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Merci à Jeanne Fadosi pour sa suggestion
Jusqu’en 2008, l’hôpital civil de Strasbourg, multitude de bâtiments aux styles hétéroclites, présente une apparence pittoresque.
Passer le porche d'entrée amène à un monde inattendu, plein de surprises.
Fermé de part et d’autre par des portes, l’hôpital se perçoit comme une petite cité autonome.
Les bâtiments se déploient sur 32 hectares jouxtant le centre historique de la ville.
Le visiteur se perd dans les méandres des édifices. Egaré par les explications confuses des portiers et autres guides croisés en chemin.
En semaine, les véhicules des soignants bordent les rues intérieures, enclavées par de hauts murs. Les grandes marées de départ et d’arrivée sont rythmées par les horaires des infirmières et le flot des personnels administratifs.
Il est difficile de glisser une aiguille entre deux véhicules.
Les patients tentent tant bien que mal de trouver un lieu de stationnement hors les murs.
Quelques blouses blanches, rapides, arpentent les trottoirs. Traversent les rues. Diagonales sûres de leur itinéraire. Pressées, Inaccessibles.
L’enchevêtrement des bâtiments témoignent des époques successives qui ont construit l’hôpital.

Echauguette provenant des fortifications de Vauban à Strasbourg (1685)
Lors des origines de l’hôpital, de nombreux patients s’acquittent du coût des soins en léguant des terres. Assemblées, elles constituent un grand domaine. La pharmacie, datant de 1537 et la cave historique, réputée pour ses vins, sont les prestigieuses empreintes de ces temps reculés.
Porte de l'hôpital : le bâtiment de l'administration.
Un petit escalier sans prétention accède aux bureaux. De vieux volets arrondis épousent le dessous des marches. Une forte odeur de vin emplit les narines. En contrebas, la cave historique de l'hôpital.
La tradition de la cave historique date de six siècles. Après une interruption de son activité, elle a été relancée en 1999 par une trentaine de vignerons alsaciens. Les vins d'Alsace sélectionnés "à l'aveugle" par les vignerons portent tous le label AOC et sont vieillis dans les foudres de chêne de la cave. Cette maturation leur donne une qualité gustative boisée très discrète.
Les vignerons paient le loyer du chais par le don d'une petite partie du vin ainsi vieilli. Il est vendu par l'hôpital. Les bénéfices sont destinés à l'achat de matériel médical.