L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Du vent dans les stress tests :
L’Autorité de Sûreté Nucléaire a publié les résultats des tests de résistance effectués sur 80 installations nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima.
Jean-Marie Brom, physicien des particules au CNRS de Strasbourg, expert en énergie nucléaire, dénonce la mascarade des stress tests, qui semble se composer d’un collage de résultats de tests déjà connus. Il a lu « les 394 pages de vide » concernant la centrale nucléaire de Fessenheim qui ne révèlent rien de nouveau à ce jour.
« Ces tests c'est du flan », a-t-il affirmé. « On ne se prémunit pas mieux qu'avant, il n'y a rien dans ces rapports que l'ASN ne devrait savoir. » rapporte le Parisien
Faut-il en conclure qu’il n’y a pas eu de tests ?
Quel est le coût officiel de ce « travail » ?
Une reconversion décoiffante :
« Parallèlement, le ministre de l'industrie Eric Besson a déclaré, vendredi 16 septembre, que le scénario d'une réduction à 50 % en 2025 de la part du nucléaire dans la production énergétique française, prôné par François Hollande dans le cadre des primaires du PS, était à l'étude parmi d'autres. » déclare Le Monde
Un vent de folie souffle sur le nucléaire civil :
Nicolas Sarkozy, quant à lui, organisait, le 8 mars 2010 une conférence internationale à Paris pour favoriser l’accès au nucléaire civil de tous les états le souhaitant. Le Figaro nous informe que :
"Lors de la conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil à Paris, le président français a encouragé les banques à financer des projets dans ce domaine. Il a aussi annoncé la création d'un institut international de l'énergie nucléaire…
Dans ce contexte, la World Nuclear Association estime que plus de 450 nouveaux réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici à 2030…
Nicolas Sarkozy, depuis le début de son mandat, a agi en actif VRP des industriels français en plaidant pour que «le nucléaire ne soit pas réservé à un petit nombre d'États détenteurs de la technologie".
Dans un article du 14 mars 2011, le journal cite les propos du chef de l’Etat tenus devant des responsables et conseillers de l'UMP.
«Il faut donc raison garder… pas question de sortir du nucléaire… »
Faut-il se réjouir du revirement de situation annoncé, comprendre que Nicolas Sarkozy a trouvé raison ?
Que s’est-il passé depuis ces prises de positions catégoriques en faveur du développement féroce du nucléaire ?
L’Allemagne, la voie du possible
« Le gouvernement d'Angela Merkel a approuvé, lundi 6 juin (2011), un projet de loi visant à sortir de façon anticipée du nucléaire civil. (…)
(La nouvelle position de Madame Merkel) confirme un choix stratégique industriel amorcé dans les années 1990, qui vise à faire de l'Allemagne un champion mondial des technologies vertes et des énergies renouvelables.
(…) Déjà, les énergies renouvelables sont aujourd'hui, outre-Rhin, un secteur industriel à part entière. "Au vu des emplois et de la création de valeur qu'il génère, il est l'un des secteurs les plus importants de l'économie allemande", souligne Bernd Hirschl, expert à l'Institut pour la recherche économique écologique.
Selon les chiffres de l'institut, le secteur comptait en Allemagne 370 000 emplois en 2010, soit une hausse de 8 % par rapport à 2009 et un doublement par rapport à 2004. "Il y a quelques années, les représentants du secteur avaient annoncé être en mesure de compter
500 000 emplois bruts en 2020", poursuit M. Hirschl.
"Si cette prévision se réalisait, les énergies renouvelables dépasseraient largement le secteur de la chimie et se rapprocheraient de l'industrie automobile, aujourd'hui locomotive de l'emploi en Allemagne", poursuit-il.
(…) La part des énergies renouvelables dans la production d'électricité du pays doit passer de 17% aujourd'hui à 35% en 2020, pour atteindre les 80 % en 2050.»
Tiré d’un article du Monde présentant la démarche de développement et d’investissement dans les énergies renouvelables de l’Allemagne .
Qui parle sans savoir … :
Le 07 juin 2011, Nicolas Sarkozy, en toute méconnaissance de la situation allemande et de la solidité du choix de cet Etat pérore :
« On sera candidat pour leur vendre notre électricité et on sera également dans un rapport de compétitivité qui nous sera favorable, tant mieux. Mais c'est extrêmement important d'avoir du sang-froid.
(…) L'émotivité, le manque de sang-froid, l'instantanéité du débat médiatique conduisent à prendre des décisions qui sont extraordinaires, a-t-il dit. On ne peut pas, parce qu'il y a eu un tsunami au Japon, considérer que l'on doit appliquer les mêmes règles dans des régions qui ne sont pas au bord de mer. »
Si, en matière d'énergie, l’Allemagne semble conjuguer avec talent l’adage « Gouverner, c’est prévoir », notre gouvernement, utilisant la sortie du nucléaire comme argument électoral temporaire sans lendemains, va-t-il contraindre la France à acheter d’ici quelques années l’énergie verte allemande ?
Vous trouverez les autres articles de ce blog sur le nucléaire sous la catégorie "nucléaire"