L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
J’ai jeté ma longue cape seyante
sur mes épaules
Elle fraie dans le vent tel un étendard
Tandis qu’hardiment j’enfile le drôle
de petit chemin.
La ville s'étend à mes pieds.
Il y régne un air de printemps.
J'entends pourtant
une rumeur grondeuse
Annonciatrice d'orage.
Le peuple s'agite ces dernières semaines.
On a ramassé deux ou trois réprésentants
de la maréchaussée
Egorgés au bord du chemin.
Une voiture de la noblesse a été attaquée.
Deux enfants étranglés
En présence de leur servante.
Le peuple s'agite ces dernières semaines.
La propagande bat pourtant son plein
Faisant sourdre de lourdes menaces
De chaos et de famine
En dehors de la noblesse, point de salut
Les récoltes péricliteraient,
Le commerce s'effondrerait
L'artisanat dépérirait
Soyez soumis ou vous ne serez pas
Disent-ils
Le peuple s'agite ces dernières semaines.
Une rumeur enfle en bas, dans la ville.
Le vent emporte mon couvre-chef.