L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Dans le ciel vivent les nuages. Ils sont nombreux
et légers, légers. Ils traversent l'espace, sans se presser,
ils passent lentement au-dessus de la terre, comme cela,
tout gonflés comme des voiles, ou bien allongés comme
des lambeaux de linge. Ils sont beaux.
Eux, ils ne savent rien faire d'autre que se promener. Ils viennent
d'un côté de l'horizon, ils vont vers l'autre côté Ils ne sont pas
pressés. Ils avancent avec majesté, mais légers, légers en glissant
dans l'air bleu.
Ils roulent un peu, ils s'étirent, ils lancent quelques
volutes en avant, puis le reste du corps suit en rampant et les
panaches de l'arrière se replient. Ils n'ont pas de tête ni de jambes.
Ils ont des quantités de corps en un seul, qui bougent et frémissent,
comme s'il y avait une troupe d'enfants cachés sous un grand drap.
J.M.G Le Clézio
Demain, une histoire à épisodes
Le monde au bout du crayon