L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Il est une fois...
Un petit garçon qui aime les musaraignes, les pinces à linge, les papillons et la pelote à épingles de toutes les couleurs dans la boite à couture. Il s'appelle Olivier.
Ce jour-là en allant à l'école, il entend miauler derrière lui. A quelques métrées, se tient un tout petit chat presqu'encore chaton.
Olivier s'avance à pas lents et feutrés. Le chaton ne bouge pas. Il le regarde de ses grands yeux, esquissant un miaulement, puis se ravise et ne dit rien. Plus il s'approche, plus Olivier ralentit ses mouvements. L’avancée de sa jambe est maintenant à peine perceptible. Il s'accroupit. Tend la main en signe d’invitation. Le Chaton le regarde. Feule dans un murmure, se lève et avance. Il frotte sa tête contre la main offerte. Olivier, à sa grande joie, entend un ronronnement s’élever. Il l’accueille en psalmodiant une mélopée apaisante. Pour le petit garçon, le monde a fondu. Il a créé une petit bulle de savon. Est entré dedans avec le chaton. Le monde a disparu.
C’est délicat une bulle de savon...
Une bande de gamins passe dans la rue, bruyante. Les enfants simulent une bagarre. Leurs déplacements imprévisibles et dynamiques éloignent d’un bond le chaton. La bulle de savon a éclaté sans un bruit, sans laisser de traces.
C’est fragile une bulle de savon.
