L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Nad, chez moi aussi ça craque et ça dérape tout autour. Et c'est difficile.
Et puis hier, j'ai passé une journée au pied des Vosges du Nord, dans ce pays vallonné de grandes forêts de feuillus.
J'étais installée dans une prairie avec mon chevalet et mes pinceaux. Un magnifique arbre mort se dressait devant moi. Il tendait au bleu du ciel ses bras mutilés. Un rosier liane y a grimpé et le pare de quelques feuilles vertes jaunissantes.
A jet d'yeux, s'étendait une haie construite en flèches de cathédrale faite de l'alternance d'arbres légers et d'arbustes aux baies rouges. Les oiseaux enchaînaient un ballet aérien de branche en branche.
J'ai enduit ma planche de gesso. Je l'ai laissé sécher. Quelques moucherons imprudents ont figé leurs minuscules pattes dans la craie blanche qui couvrait le bois. J'ai tenté de les dégager. Certains avec succès.
J'ai pris mon crayon et j'ai découvert la beauté de cet arbre, la tournure de son tronc aux élancements gracieux, les creux taillés par le temps et la vie, les mille départs de branches tombées. Au fur et à mesure de mon observation attentive pour tracer sur le blanc de ma planche son esprit, je découvrais sa richesse. J'étais heureuse qu'il me soit donné de l'avoir rencontré.