L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
L'instant des possibles
Il a tendu un voile bleu en fond de scène
Il l’a choisi léger et fin
D’une teinte douce et lumineuse.
Comme un ciel d’azur.
Il a placé quelques flambeaux
Qui ont jeté une lampée de blanc
Ourlée de lumière sur tout ce bleu.
Il a inventé quelques ombres chinoises.
C’est frais et intime, vaste et dépaysant.
Il m’a invitée à prendre place
Dans ce petit fauteuil tout rond
Qui fait rire mes yeux.
Sur la petite table ronde également,
Il a posé une théière à cou de girafe et demi-bec de canard.
Un Arum rose nacre se prélasse en un long vase éffilé.
Quelques feuilles d’hosta l’accompagnent dans sa baignade.
Il me tend avec un regard tendre une tasse délicate.
Mes doigts saisissent un instant les siens.
Il me regarde longuement.
Le temps frémit.