mars 2011, le journal cite les propos du chef de l’Etat tenus devant des responsables et conseillers de l'UMP.

«Il faut donc raison garder… pas question de sortir du nucléaire… »


Faut-il se réjouir du revirement de situation annoncé, comprendre que Nicolas Sarkozy a trouvé raison ?

Que s’est-il passé depuis ces prises de positions catégoriques en faveur du développement féroce du nucléaire ?

 

L’Allemagne, la voie du possible


« Le gouvernement d'Angela Merkel a approuvé, lundi 6 juin (2011), un projet de loi visant à sortir de façon anticipée du nucléaire civil. (…)

(La nouvelle position de Madame Merkel) confirme un choix stratégique industriel amorcé dans les années 1990, qui vise à faire de l'Allemagne un champion mondial des technologies vertes et des énergies renouvelables.


(…) Déjà, les énergies renouvelables sont aujourd'hui, outre-Rhin, un secteur industriel à part entière. "Au vu des emplois et de la création de valeur qu'il génère, il est l'un des secteurs les plus importants de l'économie allemande", souligne Bernd Hirschl, expert à l'Institut pour la recherche économique écologique.

 Selon les chiffres de l'institut, le secteur comptait en Allemagne 370 000 emplois en 2010, soit une hausse de 8 % par rapport à 2009 et un doublement par rapport à 2004. "Il y a quelques années, les représentants du secteur avaient annoncé être en mesure de compter

500 000 emplois bruts en 2020", poursuit M. Hirschl.

"Si cette prévision se réalisait, les énergies renouvelables dépasseraient largement le secteur de la chimie et se rapprocheraient de l'industrie automobile, aujourd'hui locomotive de l'emploi en Allemagne", poursuit-il. 

(…) La part des énergies renouvelables dans la production d'électricité du pays doit passer de 17% aujourd'hui à 35% en 2020, pour atteindre les 80 % en 2050.»

Tiré d’un article du Monde présentant la démarche de développement et d’investissement dans les énergies renouvelables de l’Allemagne .

 

Qui parle sans savoir … :


Le 07 juin 2011, Nicolas Sarkozy, en toute méconnaissance de la situation allemande et de la solidité du choix de cet Etat pérore :

« On sera candidat pour leur vendre notre électricité et on sera également dans un rapport de compétitivité qui nous sera favorable, tant mieux. Mais c'est extrêmement important d'avoir du sang-froid.

(…) L'émotivité, le manque de sang-froid, l'instantanéité du débat médiatique conduisent à prendre des décisions qui sont extraordinaires, a-t-il dit. On ne peut pas, parce qu'il y a eu un tsunami au Japon, considérer que l'on doit appliquer les mêmes règles dans des régions qui ne sont pas au bord de mer. »

Le Monde



Si, en matière d'énergie, l’Allemagne semble conjuguer avec talent l’adage « Gouverner, c’est prévoir », notre gouvernement, utilisant la sortie du nucléaire comme argument électoral temporaire sans lendemains, va-t-il contraindre la France à acheter d’ici quelques années l’énergie verte allemande ?

 

Vous trouverez les autres articles de ce blog sur le nucléaire sous la catégorie "nucléaire"


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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 21:01

 

 

L'explosion a eu lieu dans l'entreprise Socodei à l'intérieur de l'enceinte du site nucléaire de Marcoule qualifié à sa création en 1956 de « cité atomique, germe de la puissance industrielle et militaire de la France". Il est fait état de cinq victimes : l'une est décédée, les quatre autres blessées. L'une grièvement brûlée a été évacuée. Sa vie serait menacée.


Le site comporte de nombreuses installations nucléaires, stocke une quantité importante de déchets radioactifs et travaille avec du combustible MOX. Le combustible MOX est fabriqué à partir d'environ 7 % de plutonium et 93 % d'uranium appauvri. ( L’inhalation d’un microgramme de plutonium suffit à provoquer un cancer du poumon.)


Un four aurait explosé dans l'entreprise sous-traitante Socodei, qui traite des déchets  radioactifs, aux alentours de 11h45, nous apprend la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité.  


La Criirad précisait cet après-midi que selon les autorités, il existe un risque de fuite.


"C'est un drame humain, un accident industriel. Il n'y a pas de risque chimique ou radioactif au moment où nous parlons", a déclaré Éric Besson quant à lui. Cependant que la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciuscko-Morizet était attendue sur le site vers 17H15 pour participer à une "évaluation précise des éventuels impacts radiologiques de cet accident", a indiqué le ministère.

 

Aucune mesure de confinement des populations n'a été jugée nécessaire.

 

Le laboratoire CRIIRAD gère 6 balises de détection de la radioactivité dans la vallée du Rhône. Toutes sont actuellement opérationnelles.

Les balises de ce réseau les plus proches de Codolet sont :

        - la balise atmosphérique d'Avignon (21 km au sud-sud-est),

        - la balise aquatique d'Avignon (17 km au sud-sud-est),

        - la balise atmosphérique de Montélimar (50 km au nord).


Ce lundi 12 septembre à 16h00 heure locale, aucune contamination n'a été détectée par les balises gérées par la CRIIRAD, dont le laboratoire assure une astreinte 24h sur 24.

 

 

Les alertes de ces derniers mois :


Août 2011


Incendie dans la salle des machines à la centrale EDF de Cruas Meysse le 18 août 2011

Secousses de magnitude 4,5 dans le Sud de l'Ardèche :

 

Juillet 2011 / Tricastin

Départ de feu dans un transformateur à la centrale EDF de Tricastin le 2 juillet 2011


Juin 2011 / USA

Etats-Unis : 2 centrales nucléaires dans le Nebraska (Fort Calhoun, Cooper) en état d'alerte suite à la crue de la rivière Missouri, lire l'information mise à jour au 30 juin 2011.

 

Le site de la CRIIRAD

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 18:00

 

 

 

Le nucléaire qu'il soit militaire avec Hiroshima et Nagasaki ou énergétique avec Tchernobyl et Fukushima n'a plus à démontrer la dangerosité extrême qu'il représente pour le monde. Les scientifiques, les lobbies énergétiques et financiers, les politiques font preuve d'une irresponsabilité que l'on peut dire criminelle sans exagération étant donné le nombre de victimes et la durée des conséquences sur l'environnement et la vie.

 

Les acteurs du nucléaire seront-ils un jour poursuivis pour crime contre l'humanité ?

 

Thomas Johnson, réalisateur, dit qu'à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima et après l'accident de Tchernobyl,  "il faut nous attendre, si tout se passe pour le moins pire, à ce que les Japonais donnent à nouveau naissance à toute une série de monstres tous plus hideux les uns que les autres".

 

Il présente dans un documentaire constitué de films réalisés en direct de l'accident de Tchernobyl, le travail acharné contre l'ennemi invisible effectué par les sauveteurs. Ils sont au nombre de 500 000 réquisitionnés pour liquider la radioactivité. On les a dénommés les liquidateurs. Beaucoup sont morts. Les survivants sont tous gravement malades. Leur vie est en sursis. Le documentaire est émaillé d'interviews de Gorbatchev qui était à la tête de la Russie le 26 avril 1986.

 

Ces hommes ont fait un travail héroïque dans des conditions de sollicitation physique à la limite des capacités humaines. La plupart se savaient condamnés. Ils se sont engagés dans leur tâche avec conscience et volonté.



Ils ont évité une deuxième explosion de la centrale dont la violence et la toxicité aurait détruit la vie dans toute l'Europe.

 

 

 

La Bataille de Tchernobyl- Un documentaire de Thomas Johnson

 

 

 

 

 

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 20:30

 

 

 

Fukushima :

Bien que  les médias aient fait tomber dans l'oubli la catastrophe qui s'est abattue sur le Japon en mars, la radioactivité reste extrêmement forte sur certaines zones qui n'ont pas été évacuées. Les compteurs Geiger ont disparu du marché au moment où ils s'avéraient indispensables. Les cours d'écoles où jouent les enfants sont très contaminées. Ce sont les grands-mères qui prennent les pelles pour enlever la couche radio-active en l'absence de réaction du gouvernement.

 

Le Nouvel Obs publie un reportage sur la vie à Fukushima :

 

 

Les révoltés de Fukushima

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 18:30

 

Article du 04 juillet de Aldous sur Agora Vox

 

Fort Calhoun, centrale nucléaire américaine est menacée de noyade

par la crue du Missouri. cf Les centrales aimeraient-elles le bain ?

Je n'ai trouvé aucun article plus récent que celui du 04 juillet sur le net.

Qui, en France, est au courant à ce jour de ces évènements ?

 

 

 Fort Calhoun : le réacteur sur générateur de secours,

 

le 03 juillet

 


L’intrusion de l’eau dans certains bâtiments de la centrale de Fort Calhoun a obligé la centrale à basculer brièvement sur l’alimentation électrique de secours dans la journée de dimanche selon l’Homaha World Herald.


http://www.omaha.com/article/20110627/NEWS01/706279901/-1#flood-test-not-over-for-nuke-plant

 


Les générateurs diesel ont été mis

en marche avec succès pour pallier

à des difficultés d’alimentation de

la centrale en électricité par le réseau électrique.

Comme à Fukushima,

le système de refroidissement

de la centrale dépend

de la fourniture constante en électricité.

Par ailleurs, plusieurs explosions ont créé des brèches sur des digues en amont de la centrale Nucléaire inondée de Fort Calhoun aux USA.

La rupture de ces

digues a provoqué l’inondation des

champs de maïs jusque-là protégés.

Les autorités gouvernementales ont d’abord

démenti être à l’origine de ces explosions, et

laissent entendre que des fermiers en colère

seraient suspects, mais vendredi, Jeff Theulen,

le coordinateur des opération d’urgence, a déclaré

que les digues ont peut-être été rompues intentionnellement.


En effet, un corps d’ingénieurs de l’US army

travaillait à niveler ces digues depuis une semaine. Ces travaux ont d’ailleurs entrainé la mort d’un conducteur dont le camion est tombé de la digue.

Ainsi la digue privée de Vanmann n°30 située au

nord de la réserve naturelle de Boyer Chute a

d’abord été excavée par l’armée avant qu’une

brèche ne soit ouverte par explosifs.


Deux autres brèches ont également provoqué l’inondation de zones de cultures sur cette portion

du fleuve.

L’inondation de la plaine par la rupture des digues agricoles est manifestement une tentative de créer

des réservoirs en amont de la centrale afin de

limiter la crue dans le lit principal du fleuve

Missouri.


 En France on utilise pour réguler les crues ce que

les ingénieurs en hydrométrie appellent des

réservoirs passifs d’écrêtement de crue qui sont des zones inondables dont la définition est :

Ouvrages passifs d’écrêtement de crue, à disposer dans un petit bassin versant, avec l’objectif de limiter l’importance des crues a 

l’aval de ce bassin.


Le principe est celui des vases communicants : au-dessus d’un certain niveau, l’eau déborde du lit du fleuve vers le réservoir, ce qui modère la crue dans le lit du fleuve.


C’est sans doute la raison pour laquelle l’armée abaissait la hauteur

des digues en amont du fleuve, l’idée étant que si le niveau monte encore les champs reçoivent l’excès d’eau.


La décision de rompre les digues montrent que l’inquiétude est

montée d’un cran et que les autorités sont passées à un mode

d’action d’urgence qui n’avait plus pour but de limiter le pic de crue mais de faire baisser le niveau de l’eau.


La situation semble plus préoccupante que ne le disent les autorités nucléaires, comme le confirme implicitement l’évacuation des

habitants dans une zone de 15 km autour de la centrale (et l’interdiction de survol) ce qui représente plus de 20.000 personnes.

Un autre indice est la décision prise par les autorités nucléaires d’abaisser considérablement la température de l’eau dans le réacteur au-dessous des normes usuelles afin de disposer de plus de temps en cas de rupture du système de refroidissement.

 


 

L’eau est à 308 m au dessus du niveau de la mer.
Le niveau d’alerte (307,85 m) imposant l’arrêt de la centrale a été dépassé le 9 juin.


On s’attend officiellement à une montée de 60 cm qui approche la limite de 309 m au-dessus du niveau de la mer.

A ce niveau, la digue de sacs de sable entourant la zone de l’infrastructure reliant la centrale au réseau électrique pourrait

céder ce qui entrainerait vraisemblablement que la centrale serait coupée du réseau électrique comme ça s’est passé à Fukushima.

Le système de refroidissement de la centrale dépendra alors des groupes électrogène diesel qui ont été mis en marche ce dimanche.

Or ces générateurs ne sont supposés supporter qu’une crue de 309m au-dessus du niveau de la mer.


Si l’eau monte encore plus haut, des générateurs secondaires

pourraient prendre le relai à concurrence d’une crue de 316.5 m.

Ces calculs ne tiennent pas compte des dommages que peu causer

l’eau par l’érosion ou la pression sur les murs à la longue car la

décrue n’est pas prévue avant de longs mois.


La crise ne fait donc que commencer.


Inutile de paniquer donc, en cas de problème il suffira d'appliquer la bonne vielle méthode américaine Duck & Cover (plonger & se couvrir) explicitée dans cette vidéo :

 

 

 

 

 

La centrale nucléaire de Cooper, située à moins d’une centaine de

kilomètres en aval de Fort Calhoun est elle aussi menacée par l'eau. 

 

 

Le centre nucléaire de Los Alamos, dans le Nouveau-Mexique, où fut

fabriquée la première bombe atomique, est menacé depuis le 26 juin par un incendie, qui a déjà réduit en fumée 93 000 hectares d’une forêt de pins.

 

Pour en savoir plus : Réseau Sortir du Nucléaire


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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 09:00

 

 

 

 

 

Elles impriment le ciel et le vent


Leur vol cisèle l’invisible.


Leurs ailes sont tatouées


De réminiscences de brume …

 

 

 

 

 

 

 

Les-mouettes

 

 

 

 

 

 

Les bains de pieds ne sont pas toujours bons pour la santé

 

ICI


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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 08:44

 

 

 Un dossier d'actualité du Réseau

                                   "Sortir du nucléaire" 

 20 juin 2011 :

Série noire à la centrale nucléaire

de Fort Calhoun, dans le Nebraska


 

 

 

 

Nos informations proviennent de la page spéciale du Nuclear Information and Resource Service (NIRS) :  

http://www.nirs.org/reactorwatch/accidents/fortcalhoun.htm

 

 

centrale-fort-calhoun

             Inondations à Fort Calhoun

 


La centrale nucléaire de Fort Calhoun (Nebraska), composée d’un réacteur

de 500 MW, est actuellement menacée par les inondations causées par le débordement du Missouri.


Cette centrale est à l’arrêt depuis le 9 avril pour rechargement de combustible. L’opération est terminée, un tiers du combustible ayant été renouvelé, mais elle n’a pas encore redémarré. Les piscines de combustibles contiennent

actuellement environ 670 tonnes de combustible usé, pour une radioactivité de 100 millions de curies (aux Etats-Unis, depuis 1992, le combustible usé reste stocké sur les sites). Le césium 137 (radioélément d’une demie-vie de 30 ans, connu pour causer des lésions aux viscères) représente 40 % de cette radioactivité. Ce seul réacteur contiendrait donc plus de Césium 137 dans ses déchets que ce qui a été relâché par les quatre réacteurs de Fukushima Daiichi jusqu’ici.


Le site est actuellement en alerte maximale, étant encerclé par les eaux à la suite d’une crue du Missouri. La centrale est en effet située à 1004 pieds (environ

306 mètres) au-dessus du niveau de la mer. Selon la Nuclear Regulatory Commission, le niveau des eaux au 15 juin était de 1005 pieds et 7 pouces au-dessus du niveau de la mer, et pouvait atteindre 1006 pieds et 4 pouces

dans les prochains jours.

 


Voici les évènements majeurs de ces derniers jours, dont nous avons connaissance :
- le 7 juin, un incendie dans une armoire électrique a privé le site

d’alimentation électrique, et donc privé les piscines, qui contenaient du combustible encore chaud, de refroidissement pendant 90 minutes.
- le 13 juin, un rejet d’eau depuis la centrale dans le Missouri s’est produit,

au rythme de 105 gallons (environ 397 litre) à la minute, pendant une durée indéterminée. Il n’est pas possible de savoir si cette eau, qui provenait du bâtiment administratif, était irradiée.
- le 17 juin, l’exploitant de la centrale, Omaha Public Power District, a signalé

une vulnérabilité potentielle à l’inondation - un trou dans un sol - qui pourrait avoir affecté un système de sécurité. OPPD devait sceller le trou

plus tard ce jour.

 

 


Nous ne pouvons pas fournir plus d’informations pour le moment malgré

le fait que nous suivions cette affaire de très près ; et vous invitons à

consulter la page du NIRS :

 

http://www.nirs.org/reactorwatch/accidents/fortcalhoun.htm

 


Plus encore que la submersion des piscines, le risque est bien que l’eau n’endommage les systèmes de refroidissement et d’alimentation électrique

de la centrale.

 


Un tel scénario n’a malheureusement rien d’exceptionnel... 

Ainsi, lors de la fameuse tempête de 1999, à la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) une forte inondation a également touché une partie des bâtiments, mettant hors d’usage plusieurs dispositifs du système de refroidissement,

avant d’atteindre la moitié des pompes. Pendant quelques heures, la sûreté

du réacteur n°1 n’a plus reposé que sur deux pompes. Du fait de la crainte

du "bug de l’an 2000", les techniciens de la centrale étaient sur le pied de

guerre et la catastrophe a pu être évitée de justesse... mais si de telles

conditions n’avaient pas été réunies, ou si la marée avait été plus forte,

on aurait pu craindre une défaillance totale des systèmes de refroidissement, pouvant potentiellement mener à la fusion du coeur [1].

Une partie des centrales nucléaires françaises sont situées le long de fleuves

sujets à de grandes crues (comme la Loire). La centrale de Gravelines, dans le Nord, est construite sur un polder, à proximité d’un réseau de canaux [2].  

Du fait des changements climatiques, les phénomènes extrêmes

(tempêtes, fortes pluies) pourraient voir leur fréquence et leur

amplitude s’accroître. Il est donc urgent de sortir du nucléaire,

avant que de tels phénomènes ne provoquent un accident grave

sur nos centrales.

 

 


Notes

[1] Le Blayais dans la tempête ou merci au bogue de l’an 2000, in Nucléaire : le déclin de l’empire français, Les Cahiers de Global Chance, 2011

[2] http://www.adelfa.org/?Pas-de-risque-zero-a-la-centrale

 

Pour trouver l’article : c'est ICI


 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:46

 

 

 

 

 

 

Bernard Laponche ,

      physicien nucléaire et polytechnicien :

 

                                      


“Il y a une forte probabilité

 d'un accident nucléaire majeur

 

en Europe”

 

 

 

 

 

   Une interview deVincent Remy

 

pour      Telerama

 






LE MONDE BOUGE - Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

 

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.


 On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1) . C'est provocateur, non ?

 
Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...


Pourquoi cette image s'est-elle imposée ? 


Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.


Parlons donc du combustible... 


Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?


Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ? 


Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.


“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”


Mais on multiplie les systèmes de protection... 


Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.


Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ? 


Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.


On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure... 


Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?


Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ? 


Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.


Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul... 


Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.


Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ? 


Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !


Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ? 


La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.


Pourquoi ? 


Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?


Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ? 


Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.


“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”


Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ? 


J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.


Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ? 


Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !


Cela ne demande pas beaucoup d'innovation... 


L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.


Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ? 


Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.


“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”


Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ? 


Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful. Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.


Comment expliquez-vous l'inconscience française ? 


Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.


Cela vient de notre pouvoir centralisé ? 


Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.


En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire... 


Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...


Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ? 


Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

Propos recueillis par Vincent Remy

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 23:31

 

 

 

 

Sur le pont qui relie Strasbourg à Kehl,

nous nous sommes rassemblés ce 25 avril à 12h05,

comme sur cinq autres ponts qui relient des villes alsaciennes

à des villes allemandes.

 

 

 

 

 

DSC09337a

 

 

Nous nous sommes rassemblés aujourd'hui

parce que Tchernobyl a 25 ans.

 

DSC09291a

 

 

 

Tchernobyl a 25 ans.

La Biélorussie, l'Ukraine et la Russie

en meurent encore.

 

 

DSC09299a

 

 

 

 

Fukushima a 6 semaines.

Les séismes continuent.

Il y en a eu presque 1000 depuis le 11 mars.

Leur intensité va s'accroître.

Aucune prévision sur l'arrêt des explosions

et des fuites ne peut être établie.

 

 

 

DSC09301a

 

 

 

En France, avons-nous des centrales infaillibles ?

 

 

 

 

DSC09317a

 

 

 

Si la centrale alsacienne de Fessenheim avait un accident,


L'Allemagne et la Suisse


qui sont à un jet de pierre de l'Alsace serait également contaminées.

 

 

 

 

 

DSC09329a

 

 

 

Il existe des solutions alternatives 

 

 

Negawatt est un regroupement de scientifiques

qui ont élaboré des programmes énergétiques

sans nucléaire

 

Leur site

 

 

 

Les reportages de France 3 Alsace

 

ici

 


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