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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:50

 


 

Pâques approche.


Mercredi. Les enfants jouent.

Le petit, dans sa chambre. Il construit jour après jour, la muraille de Chine avec ses cubes de bois. L’œuvre achevée se transforme en pont de Tancarville assailli sous le flot de voitures. Malgré embouteillages, carambolages et éboulements de pont, l’air reste respirable. Accroupi, maniant avec précaution ses petits engins, le petit garçon est profondément concentré.

La grande est descendue. Dans la cour que cerne notre lot d’immeubles. Elle a rejoint quelques fillettes. Le garage accueille la petite bande. Salon avec voitures d’enfants, bébés muets et rires multiples. Eclat d’une voix. Répons colériques.

Un tableau noir surgit. Un lot de craies aux couleurs mêlées à force de se frotter. Petits bouts dissemblables arrondis et grinçants répartis entre les petites mains.

 

Je vaque aux tâches nécessaires du quotidien. Le temps suinte l’ennui. La solitude dans ce grand ensemble où je me sens étrangère s’insinue dans mes journées.

 Un temps de vacance. Entre un emploi passé et un futur emploi. Dont je ne sais rien. Un temps de vague. Sans certitude. Boussole coincée. La pause de la brume.


Mes yeux se perdent dans la couronne des arbres qui bordent la petite rivière en contrebas. Les prairies s’étalent. Elles buttent sur une colline chargée de buissons. Des myriades de points blancs. Sur la droite, la terre sombre des champs, encore nus des labours. Le ciel rayonne de bleu. J’écoute les notes claires des oiseaux. Mes yeux fouaillent le feuillage à la recherche des chanteurs.

 


Jeudi. Il est 16h. Pierric sort de classe. Je l’aide à enfiler son blouson quand Albane me bouche les yeux avec ses mains. Je me retourne en riant. Partie de chatouilles. Les enfants s’esquivent dans la cour alors que Sophie m’aborde.

« Veux-tu passer dimanche ? Nous cachons les œufs dans le jardin pour les enfants.»


 Dimanche. Les enfants apprennent à soulever avec précautions les feuilles des plantes en croissance. On voit les séants arrondis plonger puis se redresser. Eclats de rire.

Je m’enquiers des noms des plantes. Sophie apporte un gros livre pour me montrer les fleurs. La plupart apparaitront au début de l’été. C’est ce qu’a souhaité Sophie. Un jardin pour les grandes vacances. Les jours ne se couchent plus. Le barbecue crépite. Les chaises longues s’installent. Les couleurs assaillent le jardin. Les parfums s’élèvent.


 Il y a quelques années, Sophie était caissière au petit supermarché proche. Elle effectuait ce travail sans grâce comme une fatalité. Elle a rencontré Etienne. Son petit appartement lui appartenait. Un morceau de la cour faisait partie son bien.

Un beau matin, Sophie parle de supprimer les vieilles dalles de béton, de mettre de la terre, de semer, de planter.

 

« Nous avons réalisé le projet ensemble : le dessin des massifs. Surtout pas de carré, de rectangle, de béton. Des arabesques, du souple, du féminin. Nous avons contacté les gravières, les vendeurs de terre, consulter différents ouvrages. Je me suis lancée sur les forums de jardinage. Je ne m’étais pas encore approchée d’un ordinateur, n’en comprenant pas l’intérêt pour moi. J’y ai passé beaucoup de temps à poser beaucoup de questions à beaucoup de gens que je ne verrai jamais. J’ai appris beaucoup.

J’ai découvert les plantes de printemps, d’été, d’automne. Les plantes de terre sèche, de soleil, les plantes de sous-bois dites d’ombre et d’humidité. Les terrains calcaires et les terrains acides. J’y ai découvert le compost et les maladies. Les produits toxiques et la nappe phréatique.

 

 

  Les passeuses de vie (2)

 

 

 

A la découverte de


"Chevalier des touches"

 

le blog d'écriture de Martin Winkler

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Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
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commentaires

gballand 08/04/2012 09:03

plutôt "passeuse de vie" que caissière ;.) Bien que parfois, les caissières puissent illuminer la vie de certains...
Deux personnages attachants.
Merci pour le lien de MW.

l'oeil qui court 08/04/2012 12:11



Le sourire d'une caissière peut ensoleiller la matinée d'un client.


Le sourire d'un client peut alléger la tristesse d'une caissière qui porte son travail comme un fardeau.