L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Le houx a lancé un trille. Les journées s’ensoleillent. La petite table de jardin a ressurgi parée de sa nappe vert clair. Petits déjeuners sous les rayons bienfaisants. Le monde alentour disparait.
Les nouvelles pousses percent la couverture craquante des feuilles mortes. Je guette leur progression. La lenteur du mouvement est infinie.
Avide de ces petites choses vertes, fraîches et fragiles, j’écarte le couvert à la recherche des plantes poignant de leur long sommeil d’hiver. Quelques jours plus tard, je serai surprise de l’évolution de leur croissance.
La table est parsemée d’une poudre de terre fine. Je participe à cette grande montée de vie. Une fournée de petits pots noirs jonchent la nappe. Disposés en un joyeux désordre. Deux cuillères à soupe et une fourchette pêlemêle. Quelques sachets de graines.
Mon plan de semis ressemble au jardin : sauvage et exubérant.
Des images de tiges profuses, pastels s’élancent dans une noce végétale pour rejoindre une abondance de lianes aux teintes fauves. Un long sourire s’attarde sur mes lèvres.