L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Après avoir été attirée
au sein d'une Communauté d'étranges enfants hauts de 20 cms,
je me réveille en pleine nuit au coeur d'une forêt inconnue.
Ils me contraignent à les suivre
au sein d'une grotte.
Ils m'expliquent les raisons de la création de la communauté
et de la toute petite taille de leur corps
au moment où je me fais attaquer.
« Viens faut qu’on te mette à l’abri tout de suite.
On va essayer de neutraliser Paulard.
J’aurais jamais pensé qu’il s’en prendrait à toi...
Va savoir ce qu’il est capable de faire après ça.»
Danoci acquiesça d’un air grave.
Immédiatement je fus portée à grande vitesse.
Mais curieusement, mes yeux n’opéraient plus.
Je n’étais pas aveugle.
Ils entraient dans un monde onirique
Qui me coupait du monde réel.
Je vivais à l’intérieur d’un bocal allongé
Comme un vase.
Une échelle permettait d’accéder au bord supérieur.
Mais je n’arrivais pas à décoller mes pieds du sol.
J’avais essayé d’enlever mes chaussures.
Elles adhéraient à mes pieds.
Au loin, de toute part, c’était le vide.
Le regard n’avait rien sur quoi buter.
Je ne pouvais y croire …
...J’étais perdue au milieu du vide...
Je scrutai méticuleusement l’horizon.
Je me tordais pour voir dans toutes les directions.
Je m’affolais.
Des larmes d’effroi ruisselaient sur mes joues.
Je restais un moment à sangloter lourdement,
le nez écrasé contre le bocal.
Puis je relevai la tête
Et recommençais à scruter le néant.
A mesure du temps qui passait,
je commençais à voir
des formes très lointaines et indéfinies.
Je distinguais mieux.
Le sol était composé d’un sable irrégulier
fait d’un camaïeu de roumas.
Le nom de cette couleur,
que je ne connaissais pas,
s’était imposé à moi.
Mes yeux étaient rivés sur le lointain.
Je n’avais jamais vu
ni formes, ni textures, ni couleurs identiques…
Fascinée, j’essayais de donner un sens à ce flou.
Brutalement, j’entendis des cris lointains.
Les longs hurlements d'un violon et d'une contrebasse.
J’étais revenue dans le monde réel.
Je sentis une grande déchirure dans mon ventre.
Pas une déchirure physique.
Une déchirure sonore des chairs.
Je m’écroulai.