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Les journalistes de Mediapart, quotidien indépendant du net, conduit par Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde, ont contribué à révéler des éléments clefs de l’affaire Bettencout. Madame Bettencourt, 90 ans, première actionnaire du groupe l’Oréal, détient l’une des plus grosses fortunes françaises.
Les faits établis par le journal ont mis à jour «une fraude fiscale de grande ampleur, des financements illicites de partis politiques et de campagnes électorales, des pressions du pouvoir exécutif sur l'autorité judiciaire, des manquements à la loi commune et des conflits d'intérêts multiples. »
Le travail des journalistes a contribué à la protection de Madame Bettencourt « dont il est désormais établi, par des expertises judiciaires indépendantes, qu'elle ne disposait pas de l'intégrité de ses facultés à l'époque des faits. »
«La liste et la gravité des infractions poursuivies – abus de faiblesse, escroquerie, trafic d’influence, blanchiment, abus de confiance, recel, financement illicite de parti politique - ont fini de révéler cette affaire comme une des plus caractéristiques de la conjugaison de la cupidité privée et du mépris de l’intérêt public. » écrivent les avocats de Mediapart.
Les journalistes de Mediapart et Edwy Plenel sont convoqués par la justice en raison d’une plainte pour atteinte à la vie privée introduite par Madame Bettencourt en association avce Monsieur Phillipe De Maistre, actuellement emprisonné. Cette plainte est liée à la publication d’extraits d’enregistrements effectués par son majordome au domicile de Madame Bettencourt. Extraits qui ont contribué à l’avancement du travail d’enquête judiciaire.
« Nous avions veillé à écarter tout ce qui relevait de l'intimité de la vie privée dans les enregistrements clandestins du majordome de Liliane Bettencourt. Nous nous en sommes tenus aux seules informations d'intérêt public, conformément au droit de la presse qui protège le droit fondamental de savoir des citoyens. »
Les avocats écrivent à Monsieur Jean-Michel Gentil, vice-président chargé de l'instruction au tribunal de grande instance de Bordeaux : « Une société démocratique ne saurait accepter de tels agissements sans qu’ils soient portés à la connaissance du public ou il faudrait alors se résigner à ce que les forfaits les pires, car les mieux dissimulés, continuent de se perpétrer à l’abri des regards et contre toute velléité de faire prévaloir le droit.
«À une justice défaillante, par l’intrusion d’intérêts qui lui sont étrangers, vient en renfort la presse « chien de garde » de la démocratie aux termes de l’arrêt SUNDAY Times c/ ROYAUME-UNI de la Cour Européenne des Droits de l’Homme en date du 26 avril 1979. »
Affaire Bettencourt : la contre-attaque de Mediapart
« A s’mer du vent de c’te force là,
Tu t’prépares une joyeuse tempête,
Pt’êt bien qu’tu t’en aperçois pas »
Extrait de Ti-Q la Chance – Gilles Vigneault