L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
La consolidation du Front National :
Sur 2023 cantons où l’on votera au deuxième tour des cantonales,
le FN sera présents dans 394.
Il a obtenu au niveau national une moyenne de 15,18% des voix
tandis que le PS totalise 25,04% des voix, l’UMP 17,07 %, le Front
de gauche plus de 9 % et Europe Écologie-Les Verts 8,28.
Le Front National appuie ses thèses sur la peur ressentie par les gens fragiles de notre société.
Marine Le Pen évoque les résultats de « sa longue marche vers
le pouvoir » pour en conclure que « le score du FN confirme qu’il
peut se retrouver au 2ème tour face au PS à la présidentielle ».
Je n’ai pas étudié l’ensemble des thèmes que le Front National présente sur son site. Ils sont nombreux et chacun est détaillé.
J’ai lu les deux premiers, considérant qu'ils sont sans doute les plus importants pour ce parti.
Il s'agit de l'immigration et de la sécurité.
L’immigration :
L’étranger est présenté comme un danger majeur pour la France.
Il s’agit pour le FN d’inverser les flux migratoires pour arriver :
- à la suppression de toute installation en France de personnes d’origine étrangère
- à l’exclusion de tout étranger responsable d’une infraction ou
d’un manquement aux coutumes.
Les immigrés coûteraient plusieurs milliards d’euros à la France.
Ceux qui auraient encore le droit de vivre en France se verraient
privés du bénéfice des prestations et aides sociales accessibles à
ce jour à l'ensemble de la population et du droit à faire venir leur famille.
Ici, je cite une étude sur le "coût" des immigrés :
"Les bons comptes de l'immigration
Spécialiste de l'économie, Xavier Chojnicki a dirigé l'étude menée par des chercheurs de l'Université de Lille-II pour le compte du Ministère des
affaires étrangères sur le coût de l'immigration pour l'économie française
Sortie en 2009, une étude économique a prouvé que la balance
financière de l'immigration est positive pour l'Etat français
et l'économie nationale.
Plus concrètement, les étrangers reversent plus d'argent - via les
impôts et taxes à la consommation, les impôts locaux, les cotisations sociales, etc. - qu'ils n'en reçoivent à titre d'aide.
Ainsi, pour 60 milliards d'euros reçus par l'Etat, ce dernier subventionne les immigrés à hauteur de 47 milliards d'euros parmi lesquels les retraites, le RMI, les allocations chômages et familiales
ou encore les frais de santé et d'éducation.
Mais le bilan de cette étude est plus vaste. Elle a prouvé que
l'immigration assure à l'économie française une vitalité dont
elle ne saurait se passer. D'une part, les étrangers consomment beaucoup.
Et les infrastructures de notre pays sont dépendantes de cette
main-d'oeuvre : dans les hôpitaux de banlieue, un médecin sur
deux est étranger, 42% des personnels d’entreprise de nettoyage ne
sont pas français, etc. En marge, l'étude rappelle que l'immigration
a également influencé notre culture en rappelant les prouesses
sportives, musicales et intellectuelles des étrangers pour la France."
L'étranger, un bien jetable
Les mesures choisies par le FN font apparaitre une notion de sous humanité dont la seule raison de résider en France consistera à lui apporter un gain financier (non reconnu) sous forme du travail fourni dans les secteurs déficitaires en main-d'oeuvre. L’étranger devient
un robot utile que l’on prévoit de renvoyer dans son pays dès qu’il
sera devenu obsolète. Il n'a pas le droit de faire venir sa famille en France. Il est considéré comme un bien monnayable. Il est ramené
à la notion de denrée productive jetable.

La notion d’égalité entre les humains disparait. Il y a le Français et l’étranger aux droits minorés et fragiles. Ce projet s’avère contraire
à la constitution et s’oppose aux principes fondamentaux de notre république de « Liberté, fraternité, égalité » dont la vigueur du sens doit être fortement réaffirmée en ces temps de remise en cause de la démocratie par divers partis.
L'isolement, moteur de la peur
La peur de l’étranger se caractérise encore par le projet de sortie de l’espace Schengen. Il s’agirait d’éviter que la France continue d'être intégré à la politique européenne d’immigration et de rétablir les frontières. La France retournerait vers une indépendance qui en ferait corolairement un minuscule pays à l’échelle mondiale alors que la moindre négociation internationale se fait avec des géants.
Ceci résume les principaux points, bases de la politique de désimmigration du FN.
L’étranger devient un ennemi redoutable qui doit être à tout prix maintenu au-delà des frontières. Un climat d’insécurité face à
l'autre, au différent est ainsi insufflé avec violence laissant à
croire que l’on ne peut circuler dans les rues sans risquer
l’agression. L'apauvrissement de nos origines est ainsi proné.
Ira-t-elle jusqu'à l'extrême et pour rejoindre l'apologie d'une
forme de consanguinité franco-française ? Le refus de l'ouverture
sur le monde, l'extérieur étant présenté comme menaçant,
pourrait amener à des choix d'armement exacerbé en réponse
à cette menace supposée et à cet isolement.
La discussion avec de jeunes étrangers venant de dictatures violentes me confirme la qualité de la paix dont nous bénéficions ici. Il est des pays où il est impossible d’amener des enfants à une fête extérieure en raison du risque d'être pris dans une rixe qui dégénère, où il est impossible de participer à une manifestation protestataire sans risque de prendre une balle et d'être arrêté puis de disparaitre.
L’étranger est présenté comme le responsable du chômage.
Actuellement, la politique de l'UMP crée un climat d'inhumanité
autour des personnes étrangères.
Les titres de séjour sont distribués avec une parcimonie maladive et les renouvellements deviennent aléatoires, brisant des vies. Des personnes exerçant un emploi depuis plusieurs années, vivant ici avec leurs enfants scolarisés sont expulsées sans explications par simple refus du renouvellement de leur titre de séjour. Elles passent du statut de citoyen au statut de clandestin selon une décision qui semble bien portée la couleur de l'arbitraire.
Qu'en sera-t-il avec le FN ?
Qu'en est-il du travail volé aux Français par les étrangers ?
De nos jours, les travailleurs immigrés restent toujours présents
dans les secteurs industriels comme celui de la construction (près
de 14 % des actifs en 2002), qui constitue selon l’Insee une
« spécialisation sectorielle » des hommes immigrés, mais aussi
dans le bâtiment et travaux publics, l’industrie automobile ou
des biens intermédiaires. Néanmoins ces secteurs sont peu attractifs
en raison de la dureté des conditions de travail et de la faiblesse des rémunérations. Un peu plus de 3 % des actifs immigrés travaillent en 2002 dans le secteur agricole.
Par ailleurs, la croissance du secteur tertiaire dans l’économie
française a eudes effets plus marqués sur l’emploi des travailleurs immigrés qui y étaient moins représentés. Ainsi, comme le reste de
la population active en France, ils travaillent désormais
principalement dans le secteur tertiaire (plus de 66 % des actifs immigrés en 2002) : dans l’hôtellerie et la restauration, dans les
services aux entreprises qui ont externalisé certaines tâches comme
le secteur du gardiennage, du nettoyage et de la sécurité (plus de 16 % des actifs immigrés) ou dans les services aux particuliers (dont les services domestiques) où ils sont plus de 15 % des actifs contre 7,8 % des actifs non immigrés en 2002.
Leur présence augmente également dans les secteurs de l’éducation,
de la santé et de l’action sociale (plus de 11 % des actifs immigrés en 2002), en raison de la progression constante du niveau de
formation des immigrés depuis une vingtaine d’années.
Le vote entre rejet et évidence
Voter est-ce seulement donner à un être humain le droit de faire et d'agir au nom de puissances non identifiées ou identifiées ? Est-ce seulement donner tout pouvoir à des puissances que l'on ne connaît pas ?
Tous les partis se valent-ils ? Tous les hommes et toutes les femmes politiques sont-ils taillés sur le même modèle? La notion de service du bien commun n'existe-t-elle plus ?
N'avons-nous que le choix de renier notre droit de vote si chèrement acquis par les générations qui nous ont précédé pour nous opposer aux dérives actuelles du pouvoir ?
Quand, désemparés par la gestion de la France, nous restons chez nous, un fond de désespoir au coeur, le jour du vote qui favorisons-nous ?
Des élus qui s'engagent. Ici, pour la fermeture de fessenheim,
la plus vieille centrale nucléaire française.