L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
Sortant dans le jardin,
je vis une toute petite fille de 20 cms de haut
qui me regardait
Je fus prise de soubresauts d’excitation
et partis d’un pas rapide. Elle était déjà loin.
Elle avait passé le portail
et je ne la voyais plus.
J’amorçais une glissade
qui m’envoya un un éclair à la porte.
que j’attrapais vivement
et claquais d’un geste vif.
Il fallait faire vite.
Un instant, je me demandais
comment la toute petite fille de rien du tout
était sortie ;
il ne lui était pas possible
d’attraper la poignée.
Je la voyais à cinq, six mètres
avancer à une vitesse étonnante.
Elle avait une façon si particulière
de se mouvoir
que je ne trouvais pas les mots
pour décrire son déplacement.
Ses pieds étaient à terre
et pourtant leur mouvement était infime.
Elle donnait l’impression de glisser
comme mue par une force extérieure invisible.
Je me sentis moi-même portée
et propulsée à sa hauteur à grande vitesse.
Son rythme s’adapta au mien.
Elle me sourit.
Les questions s’évaporèrent.
Une bruine lavait chaque pelote nouée de mon cerveau.
Nous arrivâmes au bord d’une rivière.
Je ne sais comment
se fit le voyage.
Je n’ai aucun souvenir
du trajet.
Les branches s’abaissaient
jusqu’à l’eau dans un long mouvement souple.
La campagne m’enveloppait de son air frais.
Il règnait
une belle lumière matinale.
Nous nous assîmes sur un tronc.
Ma petite compagne de rien du tout
se tourna vers moi,
elle leva des grands yeux plein d’attente
et glissa une main minuscule dans mon gant.
Je la regardai intensément.