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Article du 04 juillet de Aldous sur Agora Vox
Fort Calhoun, centrale nucléaire américaine est menacée de noyade
par la crue du Missouri. cf Les centrales aimeraient-elles le bain ?
Je n'ai trouvé aucun article plus récent que celui du 04 juillet sur le net.
Qui, en France, est au courant à ce jour de ces évènements ?
Fort Calhoun : le réacteur sur générateur de secours,
le 03 juillet
L’intrusion de l’eau dans certains bâtiments de la centrale de Fort Calhoun a obligé la centrale à basculer brièvement sur l’alimentation électrique de secours dans la journée de dimanche selon l’Homaha World Herald.
http://www.omaha.com/article/20110627/NEWS01/706279901/-1#flood-test-not-over-for-nuke-plant
Les générateurs diesel ont été mis
en marche avec succès pour pallier
à des difficultés d’alimentation de
la centrale en électricité par le réseau électrique.
Comme à Fukushima,
le système de refroidissement
de la centrale dépend
de la fourniture constante en électricité.
Par ailleurs, plusieurs explosions ont créé des brèches sur des digues en amont de la centrale Nucléaire inondée de Fort Calhoun aux USA.
La rupture de ces
digues a provoqué l’inondation des
champs de maïs jusque-là protégés.
Les autorités gouvernementales ont d’abord
démenti être à l’origine de ces explosions, et
laissent entendre que des fermiers en colère
seraient suspects, mais vendredi, Jeff Theulen,
le coordinateur des opération d’urgence, a déclaré
que les digues ont peut-être été rompues intentionnellement.
En effet, un corps d’ingénieurs de l’US army
travaillait à niveler ces digues depuis une semaine. Ces travaux ont d’ailleurs entrainé la mort d’un conducteur dont le camion est tombé de la digue.
Ainsi la digue privée de Vanmann n°30 située au
nord de la réserve naturelle de Boyer Chute a
d’abord été excavée par l’armée avant qu’une
brèche ne soit ouverte par explosifs.
Deux autres brèches ont également provoqué l’inondation de zones de cultures sur cette portion
du fleuve.
L’inondation de la plaine par la rupture des digues agricoles est manifestement une tentative de créer
des réservoirs en amont de la centrale afin de
limiter la crue dans le lit principal du fleuve
Missouri.
En France on utilise pour réguler les crues ce que
les ingénieurs en hydrométrie appellent des
réservoirs passifs d’écrêtement de crue qui sont des zones inondables dont la définition est :
Ouvrages passifs d’écrêtement de crue, à disposer dans un petit bassin versant, avec l’objectif de limiter l’importance des crues a
l’aval de ce bassin.
Le principe est celui des vases communicants : au-dessus d’un certain niveau, l’eau déborde du lit du fleuve vers le réservoir, ce qui modère la crue dans le lit du fleuve.
C’est sans doute la raison pour laquelle l’armée abaissait la hauteur
des digues en amont du fleuve, l’idée étant que si le niveau monte encore les champs reçoivent l’excès d’eau.
La décision de rompre les digues montrent que l’inquiétude est
montée d’un cran et que les autorités sont passées à un mode
d’action d’urgence qui n’avait plus pour but de limiter le pic de crue mais de faire baisser le niveau de l’eau.
La situation semble plus préoccupante que ne le disent les autorités nucléaires, comme le confirme implicitement l’évacuation des
habitants dans une zone de 15 km autour de la centrale (et l’interdiction de survol) ce qui représente plus de 20.000 personnes.
Un autre indice est la décision prise par les autorités nucléaires d’abaisser considérablement la température de l’eau dans le réacteur au-dessous des normes usuelles afin de disposer de plus de temps en cas de rupture du système de refroidissement.
L’eau est à 308 m au dessus du niveau de la mer.
Le niveau d’alerte (307,85 m) imposant l’arrêt de la centrale a été dépassé le 9 juin.
On s’attend officiellement à une montée de 60 cm qui approche la limite de 309 m au-dessus du niveau de la mer.
A ce niveau, la digue de sacs de sable entourant la zone de l’infrastructure reliant la centrale au réseau électrique pourrait
céder ce qui entrainerait vraisemblablement que la centrale serait coupée du réseau électrique comme ça s’est passé à Fukushima.
Le système de refroidissement de la centrale dépendra alors des groupes électrogène diesel qui ont été mis en marche ce dimanche.
Or ces générateurs ne sont supposés supporter qu’une crue de 309m au-dessus du niveau de la mer.
Si l’eau monte encore plus haut, des générateurs secondaires
pourraient prendre le relai à concurrence d’une crue de 316.5 m.
Ces calculs ne tiennent pas compte des dommages que peu causer
l’eau par l’érosion ou la pression sur les murs à la longue car la
décrue n’est pas prévue avant de longs mois.
La crise ne fait donc que commencer.
Inutile de paniquer donc, en cas de problème il suffira d'appliquer la bonne vielle méthode américaine Duck & Cover (plonger & se couvrir) explicitée dans cette vidéo :
La centrale nucléaire de Cooper, située à moins d’une centaine de
kilomètres en aval de Fort Calhoun est elle aussi menacée par l'eau.
Le centre nucléaire de Los Alamos, dans le Nouveau-Mexique, où fut
fabriquée la première bombe atomique, est menacé depuis le 26 juin par un incendie, qui a déjà réduit en fumée 93 000 hectares d’une forêt de pins.
Pour en savoir plus : Réseau Sortir du Nucléaire