L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Monté sur une aile de sa libellule,
il était balancé par le mouvement du vol.
Il aurait aimé s'endormir.
Mais chaque mouvement se terminait
par une petite secousse sèche
Qui perturbait la somnolence qui le gagnait.
Il s'allongea sur la matière translucide
et finement veinée de l'aile,
S'agrippa à son bord
Et laissa aller sa nuque.
Il scruta la vallée qu'il survolait,
le nez pointé vers le sol.
En contrebas, il aperçut un déplacement,
au loin.
Il ne parvenait à identifier l'origine des mouvements.
Il insuffla une impulsion de descente à sa libellule.
Elle s'y opposa,
ses yeux pouvant voir très loin.
Il lui fit confiance.
Il vit alors monter dans leur direction
une procession de papillons qui volaient
à la vitesse de l'éclair.
C'était,
dirent-t-il,
l'ouverture de la chasse aux papillons.