L'Œil qui court : Dessiner, peindre, écrire le monde et le rêve.
... La suite du tigre Largentic
Vous trouverez le début
Le dragon s’arrête doucement à côté de moi. Il
est très gros. Je l’avais pas vu quand il arrivait
qu’il était si gros. Il est venu sans faire de
bruit. On aurait dit le silence d’une petite
chenille verte à godets, c’est comme ça que
dit mon papa.
J’aimerais bien le toucher. Sa peau est bizarre.
J’ai jamais rien vu de comme ça. Mais j’ose
pas lui demander.
Il me dit monte sur mon dos. J’ai un peu peur.
Est-ce que ça brûle le dos d’un dragon ? C’est
peut-être ça ma punition d’avoir jouer avec
mon bâton avec les fourmis. Le dragon et
le tribunal des fourmis, ils se connaissent.
Allez monte, je te dis. Je vais pas te manger.
Parce qu’il mange les enfants aussi !
Je m’accroche en tremblant après les
drôles d’écailles. Ça brûle pas. C’est haut.
J’arrive pas à monter sur le dos. Allez, me
dit le tigre largentic, prends appui sur
les écailles. Comme si tu faisais de
l’escalade. L’escalade je sais ce que c’est.
Mon papa y m’emmène le dimanche matin voir
le rocher d’escalade dans la forêt près de chez
moi. Il en a fait quand il connaissait pas
encore ma maman.
Alors je pense très fort à mon papa qui me dit
regarde, regarde comme il met son pied là
il est fort ! Et je mets mon pied là et je monte.
Ouf qu’il y a mon papa qui m’a aidé. C’est
haut là-haut. Le tribunal des fourmis parait tout
petit. Il me fait moins peur. Au revoir petite
j’entends. C’est le tigre largentic. Mon corps
est tiré vers l’arrière. Alors je regarde le tigre
en bas qui s’éloigne. Et je regarde devant.
On monte, on monte. Tout devient petit
dessous. Et moi j’ai même pas peur.
Il y a un grand bruit. Il ressemble au bruit du ballon
du marchand de chaussures qui se dégonfle,
en plus fort. Et je vois une grande flamme
qui brûle devant nous. C’est un vrai dragon.
Mon copain Eric, il dit un vrai de vrai. T’es
un vrai dragon alors je dis. Et bien moi j’en
suis un petit. Mais ma flamme elle aime pas le vent.
Tu me montreras ça en bas petite.
Nous atterrissons dans un vaste paysage
de prairies avec des arbres qui se parlent
comme les grandes dans la cour de l’école
maternelle. Partout des animaux sont allongés
sur le sol. D’autres s’affairent auprès d’eux.
Et il y a des enfants partout. Ils portent des seaux
avec de la nourriture et avec de l’eau. Les
animaux couchés on leur fait des pansements
avec des feuilles.
Je tiens ma petite flamme de dragon dans
ma poche. Mon papa l’avait oubliée sur la table.
Je l’ai prise. J’aime bien jouer avec. Mais mon
papa y me gronde toujours. Ne joue pas a
vec ça combien de fois je te l’ai dit.
Quand je pense à mon papa, j’oublie un peu les
fourmis et que je ne sais pas ce qu’on va me faire
ici et que je sais pas rentrer à la maison.
Le dragon me dit je t’amène visiter cet hôpital.
C’est beaucoup d’animaux blessés par les hommes.
Tu vas passer une journée ici à les soigner. Les
fourmis ont décidé que ça suffit une journée
pour toi parce que t’es petite. Tu savais pas
bien ce que tu faisais avec ton bâton. Elles pensent
que ça suffira pour que tu comprennes. Tu vas dormir
là bas avec le lapin et l’écureuil. Il a des carottes
et des noisettes pour leur dîner. Tu peux en manger
s’il en reste.
Et s’il en reste pas je pense. Mais je dis rien.
Il est tard maintenant. Il fait presque nuit.
Je vois presque rien. Je cherche la lune dans
le ciel. Mais elle est fatiguée. Elle a fermé ses
volets et je la vois pas. Alors je vais m’installer
à côté du lapin et de l’écureuil. Et je cherche
la gamelle. Et comme je vois rien, je sors ma
petite flamme de dragon de ma poche. Je crois
que mon papa y se fâcherait pas. Parce qu’il
veut pas que je mange n’importe quoi mon papa.
Et d’un seul coup ma petite flamme elle brûle
dans la nuit. Et puis il y a une grande grande f
lamme qui fait un bruit de ballon de chaussures.
Je crois que le dragon c’est un peu mon
copain maintenant. Demain je lui montrerai
comment elle marche ma petite flamme de dragon
et puis lui il me montrera comment elle marche
la sienne.

Sur une proposition de Quichottine
Dans la Petite Fabrique d'Ecriture