L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Il allonge le pas, le mouvement coulé. Félin. La puissance du corps se déroule en vagues régulières
sous le pull ajusté. Il dégage une force attirante. Cependant que la chaleur des traits du visage doit pouvoir se durcir sans concession. Les yeux plissés expriment la détermination. Les pieds puissants martèlent une cadence soutenue.
Il jette un regard à la pendule publique au fronton
de la mairie. Le métronome des longues jambes augmente la cadence, un trot souple s’impose en douceur. Les portes des maisons se succèdent à
bonne allure, maintenant.
Le visage affirme son but. L’enjeu semble
important.Il soulève le rabat de la sacoche qu’il
porte à l’épaule, en contrôle le contenu. Il vérifie
l’heure à son poignet.
Il lui reste deux minutes pour arriver. La grille doit encore se trouver à 200 mètres. C’est si important pour son interlocuteur qu'il soit à l'heure.
Il fend la foule des jeunes femmes qui piplettent à l’entrée de l’école, franchit la grille, traverse la cour.
Il sort de sa sacoche le sachet de céréales et les
déposent délicatement sur le plancher du perchoir
aux oiseaux. Le moineau s’est écarté de quelques centimètres et le fixe de son œil noir.