L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
La route, morceaux de mosaïques, dit son âge. Sa solidité. Sa rusticité. Au loin, les maisons blanches des pêcheurs constituent un appel sûr.
Mais derrière soi ?
De part et d'autre, l'eau. Basse encore.
La route se perd derrière soi. A l'horizon. Semblant défier la distance et le temps. Les mosaïques filent à perte de vue. Je n'y tiens plus. Je me retourne et prends la direction de l'océan. A pieds secs. Je marche. Les mosaïques se déroulent. Toutes différentes. L'eau affleure maintenant.
Au loin, la route se confond avec la mer.
J'avance. L'eau recouvre maintenant les mosaïques.
Bientôt mes pieds sont mouillés.
J'hésite un instant.
J’ai de l'eau aux chevilles.
Je m'assieds.
J'attends.
Je veux savoir où va cette route.
De l'eau jusqu'au cou.
J’attends.
La nuit tombe. La lune s'est levée.
J'attends jusqu'à demain. Je repartirai.
Photo de Jérome Baudoin
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