L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Le mur vieillissait.
Cela faisait de nombreuses années qu’il se dressait ici
au bord de nulle part.
Si nombreuses que plus personne de par le pays
ne se souvenait de sa naissance.
Sa peau s’était affinée.
Si mince qu’on aurait dit un drapé de glace.
Sa peau s’était ridée.
De mille rides très fines qui le parcouraient en tous sens.
Une toison sèche gris-beige se tordait à son sommet.
Quelques lianes malingres pendaient à ses flans.
Un mouvement vif ébranla la quiétude.
Mystérieux.
Puis apparut un profil allongé et mobile.
Un petit lézard avait édifié son nid dans l’ensemble minéral.