L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Depuis le parc
Les pattes dans la neige
Le bec qui picore
Je les observe
A travers les grilles
Ils vont et viennent
L'un après l'autre
Sur leur balcon.
L'un au deuxième
Fume une cigarette.
Il aspire la fumée
A grandes poumonnées.
Une brume légère s'élève.
On dirait une grande cheminée.
Il se frotte les mains.
Il a l'air d'avoir froid.
Il rentre.
L'autre
Au troisième apparait.
Elle secoue un tapis,
Un coussin.
Je me suis déjà
Placée au-dessous
Espérant
Une miette croustillante.
Que nenni !
C'est par la cuisine
Qu'il faut attendre.
Aujourd'hui, c'est une jupe.
Le tissu chamoiré joue avec le soleil.
On dirait qu'il lui fait des clins d'oeil.
Elle interpelle les oiseaux à travers la rue.
Ils jouent la belle indifférence,
Guettant la gourmandise.
Ils se succèdent
L'un, l'autre
Au deuxième,
Au troisième
Au deuxième,
Au troisième.
Toujours seuls.
Elle jette un long regard
A la cabane
Qui tombe en morceau,
Campée en bordure du parc.
J'ai coincée une affiche
A la fenêtre cassée.
J'y ai écrit un mot.
Pour elle.
"Entrez, Mademoiselle.
Pour devenir
Une amoureuse."
Elle va peut-être aller voir...