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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 18:12

 

 

 

 

L'instant des possibles

 

 

 

 

L-instant-des-possibles.jpg

 

 

 

 


 

Il a tendu un voile bleu en fond de scène

Il l’a choisi léger et fin

D’une teinte douce et lumineuse.

Comme un ciel d’azur.

 

Il a placé quelques flambeaux

Qui ont jeté une lampée de blanc

Ourlée de lumière sur tout ce bleu.

 

Il a inventé quelques ombres chinoises.

C’est frais et intime, vaste et dépaysant.

 

Il m’a invitée à prendre place

Dans ce petit fauteuil tout rond

Qui fait rire mes yeux.

 

Sur la petite table ronde également,

Il a posé une théière à cou de girafe et demi-bec de canard.

Un Arum rose nacre se prélasse en un long vase éffilé.

Quelques feuilles d’hosta l’accompagnent dans sa baignade.

 

Il me tend avec un regard tendre une tasse délicate.

Mes doigts saisissent un instant les siens.


Il me regarde longuement.

 

Le temps frémit.

 

 

 


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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 23:09

 

 

 

 

Mur

 

 

 

 

 

 

Le mur vieillissait.

Cela faisait de nombreuses années qu’il se dressait ici

au bord de nulle part.

Si nombreuses que plus personne de par le pays

ne se souvenait de sa naissance.

Sa peau s’était affinée.

Si mince qu’on aurait dit un drapé de glace.

Sa peau s’était ridée.

De mille rides très fines qui le parcouraient en tous sens.

Une toison sèche gris-beige se tordait à son sommet.

Quelques lianes malingres pendaient à ses flans.

 

Un mouvement vif ébranla la quiétude.

Mystérieux.

Puis apparut un profil allongé et mobile.

Un petit lézard avait édifié son nid dans l’ensemble minéral.

 

 

 


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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 18:01

 

 

 

Quelques cheveux hirsutes ébouriffent le chemin.

La poupée désarticulée pose abandonnée.

              

Dix  petits cailloux au-delà,

Une sandalette bleue paresse…

 

Les graminées dessinent une mer ondoyante.

Leurs épis  griffent un convoi de nuages.

Le rouge des coquelicots secoue les ocres.

 

 

 

Assise les jambes en tailleur,

Une petite fille penche la tête sur un peton brun de terre.

Elle hésite entre larmes et rien.

 

Un petit caillou logé au creux de sa semelle

A laissé une signature de rien du tout sur la peau tendre.

 

La petite fille ne sait pas encore  si elle a un tout petit peu mal ou pas du tout.

 

Un bras de poupée dort dans les cailloux.

 

 

 

 

Coquelicot.jpg

 

 

 

 

 


 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 20:00

 

 

 

 

 

Le soir tombe.

Une lumière douce pâtine le carreau.

Parfum d'orange.

 

L’heure parle de câlins aux enfants

Et de petits lits douillets.

De volets que l’on baisse au son d’une berceuse

Fredonnée entre deux paroles à moitié oubliées.

 

 


 

L’odeur des crêpes s'attarde dans la cuisine.

On range les assiettes et la confiture du repas.

La vaisselle attendra demain.

 

La nuit est là sur le jardin.

La fenêtre s'ouvre sur l'ombre.

Frémissements et frôlements vibrent au dehors.


Elle a éteint la lumière.

Assise sur le rebord de la fenêtre, elle repose.

Le chant de la chouette effleure ses cheveux défaits.

 

 

 

Mots-du-soir.jpg

 


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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 20:00

 

 

 

 


Une couche craquante de feuilles sèches


parsemée de jets de soleil mouvants


les accueille dans un bourdonnement d'été.

 

 

 

Cela sent bon le Sud, les vacances et l'amour.

 

 

 

 


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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 06:59

 

 

 

 

 

 

 

Le supplice de la bêtise

 

 

 

 

Daniel

 

 

 

 

 

Quatre ans de Sarkozysme,


ça suffit !

 

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 07:00

 

 

 

  "La voix de la France a disparu dans le monde"


  Le Monde

 

 

 


Un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées, a décidé de livrer son analyse critique de la politique extérieure de la France

sous Nicolas Sarkozy. En choisissant l'anonymat, ils ont imité le groupe Surcouf émanant des milieux militaires, dénonçant lui aussi certains choix du chef de l'Etat. Le pseudonyme collectif qu'ils ont choisi est "Marly" – du nom du café où ils se sont réunis la première fois. Ceci est leur premier texte public.


La manœuvre ne trompe plus personne : quand les

événements sont contrariants pour les mises en scène présidentielles, les corps d'Etat sont alors désignés comme responsables.


Or, en matière diplomatique, que de contrariétés pour les autorités politiques ! A l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a

domptés et Washington nous ignore ! Dans le même temps,

nos avions Rafale et notre industrie nucléaire, loin des triomphes annoncés, restent sur l'étagère. Plus grave, la voix

de la France a disparu dans le monde. Notre suivisme à

l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires.

Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme

l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques.


Il est clair que le président n'apprécie guère les administrations de l'Etat qu'il accable d'un mépris ostensible et qu'il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique. C'est ainsi

que les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le

procès qui leur est fait. La politique suivie à l'égard de la

Tunisie ou de l'Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos

ambassades. C'est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme "piliers sud" de la Méditerranée.


Un WikiLeaks à la française permettrait de vérifier que les diplomates français ont rédigé, comme leurs collègues américains, des textes aussi critiques que sans concessions.

Or, à l'écoute des diplomates, bien des erreurs auraient pu

être évitées, imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et

aux préoccupations médiatiques à court terme.


Impulsivité ? L'Union pour la Méditerranée, lancée sans préparation malgré les mises en garde du Quai d'Orsay qui souhaitait modifier l'objectif et la méthode, est sinistrée.


Amateurisme ? En confiant au ministère de l'écologie la préparation de la conférence de Copenhague sur le

changement climatique, nous avons abouti à l'impuissance

de la France et de l'Europe et à un échec cuisant.


Préoccupations médiatiques ? La tension actuelle avec le Mexique résulte de l'exposition publique d'un dossier qui, par

sa nature, devait être traité dans la discrétion.


Manque de cohérence ? Notre politique au Moyen-Orient est devenue illisible, s'enferre dans des impasses et renforce les cartes de la Syrie. Dans le même temps, nos priorités évidentes sont délaissées. Il en est ainsi de l'Afrique francophone,

négligée politiquement et désormais sevrée de toute aide bilatérale.


Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives, qui s'expliquent souvent par des considérations de politique intérieure. Qu'on

ne s'étonne pas de nos échecs. Nous sommes à l'heure où des préfets se piquent de diplomatie, où les "plumes" conçoivent de grands desseins, où les réseaux représentant des intérêts

privés et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés.

Il n'est que temps de réagir. Nous devons retrouver une

politique étrangère fondée sur la cohérence, l'efficacité et la discrétion.


Les diplomates français n'ont qu'un souhait : être au service d'une politique réfléchie et stable. Au-delà des grandes

enceintes du G8 et du G20 où se brouillent les messages, il

y a lieu de préciser nos objectifs sur des questions essentielles telles que le contenu et les frontières de l'Europe de demain,

la politique à l'égard d'un monde arabe en révolte, nos

objectifs en Afghanistan, notre politique africaine, notre type

de partenariat avec la Russie.


Les diplomates appellent de leurs vœux une telle réflexion de fond à laquelle ils sauront apporter en toute loyauté leur expertise. Ils souhaitent aussi que notre diplomatie puisse à nouveau s'appuyer sur certaines valeurs (solidarité, démocratie, respect des cultures) bien souvent délaissées au profit d'un coup par coup sans vision.


Enfin, pour reprendre l'avertissement d'Alain Juppé et

d'Hubert Védrine publié le 7 juillet 2010 dans Le Monde "l'instrument [diplomatique] est sur le point d'être cassé".

Il est clair que sa sauvegarde est essentielle à l'efficacité de

notre politique étrangère.

 

 

 

Article du Monde du 22.02.2011

 

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:17

 

 

 

 

 

 

 

 

Papa est parti à la pharmacie chercher des médicaments.

 

Mon petit frère tousse.

Il a de la fièvre.

Le docteur est venu.

 


Après,

papa va venir me chercher au cours de musique.

Je joue de la flûte.

 

 

 

La prof, elle s’habille avec de drôles de vêtements.

  Elle est sévère pour les doigts.


  Mais j’aime bien.

 

Le cours se termine.

Je sors de la salle de musique.

 

 

 

 


Pourquoi papa n’est-il pas là aujourd’hui ?

 

 

 

 

Je m’habille. J’attends.

 

Je vois chaque élève partir.

Mes copines me font une bise.

 


« Il est pas là, ton papa ?

 


Je voudrais bien rester avec toi.

Mais maman me dit de pas trainer après le cours.

Je dois rentrer. »

 

 

 

 

  La prof sort à son tour de la salle.

Elle a fini de ranger.

 

« Qu’est-ce que tu fais encore là, Hélène ? »


              - Papa n’est pas arrivé, Mademoiselle.

                Je l’attends. »


              - Hélène, il va falloir que tu l’attendes dans la rue.

                Ce soir, je suis pressée. Je ne peux rester avec toi.

                Je dois fermer l’école. »

 

Mademoiselle est toujours pressée.

Elle rejoint son amoureux après le cours.


 

 

 

Je sors.

 

Bientôt, il fera nuit sur le trottoir.

Il a neigé un peu.

Ce matin, c'était tout blanc quand je me suis levée.

Et il a encore neigé un peu tout à l’heure.

Maintenant, il fait froid.

Des petites étoiles brillantes s’allument sur le trottoir.

J’ai oublié mes gants.

Mes doigts commencent à durcir.

 

 

 

 

J’aimerais bien rentrer.

Mais le cours est trop loin de ma maison.

Je ne connais pas le chemin.

C’est pour ça que mon papa vient me chercher.

 

Je regarde la vitrine à côté de l’école de musique.

Il y a des tasses avec des dessins de Bugs Bunny

Et puis de Mickey.

Il y des bombes,

Plein de bombes.

Contre les insectes et les mauvaises odeurs.

 

Elle n’est pas très intéressante cette vitrine.

Il n'y a pas de chocolat chaud dans les tasses pour me réchauffer.

 

 

 


Je me demande ce qu’il fait mon papa.

Il est toujours à l’heure.

 

 


 

Quand il vient,

Papa se met toujours en double file.

Alors les gens klaxonnent.

J’aime pas ça, c’est à cause de moi

Tout ce dérangement.

 

 

 


Un monsieur entre dans la boulangerie, en face.

J’ai faim.

J'ai pas mangé mon goûter.

Je le prends toujours à la maison.

Et puis, je commence à avoir vraiment froid maintenant.

Mes doigts me font mal.

 

 

 

 

 

J’ai une petite envie de pleurer.

J’ai peur.

 

Mes yeux coulent tout seul.

Je veux pas qu'on voit que je pleure.

 

 

 

 


Pourquoi papa n'est-il pas encore là ?

 

 

 

Son papa ne viendra pas la chercher.

Il est kurde.

L’asile politique, accordé à son frère, lui a été refusé.

Ce 20 novembre 2010,

 il a été arrêté sur le chemin de l’école de musique de Poitiers

placé en Centre de Rétention Administrative

à 300 kms de sa famille.

Il est orphelin.

Dans les pays de l’Est, où la France cherche à le renvoyer,

Il est exposé à la discrimination.

 

 

 

 

Vous souhaitez vous informer :

 

Réseau Education sans Frontières (RESF)

 

 

 

 

 

 

 

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