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Entête31.01.2010

 

 

 

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.

Les mots

 

Les mots sont des bulles de savon

Fragiles et tendres

Des papillons

Avec des ailes légères

Il y en a qui sont cuirassés aussi

Ils explosent et laissent des éclats dans la chair

compteur pour blog

16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:47

 

 

 

 

Cere--.jpg

 

 

 

 

 

Au fil de l'eau,

 

s'écoule le chant de la vie.

 

De la sécheresse

 

Sont nées des tresses de corolles blanches.

 

Les hommes imperturbables

 

Déclinent leurs cris de puissance

 

Sourds au souffle rauque

 

De la terre qui se craquèle,

 

Se dilate, s'empoisonne.

 

Les hommes de pouvoir

 

Eructent leur folie ravageuse malgré les appels

 

Désespérés qui s'élèvent

 

Et retombent comme les morceaux lépreux d'un crépis sans âge.

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:46

 

 

 

 

 

 

Bernard Laponche ,

      physicien nucléaire et polytechnicien :

 

                                      


“Il y a une forte probabilité

 d'un accident nucléaire majeur

 

en Europe”

 

 

 

 

 

   Une interview deVincent Remy

 

pour      Telerama

 






LE MONDE BOUGE - Physicien nucléaire, polytechnicien, Bernard Laponche est formel : la France est dans l'erreur. Avec le nucléaire, elle s'obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète. Alors que d'autres solutions existent, grâce auxquelles les Allemands ont déjà commencé leur transition énergétique.

 

Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l'énergie atomique, à l'élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l'atome, qu'il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l'option du tout-nucléaire, s'obstine dans l'erreur, déplore-t-il, et s'aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l'indispensable révolution énergétique.


 On présente toujours l'énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu'il s'agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l'eau chaude » (1) . C'est provocateur, non ?

 
Pas vraiment... Un réacteur nucléaire n'est qu'une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l'uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d'eau, entraîne une turbine qui produit de l'électricité. L'énergie nucléaire n'est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l'électricité « sortir » du réacteur, comme s'il y avait une production presque spontanée...


Pourquoi cette image s'est-elle imposée ? 


Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l'uranium. C'est lié au fait qu'à l'origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l'électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu'une puissance trois fois plus élevée, car c'est la chaleur produite que l'on évalue, pas l'électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l'eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.


Parlons donc du combustible... 


Ce sont des crayons d'uranium, de l'uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d'uranium qui explose, produit des fragments, donc de l'énergie, et des neutrons, qui vont taper d'autres noyaux – c'est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma... A l'intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c'est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu'on puisse imaginer, qui n'existe qu'à l'état de trace dans la nature. On aurait dû s'interroger dès l'origine : ce moyen de produire de l'eau chaude est-il acceptable ?


Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l'arrêter à chaque instant, non ? 


Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s'il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s'il y a une fissure dans le circuit d'eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s'échappent, on assiste à la formation d'hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.


“Puisque le point de départ, c'est la création
de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
les moyens de sa propre destruction.”


Mais on multiplie les systèmes de protection... 


Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d'expérimentation ; à Fukushima, l'inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n'avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage... Puisque le point de départ, c'est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.


Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ? 


Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l'enrichissement de l'uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s'aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.


On a du mal à croire qu'il n'y ait eu aucune innovation majeure... 


Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu'on l'a arrêté en 1998, car il était basé sur l'utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l'uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d'un matériau aussi dangereux le combustible d'une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?


Nicolas Sarkozy affirme que si l'on refuse le nucléaire, on doit accepter de s'éclairer à la bougie. Qu'en pensez-vous ? 


Il est lassant d'entendre des dirigeants qui n'y connaissent rien continuer à dire n'importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s'éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d'arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d'une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l'eau des rivières. En revanche, si l'on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.


Les défenseurs du nucléaire disent qu'en France, avec notre nouveau réacteur, l'EPR, que l'on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul... 


Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c'est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d'années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d'un accident nucléaire majeur en Europe.


Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ? 


Je ne vois pas de solution dans l'état actuel, non pas de l'ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu'un jour un savant ne trouvera pas un moyen d'utiliser l'énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n'y a pas !


Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ? 


La fusion, c'est l'inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l'énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L'explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c'est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d'atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l'origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d'ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu'Iter n'était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n'a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l'énergie du Soleil – pour qu'Iter se fasse en France.


Pourquoi ? 


Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s'arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s'est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l'association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l'énergie du Soleil puisqu'elle nous arrive en grande quantité ?


Que répondez-vous à ceux qui pensent que l'impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d'en passer par le nucléaire ? 


Tout d'abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d'électricité. Faut-il accepter qu'au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a montré que si l'on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l'effort devait porter sur les économies d'énergie. Pour l'autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n'en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l'avantage du nucléaire.


“Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
pression pour la consommation d'électricité,
en particulier pour son usage le plus imbécile, le
chauffage, pour lequel la France est championne.”


Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s'est-il passé ? 


J'ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n'avais aucune idée des risques d'accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j'ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s'est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu'était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L'Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l'époque a d'ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j'ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu'en France il n'y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J'ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie.


Cela fait trente ans... Que prôniez-vous à l'époque ? 


Mais la même chose qu'aujourd'hui : économies d'énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l'électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd'hui, on ne parle que de l'électricité, mais ce qu'il faudrait d'abord installer partout, c'est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d'obtenir de l'eau à 60 degrés. L'Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n'y en a pas, ou si peu !


Cela ne demande pas beaucoup d'innovation... 


L'innovation permet avant tout de réduire les coûts. L'éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l'énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu'elles couvriront 80 % des leurs d'ici à 2050. C'est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d'énergie.


Le fait qu'on ait produit de l'électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ? 


Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d'électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d'Europe. On construit des logements médiocres, l'installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l'hiver, nous devons acheter de l'électricité à l'Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d'électricité par habitant que les Allemands. Qui n'ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l'électricité est un peu plus chère chez eux.


“Les Allemands étudient des réseaux
qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
photovoltaïque. Ils réussissent la transition
énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée.”


Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d'énergie ? 


Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l'informatique, on peut optimiser la production et la distribution d'électricité. A l'échelle d'un village, d'une ville ou d'un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n'y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l'on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d'éoliennes... Mais tout change si l'on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l'éolien, la nuit, on pompe l'eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour... C'est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful. Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu'ils l'ont décidée. C'est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.


Comment expliquez-vous l'inconscience française ? 


Par l'arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d'une part, et la servilité des politiques, de l'autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu'à l'extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.


Cela vient de notre pouvoir centralisé ? 


Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d'autres. Et il en a conclu qu'une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu'il se développe dans deux pays : l'URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l'armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu'ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu'on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c'est l'avenir, et qu'on va en vendre partout. C'est l'argument qu'on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n'est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.


En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire... 


Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l'alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu'ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde...


Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ? 


Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l'EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l'Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l'EPR, je démissionne. » C'est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l'EPR ne s'est pas fait à l'époque. Je travaillais auprès d'elle comme conseiller sur ces questions, j'ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l'Environnement et le ministère de l'Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l'EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l'énergie, on a fait n'importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

Propos recueillis par Vincent Remy

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 22:00

 

 

 

Et je reviens dans ...

 

 

                                 Disons, trois semaines.

 

 

 

 

 

 

                  

 

 

  D'ici là,

 

 

                            je souhaite à tous un peu de pluie...

 

 

 

 

 

 

 

 

Pluie-1.jpg

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:02

 

 

 

Et un poil plus loin

 

 

 

 

 

Ragondin-1

 

 

 

 

 

 

Ragondin-2

 

 

 

 

 

 

 

Ragondin-4

 

 

 

 

 

Ragondin-3

 

 

 

 

                                                                             Votre vénérable Le Ragondin

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 07:36

 

 

 

 

 

 

Il-était-une-fois-..

 

 

 

 

Appel à la résistance

 

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:26

 

 

 

 

 

fenêtre

 

 

 

 

 

Les fenêtres sont les yeux du monde.

 

Insondables comme des lacs,

 

Elles ouvrent sur des profondeurs qui se dissimulent.

 

Elles offrent l'opacité de leur obscurité.

 

Ou dévoilent, impudiques, la richesse d'intimités violées.

 


 

 

Les fenêtres mêlent des univers multiples

 

entremêlés de reflets indistincts, d'objets intérieurs,

 

de réalités extérieures qui les traversent.

 

 

Geysers d'images,

 

les fenêtres sont la réflexion du monde.

 

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 08:05

 

 

 

 

Il était une fois un représentant de jambon à l'os.

 

Il venait une fois par semaine servir au stand de charcuterie de l’hypermarché que je fréquente. Il présentait le jambon à l'os

aux clientes. C’était le meilleur jambon du monde.

 

 Elles, elles avaient bien prévu d'acheter quelques denrées charcutières, mais le jambon à l'os n’en faisait pas parti.

 

 Pour mieux les convaincre, il prenait soin de découper

quelques morceaux offerts à leur dégustation, présentés

sur le comptoir.

 

Il y avait celles qui achetaient sans goûter – « Tiens, j’étais à

court d'idée de menu, ça me fera le repas du soir avec une

bonne salade. De toute façon à nos âges, on ne mange plus beaucoup »

Il y avait celles qui goûtaient et se laissaient séduire. Il se

frottait les mains – « Je l’ai emballée ! »

Il y avait celles qui goûtaient juste pour le plaisir de goûter.  

Un p'tit truc, là, au milieu des courses qui commençaient à

se faire longues tandis que l'estomac depuis un petit moment gargouillait doucement. Quelques-unes de celles-là y

revenaient, subrepticement ou ostensiblement, reprenaient

un autre petit morceau et s'en allaient. Il pensait – « Raté ! »

Tandis qu’elles pensaient comme en répons – « Si c’est mis à disposition, je ne vais pas me priver. Y f’rait beau voir ! »

 Et lui d'encourager de sa voix trop forte et impérieuse.

– « Allez, Mesdames, le jambon à l'os ! Le meilleur jambon !

Voyez comme il est goûteux. Vous, Madame, combien de

tranches ? »

 

Il y avait beaucoup de conviction dans son obligation à faire acheter du jambon. Et dans son désir de convaincre. De voir

ces femmes jeunes ou vieilles, succomber à sa proposition presqu’impérative. 


Cependant, certaines clientes quand elles l'entendaient étaient tentées de faire un détour, mais il leur fallait du lard pour la

potée. Elles se glissaient vers le stand à contrecoeur, fermant

 

leurs oreilles à la logorrhée  tonitruante du vendeur de jambon, renfrognée, se jurant de repérer son jour de présence pour

échapper à ses démonstrations. 

 

Il disparut. 

... 

 

J’ai appris qu'il est devenu vendeur de voitures.  Qu'il en avait toujours rêvé. Qu'il est heureux. 

Il vante les mérites des voitures, comme il parlerait de

maîtresses adorées. Il s'extasie devant leurs courbes, leur

élégance, leur allure, leurs capacités. Elles sont belles,

généreuses, fidèles. Et possèdent une qualité rare. Elles ne

sont pas jalouses.

 

 

On m’a raconté qu’il a mis au point une technique de

séduction totalement novatrice issue de son expérience en charcuterie.Quand le chaland semble mordre à l'hameçon,

il lui propose de goûter la voiture désirée.

 

Le client croit à une blague, entre dans le jeu par plaisir de l’amusement. Le vendeur lui laisse le choix du morceau.

Les uns répondent – « Ne vous moquez pas de moi » Ils ont

perdu une belle occasion.

« Le phare » disent de plus éclairés.

Les autres  marquent un temps, hésitent, le cerveau s’échauffe

sous l'effort – « Le radiateur » répondent-ils enfin.

Certains, péremptoires énoncent un - « Sans façon »  Ceux-là n'ont faim de rien.

Ceux qui engloutissent  le monde entier fanfaronnent – « Le

capot pour sa ligne, une durite pour sa petite taille, un piston

 

pour son ressort,... »


Notre vendeur éclate de rire. Il aime qu’on apprécie la bonne

chère. Il revient avec autant d'assiettes que le choix du client.

Et lui fait goûter les morceaux choisis.

 

 

 

Appel à la résistance

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 11:54

 

 

 

 

APPEL DES CITOYENS RESISTANTS


D'HIER ET D'AUJOURD'HUI


THORENS-GLIERES   14 mai 2011

 

 


 Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance

 et des forces combattantes de la France libre lançaient un

« Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment

« la remise en cause du socle des conquêtes sociales

 de la Libération ».


 Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement.

 

Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent.

 

Partout c'est la prise de conscience que les valeurs,

toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme

du Conseil National de la Résistance, ouvrent l’espoir.

Un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui

concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance"

pour notre siècle. 

 

Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections

de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au

service d’intérêts particuliers sans traiter :


- des causes politiques des injustices sociales,


- des raisons des dérégulations internationales,


- des origines des déséquilibres écologiques croissants. 

 

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens,

tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations

participent à l’élaboration d’un Projet de Société du 21ème  

siècle en repartant du programme du Conseil National de la

Résistance « Les jours heureux » adopté le 15 mars 1944.


Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel

de l’identité républicaine française. 

 

Avec l’association


« Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui »  


nous appelons tous les partis politiques,


toutes les candidates et candidats à un mandat public


dans le cadre des


élections présidentielle et législatives de 2012


à prendre trois engagements


qui mettront réellement en application la devise républicaine

 

« Liberté Egalité Fraternité ». 

 

 

 

 

Premièrement, afin de garantir l’égalité :


Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire

qui permettra de  reconstituer les services publics et institutions

créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie     

économique et sociale.


 

Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant

 

plus aujourd’hui 


 alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis.

 

 


Droit à la santé pour tous,

Droit à une retraite,

Droit à l’éducation,

Droit au travail,

Droit à la culture


demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine.


Une égalité qui n’a de sens que dans le


Respect du droit des étrangers. 

 

 

 


Deuxièmement, afin de garantir la liberté :


- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.


- Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».


- garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.


Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine

d’ « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques

républicaines. 

 

 

 


 Troisièmement, afin de garantir la fraternité :


 Travailler les coopérations avec les peuples et les pays,

en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

 

Favoriser résolument des solutions soutenables pour leséquilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec

la survie humaine.


 Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux

de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie. 

 

 

 

 

 


Il est temps de bien vivre ensemble,

dans la haute-nécessité de l’épanouissement

du plus grand nombre

et d’offrir une perspective d’avenir prometteur

aux jeunes générations.

 

 


Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l’Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :


« Créer c’est résister. Résister c’est créer ».

 

 

 


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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 11:52

 

 

 

 

 

Il est un kiosk au bout du parc.

Un kiosk assez classique, somme toute.

 

 

 

 

Cependant, je l’aime.

 


 

Il est affublé d’un chapeau à étage


Le tout a six pans.

 

 

 

J’aime …


Ses dentelles faites en je ne sais quoi.


Sa rivière d’ampoules blanches


Diffusant une  lueur chaude


Qui m’invite à me tapir dans le noir


Pour l’épier longuement.

 

 

 

Les silhouettes féminines


Qu'il découpe de sa lumière.


Leurs chevelures légères


Qui dessinent des arabesques.

 

 

 

 

Je vais vous dire,


Mais cela ne doit pas se savoir,


Je crois qu’il est italien.

 

 

 

 

 

 

Quelles valeurs pour la France d'aujourd'hui

 

Appel des résistants à Glières

 

ICI

 

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 18:30

 

 

 

 

 

Pluie.jpg

 

 

 

 

 

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