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L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.

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La danse des AAA, mante religieuse du libéralisme

Je vous propose deux articles, très différents, pour mieux appréhender les enjeux des AAA et comprendre les crises nationales qui suivent la perte d'un A, menace qui plâne sur notre pays.

Les points de vue de banquiers, conseillers financiers, du gouvernement et du Centre d’Étude et de recherche en économie internationale (CEPII) sur les risques de la perte du AAA par la France et les conséquences nationales et européennes prévisibles.

Cet article apporte des éléments d'éclairage sur la crise actuelle. Mais il n'interpelle pas le rôle des spéculateurs, des banques et des agences de notation dans l'écroulement des économies touchées. Il n'évoque pas la nécessité d'une réforme en profondeur du système libéral et du dictat de ces agents du A et des responsables des attaques contre les pays affaiblis.




Charlotte Boitiaux  
France 24

L’abaissement inédit de la note souveraine américaine suscite bien des craintes. La France, comme le reste de la zone euro, sait que les marchés financiers suivent de près la politique de réduction des déficits publics. Mais que risque l'Hexagone ?
Pour voir la vidéo d' Achren VERDIAN, cliquez.


 

A qui le tour ? Après la dégradation de la note souveraine des États-Unis par l'agence Standard & Poor's, la question semble devoir se poser désormais pour la France, souvent considérée par les milieux financiers comme la mauvaise élève du cercle très fermé des notes "AAA" de la zone euro (France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande et Luxembourg). Si l’Hexagone ne devrait pas subir, dans l’immédiat, le même sort que les États-Unis, il cumule tout de même quelques handicaps aux yeux des agences de notations : déficit croissant de son commerce extérieur, perte de compétitivité, croissance en berne. La France va également terminer l’année 2011 avec un déficit public de l’ordre de 5,5% de son PIB, un chiffre bien supérieur à celui ses homologues européens (-3,7% pour les Pays-Bas, -2% pour l’Allemagne, -1% pour la Finlande).

"La France n’est pas vraiment un pays "AAA", estime Paul Donovan, économiste pour la banque UBS. Elle n’est d’ailleurs pas traitée comme un pays doté de cette note par les marchés puisqu'elle n'imprime pas sa propre monnaie", précise-t-il encore. Un communiqué publié par la société britannique de conseil en investissements financiers BBH, basée à Londres, ne fait pas de mystère : "Le pays est sur la corde raide. Plus la tension sur les marchés monte, plus la note de la France est menacée".

 

L’Hexagone condamné à réduire ses déficits


En France, pourtant, on se refuse à montrer des signes de nervosité. Même si le président Nicolas Sarkozy a interrompu pendant une journée ses vacances pour présider une réunion de crise le 10 août, il a exclu - pour le moment - de faire une intervention publique qui pourrait être interprétée comme un signe d’inquiétude ou de fébrilité. Les ministres de l'Économie et du Budget, François Baroin et Valérie Pécresse, ont réaffirmé de leur côté les engagements de l’Hexagone en matière de réduction de son déficit public. Le message est clair : la France compte bien conserver la note AAA qui lui permet de continuer d'emprunter sur les marchés financiers à des taux aussi bas que possible.

 

"Nous avons pris l’engagement d'être, en 2013, au même niveau de déficit qu'en 2008, et nous serons à ce rendez-vous là", a déclaré lundi soir François Baroin, invité sur la chaîne TF1. Le gouvernement français a fixé le cap en tablant sur une réduction de son déficit public à 4,6% fin 2012, à 3% fin 2013 et à 2% fin 2014. Interrogé sur l'abaissement de la note souveraine américaine, le ministre de l'Économie a d'ailleurs souligné que "la même agence qui [avait] dégradé les États-Unis a [également] déclaré (…) que la France conservait sa meilleure notation du fait d'une politique budgétaire intelligente". Même confiance affichée du côté de Valérie Pécresse : "Notre trajectoire de retour aux équilibres publics est la bonne", a-t-elle déclaré ce mardi sur RTL.

 

Une menace pour la zone euro


La multiplication des déclarations gouvernementales n'enlève rien aux risques, bien réels, de voir une agence dégrader la note souveraine française. L’un des principaux instituts allemands d'observation de la conjoncture économique, le DIW, a d'ailleurs mis en garde, ce mardi, contre un abaissement de cette note qui pourrait provoquer une "désintégration de la zone euro." Dans une telle hypothèse, le DIW craint qu’une baisse de la note souveraine de l’Hexagone ne vienne mettre à mal le Fonds européen de stabilité financière (FESF) mis en place par les dirigeants de la zone euro en mai 2010 pour offrir une aide financière aux pays membres de l'Union monétaire en difficultés, et dont la France est le deuxième plus important contributeur.

 

"La stabilité du FESF dépend de la qualité de ses garants, comme la France. Si ces derniers ne sont plus fiables, les conditions de mises en place de mécanismes de soutien au reste de la zone euro vont se dégrader", explique Benjamin Carton, spécialiste économique au Centre français d'étude et de recherche en économie internationale (CEPII), à Paris.

Autre scénario qui inquiète les observateurs : l'hypothèse d'une faillite italienne ou espagnole. "Si un de ces deux pays venaient à s'écrouler, la France serait obligée de participer à un plan de sauvetage qui affaiblirait en retour les finances de l'Hexagone", estime Frédéric Bonnevay, économiste chez Anthera Partners, spécialisé dans la gestion de risque financier.


Le déficit public, au cœur de la présidentielle 2012 ?


Pour le moment, rien ne sert de céder à la panique. "La France n'est pas gravement menacée, tempère Benjamin Carton. Les agences de notations ont accueilli favorablement la réforme des retraites menée par Nicolas Sarkozy, et elles louent la capacité de notre pays à se réformer", ajoute-t-il.

Ce spécialiste du CEPII espère que cette menace d’un abaissement de la note française pourra au moins servir d'électrochoc, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2012. "La France n’a jamais placé la politique de réduction budgétaire au cœur de ses préoccupations depuis les années 1980. C’est désormais vital pour le pays", souligne-t-il. "Encore faudra-t-il que les politiques arrivent à dépasser les affrontements partisans pour définir une ligne politique commune."

Au-delà du cadre national, la situation devrait sensiblement s'améliorer sur le marché de la dette en Europe grâce à l'intervention de la Banque centrale européenne. "La BCE limite les risques d'un effondrement des places financières en rachetant des obligations d’État italiennes et espagnoles, précise encore l'économiste du CEPII. "Elle rassure donc les détenteurs de titres souverains, effrayés par le risque de n’être jamais remboursés."

 

 

 

 

Après les menaces contre la Grèce, l'Italie, les Etats-Unis, Martine Orange de Médiapart nous propose un article technique sur la dernière attaque de banques nationales qui menacent un nouvel Etat : la France.

 La crise pressentie rassemble les troupes ministérielles autour de Nicolas Sarkozy qui a interrompu les vacances du gouvernement, signe de la gravité accordée aux évènements.

 

Les banques, une nouvelle fois, espèrent tirer profit de leurs difficultés (passagères) au détriment des citoyens.

 

Les plus pauvres d'entre nous vivront dans une économie de survie encore plus minimale à l'heure où le SAMU social de Paris perd des places d'hébergement de façon dramatique. Chacun d'entre nous y perdra une qualité de vie longuement tissée depuis la sortie de la deuxième guerre mondiale, déjà largement amputée pour répondre aux injonctions de ces nouveaux maîtres du monde.

 

Les tenants du libéralisme, cultivateurs de l'ISF, des niches et paradis fiscaux, trouveront-ils les parades nécessaires à préserver tous leurs avoirs ? On peut leur faire confiance.

 

 

 

 



Crise: l'impromptu de l'Elysée
 
Par Martine Orange
Médiapart - 11 août 2011


 

L'impromptu de l'Elysée, censé rassurer population et marchés, aura eu l'effet inverse de celui recherché. Car dès la matinée, les questions se multipliaient sur cette réunion extraordinaire, décidée dans la précipitation. Qu'y avait-il donc de si urgent pour que Nicolas Sarkozy –qui n'avait pas estimé nécessaire d'interrompre ses vacances jusque-là malgré la crise aiguë des marchés financiers– rentre en vitesse à Paris et convoque les ministres des finances et du budget ainsi que le gouverneur de la Banque de France? Officiellement, peu de choses. Cette réunion s'est terminée par un vague communiqué annonçant la détermination du gouvernement à respecter ses engagements budgétaires et à réduire le déficit. 

Tout cela pour ça? Personne n'y a cru. Cette communication minimale, accentuant l'opacité dans laquelle l'Elysée et le gouvernement gèrent la crise financière depuis des mois, les Français étant tenus pour quantité négligeable sur ces questions censées les dépasser, a relancé la machine à rumeurs dans des marchés boursiers déjà au bord de la crise de nerf. La panique et la spéculation ont pris les manettes. Paris a connu sa pire journée depuis 2008 avec une chute de 5,45%, tandis que Francfort chutait de 5,1% et Londres de 3,05%. Le krach rampant s'installe.

Réalité ou supposition? C'est un bruit tenace sur l'imminence d'une dégradation de la note française, aujourd'hui AAA, qui a nourri la spéculation. Cela fait plusieurs mois que la qualité de la signature française est mise en doute et l'agence de notation chinoise l'a déjà dégradée à AA-. Mais les doutes ont repris de plus belle depuis la dégradation des Etats-Unis. La France, en comparaison, n'est pas en meilleure position, compte tenu de la gestion calamiteuse des finances publiques depuis 2007.

Dans la journée, Bercy a fait un communiqué assurant que la note française était confirmée par les trois agences de notation Standard & Poor's, Fitch et Moody's. De leur côté, celles-ci ont confirmé maintenir leur appréciation sur la France. Mais le doute n'a pas été levé, pour autant. Il était déjà là avant même la dégradation de la note américaine.


Depuis une dizaine de jours, les credit default swap (les fameuses assurances opaques censées couvrir les risques des créanciers) de la note français ne cessent de monter. Mercredi soir, ils ont encore bondi de plus de 20 points pour terminer à 172 points. Un niveau jamais atteint sur la signature française.

Ce doute sur le crédit de la France a affolé les marchés et alimenté la spéculation à la baisse. Qu'adviendrait-il de la zone euro, si la France, après l'Espagne et l'Italie, était attaquée? C'est tout le système financier international qui est sous la menace.

Par contrecoup, toutes les valeurs bancaires, en première ligne, se sont effondrées sur toutes les places boursières, y compris à Wall Street. Mais c'est à Paris et à Milan que la chute a été la plus rude. La banque italienne Intesa a dû être suspendue après avoir perdu plus de 15%. BNP Paribas a chuté de 9,47%, le Crédit agricole de 11,81%. Des chiffres comparables à ceux du lendemain de l'écroulement de Lehman Brothers.


Mais c'est la Société générale, maillon faible du monde bancaire français car la plus petite mais aussi la plus présente sur les activités spéculatives, qui a été la plus malmenée. Après avoir perdu jusqu'à 23% en séance, elle a terminé à 14,74%. Selon des rumeurs insistantes, elle serait en grande difficulté. Et c'est cela qui aurait provoqué la réunion en urgence à l'Elysée. Ce bruit circule depuis la parution d'un article dans le Daily on Sunday de dimanche dernier, qui mentionnait les difficultés de la banque, en raison de son exposition à la dette grecque et des autres dettes souveraines. La Société générale a démenti la teneur de l'article. Comme elle a démenti ce mercredi la moindre difficulté, rappelant qu'elle avait réalisé plus d'un milliard de bénéfices au premier semestre. Mais le soupçon n'a pas été dissipé. Sur le marché des CDS, la dette de la Société générale a pris 29 points dans la journée pour atteindre 299 points. Même si les autorités bancaires françaises assurent qu'il n'y a aucun problème sur la Société générale, ce n'est pas le signe d'une grande confiance en cette banque, première au monde sur les marchés des dérivés d'actions.

De toute façon, la confiance est en train de s'envoler sur l'ensemble du secteur. Significativement, les banques, qui savent mieux que tout autre, ce qu'elles ont dans leurs livres et ce qui se passe chez les autres, veulent de moins en moins se faire crédit. Cela prouve une nouvelle fois combien le problème bancaire n'a pas été traité à temps. Le marché interbancaire n'en est pas au point de l'automne 2008, mais il se tarit à vue d'œil. Un membre de la BCE s'est même inquiété de l'augmentation du nombre de dépôts faits par les banques auprès de la banque centrale en quelques semaines. Ceux-ci représentent plus de 135 milliards d'euros. Plutôt que de le prêter à d'autres établissements, les banques préfèrent mettre leur argent en sûreté à la banque centrale à un taux quasi nul (0,5%).

Si l'inquiétude des milieux financiers est réelle, elle n'est pas dénuée de calculs. La panique est pour eux une excellente méthode pour arracher tout ce qu'ils veulent aux politiques. Comment résister quand on vous menace de la fin du monde? Dans le cas présent, le but recherché par le monde financier est précis: ils veulent faire pression sur l'Europe pour obtenir une révision de ce qui a été négocié lors du sommet européen du 21 juillet. Les conclusions de ce sommet ne satisfont pas les financiers. D'abord, ils ne veulent pas être associés aux pertes sur les dettes souveraines, comme il a été prévu. Ils commencent à faire la démonstration de ce qu'on veut leur imposer, en mettant sous le nez des gouvernements des prévisions catastrophiques qui pourraient conduire à l'écroulement d'une ou plusieurs banques.

Ensuite, ils veulent obtenir une augmentation du fonds de stabilité financière pour le porter de 440 à au moins de 2.000 milliards d'euros afin que celui-ci puisse leur racheter leurs dettes et porter les risques à leur place. L'ennui est que l'Allemagne, soutenue par les Pays-Bas et la Finlande, met un veto absolu à toute augmentation. Mais les marchés financiers ne désespèrent pas que la panique, surtout si l'on s'attaque à la France, finira par être bonne conseillère et que l'Allemagne entendra raison.

Enfin, ils exigent une gouvernance, selon leurs termes, identique de l'Europe. La lettre de la BCE, s'érigeant en autorité politique supranationale, au gouvernement italien en a donné les termes: austérité sur toute la société, coupes sombres dans toutes les dépenses publiques, privatisation par pans entiers des biens publics, flexibilité sans limites du marché du travail. Toutes les richesses du pays doivent être mobilisées au seul profit du secteur financier.
 
Le communiqué de l'Elysée, après la réunion de travail, ne dit rien de tout cela. Il rappelle juste son attachement à la “règle d'or” et à la stricte réduction des déficits. Mais entre les lignes, on a déjà compris: le gouvernement français est prêt à accepter toutes les conditions posées par le monde financier. Il a déjà capitulé. 



La France va-t-elle vivre comme la Grèce au rythme des coups de boutoir de quelques joueurs en bourse, qui prennent la planète pour  un jeu vidéo et s'attaque aux fondements financiers des Etats entrainant leurs populations dans une paupérisation grave, une détérioration depuis longtemps oubliée de leurs conditions de travail, une régression orchestrée de leurs conditions sociales et une destruction des structures de solidarité nationales, comme ils mitrailleraient desarmées de travailleurs sur leur écran jubilant de leur puissancemorbide ?
 
 
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J
<br /> Ce n'est pas la notation qui est la mante religieuse de l'économie, elle ne signifie rien en soi, mais les hommes qui s'en servent et d'une manière plus générale la frénésie du tout ou rien qui les<br /> fait considérer qu'en dehors de la première marche d'un podium, tout est nul.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Un été pourri pour un monde pourri. Il faut réagir !<br /> Mais beaucoup d'entre nous s'endorment pendant les vacances. La révolte ne devrait pas connaître de trêve estivale. Juillet est le mois des révolutions<br /> <br /> <br />
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