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Entête31.01.2010

 

 

 

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Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:00

 

 

 

Le début

 

 

 

 

 

Un ballon de rouge avec le croissant ?

                              Un ballon de rouge avec le croissant ? 

 

 

 

Les flics, il s’en était toujours méfié. Aujourd’hui, il les redoutait. Ils avaient la garde-à-vue exacerbée ces derniers temps. Il avait vu les ennuis des gars qu’avait un nom à consonance de l’aut’côté de la Méditerranée, se faire plus qu’emmerder, pour rien. Délit de faciès, qu’on dit. La répression se rapprochait. Un jour, c’est être ouvrier qualifié qui serait le délit, travailler à l’usine, ne pas avoir la cuillère en argent dans le bec quoi !

 

 Il poussa la porte avec précaution. Affirma sa force et pesa de tout son poids sur l’huis. Cela bougea un peu. Mais bien plus remarquable que ses faibles résultats fut le grognement de colère impressionnant qu’éructa le corps.

Ouf, pensa Laurent. J’en suis pour de la peur.

- Hô ! S’exclama-t-il. J’apporte les croissants !

 

En un instant, le corps fut debout et ouvrit grand la porte.

« Y sont où tes croissants, dit une voix peu amène.

- Doucement, dis Laurent. D’abord, on dit bonjour et on se présente.

Il dévisagea le visage chiffonné aux cheveux emmêlés de petits morceaux de végétaux. A sa stupeur, il se trouvait en face d’une femme. Il lui donnait presque 60 ans. Mais va savoir, à dormir dehors, on rajeunit pas.

- L’Odette que j’m’appelle. Salut ! T’as raison, je perds ma politesse ! Faut dire que tu me sors du pieu. Et toi, c’est quoi, ton petit nom.

- Laurent. Bon, on va pas débattre de nos vies ici. J’ai pas de croissants sur moi, t’as oublié de m’envoyer le faire part. On va passer à la boulangerie. Et puis je t’emmène chez l’Emile. Tu vas te réchauffer un peu, Nom de Dieu !

 

Chez l’Emile, les copains, attablés devant leur ballon, jouent les gros balourds. A croire qu’ils ont jamais vu de femme. L’Odette part d’un gros rire.

« Dites, les gars, vous avez vu la gueule que j’ai ? Y’en a un qui veut que je lui roule un patin pour sentir mon haleine. Vous allez lui foutre la paix au Laurent. Y m’a sortie de sa cambuse du jardin où j’ai passé la nuit. Pis comme il a le cœur sur la main, y m’offre des croissants et un café. Pour le moment, y’a aucun de vous qu’en a fait autant !

Ils sont là tous,  Laurent comme les autres à se regarder gênés.

L’Emile, qu’à l’habitude de métier de récupérer toutes les situations lui dit :

« Alors, c’est un café pour toi ? C’est quoi ton nom ?

Les copains, qui s’attèlent d’habitude au comptoir, font l’honneur à la dame de coller deux tables ensemble et de s’y installer.

C’est pas la circonstance pour les confidences. Alors on dit des conneries et on se marre. L’Odette est pas la dernière.

   

Sortis du troquet, Laurent et Odette laissent les autres s’éloigner. Et parlent affaire.

 

 

 

La suite ce soir


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Published by l'oeil qui court - dans Nouvelles et histoires
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commentaires

Marieluce 17/02/2011 11:14


V'là t'y pas que çà s'arrange ? ...


l'oeil qui court 19/02/2011 07:56



Y'en a qui ont le coeur en balade



Armide+Pistol 16/02/2011 23:42


Beaucoup d'émotion et de pudeur.


l'oeil qui court 17/02/2011 08:14



Bonjour Armid. Ca me fait plaisir de te retrouver. A bientôt. C'est moi qui viendrai à Paris.