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L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.

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Cour européenne de Justice : 117000 € par jour, la salade d'algues à la Française ?

 

 

 

Les algues vertes en putréfaction peuvent-elles représenter un danger mortel pour l’homme ?

 

La mort de deux chiens à Hillion (22), la mort d’un cheval, la mort présumée d’un jogger, celle d’un ouvrier chargé du ramassage, des témoignages de victimes, des taux d’hydrogène sulfuré très élevés (...)

« L’histoire des deux chiens m’a alerté. Car les deux autopsies réalisées par deux organismes différents (l’école vétérinaire de Nantes et le laboratoire départemental de Vendée) confirment le décès par inhalation de gaz toxiques. Ces chiens sont morts d’un œdème aigu du poumon. Il n’y a aucune ambiguïté », affirme le Dr Lesné, spécialiste au CNRS des polluants aériens et de leurs effets sur la santé(...) Ça peut également arriver à des humains et, notamment, à des enfants. Surtout que les animaux réagissent habituellement plus tard et à des doses plus élevées ». 

SeauS

 

Que sont les algues vertes ? Comment se forment-elles ?

 

Des algues, vertes pour la plupart, prolifèrent en été sur certains sites (les observations les plus anciennes de ce phénomène datent de 1952). Le phénomène s’est accéléré depuis la fin des années 1970, et il représente aujourd’hui une nuisance préoccupante.
 
Ces proliférations (« eutrophisation ») sont déclenchées par un apport excessif d’azote dans la mer. Cet azote provient des nitrates transportés par les rivières jusqu’au milieu marin. Les algues vertes se forment en mer, et sont ensuite rejetées sur la plage par les courants. (...)

 

D’où viennent les nitrates à l’origine de la formation des algues vertes ?

Le nitrate provient aujourd’hui essentiellement des activités agricoles, notamment de l’épandage d’engrais azoté d’origine minérale ou organique (engrais de ferme, issu des déjections animales : lisier ou fumier - forme liquide ou solide).
 
En Bretagne :
- 1/3 de l’azote épandu est de l’engrais azoté minéral ;
- 2/3 de l’azote épandu est de l’engrais azoté organique issu des déjections des vaches (57%), porcs (31%), volailles (12%). 
 
Seule une partie de l’azote est absorbée par les plantes, et le reste se diffuse dans la nature (eau, sol, air). L’eau chargée en nitrates ruisselle depuis les champs, rejoint les rivières puis la mer.

Quelles nuisances les algues vertes présentent-elles ?


Algues-vertes

Les algues vertes représentent un risque pour la santé humaine : dans les zones où elles s’accumulent, leur décomposition entraîne le rejet d’hydrogène sulfuré, gaz toxique pour les personnes qui le respirent : si le gaz est très concentré dans l’air (1000 parties par million (ppm)), l’inhalation peut être mortelle en quelques minutes.
 
Elles sont aussi la source de fortes nuisances olfactives qui perturbent les activités de loisirs.
 
Elles peuvent également affecter l’économie locale en gênant la production d’huîtres (« activités conchylicoles »). 
 
Enfin en mer, la prolifération excessive des algues, en formant un écran entre la lumière et les fonds marins, peut nuire à la survie de certaines espèces animales et végétales, et par conséquent réduire les possibilités de pêche.

Qu’est-ce que le plan algues vertes ?

Cinq axes d’intervention sont prioritaires :
- améliorer les connaissances sur les algues vertes par la création d’un groupement de recherche (GDR)
- assurer la sécurité sanitaire des personnes et la salubrité du littoral par des recommandations et des prescriptions renforcées de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) 
- accompagner les collectivités dans la collecte et le traitement des algues vertes
- réduire les flux de nutriments en provenance des installations de traitement des eaux usées domestiques et industrielles
- donner à l’agriculture les moyens d’un développement durable en contrôlant mieux les apports d’azote et en diminuant les quantités utilisées

 

La France respecte-t-elle les obligations européennes en matière de limitation de l’apport de nitrates par l’activité agricole ? Pourquoi ?


La France a été condamnée en 2002 car elle n’avait pas respecté les critères de la directive nitrates pour délimiter les zones vulnérables. Une importante extension des zones vulnérables dans les bassins Artois-Picardie et Seine-Normandie lui a permis de remplir ses obligations et ainsi de clore le contentieux.


Depuis novembre 2009, la France a reçu une mise en demeure relative au contenu de ses programmes d’action nitrates. La Commission a listé de nombreux griefs comme des périodes d’interdiction d’épandage insuffisantes, des obligations insuffisantes concernant les capacités de stockage des effluents d’élevage, une sous-évaluation des quantités d’azote rejetées par les animaux, une insuffisante prise en compte des conditions locales (sol climat qui modifient la capacité d’absorption des nitrates (« équilibre de la fertilisation »). Cette mise en demeure pourrait conduire à une condamnation par la Cour de Justice européenne dans les deux ans.

Extraits du site de l'écologie, du développement durable, du transport et des logements (Ce n'est pas un inventaire à la Prévert même si cela y ressemble beaucoup)

Le site Actu-Environnement " Le 11 octobre (2011), la commission des pétitions du Parlement européen était saisie par des élus d'Europe écologie les Verts (EELV) pour demander l'application du droit européen (directive cadre sur l'eau et directive nitrates) pour mettre fin au problème des algues vertes en Bretagne. Sandrine Bélier, eurodéputée EELV, a pu rencontrer à cette occasion des représentants de la Commission européenne : ''Selon eux, le plan d'action français n'est pas suffisant. La Commission souhaite un programme plus strict. Elle a remarqué de nombreuses carences, notamment dans la méthodologie de lutte et la définition des zones fragiles'', indiquait la député européenne à la sortie de la réunion."

Le 10 octobre 2011, le gouvernement publie le Décret n° 2011-1257 qui permet d'augmenter de 20 % les quantités d'azote autorisées à l'épandage selon l'Association Eaux et Rivières de Bretagne.

"C'est regrettable que la France n'ait pas réussi à tenir ses engagements alors que la directive a plus de vingt ans et qu'elle a été condamnée il y a dix ans. Non seulement les plans de ramassage des algues vertes coûte cher, mais la France pourrait être doublement condamnée. A la suite de la procédure, qui durera entre un et deux ans, elle risque de devoir payer 117000 euros par jour de retard, explique Sandrine Bélier, députée européenne Europe-Ecologies Les Verts sur le site Metro

 

"Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau"

 

 

Olivier Bommelaer, ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forêts, chef du bureau de l'évaluation des politiques des risques, de l'eau et des déchets et Jérémy devaux, chargé de mission au Commissariat Général au Développement Durable publient un rapport "Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau"

 

Ils évaluent le " Total des impacts directs évalués des pollutions agricoles sur la facture d’eau."
"Bien que nous n’ayons pu évaluer la totalité des impacts, dont le traitement du phosphore 24, nous pouvons toutefois estimer que ces pollutions agricoles génèrent sur la facture d’eau des dépenses supplémentaires annuelles au minimum comprises entre 640 et 1 140 millions d’euros, soit de 6,6 % à 11,8 % de la facture d’eau des ménages français (environ 9,7 milliards d’euros)." disent-ils.

 

Ils évaluent ensuite les dépenses prévisibles pour la dépollution azotée des eaux de surface et côtières.

"Les 715 000 tonnes annuelles d’excédents d’azote apportés annuellement aux milieux naturels représentent ainsi la masse d’une pollution transférée de l’agriculture et de l’élevage vers les ressources et milieux aquatiques et marins. Sur les bases précédentes de coûts unitaires de traitement, l’élimination complet de cette pollution azotée pour maintenir
ces milieux dans leur état actuel représenterait une dépense annuelle de traitement comprise entre 50 et 76 milliards d’euros.(...)"


Enfin, "au total, le coût de dépollution des eaux souterraines serait compris entre 522 et 847 milliards d’euros (hors coûts d’énergie du pompage avant traitement)." estiment-ils.

 

 

Il est question de dette, récession, d'économies budgétaires...

 

 

                                                                                                            Et le bon sens ?

 


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J
pas seulement le bon sens ! où est passé l'instinct de survie de l'espèce humaine ?
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