L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
La vieille dame toute de noir vêtue s'approche en claudiquant
de la troisième tombe de la rangée 9b. Elle porte à la main
un pot de St Paulia. Ça se fait de porter des fleurs au cimetière.
Les Saint paulia, ce sont les moins chères. Et comme elle ne
reviendrait pas les arroser.
Arrivée à « sa » tombe, elle s’agenouille, dessine un signe
de la croix approximatif et s’absorbe dans la contemplation
des cailloux qui orne la pierre. Elle se retourne lentement
et scrute le cimetière. Elle est seule...
Elle contourne la tombe par la droite. Soulève une pierre
de la bordure. Y prend un objet qu’elle enfouit dans
son sac. S'éloigne lentement en claudiquant. Rien en elle
n’attire l’attention.
Elle suit la rangée principale et passe le porche d’entrée.
Elle attend cinq minutes à l’arrêt de bus. A l’arrivée du
transport, elle franchit les trois marches d’un mouvement
alerte qui contraste avec sa claudication des minutes
précédentes.
A suivre...